lundi 21 novembre 2011

Mécénat : avec Giving Corner, les bonnes pratiques en entreprise se traduisent en dons



Une initiative originale vient d’être lancée par deux jeunes entrepreneurs, anciens du cabinet parisien de Bain & Cie. Leur idée est d’enraciner l’engagement sociétal dans l’entreprise en le conjuguant avec l’atteinte d’objectifs de performance.

Une idée dans l’air du temps, puisque de nombreux acteurs (ONG, Fondations, entreprises) étaient présents lors du lancement officiel de cette start up en octobre dernier. Et, que les entreprises cherchent en période de crise à obtenir des résultats rapides non seulement sur certains indicateurs, ayant une incidence directe sur leur compte de résultat, mais aussi dans leurs actions vis-à-vis des communautés.

Giving Corner projette les salariés au cœur du processus de RSE. Ces derniers ont en effet la possibilité d’orienter les donations de leur employeur aux associations. D’un simple clic, grâce à un espace web social, qui offre une grande souplesse en matière de décisions et d’informations. Et, qui présente un caractère ludique, susceptible de retenir l’attention des salariés les plus jeunes. Une population exigeante, amatrice de technologies, mais parfois difficile à atteindre pour les ONG.
Dans l’étude Ernst & Yong Panorama des fondations d’entreprises (France, 2008), La mobilisation des employés reste la première difficulté lors de la création d’une fondation d’entreprise.
L’entreprise y trouve aussi son compte, puisque le financement de projets caritatifs concrets vient récompenser la mise en œuvre de bonnes pratiques des employés. Différentes actions peuvent gagner des points en fonction de la stratégie de chaque entreprise: baisse de la consommation de papier, réalisation dans des délais rapides de certaines activités récurrentes (planning horaire), participation à des évènements,… Les points accumulés par le salarié sont destinés à financer des projets humanitaires concrets parmi quelques projets présélectionnés par l’entreprise.

Ainsi, des actions internes, parfois même ingrates à mettre en œuvre ou à caractère ponctuel, génèrent de nouvelles ressources pour le secteur associatif. Avec Giving Corner, les salariés vertueux se voient donc en quelque sorte attribuer « une rémunération humanitaire, dont la perception de valeur peut être parfois plus importante qu’une incitation financière.»

Les associations de départ qui ont été retenues par les deux fondateurs de Giving Corner sont la Croix Rouge, Entrepreneurs du Monde, Première Urgence - Aide Médicale Internationale, Pur Projet et SOS Village d’enfants.

Néanmoins, l’interface est modulable, puisque l’entreprise mécène peut ajouter ses propres projets et partenaires associatifs. De même, un employé peut proposer d’ajouter une association qu’il soutient, afin de la faire bénéficier d’une nouvelle source de financement.

Pour François Bracq (à droite sur la photo), « afin d’éviter les risques de dispersion, les entreprises doivent choisir un nombre limité de projets et d’associations bénéficiaires.12 à 15 projets et 3 ou 4 ONG. L’enveloppe initiale attribuée par l’entreprise peut augmenter si les salariés participent activement à la réalisation de projets qui permettent la baisse de certains couts pour l’entreprise (consommation de papier, électricité…), le gain réalisé étant par la suite redistribué aux associations choisis par les salariés, ce qui est particulièrement motivant."

Autre point fort du système, la transparence et l’évaluation. La plateforme permet en effet à l’entreprise de donner un retour sur les projets financés sur l’intranet. De leur côté, les salariés partagent leurs engagements sur un fil d’actualité et peuvent aussi les faire connaître sur les réseaux sociaux.

Tim Lovelock (à gauche sur la photo) nous indique que le projet s'intègre dans un mouvement plus général: « Giving Corner permet aux salariés de partager leurs actions et leurs coups de cœur. Ils peuvent notamment en option diffuser leurs actions (offrir un repas, planter un arbre…) sur Facebook et sur Linkedin. Cette possibilité s’adapte bien aux salariés les plus jeunes. Aux Etats-Unis, ce partage des engagements personnels en faveur d’une cause d’intérêt général est devenu monnaie courante et est même baptisé warm glow. »
Pour DDB OpinionWay (France, 2009), 82% des salariés souhaitent être impliqués dans les actions sociétales de leur entreprise. Pourtant seuls 17% sont effectivement impliqués dans l’effort solidaire de leur entreprise.
Les employés d’une même entreprise, éventuellement de divisions différentes et sans préoccupations hiérarchiques, peuvent également constituer des équipes et se lancer des défis.

Avec ce système transparent, le partenariat entreprise/association prend une dimension plus collective. Néanmoins, l’entreprise conserve ses partenaires historiques et sa politique de mécénat reste cohérente. Au final, entreprises, associations et salariés sont dans le même bain et nagent de conserve.

La plateforme a été testée par Bain& Company. Il en ressort que 70% des salariés utilisent de façon récurrente la plateforme et que plus de 1.000 repas ont été offerts aux enfants de Madagascar en moins de 6 semaines.

Selon les témoignages de salariés et du management de Bain Paris, le web social de Giving Corner fournit à la fois un levier à l’entreprise, génère une communication améliorée et conduit à un partage des valeurs. L’outil vient combler un manque, dans la mesure où selon les cas, de nombreux salariés disposent de peu d’opportunités, de temps ou d’argent pour s’engager.

La plateforme collaborative est distribuée sous forme de licence aux entreprises, si bien que 100% des dons des entreprises parviennent directement aux projets.

François Bracq considère que les besoins sont palpables :

« Notre solution s’adresse à deux types d’entreprises. D’abord, aux firmes de plus de 200 salariés, déjà engagées dans une démarche de responsabilité, disposant souvent d’une Fondation d’entreprise, mais ayant besoin d’un outil qui permet de communiquer et fédérer le plus grand nombre autour de sa démarche sociétale. Mais aussi aux PME, notamment dans les services, dont la plupart des salariés disposent de PC, et qui se situent en amont d’une réflexion de développement durable, aussi bien en termes d’implication des salariés que de mise en place de bonnes pratiques. Enfin, dans le cadre de l’industrie, où tous les employés ne disposent pas d’un ordinateur, nous prévoyons de développer une solution sur smartphones.»

La start up se trouve à la croisée de diverses tendances, comme la présentation en ligne de différents projets par Babyloan ou Kiva dans le microcrédit, la recherche de bénévoles comme le site generation-responsable.com, créé à l'initiative de Generali en juillet 2009, mais aussi de systèmes de fidélisation par points, comme ceux de Monoprix S’miles et Air France Miles. Elle répond aussi à une volonté de bonne gestion, à une époque où les cost killers font florès, mais avec d’autres méthodes.

Au final, les échanges sociaux offerts par Giving Corner grâce à une technologie innovante tranchent avec une image parfois veillotte du mécénat. Les termes associés "fait du prince" et «mécénat» produisent 42.900 résultats sur Google et "danseuse du président" et « mécénat » 13.900 occurrences… Alors que les clichés ont la dent dure, la crise ne permet plus de lancer des actions de mécénat débridées et en décalage avec les attentes des salariés, donc de la société.

Pour aller plus loin :


Le site de la société : http://givingcorner.com/

Qui sont les fondateurs ?

Tim Lovelock (Diplômé de Yale) a participé à la création de plusieurs sociétés Internet. Ingénieur de formation François Bracq a vécu en Amérique centrale et en Asie. Les deux associés se sont rencontrés à l'INSEAD en 2007. Par ailleurs, le père de Tim, qui était professeur à Harvard, fut l'un des pionniers dans le secteur du Non-Profit Marketing.
Tim et François ont rejoint le cabinet de conseil en stratégie Bain & Company au sein duquel ils ont consolidé leurs compétences entrepreneuriales et développé l’idée d’échange caritatif. Mi-2010, ils ont tous les deux quitté le conseil pour créer Giving Corner.


Par ailleurs :

Engagements du cabinet Bain & Company : The Bridgespan Group
http://bain.com/about/social-impact/nonprofit-sector-capability-building.aspx

Lilly Global Giving Puts Power of Philanthropy in Employees' Hands. 25/07/2011
https://investor.lilly.com/releasedetail2.cfm?ReleaseID=593728

Les entreprises mécènes donnent la priorité aux actions sociales et au sport. 14/10/2010
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/10/la-crise-et-la-priorite-accordee-au.html

Le goût des défis chez les salaries se retrouve aussi dans la participation interentreprises à des épreuves sportives organisées par des ONG, mais aussi dans la récente guerre des Post-It…
http://www.lepost.fr/article/2011/08/03/2561835_la-guerre-des-post-it-est-lancee-au-travail.html

mardi 15 novembre 2011

Koeo.net accélère le rythme pour populariser le mécénat de compétences














Jean-Michel Pasquier s’est aperçu en 2007 qu’il y avait un déficit d’informations sur le mécénat de compétences lorsqu’il rencontrait des chefs d’entreprise dans le cadre de son agence en communication Humaneo (communication sociale et recrutement). Il m'a donné une interview.

Il a donc construit une plateforme, qui permet aux associations et aux entreprises de se rencontrer, les unes ayant des besoins spécifiques (comptabilité, informatique, télécom, …), qu’elles n’ont pas les moyens d’intégrer, les autres, ayant des ressources humaines et des expertises up-to-date. Deux mondes qui se découvrent peu à peu.


Lancée en septembre 2009, Koeo.net recense environ 2.500 associations réparties sur l’ensemble du territoire, représentant un spectre très large du secteur associatif (santé, éducation, culture, patrimoine, solidarité, …).


Mais, Koeo s’inscrit dans un mouvement plus large et vient d’initier un partenariat prometteur avec Planète Urgence, Microdon et Mailforgood, qui vise à promouvoir des actions concrètes : RSE, quête de sens, entreprise citoyenne, solidarité, mobilisation des collaborateurs, partenariats avec le monde associatif....


Quels sont les bénéfices attendus du Mécénat de compétences ?

JMP : Tout d’abord, c’est la découverte d’un projet d’intérêt général, par définition différent de l’objectif de seule rentabilité lié à l’essence même du monde économique : c’est donc l’occasion d’accroître concrètement son sentiment d’utilité par rapport à l’ensemble de la Société Civile. De plus, en s’intégrant dans un nouvel environnement structurellement moins « figé » que l’entreprise, le salarié accroît ses facultés d’adaptabilité, d’autonomie et de réactivité. Enfin, et de nombreuses études anglo-saxonnes le démontrent, c’est pour lui une étape qui lui permet de revenir dans l’entreprise plus motivé et moins stressé, un certain recul s’étant opéré par rapport à la gestion des soucis professionnels quotidiens.

Mais au delà du bénéfice « solidaire » qu’il constitue pour l’association bénéficiaire, en lui permettant d’adopter des méthodologies professionnelles déjà validées en entreprise, le mécénat de compétences constitue un outil très intéressant pour les DRH : redéploiement de compétences senior et organisation d’une transition alternative vers la retraite (on peut éviter le syndrome de «placardisation»), réponse à la quête de sens de la Génération Y (pour attirer notamment de nouveaux talents et… les garder), sous-employabilité ponctuelle (les inter-contrats dans les SSII ou les cabinets de consulting, qui peuvent éviter le sentiment de désœuvrement). Cette forme de mécénat s’intègre également bien dans les problématiques de gestion des compétences, telle la VAE (Valorisation des Acquis de l´Expérience).

Qui milite en France pour faire avancer les choses ?


JMP : L’Etat a mis en place une fiscalité avantageuse au travers de la Loi Aillagon, même s’il elle n’est pas très incitative pour les PME/TPE. Mais l’argument fiscal n’est de toute façon pas le moteur dans ce dispositif : il y a encore un travail de sensibilisation auprès des entreprises pour leur expliquer que cette forme de mécénat est beaucoup plus pertinente par rapport aux nouveaux de RSE et de RH que le mécénat financier classique qui reste souvent «passif» : le mécénat de compétences est avant tout un mécénat «participatif».

D’autres initiatives « cousines » existent comme Passerelles et Compétences avec le bénévolat de compétences (don de savoir-faire sur le temps privé du collaborateur, et non sur le temps de travail comme le mécénat de compétences), et des acteurs institutionnels comme l’Admical militent depuis longtemps pour promouvoir le mécénat de compétences auprès des entreprises : il y a donc un vaste gisement à explorer, tant au niveau des grands groupes que des petites entreprises. Dans le premier cas, la mise en place est naturellement longue, compte tenu de structures complexes, dans le second cas, c’est souvent la décision d’un fondateur/manager qui entraîne rapidement l’adhésion de ses équipes.

Pourquoi les Etats-Unis sont-ils en avance ?


JMP : C’est culturel. Certaines firmes anglo-saxonnes comme les lawyers imposent à leur personnel de consacrer 20% de leur temps à des activités d’intérêt général, qu’elles qualifient de pro bono.

Mais, c’est aussi le cas en France dans certaines entreprises visionnaires comme Enea Consulting par exemple, qui a adopté cette disposition pour chaque collaborateur. Cette société de conseil spécialisée dans l'énergie et le développement durable développe ainsi des collaborations très fructueuses avec le monde de la recherche, dans l’énergie. Néanmoins, ces pratiques ne sont pas généralisées.

Quelle est votre cible ?

JMP : Les entreprises souhaitant associer leurs collaborateurs à une ouverture concrète vers le monde associatif, et qui ont besoin de trouver un outil d’identification de partenaires associatifs potentiels ainsi qu’une expertise d’accompagnement pour valider les différentes étapes à respecter (préparation amont de l’intégration des salariés, journées découvertes, speed-dating in situ, validation et adéquation des missions, encadrement juridique des missions, suivi des missions, bilans, valorisation fiscale, outils de communication dédiés, …). Elles trouvent sur Koeo.net une large boite à outils pour intervenir dans le tiers secteur soit au plan régional, soit autour d’une thématique précise, soit dans une association où le salarié est déjà bénévole.

Nous avons aujourd’hui 75% de PME/TPE, à côté d’entreprises typées « grand comptes » comme SFR qui a été l’une des premières à faire appel à nos services, et nous pensons que l’aspect «mécénat local» du mécénat de compétences va durablement s’inscrire dans le paysage. Le potentiel reste considérable, puisque l’Admical, institution qui représente le mécénat en France, estime à seulement 35.000 le nombre d’entreprises mécènes en France, essentiellement au travers d’un mécénat « classique », de type financier.

Quelles sont les bonnes recettes pour réussir ?


JMP : Le principal frein à l’essor à cette expression de solidarité reste tout simplement l’ignorance de cet dispositif, aussi bien au niveau du monde associatif que celui de l’entreprise. Une fois que cette mécanique est connu, elle suscite un enthousiasme naturel, qui doit être accompagné d’une réelle méthodologie et d’étapes incontournables : accompagner l’association à bien formuler sa demande, avec un œil « RH », préparer le collaborateur à intégrer un univers différent du monde de l’entreprise (des rythmes décisionnels souvent plus longs, une hiérarchie généralement moins marquée donc moins identifiable), désigner 2 «référents», un dans l’association bénéficiaire, un dans l’entreprise, pour servir de point d’ancrage au salarié missionné en cas de questions ou problèmes, déployer les outils de suivi et de bilan de mission. en place. Et, il faut aussi une certaine organisation, comme un planning rigoureux de l’emploi du temps.

Par ailleurs, le déploiement du mécénat de compétences se révèlera anti-productif dans une entreprise où les fondamentaux sociaux ne sont pas respectés (climat social, politique de rémunération, …). Il risque alors d’apparaître comme du Social Washing, et à juste titre. Enfin, nous conseillons les entreprises qui nous rejoignent pour qu’elles évitent également de trop s’accaparer le dispositif en terme de communication corporate, mais au contraire le laisser au maximum aux mains des salariés.

Comment voyez-vous l’avenir ?

JMP : Nous ne sommes qu’au début d’une prise de conscience mutuelle entre le tiers secteur associatif et le monde économique marchand : les échanges et partages potentiels entre les 2 sont réels et ne sont pas restreints à la seule solidarité. Il y a véritablement des synergies d’expertises à mettre en place, au niveau local comme national ; l’avenir est donc très prometteur dans ce sens, dans la mesure où chacun y trouve naturellement son compte. Deuxième élément positif, Koeo présente un modèle entre l’ESS et l’entreprise techno, et son activité s’intègre dans une mouvance plus large, où la technologie est porteuse de solutions positives.

Koeo.net a d’ailleurs initié un portail, solutions-rse.net, qui regroupe d’autres initiatives complémentaires dédiées à la RSE. Nous ont rejoint Microdon, Planète Urgence et Mail for Good..

Enfin, la visibilité croissante des thématiques de responsabilité sociale, portée par les acteurs de la RSE, le fait que l’on sente toutes et tous qu’il faut maintenant faire évoluer la Société par une addition de petites initiatives concrètes, la crise est là pour le rappeler, va donner une dynamique pérenne au mécénat de compétences.


Pour aller plus loin :

http://www.koeo.net/


Le Blog : "Ouvrons les portes" : Le blog du mécénat de compétences.
http://www.koeo-blog.net/

Le micro-portail Solutions-RSE est le fruit de la réflexion commune de 4 acteurs indépendants:

A l'heure où les entreprises doivent répondre de façon pragmatique aux nouveaux enjeux de la RSE, ainsi qu'aux demandes de plus en plus clairement exprimées par leurs collaborateurs (quête de sens, accomplissement personnel dans la sphère professionnelle), Solutions-RSE.net apporte aujourd'hui un éclairage concret sur de nouveaux dispositifs de solidarité, directement opérationnels, et prêts à être implémentés dans l'entreprise.
Solutions-RSE.net se veut simple, pédagogique et pratique. Il offre un éventail de propositions d'actions aussi bien aux managers qu'aux salariés, pour concrétiser leur volonté commune d'engagement solidaire auprès d'un secteur associatif en recherche constante de ressources alternatives. Avec le mécénat de compétences, le micro-don sur salaire, l'email d'abondement et le Congé Solidaire, le portail présente une offre graduée de solutions déjà mises en place dans des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, illustrant ainsi l'émergence réelle de bonnes pratiques "de terrain" entre les différents acteurs de la société civile, et plus particulièrement entre le monde économique marchand et l'univers associatif non-marchand.
http://www.solutions-rse.net/

Une autre initiative : Mecenova, un site conçu par IMS-Entreprendre pour la Cité, en lien avec de nombreux partenaires pour faciliter la rencontre entre entreprises mécènes et associations.
http://www.mecenova.org/



Par ailleurs sur ce blog:

Mail for Good :La technologie met la solidarité à portée de clic
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/06/la-technologie-met-la-solidarite-portee.html

Deloitte communique sur le mécénat de compétence
http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/01/deloitte-communique-sur-le-mecenat-de.html

Succès du partenariat M&S /Oxfam UK dans le recyclage des vêtements
http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/09/succes-du-partenariat-m-oxfam-uk-dans.html

vendredi 11 novembre 2011

Le film Intouchables offre une leçon de vie drôle et généreuse






Intouchables est le 4ème long métrage de l’inséparable duo Olivier Nakache / Eric Toledano, réalisateurs de Nos Jours Heureux et Tellement proches. Le film connaît un excellent démarrage avec plus de 2 millions de spectateurs. Sans doute par ce que ce film s’inspire d’une histoire incroyable mais vraie, qui apporte un air frais, à l’heure où la crise de l’euro monopolise les esprits.

Ce conte moderne relate l’amitié improbable entre un aristocrate tétraplégique, Philippe, noyé dans le chagrin (François Cluzet), et un jeune de banlieue, Driss (Oma Sy), tout juste sorti de prison et qui cherche à profiter les failles de l’Assedic pour ne rien faire. La thérapie que vont se faire subir ces deux écorchés que tout oppose passe par des défis, des paris dignes d’adolescents et un humour à toute épreuve.



En refusant de se conformer à certains codes, les deux parias finissent par se respecter et à trouver un nouveau souffle. Il en ressort que certains préjugés volent en éclats, comme la mise en quarantaine des personnes gênantes et l’incapacité de changer d’un voleur désocialisé. Sans faire de militantisme, au fil de l’histoire, le film met aussi en valeur d’autres sujets de société comme la diversité dans le recrutement et le rôle inclusif du travail.

Quand une histoire vraie inspire un film poignant par Europe1fr

Pour Alain Spira, critique chez Paris Match, ces «Intouchables» vont toucher le très gros lot: « Si Cluzet est, une fois encore, impressionnant de justesse et d’intériorité expansive, il permet à Omar Sy d’éclater et de s’éclater dans un rôle à mille facettes et facéties. Le pitre du « SAV » de Canal+ non seulement crève l’écran, mais il fait même exploser les murs du cinéma ! La déflagration risque de s’entendre jusqu’aux César... Loin d’être des faire-valoir, les autres acteurs, Anne Le Ny et Audrey Fleurot en tête, sont de belles valeurs ajoutées à cette hilarante et bouleversante aventure humaine inspirée d’une histoire vraie.»

Ces Intouchables pourraient bien remporter le Prix de la générosité, car la fiction rejoint la réalité du terrain. Il faut savoir en effet que 5% de ses recettes du film seront reversées à l’association Simon de Cyrène. Un beau pactole en perspective pour une association, qui lutte contre la discrimination et tisse des liens. Un juste choix, puisque pour cette communauté, ...
la bonne santé d’une société se mesure à l’aulne « de la place qu'elle donne aux plus fragiles. Les personnes ayant un handicap humanisent la société, elles invitent à la relation. »
L’association Simon de Cyrène cherche à adapter autonomie et vie de famille aux besoins de chacun de ses membres. Chaque personne est chez elle, sans être seule, grâce au développement de maisons partagées où vivent ensemble personnes handicapées et personnes valides (salariés et volontaires). Le tout animé par des responsables de maison qui redonnent du sens, qui accompagnent et qui permettent que chacun ait sa place dans cette vie communautaire.

Elle met aussi en place des lieux de socialisation à travers des tables d'hôtes, des ateliers d'artistes, des ciné-clubs...qui soient des lieux où ensemble on redéveloppe les sens, et le sens de la vie.

Frère d'une personne accidentée, c’est Laurent de Cherisey qui a fondé l’association Simon-de-Cyrène, à Vanves. Une expérience qui essaime en province.

Pour revenir aux Intouchables, la projection de cette comédie (1 heure 52 mn) a été vivement applaudie dans la salle où j’étais, ce qui est peu banal. La justesse du ton et le travail des acteurs touchent leur but. Un film à voir par tous les aides soignants selon les personnes paralysées, qui ont assisté au film. Une création qui s’adresse à un large public, à l’exception des plus jeunes.

Ce film m’a touché, car j’ai moi-même pu constater il y a quelques années les effets bénéfiques d’«un autre regard» chez les « Scouts Arc en Ciel » à Marseille. Ces derniers poussent de jeunes handicapés à se dépasser, notamment pendant les camps estivaux avec des actions à priori hors de leur portée. Et ils accompagnent les scouts au bal du 14 Juillet pour danser, car la Cité est à tous.

Pour aller plus loin :


Un film inspiré de la rencontre de Philippe et Abdel. Adapté du livre de Philippe Pozzo Di Borgo : Le second souffle. 2001 (Editions Bayard)

http://www.simondecyrene.org/


Pendant 20 ans Laurent de Cherisey a créé et développé des entreprises dans les métiers des médias, de la communication et du marketing, en parallèle de ses engagements associatifs : entreprise d’insertion, coopération en Afrique, aide aux traumatisés crâniens…Dans le cadre de Reporters d’Espoirs, il a effectué en 2006, avec sa femme et leur cinq enfants, un tour du monde de reportages dans quatorze pays pour rendre témoignage d’entrepreneurs sociaux qui, sur les cinq continents, construisent un monde meilleur.

http://www.reportersdespoirs.org/wordpress/

Reporters d’Espoirs a un véritable impact Mai 2009
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/05/reporters-despoirs-un-veritable-impact.html

La vie au-delà du handicap à Vanves - Hauts de seine
Un lieu pour bâtir un projet de vie au-delà du handicap : c'est l'objectif de l'appartement pilote de 320 m2 visité vendredi 7 mai par Patrick Devedjian à Vanves. Un espace géré par l'association "Simon de Cyrène", qui vient aussi de poser dans la commune la première pierre d'une maison-relais, financée par le conseil général des Hauts-de-Seine à hauteur de 16%. Plus d'infos : www.hauts-de-seine.net/solidarites


Par ailleurs :
Pour les ONG, le football n’est pas qu’un sport de millionnaires individualistes 7.07.2010
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/07/pour-les-ong-le-football-nest-pas-quun.html

Companieros : Un manager qui sait intégrer dans son équipe une personne handicapée est un bon manager 05.01.2011
http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/01/un-manager-qui-sait-integrer-dans-son.html
BNP Paribas, partenaire de l’association Les Toiles enchantées. Cette association, présidée par Alain Chabat, a ainsi permis en 2010 à 17 000 enfants dans toute la France de devenir spectateurs de films à l’affiche.
http://www.leffetmecenat.com/tag/cinema/
Amnesty International France soutient "The Lady", film de Luc Besson sur la vie d’Aung San Suu Kyi, son hommage vibrant à "une défenseure des droits humains" emblématique et aux dissidents birmans engagés à ses côtés. Sortie en salles le 30 novembre 2011.
http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Protegeons-les-personnes/Defenseurs-des-Droits-Humains/Actualites/Myanmar-AI-soutient-le-film-Lady-3872

lundi 7 novembre 2011

Qapa ouvre son réseau de recherche d’emploi aux jeunes des quartiers



Début novembre, la start-up Qapa.fr et l’association «Nos Quartiers ont des Talents» ont décidé de combiner leurs efforts pour valoriser les compétences des jeunes hauts diplômés issus prioritairement des quartiers populaires afin de les mettre en relation avec les recruteurs.

Lancée en novembre 2005 à l'initiative des entreprises adhérentes du MEDEF 93 Ouest et sous l'impulsion de son président Yazid Chir, Nos Quartiers ont des Talents vise à accompagner vers l'emploi les jeunes diplômés Bac+4 et plus, issus principalement de la diversité.


Après une expérimentation concluante en Seine-Saint-Denis, l'association a été créée en 2006 et couvre l'ensemble de l'Ile-de-France, la région Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées. Depuis le début de l’année, le déploiement géographique se poursuit comme en Aquitaine, PACA, Nord Pas-de-Calais, Bretagne, etc…

Ce réseau d’entreprises pour la valorisation des compétences met en oeuvre des actions concrètes qui permettent de décliner le principe d'égalité des chances à l’étape cruciale de l’entrée dans la vie active. Il s’agit de donner un coup de pouce à des jeunes méritants, qui ne bénéficieront jamais d’un piston.

L’association démystifie le monde de l’entreprise pour certains jeunes et leur redonne confiance. Des outils leur permettent de combler leurs handicaps sur un marché du travail parfois opaque et segmenté. 3.000 parrains issus du monde des affaires accompagnent les jeunes.


Rencontre avec Yazid Chir - Président... par nqtmotion

De leur côté, les entreprises, fédérations et institutions soucieuses de découvrir de nouveaux talents peuvent puiser dans un creuset de jeunes qualifiés, qui auraient dans certains cas été difficiles à repérer ou à séduire. En effet, dans de nombreux cas, le secteur privé a tendance par facilité à ne pas voir plus loin que le périphérique.

Le profil type du candidat est un diplômé Bac+4 minimum, âgé de moins de 30 ans, souvent absent des circuits traditionnels de recrutement. Ces jeunes sont en général particulièrement motivés et possèdent des compétences multiculturelles. Depuis 5 ans, l’association affiche un taux d’embauche moyen de 60% en moyenne.

Dans le cadre du partenariat avec Nos Quartiers ont des Talents, Qapa.fr a décidé de promouvoir tous les inscrits de l'association et de faciliter leur insertion professionnelle. L'outil de « matching » élaboré par Qapa.fr permet de mettre en relation en temps réel les compétences des candidats à l’embauche avec les attentes précises des recruteurs.

Cette plateforme se passe du CV et de la lettre de motivation, qui ont pris un coup de vieux avec les médias sociaux. A ce titre, cet outil se différencie aussi du CV anonyme, qui cherchait à masquer un frein à l'embauche, pour plutôt mettre l’accent sur des points de contacts et le professionnalisme.

Les compétences des candidats sont en effet mises en face à face direct grâce à un algorithme avec les souhaits des entreprises et accessibles d’un clic. La simplicité et la pertinence sont les bases de cet outil.


Entretien avec Stéphanie Delestre, CEO de Qapa par frenchweb

Constatant que 900.000 offres d’emplois sont non pourvues chaque année, Stéphanie Delestre, CEO de Qapa, a pour objectif de réduire le chômage de 10% en un an.

Le service est entièrement gratuit pour le dépôt d'annonces, l'inscription de profil ou pour la recherche et la consultation. Il restera gratuit pour les candidats. Pour les recruteurs, il est gratuit pour encore quelques mois. Ensuite, les recruteurs pourront obtenir autant de profils qu'ils le souhaitent. Par contre lorsqu'ils voudront obtenir les coordonnées d'un candidat, ils paieront une vingtaine d'euros, soit une somme modique par rapport à d’autres plateformes.

Si le terme de matching fait penser à un grand site de rencontres amoureuses, Match.com, il est intéressant de voir surgir des plateformes comme Qapa, qui utilisent la technologie pour créer du lien social ou permettre à la solidarité de dépasser les frontières. Des initiatives dans le microcrédit comme Kiva ou Babyloan ont ouvert la voie dans ce domaine.

Pour aller plus loin :

Michel Pébereau, Président de BNP Paribas est devenu en juin 2011 Président d’honneur de Nos Quartiers ont des Talents aux côtés de Laurence Parisot - Présidente du MEDEF, Claude Bébéar - Président d'honneur d'AXA et Christian CHARPY - Directeur Général de Pôle Emploi.
http://www.nosquartiers-talents.com/

Lancé en juin 2011, Qapa a été cofondée par Stéphanie Delestre, Olivier Zier, Corentin Larose et Florian Auriau. D'abord disponible en France sur le web et Facebook, Qapa sera également prochainement lancé en Europe et sur mobile. La Société a clos un premier tour de financement auprès de Partech International, 360 Capital Partners et de business-angels, dont Raphaël Zier. Qapa signifie : Qualification Application Proactive Algorithm.
Pour en savoir plus ou tester le service : www.qapa.fr

QAPA : comment ça marche ? from QAPA on Vimeo.


Sur le Recrutement 2.0, un guide pratique vient de sortir chez Dunod. Voir l’article « E-Réputation : le CV est mort, vivent les réseaux sociaux »
http://lecercle.lesechos.fr/cercle/livres/critiques/221139619/e-reputation-cv-est-mort-vivent-reseaux-sociaux

Dans l’économie sociale et solidaire, une belle initiative qui a fait ses preuves

//www.blogger.com/img/blank.gif/x96y4f_mosaik-rh-recruter-des-diplomes-dan_lifestyle" target="_blank">Mosaik RH : recruter des diplomés dans les... par mairiedeparis