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jeudi 8 janvier 2026

Le coût des déserts médiatiques pour la démocratie


La Poste a annoncé une forte hausse des tarifs postaux au 1er janvier 2026 qui risque de mettre en péril des titres de presse régionale

Quel sera le profil les électeurs dans l’hexagone si l’offre en médias locaux (pas uniquement la presse) se réduit comme peau de chagrin

Ce sujet est mis en relief dans la récente enquête « Vers des déserts médiatiques en France. La démocratie peut-elle survivre sans média ? », publiée en 2025 par Les Relocalisateurs et la Fondation Jean-Jaurès

Menée auprès de plus de 10 000 Français, elle montre que la raréfaction de l’information, en particulier locale, s’accompagne d’un affaiblissement mesurable de l’engagement démocratique

A l’origine de cette étude, les auteurs citent le cas américain, où « la disparition des journaux locaux, conjuguée à l’émergence des réseaux sociaux, a ouvert un boulevard au populisme. » 

Des médias locaux encore appréciés 

Aujourd’hui, 

  • 86 % des Français déclarent s’informer régulièrement par des médias traditionnels.  
    • La télévision utilisée par 65,5 % de la population. 
    • La radio bénéficie de l’attention d’un Français sur quatre. 
  • Internet arrive loin derrière (environ un Français sur trois),  
  • suivi des réseaux sociaux (29 %). 
 Les médias locaux conservent une place centrale : 55 % des Français consultent au moins un média de proximité, avec une consommation moyenne de 1,9 média local par personne. 
 
Mais un tiers des Français affirme avoir vu disparaître au moins un média local sur son territoire. Cela signifie selon les auteurs « qu’une partie des Français risque de perdre l’habitude de consommer des médias locaux et des médias tout court, l’enquête montrant très bien que l’offre influe sur la consommation et donc sur les habitudes. » 
 
6 % des Français déclarent ne pas utiliser de médias pour s’informer ou restent à l’écart de l’actualité. 
 
Médias locaux : confiance élevée, disparités régionales 
 
La confiance accordée aux médias locaux reste forte : 73 % des Français les jugent fiables. 
 
Ils sont plébiscités pour leur capacité à refléter les préoccupations du quotidien (80 %) et à faire entendre une pluralité de points de vue variés (83 %). Néanmoins, 37% des sondés s’interrogent sur leur indépendance. 
 
L’étude établit également une corrélation de 64 % entre l’offre de médias locaux et leur consommation : moins il y a de médias, moins les habitants s’informent. 
 
La région parisienne apparaît ainsi comme un espace de sous-consommation généralisée des médias locaux. Un focus est même porté sur Beauvais, qui ferait partie d’une « diagonale du vide », où Facebook a pris le relais, tandis que la Bretagne, l’Alsace ou une partie du Sud affichent les niveaux les plus élevés.
 
Plus d’engagement
 
Parmi les forts consommateurs de médias locaux (16 % de la population), 27 % sont impliqués dans la vie communale, contre 13 % chez ceux qui ne consomment aucun média local. Les personnes engagées présentent systématiquement une surconsommation de médias, en particulier de proximité. 
 
De même, si près de 70 % des Français déclarent voter à chaque élection, 87 % des forts consommateurs de médias locaux affirment voter à toutes les élections, contre seulement 62 % des non-consommateurs. À l’inverse, les abstentionnistes se caractérisent par une faible consommation et une forte présence parmi les non-consommateurs de médias. 
 
L’attachement aux valeurs démocratiques demeure élevé dans la population : 92 % des Français jugent la démocratie et la liberté d’expression essentielles, 93 % estiment le droit de vote fondamental. Mais là encore, des écarts apparaissent selon le niveau d’information. 
 
Parmi les Français qui consomment peu ou pas de médias,  
 
  • 28 % estiment qu’« on en fait trop » avec la laïcité, contre 10 % chez les forts consommateurs.  
  • et 23 % d’entre eux doutent du dérèglement climatique, contre 18 % chez les consommateurs de médias locaux. 
  • Sur un point, en revanche, la défiance envers le personnel politique traverse tous les profils, quels que soient les niveaux de consommation médiatique. 
Le scénario noir des déserts médiatiques 
 
Pour mesurer les effets d’une disparition accrue des médias, les auteurs ont simulé une hausse de 20 points du nombre de non-consommateurs. 
 
Les hypothèses retenues sont les suivantes : tous médias confondus, la simulation va de 7,3 % à 27,3 % de non-consommateurs de médias ; pour les médias locaux uniquement, la simulation va de 42,2 % à 62,2 % de non-consommateurs. 

Les résultats sont sans appel. 

  • La participation électorale chuterait de près de 7 points, passant de 77,7 % à 70,9 %.  
  • Le score d’adhésion aux valeurs citoyennes reculerait de 5 points, de 72,2 % à 67,3 %. 

Phénomène inquiétant, les jeunes apparaissent moins intégrés aux écosystèmes d’information territoriaux, notamment dans les grandes villes et les périphéries urbaines, où l’offre médiatique locale est déjà plus fragile. 

L’étude conclut que l’accès à une information pluraliste, nationale comme locale, constitue un facteur structurant de la vitalité démocratique. Si les médias ne suffisent pas à restaurer la confiance politique ou à corriger le sentiment d’abandon territorial, leur érosion alimente la rumeur, l’abstention, la défiance et le repli citoyen. 

Pour aller plus loin : 

Le rapport complet : 

https://www.jean-jaures.org/publication/vers-des-deserts-mediatiques-en-france-la-democratie-peut-elle-survivre-sans-medias

Le témoignage du coordinateur de l’enquête, David Medioni, sur France Culture (13 mn) 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-transition-de-la-semaine/deserts-mediatiques-quels-risques-pour-la-democratie-8598070 

Les Echos. A l'approche des municipales, le grand retour de l'info locale 

https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/a-lapproche-des-municipales-le-grand-retour-de-linfo-locale-2194624 

Maire info : les augmentations tarifaires des services postaux menacent la presse dans les territoires ruraux 

https://tinyurl.com/4dr6rywb 

Sur ce blog : De nombreux maires ont quitté Twitter

 https://ong-entreprise.blogspot.com/2025/01/ca-se-passe-maintenant-de-nombreux.html 

Radio France. Podcast Affaires sensibles sur Robert Hersant

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mardi-21-octobre-2025-7289980  

vendredi 4 février 2022

Le podcast des Echos jette un regard critique sur la finance durable

La Story a pour vocation à raconter l’actualité simplement, clairement et intelligemment. Chaque jour, la rédaction des Echos apporte son expertise, son vécu et son décryptage des événements. 

Animé par Michèle Warnet, un épisode du 8 novembre dernier, dont le titre est « la finance verte est-elle un leurre ? » propose un tour de piste sur ce sujet. Il s’agissait aussi d’apporter un éclairage avant la COP 26. 

Ce podcast dure 21 minutes. 

Elle rappelle que la finance verte existe depuis longtemps. 

Selon Morningstar, les actifs gérés de façon durable gérés dans le monde auraient été multipliés par 9 depuis 2010. Mais, on n’arrive toujours pas à savoir si ces fonds thématiques ont un impact réel sur les émissions à effet de serre. Sont-ils verts foncés ou verts clairs ? 

Pour La Story, la réponse n’est pas évidente. 

Il est en effet beaucoup plus facile de mesurer l’impact des actifs non cotés, comme dans le private equity.
   
Entré en vigueur en mars 2021 en Europe, le règlement SFDR entend clarifier la donne en incitant les asset managers à adopter les critères les plus élevés. Il définit notamment deux catégories de produits : 

  • les produits qui promeuvent des caractéristiques environnementales et/ou sociales (produits dits « article 8 ») et ; 
  • les produits qui ont pour objectif l’investissement durable (produits dits « article 9 »). 
Mais, la liberté est laissée aux sociétés de gestion d’identifier les produits relevant des articles 8 et 9 du règlement SFDR et d’appliquer les exigences de transparence correspondantes prévues dans le règlement. 

Une certaine hétérogénéité 

Amélie Laurin, de la Rédaction, rappelle que les règles encadrant l’ISR sont assez floues. De ce fait, les régulateurs sont relativement désarmés pour faire au-delà du simple marketing le tri entre les financiers convaincus et les faux nez. Certains gérants n’investiraient pas assez en recherche pour disposer d’une analyse de qualité. 

Les choses pourraient changer car l’asset manager allemand DWS a été accusé de pratiques mensongères. 
  • Il est en effet soupçonné d’avoir exagéré le caractère vert de certains de ses produits ESG. 
  • Des enquêtes de la SEC, du DOJ et de la BAFIN sont en cours. 
  • A l’origine, tout est partie d’une salariée, lanceuse d’alerte, qui a dénoncé selon elle une supercherie. 

Le podcast des Echos se termine sur une note plus positive avec la manière dont le fonds souverain norvégien, la NBIM (Norges Bank Investment Management), gère ses actifs dans une optique volontairement à long terme. 



Quand la TV s’en mêle 

L’Œil du 20 Heures de France2 a lui aussi mis le projecteur le 7 décembre dernier sur le même sujet. 

Les journalistes ont donné la parole à Lucie Pinson de l’ONG Reclaim Finance, qui décrit un système un peu anarchique dans lequel il est difficile de se retrouver.

   

Et la chaine publique revient des remarques de l’Inspection des Finances, qui considérait que le label ISR fournit à l’épargnant une promesse confuse. 

 Avec plusieurs risques : 
  • que l’épargnant soit mal informé, 
  • et que les analystes qui pratiquent l’ISR « dans les règles de l’art » soient finalement jetés comme le bébé avec l’eau du bain. 
Interrogée par le 20 Heures, Michèle Pappalardo, qui vient d’être nommée présidente du comité du Label ISR, un nouveau référentiel plus exigeant est attendu à horizon 2022. 

Les déboires d’Orpéa, groupe bien vu des analystes ISR,  montrent qu’il s’agit d’un sujet de fond et que le processus d’amélioration continue n’est sans doute pas assez rapide. 

Pour aller plus loin :

Les Echos. 15/12/2020 Les sept péchés capitaux de l'investissement responsable https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/les-sept-peches-capitaux-de-linvestissement-responsable-1274145 

Les pionniers de l’ISR préféraient l’exclusion 

Bloomberg. 10/12/2021 MSCI, the largest ESG rating company, doesn’t even try to measure the impact of a corporation on the world. It’s all about whether the world might mess with the bottom line. https://www.bloomberg.com/graphics/2021-what-is-esg-investing-msci-ratings-focus-on-corporate-bottom-line/ 

Novembre 2021-Novethic-Les limites des fonds verts. 

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vendredi 17 septembre 2021

Podcast : notre consommation d’électricité devrait croître de 30% d’ici 2050


Afin de lutter contre le réchauffement climatique et se mettre en ligne avec les Accords de Paris, la France a inscrit dans la loi un objectif de « neutralité carbone » d’ici 2050. 

La neutralité carbone implique un équilibre entre les émissions de carbone et l'absorption du carbone de l'atmosphère par les puits de carbone, comme les forêts. 
Pour atteindre des émissions nettes nulles, toutes les émissions de gaz à effet de serre devront ainsi être compensées par la séquestration du carbone. 

Pour la France, cela suppose à l’horizon 2050 une division par 6 des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Cela signifie l’arrêt progressif du recours à des sources d’énergie carbonées pour les remplacer par d’autres non émettrices de CO2 comme les EnR. 

Dans ce contexte, la consommation d’électricité en France devrait progresser à la faveur de certaines mutations majeures comme 

  • les mobilités douces (voiture électrique), 
  • une disparition du chauffage au fuel domestique. Le parc immobilier passerait de 40% des logements chauffés à l’électricité aujourd’hui à 50% en 2030 et 70% en 2050, et il serait largement rénové dans les 30 prochaines années. 
  • ou encore de nouveaux modes de fabrication dans l’industrie. 
De la prospective pour éclairer nos choix

Pour RTE, le gestionnaire de réseau de transport français responsable du réseau public de transport d'électricité haute tension en France métropolitaine, le chemin vers la neutralité carbone n’est pas une utopie. II va dépendre de nombreux facteurs, comme les évolutions technologiques, mais aussi la manière dont la société va réagir à ce changement de paradigme. 

Thomas Veyrenc, directeur exécutif en charge de la stratégie, de la prospective et de l'évaluation de RTE, et son équipe ont dessiné 6 scénarios en ce qui concerne la production d’électricité en France. 

  • 3 scénarios avec un mix énergétique à 50/50 entre nucléaire et EnR. 
  • 3 scenarios avec 100% d’énergies renouvelables 
En 2050, de nombreuses installations en cours de service aujourd’hui, y compris des éoliennes, seront obsolètes. Il faut donc anticiper la suite.

Ce qu'il confirme dans ce podcast.
   
 D’autres facteurs peuvent infléchir la tendance comme : 

  • La part des Français optant pour un mode de vie sobre. 
  • La possibilité d’une réindustrialisation du territoire, après des décennies de fermetures d’usines. Cette question est revenue dans le débat public à l’occasion de la pandémie de Covid-19. 
Une rupture de tendance 

La consommation d’électricité en France stagne depuis plusieurs années : 

  • Nous bénéficions de gains d’efficacité énergétique. Un exemple parmi d’autres, le succès des PC qui ont remplacé massivement les postes fixes : un ordinateur portable de milieu de gamme allumé 6 heures par jour consomme 600 kWh/an contre 1300 kWh/an pour un poste fixe de même catégorie. 
  • Une autre cause moins glorieuse de cette stagnation est la désindustrialisation de l’économie française. En effet, les services sont de quatre à cinq fois moins consommateurs d'électricité que le secteur industriel à niveau de production équivalent. 

 Actuellement, la France consomme environ 480 TWh d’électricité par an, même si ce chiffre a baissé sensiblement avec les confinements en 2020. 

Selon RTE, ce chiffre devrait bondir de 30% d’ici 2050, du fait du moindre recours aux énergies fossiles. 

 Avec une estimation de 645 TWh, avec néanmoins un scénario bas et un scénario haut : 

  • 550 TWh, si une part importante des Français font le choix de la sobriété 
  • 750 TWh, si de nouvelles usines sont construites sur le territoire. 

D’autres sources d’énergies pourraient aussi être mobilisées pour répondre aux enjeux, comme la bioénergie, les réseaux de chaleur, le biogaz, l’hydrogène bas carbone et le méthane de synthèse. 

Un vaste travail de concertation 

RTE effectue un travail de prospective. l'entreprise fournit des données fiables qui doivent faciliter en amont la prise de décision, qui revient au final aux hommes politiques. 

Humble, Thomas Veyrenc reconnaît que ces travaux reposent sur de nombreuses hypothèses et devront être réactualisées régulièrement. La question du transport aérien fait ainsi partie des inconnues. 

De nombreuses autres parties prenantes, dont les ONG, ont participé à l’élaboration de ces prévisions, en posant des questions à RTE dans le cadre de la consultation « Futurs énergétiques 2050 ». 

Elles sont directement concernées compte tenu de l’impact des choix énergétiques sur le climat et sur notre vie quotidienne. 

Pour aller plus loin : 

La synthèse de RTE sur le mix énergétique 

NégaWatt prône la sobriété 

L’association négaWatt veut réussir la transition énergétique. Elle s’attache à agir en priorité sur la réduction de nos consommations d’énergie, pilier de sa démarche sobriété, efficacité et renouvelables. Elle présentera son scénario 2050 le 26 octobre prochain. 

Le Labo de l'économie sociale et solidaire lance son podcast (2021) 

Schneider Electric entreprend une démarche originale pour une croissance durable (2010) 
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/04/schneider-electric-entreprend-une.html 

Graphique : la consommation d’électricité dans le monde ne ralentit pas. Attention l’échelle chronologique est trompeuse sur les premières décennies. 




En 2018, 10 pays représentaient près de 70 % de la consommation totale d’électricité mondiale. 

Plus de la moitié de la demande provient à eux-seuls de la Chine (600 TWh), des États-Unis (400 TWh) et de l’Inde (100 TWh). 

Dans le monde, près d’une personne sur sept n’a pas accès à l’électricité.

mercredi 21 avril 2021

Le Labo de l'économie sociale et solidaire lance son podcast



Le Labo de l’économie sociale et solidaire (ESS) est un think tank qui construit selon ses propres termes, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires. Le tout repose sur un travail collaboratif, 

Créée en 2010, le Labo de l’ESS fait connaître et reconnaître l’économie sociale et solidaire à travers ses travaux, ses publications et ses événements grand public. Il est un lieu d’échanges, de réflexions et d’actions pour une économie respectueuse de l’homme et de l’environnement. 


Il a lancé cette année un podcast. Le premier épisode est consacré à la Transition énergétique citoyenne où le Labo reçoit Patrick Behm, son référent thématique sur la Transition énergétique citoyenne. 

Ce dernier est l’un des fondateurs d’Enercoop, une société qui distribue de l’électricité militante, 100% renouvelable, et qui s’approvisionne en direct auprès de plus de 300 producteurs partout en France. 

Il y présente quels sont les leviers d’action et les mesures les plus urgentes à mettre en place pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

  

Pour le deuxième épisode, Raphaël Claustre, directeur général d’Ile de France énergies, spécialiste francilien de la rénovation énergétique des bâtiments. Faire Éco est disponible à l’écoute sur toutes vos plateformes habituelles : Apple Podcast, Deezer, Spotify..


Cette série dédiée à la Transition énergétique citoyenne est soutenue par la Fondation Crédit Coopératif et Enercoop. 



Pour info, un autre podcast mentionné sur ce blog : 
"Impacts Positifs" de Sylvia Amicone

jeudi 16 avril 2020

Podcast : Elisabeth Laville résume l'évolution récente de la RSE

Sylvia Amicone a lancé le podcast de celles et ceux qui ont un impact positif sur la société et sur le monde. 

Devant l’urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d’avance, l’audace de croire qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont ce que l’on appelle des Changemakers. 

 « Impact positif », c’est le podcast porte-voix de ces acteurs du changement. Entrepreneurs, citoyens, grands groupes, étudiants, associations, ils ont un point commun : leur impact positif sur la société ou l’environnement. 

Le podcast parle de leurs réussites, des solutions qu'ils proposent, de leurs motivations, des difficultés qu'ils ont rencontrées pour monter leur projet mais aussi de ce qu’ils veulent transmettre à celles et ceux qui les écoutent. Une conversation simple, sans détour et sans timing pour se laisser inspirer, et agir peut-être à son tour.

Voici l'interview d'Elisabeth Laville, qui est à la tête du think tank et du cabinet UTOPIES. Un cabinet de conseil leader sur les stratégies de développement durable en France.

Surtout, elle l’a créé il y a 27 ans quand personne ou presque ne parlait d’innovation sociale ou environnementale, quand personne ou presque ne se souciait de transformer son modèle en un modèle plus vertueux pour l’homme et la planète.

Retour sur 27 années, de la philanthropie, aux labels verts, jusqu'à de nouveaux modèles comme Patagonia.

Le lien :

  https://podcasts.apple.com/fr/podcast/elisabeth-laville-la-papesse-de-limpact-positif/id1408600688?i=1000467965845
 

mardi 27 août 2019

ONG et entreprises main dans la main contre la prolifération du plastique

L’aventure du plastique a commencé en 1838 lorsque Henri Regnault a synthétisé du PVC pour la première fois. Cette découverte, d’abord restée sans suite, a ensuite été améliorée. 

Le nom de "plastique" sert à désigner un ensemble de matériaux de synthèse dont les propriétés chimiques et physiques, souvent inégalées, trouvent de multiples applications dans l’industrie à un coût faible. 

Depuis 1950, année où le plastique a commencé à être introduit massivement dans notre vie quotidienne, 8,4 milliards de tonnes ont été produites dans le monde. Cela ne semble pas avoir poser de problèmes aux citoyens pendant des décennies, ce matériau étant de plus en plus contesté dans la période récente. 

Selon la Fondation Ellen MacArthur, au moins 8 millions de tonnes de plastiques finissent dans les écosystèmes marins chaque année – ce qui équivaut à déverser chaque minute le contenu d’un camion poubelle en mer. Si nos habitudes n’évoluent pas, ce nombre va doubler d’ici à 2030, et passera même à quatre camion par minute, d’ici à 2050.



Selon les chiffres publiés en 2017 par Science Advances, l'ensemble de la pollution de la surface des océans est évaluée à 5.250 milliards de particules, soit 269.000 tonnes de plastique. 90 % de la pollution plastique est constituée de microplastiques quasi invisibles à l'œil nu et que l’homme ne sait pas collecter facilement. Ces polluants envahissent les océans et contaminent du même coup l'ensemble de la chaîne alimentaire.

Le recyclage actuel du plastique pose des problèmes. Une partie des déchets a longtemps été tout simplement exportée sans vergogne en Chine, puis en Asie du Sud-Est, qui ‘en veut plus.

L'institut 5 Gyres dont les actions sont basées sur des travaux de recherche, encourage l'industrie à maîtriser l'ensemble du cycle de leurs produits et à développer des polymères biodégradables.

Mais, la solution la plus pertinente serait de bloquer la fabrication en amont. Les emballages en plastique, qui représentent 45% de la consommation plastiques en France, constituent un mal endémique. Un accord multi-entreprises a été signé pour s’y attaquer en février dernier en France, baptisé "Pacte National sur les emballages plastiques".

Avec des noms connus, industriels et distributeurs : Auchan Retail France, Biscuits Bouvard, Carrefour, Casino, Coca-Cola European Partners, Danone, Franprix, L´Oréal, LSDH, Monoprix, Nestlé France, Système-U, Unilever. La Fondation Tara Expéditions et le WWF France ont participé activement à l’élaboration de ce programme.

Une liste des emballages désignés comme problématiques ou inutiles va être effectuée : l’idée est de voir comment parvenir à leur élimination. Voici quelques annonces :

  • Atteindre collectivement 60% d’emballages plastiques effectivement recyclés d’ici 2022. 
  • Eco-concevoir les emballages pour les rendre réutilisables, recyclables ou compostables à 100% d’ici 2025. 
  • Mener des actions de sensibilisation et de pédagogie auprès du grand public sur les enjeux de la pollution plastique. 

Les pouvoirs publics, la Fondation Tara Expéditions et le WWF France s’assureront que les entreprises signataires respectent leurs engagements. Quelques engagements concrets :

  • Les briques de certaines boissons (lait et jus de fruits) ne contiendront plus d’aluminium. 
  • Le fromage à la coupe libre-service sera désormais emballé dans du carton recyclé et recyclable en remplacement des barquettes polystyrènes. 
  • Mise en place d'un espace BIO où les fruits et légumes, les céréales et légumineuses ne sont pas emballés mais en vrac. 
  • Certaines marques de lessive seront désormais emballées dans des contentant 100% recyclable. 
  • Conception d’une gamme de shampoing et d’après-shampoing, dont les flacons seront entièrement constitués de matières recyclées. 


 Depuis cet accord, un loi a été votée en avril dernier pour interdire la vente de produits en plastique à usage unique, avec un agenda qui court jusqu’en 2028. Les pailles, les cotons-tiges et les assiettes jetables seront interdits de linéaire à compter du 1er janvier 2020.

Par ailleurs, Coca-Cola et PepsiCo viennent de couper les ponts avec la Plastics Industry Association, le lobby du plastique, car ils souhaitent réduire drastiquement les packaging à usage unique.

Non seulement les deux entreprises subissent une pression constante de Greenpeace, mais les évolutions pourraient aussi venir durcir la réglementation.

Pour mémoire, la vidéo contre Coca de Greenpeace en 2013

 

Pour aller plus loin :

Vers des interdictions pures et simples des bouteilles en plastique 
https://usbeketrica.com/article/faut-il-interdire-les-bouteilles-d-eau-en-plastique

Le Podcast du Crédit Agricole : le projet Plastic Odyssey : recyclage des déchets plastiques marins en objets ou en carburant. Le reste