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jeudi 29 juin 2023

Comment les petites communes veulent sauver leur dernier bistrot


Le nombre de débits de boisson serait passé de 200.000 en 1960 à 34.880 en 2020. Le bistrot est souvent le dernier commerce présent au cœur des villages en voie de désertification. 

Selon l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), 26.000 communes n’avaient pas de café en 2018. 

Signe qui ne trompe pas, la réouverture des cafés et des terrasses après les confinements a été saluée par la population. Considérant qu’il s’agit de « lieux de convivialité », le Sénat cite un sondage de l’IFOP de 2018 en marge d’un projet de loi : 

90% des Français considèrent que, dans une commune rurale, la présence d'un CHR contribue à la vie économique et au lien social, à la capacité d'une commune à garder ses habitants, à l'attractivité touristique, à l'installation d'autres commerces, et à la création d'emplois

C’est pourquoi de plus en plus de communes se mobilisent pour leur maintien ou leur réouverture. Un coup de pouce se révèle souvent indispensable pour valider le concept, car la fermeture du café peut aussi avoir des raisons profondes : désertification, achat d’alcool dans la grande distribution, mono-activité, coût des remises aux normes,… 

Rachat de licence

A 35 km de Toulouse, le maire de Toutens (400 habitants) a convaincu le conseil municipal qu’il fallait racheter la licence d’un restaurant, qui affichait porte close. L'objectif était de préserver la Licence IV pour la mettre à disposition d'un futur projet de bistrot dans le village. 

En attendant de trouver un repreneur, la municipalité a donc décidé d'exploiter la licence au moins une fois par an. Elle a ainsi conclu une convention avec le club de pétanque local pour assurer cette exploitation. Une membre du club s'est même portée volontaire pour suivre une formation, ce qui est obligatoire. La Licence IV sera exploitée dans la maison des associations, qui a été aménagée avec un bar pour assurer le service de boissons. 

De même, à Breteuil dans l’Eure, la commune a investi 9.500€ pour mettre la main que la Licence IV d’un débit de boisson situé sur la commune et placé en liquidation judiciaire. Ce rachat s’est fait aux enchères au mois de mai dernier. A Breteuil, cette licence a vocation à être plus tard rétrocédée à un futur exploitant. 

Il faut dire que : 

  • une licence de débit de boissons de 3ème ou 4ème catégorie qui n’est plus exploitée depuis plus de 5 ans devient caduque et ne peut plus être cédée, sauf dans les cas prévus par le code de la santé publique et sous le contrôle de l’autorité judiciaire (liquidation judiciaire). 
  • La seule possibilité d’ouvrir un nouvel établissement doté d’une Licence IV est de recourir au transfert après rachat de la licence par un propriétaire souhaitant s’en défaire. 
  • Lorsqu’il ne reste qu’une seule Licence IV sur une commune, le maire peut s’opposer à sa vente. 

Plusieurs options pour gérer le bistrot 

Dans le cadre de l’ouverture d’un bistrot, les porteurs de projets ont le choix entre plusieurs formules :

  • Une association de préfiguration, le temps de permettre aux habitants de fréquenter le lieu et de tester son potentiel économique. Ce test peut faciliter par la suite l’arrivée d’un repreneur. 
  • Une régie municipale : la municipalité rachète le bistrot, assure une permanence sur un créneau réduit jusqu’à ce qu’une personne, éventuellement un salarié, se manifeste pour en reprendre la gérance. 
  • Le bénévolat et les contrats aidés. 
  • Une mobilisation de financements participatifs tant privés que publics. Les fonds investis dans une SCIC peuvent permettre au projet de se développer tant qu’il n’est pas rentable.
   
 
Plusieurs conditions de réussite 
 
Une des clés de réussite de ces réouvertures est son articulation autour de plusieurs activités dans un même lieu (épicerie, produits locaux, programmation culturelle). 
 
Selon la Banque des Territoires, pour la majorité des lieux qu’elle a étudiés dans un rapport cité plus loin, les travaux de rénovation réalisés par la municipalité ont évité des emprunts bancaires et permis l’équilibre économique fragile de ces activités. L’implication de la municipalité est indispensable. 
 
Dans le Lot, à Gigouzac, village d’environ 300 habitants, la municipalité a racheté les murs et le fonds de commerce d’un bar-restaurant, dont les gérants étaient partis à la retraite, puis a lancé les travaux de rénovation qu’il est nécessaire d’effectuer avant la reprise de l’activité. 
 
Le budget consacré par la municipalité s’élève à 350.000 euros dont 100.000 euros consacrés au rachat du bâtiment. Cet investissement a été rendu possible grâce au soutien du département du Lot (25 %), de l’État (25 %) et de la Région Occitanie (30 %).
  
 
Chacune des activités (cuisine, service, épicerie, programmation culturelle) relève de normes spécifiques 
et nécessite l’acquisition de compétences différentes. 
 
Les témoignages recueillis par la Banque des Territoires identifient aussi  la professionnalisation des cuisiniers comme facteur clé de succès. 
 
Pour aller plus loin : 
 
Une étude de l’IFOP de 2016 montrait que le vote en faveur du RN était plus élevé dans les communes dont les petits commerces et les services sont absents. 
 
La solitude tue, le bonheur nait des liens sociaux
 
Créée en 2018, la Banque des Territoires rassemble dans une même structure des expertises de conseil et de financement à destination des acteurs territoriaux pour faciliter la réalisation de leurs projets. Elle a publié ce PDF en décembre 2022. « Redonner vie au bistrot et dernier commerce dans les petites communes rurales » 
 
Septembre 2019 : Interview de Vanik Berberian, alors Président de l’association des maires ruraux de France (AMRF). 
 
En 2019, le gouvernement a lancé le programme “1000 cafés” à travers l’Agenda rural.
 
Groupe SOS Action Territoriale avait lancé en 2020 le programme «Quartiers Cafés». Son objectif était de contribuer à recréer du lien social en soutenant cinquante cafés ou commerces des Quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. 
  •  

mercredi 21 avril 2021

Le Labo de l'économie sociale et solidaire lance son podcast



Le Labo de l’économie sociale et solidaire (ESS) est un think tank qui construit selon ses propres termes, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires. Le tout repose sur un travail collaboratif, 

Créée en 2010, le Labo de l’ESS fait connaître et reconnaître l’économie sociale et solidaire à travers ses travaux, ses publications et ses événements grand public. Il est un lieu d’échanges, de réflexions et d’actions pour une économie respectueuse de l’homme et de l’environnement. 


Il a lancé cette année un podcast. Le premier épisode est consacré à la Transition énergétique citoyenne où le Labo reçoit Patrick Behm, son référent thématique sur la Transition énergétique citoyenne. 

Ce dernier est l’un des fondateurs d’Enercoop, une société qui distribue de l’électricité militante, 100% renouvelable, et qui s’approvisionne en direct auprès de plus de 300 producteurs partout en France. 

Il y présente quels sont les leviers d’action et les mesures les plus urgentes à mettre en place pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

  

Pour le deuxième épisode, Raphaël Claustre, directeur général d’Ile de France énergies, spécialiste francilien de la rénovation énergétique des bâtiments. Faire Éco est disponible à l’écoute sur toutes vos plateformes habituelles : Apple Podcast, Deezer, Spotify..


Cette série dédiée à la Transition énergétique citoyenne est soutenue par la Fondation Crédit Coopératif et Enercoop. 



Pour info, un autre podcast mentionné sur ce blog : 
"Impacts Positifs" de Sylvia Amicone

dimanche 7 mai 2017

Power:On apporte la lumière dans des villages africains

Depuis 2015, la startup Power:On permet aux 3.000 habitants d’Igbéré, un village reculé du Bénin, d’accéder à l’électricité à un prix raisonnable. Power:On prépare une campagne de financement participatif pour changer d’échelle et équiper d’autres villages, trop isolés pour avoir accès au réseau national. 
Pour donner un coup d’accélérateur à cette belle initiative, l’actrice Eva Green a prêté sa voix au court métrage qui accompagne le lancement de la campagne.

Les questions de l’énergie et de l’Afrique ont été peu approfondies durant la campagne électorale. Pourtant, nombre de personnes frappées par la précarité énergétique serait près de 10 millions en France, avec un impact brutal sur la vie quotidienne : absence de chauffage, budget réduit, surendettement, maladies, conditions sanitaires insalubres, et même décès au domicile.

Le problème de l’accès à l’énergie est aussi critique dans le reste du monde, notamment en Afrique. L’Afrique dispose pourtant de ressources énergétiques inépuisables, à la fois fossiles et renouvelables. Vous voyez sur la photo satellite ci-après un énorme trou noir. C’est le continent africain, qui est aveugle la nuit.



Quelques données :

  • Plus de la moitié de ses habitants n’ont pas accès à l’électricité, soit 621 millions de personnes, selon l’Africa Progress Panel, le cercle de réflexion de l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. 
  • Dans la partie subsaharienne, seulement 30 % des habitants sont connectés au réseau électrique contre presque la totalité des habitants au Maghreb. 
  • Un Africain (hors Afrique du Sud) ne consomme en moyenne que 162 kWh par an contre 7 000 kWh pour les autres Terriens. 
  • D’après le Monde, Malgré une population 25X supérieures, la consommation électrique de toute l’Afrique est inférieure à celle de l’Espagne. 
  • Pour encore noircir ce tableau, une habitante du nord du Nigeria doit débourser, par kWh, 60 à 80 fois plus qu’une Londonienne ou une New-Yorkaise (double peine). 

Diplômé d’HEC, Tristan Kochoyan a fondé une start-up, qui a mené à bien l’électrification d’un village du Bénin. Le business-model a fait ses preuves et ne demande plus qu’à être dupliqué.



La révolution du solaire est une idée qui progresse. Elle a commencé au Kenya en 2010 avec M-Kopa Solar et ses kits solaires. Le modèle économique de ce dernier repose sur un paiement mensualisé par mobile. Il obtient, un très fort taux de recouvrement.

Le court métrage qui suit est destiné à faire connaître les projets de Power:On a au grand public. Il a déjà été partagé par de grandes stars du cinéma, notamment Samuel L. Jackson et Mads Mikkelsen.

Le film a été réalisé par Antoine Brétillard, qui a notamment travaillé avec Mélanie Laurent sur le film Demain, César du meilleur documentaire l’an dernier.

Il dure 7 minutes

 

Vous pouvez soutenir l’initiative de Tristan en rejoignant sa communauté au lien suivant :

https://www.turnthepoweron.co/

L’idée est de recueillir une masse critique de supporters pour lancer une opération de crowdfunding.




Pour aller plus loin : 

2014 : L’effet contagieux d’une poignée d’étudiants en Afrique 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2014/03/leffet-contagieux-dune-poignee.html 

 2011 : La révolution numérique offre de nouvelles perspectives à l’Afrique 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/02/la-revolution-numerique-offre-de.html 

2010 :Care participe à la scolarisation des jeunes marocaines grâce à l'eau courante dans les écoles
  http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/03/long-care-participe-la-scolarisation.

Article du Monde
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/07/traversee-d-une-afrique-bientot-electrique_5026791_3212.html

  Fin

mardi 24 janvier 2017

Nutrition : Antenna France veut apporter la spiruline au plus grand nombre


Créée en 2002, Antenna France lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté. Malgré un petit budget, elle a implanté des fermes de spiruline, un complément alimentaire essentiel, au Laos, au Cambodge et en Afrique (Burkina Faso, Madagascar, Mali, Niger, RCA et Togo). Avec une approche social-business, Antenna France vise le transfert de compétences pour des solutions durables. 

Après avoir travaillé dans l’édition, Diane de Jouvencel est devenue Déléguée Générale de l’association en 2009. Elle a répondu à mes questions. 



Quel est le constat de départ ? 

Face au problème de la malnutrition, Denis von der Weid a eu l’idée de développer un programme nutritionnel dans les pays pauvres, basé sur un transfert de technologies. L’idée novatrice était le choix d’un modèle social-business, qui sorte de l’assistanat. Son choix a été de cultiver la spiruline. Cela s’est traduit en 1989 par la création d’une association à Genève, transformée ensuite en Fondation.

En effet, il faut savoir que dans ces années, lors des débats sur le droit à l’alimentation, des chercheurs ont découvert une peuplade vivant au bord du lac Tchad, en parfaite santé malgré des conditions de vie précaires. Le peuple Kanembou récolte la spiruline au bord du lac et l’a fait séchée dans le sable au soleil, avant de l’ajouter à son alimentation. Cette micro-algue pousse naturellement au bord du lac.

Quels sont les apports de la spiruline ? 

La spiruline offre un cocktail détonnant : 
  • Des protéines de bonne qualité, 
  • Des vitamines, notamment de la provitamine A, du Bêta-carotène, 
  • Du fer (anémie), 
  • D’autres minéraux (calcium, magnésium, phosphore, …), 
  • Du pigment bleu (Phycocyanine défense immunitaire), 
  • De l’acide gamma-linolénique, deuxième source naturelle après le lait maternel. 
 Mais, la spiruline ne contient pas de vitamine C.



A qui s’adresse la spiruline ? 

Ce qui est important, c’est la qualité de l’alimentation. La malnutrition chronique ne se voit pas toujours facilement. Certains enfants, nourris à base de riz ou de manioc, n’ont pas faim. Néanmoins, ils sont carencés, avec des répercussions au niveau du cerveau et de leurs conditions physiques.

Les chercheurs ont d’ailleurs mis en évidence très récemment le coût de la faim et de la malnutrition. Pour Madagascar et l’Ethiopie par exemple, cela se traduit par un manque de PIB de respectivement 14,5 et 16% (retard dans l’éducation, baisse de productivité, plus de maladies).

Quand Antenna France est-elle née ? 

Antenna France a été créée en 2002 avec quelques bénévoles et retraités. Grâce à l’aide d’un Directeur Technique, une première ferme est implantée dès 2003 en Afrique de l’Ouest.

Quelle est l’importance des fermes ? 

L’idée d’Antenna est d’implanter des fermes à proximité des enfants, qui en ont besoin. Ces fermes ont un coût d’environ 100.000€. Avec le soleil et la chaleur et quelques intrants que l’on trouve sur le marché local, l’algue pousse facilement. Elles créent des emplois locaux dans la production et la distribution. Il faut bien sûr former les personnes qui vont s’occuper des fermes, ainsi que ceux qui organisent la distribution.



Au Togo, où la ferme est depuis peu autonome techniquement et financièrement, nous ne nous versons plus de fonds. Outre la micro-algue, cette ferme élabore aussi un jus d’ananas avec spiruline. Une quinzaine d’emplois ont été créés, dont certains à mi-temps.

Quels sont vos critères pour intervenir ? 

Le critère le plus important est bien sûr le partenaire local qui va mettre en place la ferme de production et les réseaux de distribution. Le retour d’expériences a amené Antenna France à investir un peu sur des expertises marketing et commerciales étant donné que l’existence du marché commercial est LA condition du succès du projet.

Au final,
  • 2/3 de la production est vendue à la population locale 
  • ce qui permet de financer la distribution du dernier tiers dans des écoles, des pouponnières ou dans nos propres centres de distribution. Une fois la ferme en phase de production, nos meilleurs ambassadeurs sont les consommateurs de spiruline. 

Est-ce facile ? 

L’association s’est souvent heurtée à un obstacle majeur, à savoir le non soutien des grandes institutions et ONG, faute d’études cliniques de grande ampleur. Mais Antenna n’avait pas les budgets pour réaliser ces études ! Le manque de notoriété de la spiruline dans nos pays d’intervention a été un frein pour le développement commercial mais l’engouement aujourd’hui pour la spiruline dans les pays du Nord amène les élites et classes moyennes à vouloir en consommer.

Le succès des fermes dépend aussi de l’environnement du pays. En Centrafrique, nous allons aider nos partenaires à relancer la production, car les installations ont été endommagées par la guerre.

L’objectif d’Antenna France est l’autonomie totale de ses partenaires mais reste en contact avec eux en cas de problème et pour s’assurer de la distribution sociale.

Avez-vous besoin de pousser la spiruline ? 

Un travail de sensibilisation est effectué auprès des mères. La spiruline offre des résultats impressionnants sur la femme enceinte et allaitante. Nous recommandons sa prise pendant les 1.000 premiers jours de l’enfant, grossesse comprise, en particulier pour éviter la carence en fer. En effet, la malnutrition se passe souvent au moment du sevrage.

Quels sont vos projets à court terme ? 

Fort de nos observations, avec environ 10.000 enfants qui ont pu bénéficier chaque année de cures de spiruline dans nos 8-9 pays d’intervention, notre idée est de concentrer nos actions futures autour de quelques axes :
  • Renforcement de notre présence dans deux ou trois pays phares pour un impact plus important
  • Lancer avec des partenaires des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) (ou en anglais Ready-to-Use Therapeutic Food, RUTF). Au Laos, des tests de barre de céréales contenant de la spiruline ont été menés, 
  • Intégrer la spiruline dans l’alimentation courante pour le bienfait de tous, 
  • Développer en parallèle des micro-jardins, 
  • Renforcer l’éducation et la sensibilisation à la nutrition 
Parallèlement à ce développement de la distribution, nous nous intéressons aux évolutions de la production de spiruline, de façon à la mettre à disposition du plus grand nombre de personnes.

Quelles sont vos perspectives de changement d’échelle ? 

En appliquant cette nouvelle stratégie de distribution de la spiruline accompagnée du renforcement du discours sur la nutrition, nous avons l’objectif de faire intégrer la spiruline dans les Programmes de Nutrition Nationaux afin d’avoir un impact important sur la santé des enfants. Et, les comportements doivent évoluer, notamment celui des mères.

Cette philosophie s’intègre parfaitement dans l’agenda 2030.

 
Pour aller plus loin : 

Le site de l'association
http://antenna-france.org/ 

Sur Twitter : @AntennaF

Portrait de Denis von der Weid dans la Revue XXI
http://www.revue21.fr/portraits/denis-von-der-weid-couteau-suisse/ 

Vu sur ce blog : Avril 2010 Le social business est-il une utopie ?
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/04/salon-produrable-le-social-business-est.html 
Fin

jeudi 11 juin 2015

Western Union apprend aux migrants à épargner


En 2013, selon les estimations conjointes de l'ONU et de l'OCDE, 232 millions de personnes sont considérées comme immigrées dans le monde, soit 3,2 % de la population totale (contre 2,9% en 1990).

En vingt-cinq ans, le nombre d'immigrés aurait cru de 50%.

Près de la moitié des migrants internationaux résident dans 10 pays (source : Info Migration Numéro 63 de février 2014).
  • En 2013, les Etats-Unis en accueillaient 46 millions, c’est-à-dire 20% du total, 
  • suivis de la Fédération de Russie (11 millions, mais il s’agit pour l’essentiel de ressortissants de pays autrefois inclus dans l’Union soviétique), 
  • de l’Allemagne (9,8 millions), 
  • de l’Arabie saoudite (9,1 Mi), 
  • des Emirats arabes unis et du Royaume-Uni (7,8 Mi), 
  • puis de la France (7,5 Mi), du Canada (7,3Mi) 
  • sans oublier l’Australie et l’Espagne (6,5 Mi chacun). 
En proportion, le nombre d'immigrés atteint
  • plus de 70% aux Emirats arabes unis, 
  • et plus de 30% en Arabie Saoudite. 
  • le Japon fait figure d’exception, avec environ 1,5 % d'immigrés (dont plus de la moitié venus de Chine et de Corée). 

Les plus qualifiés migrent davantage 

Les taux d’émigration des plus qualifiés dépassent les taux d’émigration totaux pour la plupart des pays d’origine, reflétant le caractère sélectif de la migration selon Info Migrations. Avec un risque de "fuite des cerveaux".

En 2010, il y avait par exemple autant voire plus de personnes diplômées du supérieur vivant hors de la Barbade, du Burundi, d’Haïti, des Maldives, du Mozambique, du Niger, de la Tanzanie et de la Zambie que dans les pays d’origine.

Western Union et l’éducation financière

Néanmoins, de nombreux migrants n’ont pas suivi une éducation très poussée.

Spécialiste des transferts d’argent et couvrant la planète, Western Union constitue un service essentiel notamment pour les populations, parfois défavorisés, mais souhaitant entretenir leurs familles restées dans leurs pays d’origine.

Le groupe dispose en effet d’un réseau combiné de 500.000 agences réparties dans 200 pays et territoires équipés de plus de 100.000 GAB et bornes.



La firme a mis en place un programme d’éducation financière vis-à-vis des migrants dans plusieurs pays, comme aux Philippines, avec le programme Peso-sense, ou encore aux Emirats Arabes Unis.

Il en ressort notamment que les femmes immigrées y trouvent non seulement des outils pour gérer leur budget, mais un moyen de planifier leur avenir et d’améliorer leurs conditions de vie.

A Dubaï, 99% des participantes du programme Apna Sapna (ce qui signifie Notre Rêve) parviennent à mieux contrôler leurs dépenses et même à épargner.

Une action à impact rapide

Un questionnaire, réalisé avant la formation, donnait ces résultats :
  • 66% des répondantes ne savaient pas comment équilibrer revenus et dépenses, 
  • Peu d’entre elles étaient capables de se constituer une épargne de précaution, et pour celles qui tentaient d’y parvenir, elle se révélait insuffisante en cas de réelle urgence. 
  • Seules 23% des répondantes réussissaient à mettre de côté 10% de leurs salaires. 
Après le coaching ;
  • Le nombre de femmes capables d’économiser 15% de leurs salaires mensuels a quintuplé, 
  • Et, le nombre de celles qui envisagent d’économiser 10% de leurs salaires a augmenté de 50%. 


Aider les familles


La grande majorité des travailleuses immigrées à Dubaï envoie des fonds dans leurs pays d’origine pour de nombreuses raisons (nourrir la famille, éducation des enfants).

Ces fonds sont envoyés le plus souvent à leurs proches:
  • 66% à leurs mères 
  • 23% à leurs pères 
  • 20% à la fratrie 
Elles considèrent que travailler aux Emirats arabes unis constitue une étape essentielle en vue d’une stabilité financière préalable à la prospérité.

Leur passage dans ce pays doit leur permettre de réaliser certains rêves, comme acheter une maison à leur retour dans leur pays d’origine, voire commencer un petit business, une activité où elles auront aussi besoin de jongler avec les chiffres.

Dans les 3 premiers mois ayant suivi son lancement, 7.000 travailleurs ont terminé avec succès la formation, dont 2.200 femmes.


4 migrantes ont donné des détails sur leur cursus et raconté à la presse locale leur expérience.:
http://www.khaleejtimes.com/kt-article-display-1.asp?xfile=data/nationgeneral/2015/March/nationgeneral_March99.xml&section=nationgeneral 



Ce qui est bon pour les migrant(e)s est aussi bon pour Western Union, non seulement en termes d’image, mais aussi de business, puisqu’une partie de leurs économies va générer des transferts de fonds.

Par ailleurs, la Western Union Foundation collabore aussi bien avec de grandes ONG qu’avec de petites organisations locales à but non lucratif et d’œuvres de bienfaisance dans le monde entier, notamment l’UNICEF, Save the Children, Mercy Corps et Pratham.

Pour aller plus loin : 

Janvier 2014 : L’éducation financière, un enjeu mondial 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2014/01/leducation-financiere-est-devenue-un.html

Novembre 2014 : Les banques américaines savent qu'elles doivent éduquer leurs usagers
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2014/11/les-banques-americaines-savent-quelles.html

Mars 2015 : Pour Thomas Piketty, les citoyens veulent comprendre l’économie
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2015/03/pour-thomas-piketty-les-citoyens.html

OCDE, Décembre 2014 : Comment mettre à profit les compétences des immigrés? http://www.oecd.org/fr/els/mig/debats-politiques-migratoires-3.pdf

The Western Union Company a son siège social à Englewood au Colorado.

Elle capitalise 11 milliards de dollars.

En 2014, The Western Union Company a réalisé 255 millions de transactions inter-consommateurs à l’échelle mondiale, virant 85 Mds entre particuliers et 484M$ à des entreprises.



 Fin

jeudi 22 janvier 2015

PlaNet Finance France poursuit avec succès ses efforts en banlieue


En 2014, plus de 550 000 entreprises ont vu le jour en France, soit autant qu’en 2011 selon l’INSEE, dont une grande part d’auto-entrepreneurs (51.5%) et une proportion croissante de femmes. 

Si le chômage atteint 24 % dans les quartiers prioritaires de la ville soit un taux deux fois et demi plus important que dans le reste du territoire ils détiennent un taux de création d'entreprises deux fois supérieur à la moyenne nationale.

Pourtant, les habitants des banlieues françaises rencontrent plus de difficultés à démarrer leur propre activité :
  • méconnaissance des démarches, 
  • incompréhension des termes administratifs, 
  • prêts bancaires souvent refusés, 
  • manque de confiance… 
 C’est pourquoi PlaNet Finance France se donne pour mission depuis 2006 de valoriser les forces vives de ces quartiers par l'entrepreneuriat, afin de redynamiser le tissu économique local et réduire chômage et inégalités sociales.

Pour Joël Pain, Directeur Général de PlaNet Finance France : 

«La situation française en matière d’emploi n’est pas nouvelle, mais le chômage touche plus fortement les habitants des zones sensibles. Ces quartiers sont de réels viviers entrepreneuriaux : 50 % des jeunes de 18 à 24 ans des Quartiers Prioritaires de la Ville ont envie de créer une entreprise mais ils ne sont qu’une infime minorité à franchir le pas. Méconnaissance des démarches, difficultés à trouver les financements nécessaires, réseaux quasi inexistants sont autant d’obstacles que nous tentons de dépasser à travers un accompagnement sur le terrain. Notre action permet la dynamisation du tissu économique local vecteur de lien social»
 Les équipes de PlaNet Finance accompagnent les porteurs de projet dans la création de leur entreprise grâce au programme Entreprendre en Banlieue. Pour Joël Pain

«L’année 2014 a été riche en événements. En effet, pour être au plus près des entrepreneurs, nous avons inauguré 5 PlaNet ADAM (Association de détection et d’accompagnement des micro entrepreneurs) à travers toute la France : Marseille, Est Ensemble, Poissy, Le Havre et Vaulx en Velin»

 

Depuis sa création, PlaNet Finance France a obtenu des résultats probants au sein de son programme.

Depuis 2006 ce sont 
  • 74 934 personnes qui ont été sensibilisées, 
  • 11 396 personnes reçues représentant 2 315 créations d’entreprises 
  • et 2 689 emplois créés. 
Les chiffres en 2014 :
  • 17 694 personnes sensibilisées 
  • 3 445 personnes accueillies
  • 635 créations d’entreprises 
  • et 747 créations d’emplois 
Toujours soucieux de l’impact du programme Entreprendre en Banlieue, PlaNet Finance France a décidé cette année de mener une étude avec Accenture pour savoir à quoi contribue PlaNet Finance France par son action et quelle est la valeur créée pour les territoires et personnes impliquées, de près ou de loin, dans ce programme ?

Le Programme génère 130% de retour social sur investissement.

Ce qui signifie que pour chaque euro investi, 1,30€ de valeur sociale sont créés chaque année pour la société. 
Si les résultats de l’étude confirment le rôle clé du programme dans la redynamisation des territoires par la création d’entreprise, ils mettent en lumière l’impact bien plus vaste de l’organisation sur la réinsertion des publics précarisés. Joël Pain le souligne :

«Grâce au soutien de nos partenaires publics et privés, nous poursuivons la mission en laquelle nous croyons : accompagner les entrepreneurs des quartiers prioritaires de la ville à mener à bien leur projet d’entreprise. Et quelle plus belle récompense que de voir le nombre d’emplois créés cette année, cela nous rend optimistes quand à l’année à venir»
 Sur le même thème : 

 Entreprendre en banlieue : pour FinanCités il n’y a pas de petits projets 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/11/entreprises-en-banlieue-pour-financites.html

FinanCités soutient « J’organise mon mariage » pour leur plus grand bonheur 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/11/financites-soutient-jorganise-mon.html

Planet Finance et Swiss Re militent pour la micro assurance à Davos 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/01/planet-finance-et-swiss-re-militent.html  

Fin

mardi 9 juillet 2013

Beesday fait la lumière sur l’INTRApreneuriat social

Les Beesday sont des rencontres privilégiées entre blogueurs et organisations engagées dans un projet social ou environnemental qui ont lieu à Paris de façon régulière. Leur première réunion date de juin 2011 et portait sur la question de l’affichage environnemental. 

Pour sa 6ème édition, le 2 juillet dernier, la Beesteam (Lucie Gaudens, Marine Diers et Pierre-Yves Sanchis) a mis les projecteurs autour du thème de l’intrapreneuriat social, un sujet d’actualité sur lequel on commence à avoir du recul. Je n’ai pas pu y assister, mais cette conférence est disponible en ligne en replay.

Le point de départ des organisateurs : l’intrapreneuriat social une réponse d’avenir aux enjeux sociétaux ?

Avec les invitées suivantes :

  • Octavie Baculard, co-auteur du livre Intrapreneuriat social : la nouvelle frontière de l'innovation sociale pour l'entreprise et fondatrice de Volonteer
  • Anne Zavan, directrice RSE de Beiersdorf
  • Dorothée Van der Cruyssen, fondatrice de Earthtalent, Head of social Innovation and prospective, Bolloré

La vidéo qui suit dure environ 40 minutes et peut être visionnée en plusieurs fois, intervenante par intervenante.

 

Pour aller plus loin :

Le post de Marine Diers sur eenovation
http://eenovation.com/2013/07/intrapreneuriat-social-beesday-blogueur-societal-paris/

The Social Intrapreneur: A Field Guide for Corporate Changemakers, SustainAbility, 2008 http://www.echoinggreen.org/sites/default/files/The_Social_Intrapreneurs.pdf

Intrapreneuriat social : nouvelle frontière de l’innovation sociale
Etude publiée en novembre 2012 et co-réalisée par Volonteer et Odyssem.
Quel est le lien entre un garage solidaire redonnant une seconde vie aux véhicules de GrDF, le Réseau Adecco Insertion, le fonds de gestion solidaire Natixis ? Ce sont des initiatives lancées par des intrapreneurs sociaux, qui font bouger les lignes en interne en mobilisant les ressources de l’entreprise pour monter des projets à vocation sociale ou environnementale. Ces initiatives innovantes répondant à des enjeux de société à l’intérieur de l’entreprise traditionnelle sont encore peu nombreuses et souvent méconnues. Pourtant le soutien de l’entreprise peut être un puissant levier pour atteindre un fort impact social.
 http://www.volonteer.fr/entrepreneuriat-social

 

Volonteer vu sur ce blog : 
Le Secours Catholique, qui dispose d’un département Mécénat & Partenariats, a demandé au cabinet conseil en mécénat participatif Volonteer de réaliser un point d’étape sur les relations ONG/entreprises. Ce document de réflexion téléchargeable gratuitement a été publié en février 2009. Cette étude dresse en mots simples et en recourant à de nombreux témoignages un état des lieux sur l’évaluation des partenariats Entreprises-ONG en France. Son titre est d’actualité : « De la philanthropie à l’utilité sociale ».
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2009/09/les-partenariats-ongentreprises-ne.html

Beesday mentionné sur ce blog en février 2012 :
Ces marques qui veulent se faire des amis durables
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/02/ces-marques-qui-veulent-se-faire-des.html





  Fin

vendredi 17 mai 2013

Succès indéniable des produits partage du Crédit Coopératif

Le Crédit Coopératif, qui emploie environ 2.000 salariés, rappelle dans un communiqué de presse qu’il est engagé depuis 30 ans dans la finance solidaire. En effet, le groupe bancaire a inventé en 1983 le 1er fonds de partage en France avec son partenaire le CCFD-Terre Solidaire, Faim et Développement. 

En souscrivant à un produit de partage, les clients du Crédit Coopératif reversent une partie de leurs intérêts ou rémunération à des associations partenaires. 

Au fil des ans, de nouveaux produits engagés ont été imaginés. Tant et si bien que le groupe coopératif domine de la tête et les épaules ce segment de l’offre bancaire d’après les recherches du baromètre de la finance solidaire de 2012.

 
Laurence Moret, Crédit Coopératif par ccfd

Voici une idée de sa gamme de produits bancaires, dont l’impact se traduit soit par des dons soit par des financements de projets à plus-value sociale et environnementale:
  • Des produits d’épargne : livret bancaire, livret de développement durable, etc. 
  • Des produits de placements : OPCVM gérés par la société de gestion du Groupe, Ecofi Investissements. 
  • Des services bancaires : la Carte Agir, le Compte Agir.



Le savoir-faire du Crédit Coopératif est à pointe sur ces thèmes, puisqu’il propose près de 30 produits labellisés Finansol et 10 par Novethic.




Au total, depuis 30 ans, près de 48M€ de dons issus du partage ont ainsi été versés aux associations partenaires du Crédit Coopératif. Avec un engouement qui a traversé la crise financière, puis la récession comme le montre les chiffres suivants

  • En 2005, près de 2 ME reversés. 
  • En 2006, 2,5 M€ de dons reversés au profit de plus de 30 associations ou organismes d’intérêt général. 
  • En 2008, près de 4 M€ ont été orientés vers 47 associations partenaires. 
  • En 2012, 5 M€ de dons ont été collectés et reversés (+31% en un an) au bénéfice de. 52 associations partenaires, soit un montant moyen non négligeable de 96.000 euros. 
La progression régulière de la finance solidaire a ainsi permis d’élargir au fil des ans le nombre d’associations bénéficiaires. De plus :

  • L’investissement solidaire généré par les produits de placement (OPCVM gérés par Ecofi Investissement) a représenté un encours de 13,4 M€ et a permis de financer 53 entreprises solidaires.
  • Compte Agir : il permet aux clients de choisir l’orientation de leurs dépôts afin de donner à la banque plus de moyens pour financer certains clients sur les thèmes suivants : Agir pour la planète, Agir pour une société plus juste ou Agir pour entreprendre autrement. Près de la moitié des détenteurs d’un compte Agir ont choisi de soutenir les 3 domaines à la fois. L’ouverture de près de 5.000 Comptes Agir en 2012 a représenté une enveloppe de 10,4 M€ de prêts aux entreprises selon le souhait exprimé par les détenteurs des comptes. 
  • La banque fait elle aussi un don aux associations bénéficiaires de la Carte Agir, à la souscription et à chaque retrait, depuis son lancement en 2003.


 Selon Audrey Begué, responsable de développement épargne solidaire au Crédit Coopératif

La finance solidaire est en plein essor, de plus en plus de banques proposent des produits de partage, et c’est une bonne nouvelle pour les associations. Pourtant, le Crédit Coopératif reste leader en réalisant 60 % des dons toutes banques confondues. Notre différence ? Le rapport que nous entretenons avec les associations. C’est avec elles et pour elles que nous avons créé les produits de partage il y a trente ans et c’est avec elles que nous continuons à innover. Nous essayons par ailleurs de créer du lien entre nos clients et les associations. Nous organisons par exemple des journées d’immersion où chargés de clientèle et clients sont invités à découvrir le quotidien des associations pour que ces liens entre les trois acteurs de la finance solidaire soient vivants et riches.

Pour aller plus loin : 

En 2011, le groupe coopératif a également mis en place une contribution volontaire sur les transactions de change, la CVTC-Change solidaire, nouveau mécénat lié à un volume d’activité. Une démarche qui a produit en 2 ans environ 150.000 euros remis au GERES pour des projets d'habitats solaires passifs.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/06/le-credit-cooperatif-innove-pour.html

France Active et la CPCA ont mis en ligne un web-doc, qui met en valeur l’importance des associations dans le développement économique et social de nos territoires. Il a été imaginé très à propos à l’heure où se préparent les projets de loi relatifs à l’ESS et à la décentralisation.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/03/les-associations-veulent-continuer.html

Le communiqué de presse complet du 16 mai du Crédit Coopératif
http://www.credit-cooperatif.coop/fileadmin/doc/communiques_de_presse/2013/2013_CP_dons_national_vf_01.pdf

 
PARIS 2.0 = MARKETING CREDIT COOPERATIF par PSST_TV

  Fin

mardi 5 mars 2013

Les associations veulent continuer à peser sur le développement des territoires


Le web-documentaire séduit de plus en plus le secteur non-marchand.

En effet, France Active et la CPCA viennent à leur tour de diffuser un web-doc, qui met en valeur l’importance des associations dans le développement économique et social de nos territoires. Il a été imaginé très à propos à l’heure où se préparent les projets de loi relatifs à l’ESS et à la décentralisation.

Il est consultable au lien suivant :

http://webdoc-cpca.franceactive.org 

Il a été réalisé dans le cadre d’une journée, qui a réuni plus de 400 personnes au Ministère de l’Économie et des Finances, le 22 janvier dernier. Ce web-doc institutionnel propose des reportages et des interviews. 

Comme celles de Valérie Fourneyron, Ministre de la vie associative, de Marie-Guite Dufay, Présidente la région Franche-Comté, de Laurent Davezies, économiste. Gilles Vermot-Desroches de Schneider Electric donne également son témoignage.

Ainsi que des initiateurs de ce mouvement, Nadia Bellaoui, présidente de la CPCA, et Christian Sautter, Président de France Active.

Ce web-documentaire permet ainsi de faire connaître au plus grand nombre le rôle irremplaçable joué par les associations dans les dynamiques territoriales, tout en présentant des propositions d'évolution de leur cadre juridique et fiscal propres à favoriser leur développement.



Pour aller plus loin : 

La CPCA regroupe 16 coordinations nationales, représentant près de 700 fédérations, soit plus de 600.000 associations en France. Ces coordinations représentent la diversité du monde associatif et de ses champs d’intervention : éducation populaire, action culturelle, mouvement sportif, développement rural, solidarité internationale, droits des femmes, action sanitaire et sociale, vie étudiante, lutte contre les discriminations, défense des consommateurs, droits de l’homme, etc.

France Active est un réseau de proximité qui aide depuis 1988 les personnes en difficulté à créer leur entreprise individuelle. Il finance parallèlement les entreprises solidaires (insertion par l’activité économique, associations d’utilité sociale).

L’association France Active est le fruit des réflexions de plusieurs organisations fondatrices : la Fondation de France, le CCFD, le Comité Inter Mouvement d’Aides auprès des Evacués (CIMADE), le Fonds Social Juif Unifié (FSJU), la CDC, le Crédit Coopératif, la fondation MACIF et l’Agence pour la Création d’Entreprise (APCE).

Ci-dessous : capture du site


mercredi 20 février 2013

Le Mouves, fer de lance de l’entrepreneuriat social, fait peau neuve

Créé en février 2010, le Mouvement des entrepreneurs sociaux (le Mouves) fédère et représente des dirigeants d’entreprises sociales, des entrepreneurs motivés avant tout par l’intérêt général, qui partagent équitablement les richesses qu’ils créent.

 J’ai interviewé sur ce blog quelques-uns de ces entrepreneurs, comme Jean-Michel Pasquier de Koeo.net, le mouvement revendiquant dans son ensemble 300 entrepreneurs sociaux.

Sur son site, le Mouves donne les caractéristiques communes à ces innovateurs d’un nouveau genre ici

L’objectif du Mouves est triple : animer et faire grandir une large communauté d’entrepreneurs sociaux, faire connaître leur métier et leurs solutions, créer un environnement favorable à leur essor en France comme en Europe.

L’agenda de l’année 2013 est chargé avec la Loi relative à l’Economie sociale et solidaire, les Assises de l’entrepreneuriat, les Fonds structurels européens, la Banque publique d’investissement (BPI) et la modernisation de l’action publique…

Autant de questions qui légitiment qu’un organisme fasse du lobbying sur les résultats et l’impact social des entrepreneurs sociaux, comme lors de la campagne de plaidoyer menée pendant la présidentielle 2012 et les législatives. A ce titre, le Mouves sait mobiliser les réseaux sociaux.

L’Opération SenseTwitt du 3 juillet 2012 avait pour objectif d’interpeler les députés. Le SenseTwitt est une application qui permet à ses utilisateurs d’envoyer des messages de 140 caractères pré-formatés à des destinataires influents choisis pour relayer et soutenir une cause. Cette campagne a été lancée pour la rentrée parlementaire 2012, en association avec Makesense et La Ruche. Il s’agissait en termes imagés de remplir le cartable des parlementaires avec les propositions du Livre Blanc des entrepreneurs sociaux (éditions Rue de l'échiquier), publié en mars 2012.

Dans la foulée de ces actions, le Mouves a décidé de lancer en février une nouvelle plateforme, qui met en valeur la richesse et l’actualité du mouvement.

Mouves.org vise également à recruter de nouveaux adhérents, voire à susciter des vocations. Le mouvement met en avant certaines success stories sans cacher les difficultés liées à l’entrepreneuriat en France.

 
Au Mouves il ne manque plus que... vous ! par Mouves

 Chacun pourra y trouver :

  • des contenus pédagogiques pour mieux comprendre l’entrepreneuriat social et les enjeux de son développement (innovation sociale, impact social, labellisation, intrapreneuriat social, enjeux européens, etc.) 
  •  tous les liens utiles pour s’y investir (acteurs de la création, de l’accompagnement, du financement, …). 
  • de nombreuses informations sur les adhérents ancrées dans les territoires, 
  •  des portraits d’entrepreneurs sociaux comme celui de Florence Gilbert, directrice de l’entreprise sociale Voiture & Co ou encore celui de Simon Houriez, dirigeant de l'entreprise associative Signes de Sens. 

Voici le site du Mouves. http://mouves.org/ 

Le Livre Blanc présenté par l’Avise
 http://www.avise.org/spip.php?article2161

mercredi 12 septembre 2012

Ethical Fashion Show : la mode éthique marque le pas en France


Créé en 2004, le Salon Ethical Fashion Show est dédié aux professionnels de la mode. Il s’est tenu la semaine dernière au Carrousel du Louvre. Il a la particularité de présenter une multitude de marques internationales de prêt-à-porter.

Telles qu’elles figurent dans le catalogue, leurs démarches sont multiples : matières biologiques, matières naturelles, recyclage, savoir-faire spécifique, projets sociaux et mode équitable.

Les exposants sont sélectionnés en fonction de leurs engagements. Les organisateurs refusent un tiers des demandes d’exposition. Ce qui compte n’est pas simplement de venir ou de revenir à Paris, mais que la marque soit véritablement engagée dans une démarche de progrès.



 
 

Après avoir observé au démarrage du salon un intérêt croissant des consommateurs, Isabelle Quéhé (voir son intervention dans la vidéo ci-dessus), la Fondatrice du Salon, que j’ai rencontrée, constate depuis peu un reflux, ce qui n'est pas bon, puisque la mode éthique ne représenterait environ qu’1% du marché.

Ce tassement s’inscrit dans la crise du secteur textile, qui voit le consommateur se concentrer avant tout sur le prix. Dans la recherche des bonnes affaires, les Français disposent d’une offre abondante issue du « Fast-Fashion », dont le renouvellement de plus en plus rapide donne le tournis.

Le Salon Ethical Fashion Show propose le contraire
« Nos exposants présentent des produits attrayants, mais aussi de bonne qualité et qui durent. Mais, il existe malheureusement peu de place pour la découverte, certaines boutiques ayant été échaudées. » 
Il est difficile de rentrer dans les rayons des boutiques multimarques traditionnelles. A tel point que face aux défis d’expliquer ce que signifie la notion de « travail décent », certains producteurs éthiques font le choix ces derniers temps de ne plus communiquer sur cet aspect.



Mais, le textile responsable n’est pas le seul secteur à souffrir. Un article de Novethic de mai 2012 signalait que les ventes de produits Fair Trade dans les grandes surface avait baissé en France de 9,2 % en 2010, puis de 4% l’année dernière. Avec même, pour la première fois, une baisse des ventes des marques de distributeurs de 1,2 %.

A l’opposé, l’Allemagne se distingue par une filière éthique et naturelle qui bénéficie à la fois de la bonne santé de l’économie, mais aussi de la fibre écolo d’une partie importante de la population. Le réseau de distribution outre-Rhin est aussi plus dense pour ce type de produits.

Une prise de conscience relative

Si la mode Green commence à être identifiée, le consommateur perçoit mal ce que signifie le « respect des droits humains ». Pourtant, Isabelle Quéhé souligne que le non respect des droits des travailleurs (OIT) s’accompagne généralement d’un mépris envers la planète, notamment en ce qui concerne l’utilisation de l’eau.

 Pourtant, les designers des 4 coins du monde ne sont pas isolés dans une tour d’ivoire. Des ONG sont actives sur ce terrain comme Yamana ainsi que des associations locales. Il faut aussi compter sur le dynamisme des groupements d’artisans. Des ONG contribuent également à aider au maintien de certains savoir-faire traditionnels auprès de groupes de femmes.

Les ambitions des grandes marques

Reste à savoir si la conversion de certains mastodontes comme les Galeries Lafayette ou encore H&M (Conscious) va apporter de l’eau à leur moulin.

Sur cette dernière initiative, le groupe suédois indique notamment avoir donné 2,3 millions de vêtements à des œuvres caritatives et avoir informé de leurs droits 440.000 ouvriers au Bangladesh.

Mais, le créneau éthique n’est pas sans risque. Pour la créatrice du salon, les global brands doivent faire attention à ne pas être accusées demain par la société civile de green ou de socialwashing. Surtout si elles ont engagé de grosses campagnes marketing en ce sens.

Selon un article du Guardian de novembre 2011, H&M se serait ainsi remis à utiliser du PVC, malgré des engagements pris en ce sens en 2002.

H&M a aussi été pointé du doigt pour avoir utilisé des mannequins virtuels, qui pourraient encourager l’anorexie, et le bronzage intensif (cancer de la peau), comme sur cette affiche. Autant d’initiatives, qui génèrent du buzz, mais peuvent brouiller le message. Même si sa cote d’amour sur Facebook affiche 12,1 millions d’amis.



La nécessité d’innover

Les marques éthiques et naturelles savent comme les autres surfer sur les tendances. Pour Isabelle Quéhé,

Les clichés ont portant la dent dure, qui assimilent encore la mode éthique au folklore et l’ethnique, notamment dans la presse féminine. Certains journalistes voient leurs consom’acteurs comme une résurgence des babas cools des années 70, qui s’habillaient mal et avec peu de moyens. 

L’éthique ne nuit d’ailleurs pas à la créativité. Certains produits sont conçus dans les grandes métropoles occidentales, près des marchés, mais fabriqués localement dans les règles de l’art.



La ligne d’accessoires A-Typik, qui cultive sa différence avec pour signature « autre chemin », est dessinée en France. Ses bijoux en ivoire végétal sont produits en Colombie. Sa taille humaine ne l’a pas empêché d’être présente dans 180 boutiques en France (notamment au Musée du Quai Branly), dans 7 autres pays européens, mais aussi au Mexique et au Japon.



Le Macbook Case de Della, produit au Ghana, est le premier produit africain à avoir pénétré les Applestore à New York et Los Angeles depuis juin 2012.



Au menu de l’édition 2012, qui vient de s’achever, l’innovation a été à l’honneur, comme le signale Fibre2fashion.com (voir en annexe).

Le relais d’Internet 

Face aux coûts de distribution, les ventes en ligne peuvent aussi assurer un bon relais à de nombreuses entreprises du sud ou de l’est.

En effet, avec 3,5 milliards d'euros, les ventes de vêtements en ligne réalisés au cours des derniers mois (juin 2011/juillet 2012) ont progressé de 18% dans l’hexagone, alors que la consommation globale d'habillement affichait en recul inquiétant de 5,5% sur la même période (IFM, Institut Français de la Mode).

Les exposants du salon que j’ai interrogés avaient tous une stratégie e-commerce.

La question du développement 

Certains exposants ont été sponsorisés pour venir à Paris. L’USAID West Africa Trade Hub, qui dispose notamment de bureaux à Accra et à Dakar, utilise une approche commerciale en vue d'accroître les exportations de la région. Dans le but de renforcer la compétitivité de l'Afrique de l'Ouest sur les marchés mondiaux, le Centre offre une assistance directe à des centaines d'entreprises dans six filières, dont le textile. Des équipes dédiées s'attaquent aux problèmes de logistique, de télécommunications, d'accès au financement et à l'environnement commercial.

L’intérêt du salon est aussi de découvrir de nouveaux matériaux et des entrepreneurs passionnés. Basée à Lima, la marque Peru Knits se démarque en utilisant le fameux coton Pima et la fibre d’Alpaga. Il s’agit d’une fibre très fine, haut de gamme, plus douce, plus chaude, plus résistante et plus légère que la laine de mouton. Pourtant, si cette filière continue à être mal gérée et mal défendue par les Péruviens, le marché risque d’être capté par l’Australie et la Nouvelle-Zélande.



Pour aller plus loin : 
 
Les innovations de la dernière édition de l’ Ethical Fashion Show (en anglais) http://www.fibre2fashion.com/news/fashion-news/newsdetails.aspx?news_id=11518

Les analyses d’Ethical Consumer. Customise the scorecard rating http://www.ethicalconsumer.org/buyersguides/clothing/clothesshops.aspx

Le blog de Be-Linked sur Youphil 
22/11/2010 Mode éthique, quand marques et ONG font bon ménage
 http://ong-entreprises.blog.youphil.com/tag/mode%20%C3%A9thique

Histoire de H&M et les polémiques récentes
 http://www.lescahiersfm.com/en/articles/198-ham-si-tinge-di-verde.html

 Aperçu du rôle des ONG dans la filière textile 

 Yamana : 
 Yamana est le nom des indiens qui peuplaient la Terre de Feu (Patagonie). Ce peuple a aujourd'hui quasiment disparu. Le terme Yamana est également un suffixe qui, associé au mot « main », signifiait : une main qui ne cache rien, ouverte, tendue vers l'autre. Selon l’ONG, Yamana signifie que notre mode de développement n'est pas soutenable et que toute démarche de développement durable doit être fondée sur la transparence et la relation de confiance.
 http://www.yamana-mvd.org/

Pérou : Nouvelle donne pour les alpagueros? 
 Au Pérou, le système commercial est responsable de la baisse constante de la qualité et de la valeur de la fibre d'alpaga. Le soutien d’Oxfam UK. Ne perdre ni son âme ni son savoir-faire http://www.naturalfibres2009.org/fr/histoires/index.html

La fibre citoyenne
 http://www.fibrecitoyenne.org/ 

 Greenpeace. Mars 2012. 
Les grandes marques textiles font-elles des consommateurs des pollueurs ?
Greenpeace a publié un rapport à propos des polluants chimiques liés à l’industrie du textile. Il révèle que les rejets en substances chimiques s’étendent bien au-delà des pays de fabrication (p.ex. Chine, Vietnam, Philippines, etc.). Dans les régions du monde où sont commercialisés ces textiles des substances chimiques toxiques sont libérées par le lavage des vêtements et se retrouvent ainsi dans les eaux usées des ménages et les cours d’eau.
http://www.greenpeace.org/luxembourg/fr/news/Les-grandes-marques-textiles-font-elles-des-consommateurs-des-pollueurs/

jeudi 6 septembre 2012

La mode éthique défile à Paris cette semaine

















Créé en 2004, le Salon Ethical Fashion Show est dédié aux professionnels de la mode. 

Il a la particularité de présenter une multitude de marques internationales de prêt-à-porter, dont la démarche est essentiellement guidée par le respect de l'homme et de l'environnement. Il tient également compte des savoir-faire ancestraux et favorise ainsi la mise en valeur des cultures locales. 

Pour y participer, les créateurs doivent répondre à un questionnaire. Les éventuels certifications sont demandées (Ecocert, Fair Trade, EU-Flower, SA 8000, etc.)

Doivent aussi être précisés les prix de vente, les étapes de fabrication, la prise en compte des droits de l’homme (OIT), … L’idée étant de définir une Charte de bonne conduite, qui inspire confiance aux consommateurs.

Plus d’une centaine de marques éthiques vont participer à cette édition, avec au programme des conférences, des défilés bien sûr, des showrooms, un atelier beauté bio, etc.


Teaser Ethical Fashion Show September 2012 par ETHICAL-PRODUCTION

Il se tient du 6 au 9 septembre au Carrousel du Louvre (75001, Métro Palais Royal), la journée du dimanche 9 septembre étant ouverte au public.

En 2011, il y a eu plus de 2.700 visiteurs, sans compter 3.500 fans sur Facebook. Cet événement se tiendra également à Berlin en janvier 2013.

Plus d’info sur le site de l’évènement
http://www.ethicalfashionshow.com/efs1/accueil.html 



Parallèlement aux initiatives prises par un nombre croissant de marques éthiques dans la mode, le monde associatif est présent sur ces thématiques en faisant pression sur les mauvais élèves. Ainsi, en Argentine, une ONG lutte contre le travail abusif. Dans ce pays, 4 ateliers textiles sur 5 sont clandestins. 30.000 personnes y seraient en situation d'esclavage. La Alameda se bat pour que les droits des petites mains du textile soient reconnus.

 

Pour aller plus loin: 


Solidaridad et Made-By
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/04/solidaridad-sest-rapproche-des-grandes.html 

Les grandes marques éthiques sur Facebook
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/12/100-millions-de-fans-plebiscitent-150_05.html 

Guy Lagache pointe du doigt l’envers de nos jeans
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/02/capital-terre-guy-lagache-devoile-le.html 

Greenwashing dans la supply chain 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2009/07/greenwashing-dans-la-supply-chain.html

mercredi 11 juillet 2012

microDon fait marcher entreprises, salariés et associations dans le même sens

microDON est une entreprise sociale et solidaire qui cherche à convaincre les Français à donner plus souvent de petites sommes. Comment ? En introduisant des actes de micro-générosité dans notre vie de tous les jours.

 microDON est ainsi le pionnier en France de la «générosité embarquée », embedded generosity. Un concept que son fondateur Pierre-Emmanuel Grange a découvert par hasard au Mexique en 2005 en faisant ses courses. A ce titre, cette initiative aussi simple que belle, s’inscrit bien dans la philosophie du social business, qui encourage la duplication et le changement d’échelle.

Le shopping citoyen

Le principe est de proposer au consommateur d’effectuer un don à l’occasion de certaines transactions commerciales, sur une facture, un ticket de caisse, un achat en ligne. Le citoyen a ainsi l’occasion de donner à une association une somme allant de quelques centimes à quelques euros. Sur les points de vente, des cartes microDON sont disposées visiblement à la caisse, permettant à chacun de découvrir le système et, le cas échéant, de choisir une cause, ce qui a pour effet d’ajouter une somme marginale au prix du caddie. Ainsi une multitude de donateurs qui font preuve de générosité de manière indolore produisent un effet masse.

Ce sont de nouvelles technologies développées par l’entreprise sociale et solidaire qui assurent la viabilité du système. Les dons effectués à travers les outils de microDon sont intégralement reversés à des associations. La société se rémunère en fait sur les prestations qu'elle propose aux entreprises et collectivités pour mettre en place les outils de collecte.

L'arrondi à la caisse au Mexique, "el redondeo" né en 2003, représente aujourd'hui plus de 100 millions de Pesos récoltés par année, soit plus de 6 millions d’euros.


Le concept se décline aussi pour les salariés par un prélèvement modique sur le bulletin de paie. Dans les entreprises partenaires de microDon, les salariés ont la possibilité de soutenir des actions d’intérêt général en réalisant chaque mois des micro-dons sur leur net à payer.

 
Un portail web connecté aux systèmes de gestion de paie, permet notamment à l’utilisateur de choisir son association bénéficiaire, de télécharger son reçu fiscal, de moduler son don dès qu’il le souhaite, et de s’informer sur le suivi des projets auxquels son don contribue.

Ce système ingénieux est renforcé par le principe de co-solidarité « employeur-employé » puisque l'employeur associé à l'opération, double le montant du don. Il s’ouvre ainsi des possibilités de déduction fiscale. La technologie de l’arrondi solidaire étant opérationnelle, MicroDon cherche aujourd’hui à faire connaître les avantages de cette action citoyenne, qui s’intègre bien dans une démarche RSE.

Le taux de participation des salariés est en moyenne de 25% dans les pays où le concept du don sur salaire est répandu. Mais, certaines compagnies dépassent même les 70% de participation en quelques mois.

 En Grande-Bretagne, le don sur salaire « payroll giving », aussi connu sous les noms Give As You Earn ou encore workplace giving, a permis l'an dernier de récolter 114 millions de livre sterling, soit 145 millions d’euros. En 25 ans, 1,2 milliard de livres ont ainsi été levées selon l’APGO (Association of Payroll Giving Organisations)

Pour le Premier Ministre, David Cameron:

 “The amount of money that people give to charities in this country is a testament to the generosity of the British people. Payroll Giving is a great idea because it makes giving easier and a normal part of life.” 
D'ici fin 2012, une dizaine d'entreprises auront franchi le pas en France.

Pourquoi pas la vôtre ?


Pour aller plus loin : 

Ecouter le témoignage sur France Info 
http://www.franceinfo.fr/economie/initiative-france-info/le-microdon-des-centimes-pour-changer-le-monde-632661-2012-06-01

Témoignage de Pierre Emmanuel Grange sur France Générosités. Mars 2012 http://www.francegenerosites.org/ewb_pages/t/tribune-2044.php?PHPSESSID=65e812b4b77c82f780a625ee5aeb5dea

Le site Internet :

http://www.larrondisolidaire.org 

http://www.microdon.org/ 

Microdon a bénéficié fin juin d’une campagne de communication originale de l’Agence Limite, en marge du séminaire annuel de l’AFF (association française des fundraisers). http://mikerodon.wordpress.com/ 

Actionnariat : 

 microDon a d’abord été lancée sous forme associative en 2007, avant d’opter pour le statut d’entreprise sociale en 2009. En 2011, près d'une trentaine d'opérations carte microDON ont été mises en place. Fin 2011, près de 10.000 salariés ont accès au don sur salaire. microDON a même présenté en octobre à l'ONU une étude sur les micro-donations avec le CERPHI. La société vient d’ouvrir son capital.

Les investisseurs de microDON sont notamment des fonds solidaires d’investissement : Equisol (Esfin Gestion/Région Ile-de-France), Innov’ess (France Active), et SOLID (Sigefi Venture Gestion/Groupe Siparex), ainsi que le FundRaising Lab (Antoine Vaccaro, expert en fundraising) et Yann Borgstedt (Business Angel membre d’Ashoka support Network)

 microDON bénéficie de l’agrément préfectoral «Entreprise Solidaire », fait partie de La Ruche (la communauté des entrepreneurs sociaux), et est membre de la première heure du mouvement des entrepreneurs sociaux (MOUVES).

 For the sixth consecutive year BT has been awarded a Gold Payroll Giving Quality Mark Award. http://www.payrollgiving.co.uk/casestudies.php?getID=5&getTitle=Case%20Studies


Photo caption: A giant card was delivered to 10 Downing Street by members of APGO and representatives of companies who support Payroll Giving, and charity representatives to mark the 25th anniversary of the scheme and celebrate the £1.2 billion raised tax free for charities.