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mardi 23 juin 2026

Les piscines municipales à la croisée des chemins


Les piscines municipales françaises, développées massivement avec le programme « Mille piscines » lancé après les Jeux olympiques de 1968, sont à bout de souffle. Conçus avant tout pour l’enseignement et la pratique sportive, ces équipements vieillissent mal et sont coûteux. Plus de la moitié des bassins publics datent d’avant 1985 et ne répondent plus aux attentes actuelles des usagers.
 

Lors des Jeux olympiques de 1968, organisés à Mexico, les nageurs français n’avaient glané qu’une médaille de bronze. Le gouvernement Pompidou, vexé, avait réagi en lançant le plan »Mille piscines ». 

Deux drames, à l’été 1969, un dans le lac Leman, l’autre dans la Loire, où des dizaines d’adolescents s’étaient noyés, avaient permis aussi de prendre conscience d’un grave déficit dans l’apprentissage de la natation. 

De 1969 à 1977, la France a ainsi vu pousser comme des champignons, de 600 à 700 bassins modèles Caneton (196), Tournesol (183, repérable à sa coupole à hublots) ou encore Iris, Plein-Ciel, Plein-Soleil. 

Ces équipements souvent petits, réservés au sport et à l’enseignement plutôt qu’aux jeux, ont peu à peu lassé leur public et ruiné les budgets communaux en frais d’entretien, d’eau et d’énergie, les recettes étant insuffisantes pour équilibrer les comptes.

  

Aujourd’hui, 

• un parc d'environ 4.000 piscines municipales 

• représente une surface d’eau de 26 mètres carrés pour 1 000 habitants,. 

• dans son rapport public de 2018, la Cour des comptes indique que le taux d’équipement par habitant est inférieur, dans les communes disposant d’un QPV (quartier prioritaire de la ville), de plus de 40% à la moyenne nationale. 

Dans le détail, seuls 61 % des enfants d’ouvriers non qualifiés sont considérés comme de « bons nageurs », contre 86 % des enfants de cadres, qui partent davantage en vacances. 

De plus, si seuls 2 % de ces derniers ne savent pas nager, ces taux atteignent 13 % pour les enfants d’ouvriers non qualifiés et 15 % chez les enfants d’inactifs. 

De l’indiscipline 

Les élus intercommunaux doivent aussi parfois faire face, dans leurs centres aquatiques, au refus de respecter les règles d'hygiène comme se doucher ou de porter un bonnet de bain, d’obéir aux consignes de sécurité. Des incivilités qui bondissent avec les canicules. 

En juin 2026, la ville de Neuilly a dû se résoudre à réserver l’accès des bassins aux résidents et abonnés à la suite de bousculades dues à une affluence record. 

Les maîtres-nageurs sauveteurs ne restent parfois pas longtemps en poste et ne sont pas faciles à recruter. 

Un public varié 

• L’un des premiers objectifs de la piscine publique est d’apprendre à nager à tous les enfants de moins de 12 ans et d’assurer aux plus jeunes ce que l’on appelle une « aisance aquatique ». o Mais seuls 58 % des élèves de CM2 déclarent pouvoir parcourir 50 mètres dans l’eau. o Cette activité occupe 20 % du temps d’ouverture des équipements et de leurs grands bassins d’au moins 25 mètres de long. 

• Les sportifs mobilisent 20 % du temps, 

• Le grand public 50 % 

• Et, 10 % des créneaux sont réservés aux activités ludiques de type bébés nageurs et aquagym. Les séniors fréquent de plus en plus assidument les bassins. 

Ces centres aquatiques apparaissent donc comme des lieux de brassage intergénérationnel et de mixité sociale à condition que les élus aient adapté leurs équipements à ces nouveaux usages. 

Une offre plus diversifiée 

Au-delà des traditionnelles couloirs de nage, le public réclame en effet plusieurs bassins aux usages variés, 

• dont certains en plein air - ce qui est le cas de seulement 45 % d’entre eux, aujourd’hui -, voire en pleine nature ou “nordiques” , 

• des jeux (toboggans, pataugeoires pour les tout-petits, … ), 

• des services (bar, restaurant, voire espace beauté, spa, salle de musculation)… 

Pour Cyril Cloup de l’Andes, cité dans Le Monde du 2 juillet 2021, « Disposer d’un beau centre aquatique reste un atout, un projet structurant pour le territoire ». 

Surtout quand « sa gestion par l’intercommunalité permet une offre plus cohérente sur le plan géographique », renchérit Yves Rouleau. 

  

Plan génération 2024 

En amont de JO, le gouvernement avait initié un son soutien aux équipements sportifs à travers le plan Génération 2024. Cependant, de nombreux élus locaux ont estimé à l’époque que les moyens retenus restaient largement insuffisants pour répondre au vieillissement du parc de piscines et aux besoins de nouveaux équipements. 

Face à ces carences, le sénateur Les Républicains Michel Savin a appelé à un véritable « plan Marshall » pour la rénovation et la construction de piscines. 

• Doté de 100 millions d’euros par an entre 2024 et 2026, ce programme visait la création ou la rénovation de 5 000 équipements sportifs. 

• Toutefois, les piscines représentent des investissements de plusieurs millions d’euros, alors que les subventions prévues sont souvent limitées à quelques centaines de milliers d’euros. 

• Sur les 50 millions d’euros annuels consacrés aux équipements structurants (piscines, gymnases, stades), seulement 20 millions auraient été spécifiquement destinés aux piscines. 

Avec la décentralisation, ce sont les collectivités qui ont en charge l’entretien des piscines. Or ces équipements sont structurellement déficitaires, les recettes ne couvrant seulement qu’environ 20 % des coûts de fonctionnement, dont les charges de personnel. Le prix d’entrée réel devrait être supérieur à 15€. 

Face à la vétusté de leurs équipements, certaines communes les ont carrément fermés, le cas le plus emblématique étant la ville de Marseille sous l’ère Gaudin. 

A noter que de nouveaux procédés, économes en énergie et en eau, utilisant le solaire, facilitent aujourd’hui l’équilibre économique Un enjeu de santé publique et d’égalité territoriale 

Les piscines constituent bien un service public essentiel, au croisement des politiques d’éducation, de santé et de prévention. Leur disparition entraînerait une rupture du service public et accentuerait les inégalités territoriales. 

  

Les élus locaux appellent ainsi à un engagement renforcé de l’État afin de préserver ces équipements indispensables à la sécurité, au bien-être et à la cohésion sociale. 

La métropole de Lille se jette à l’eau 

Adopté en 2022, le plan piscines 2 de la Métropole Européenne de Lille prévoit la construction de sept nouvelles piscines et d'une extension pour répondre aux besoins des habitants. Alors que les travaux sont en cours, l'ouverture des premiers bassins à Lille est attendue pour 2027. 

En France, on compte en moyenne un bassin pour 10.000 habitants et presque quatre fois moins dans la métropole lilloise, à savoir un bassin pour 39.000 habitants. 

L’objectif est triple : 

• rapprocher les équipements des établissements scolaires pour faciliter l’apprentissage de la natation, 

• proposer davantage de créneaux aux clubs sportifs de haut niveau, 

• et améliorer le service public rendu aux Métropolitains. 

En moins de 3 ans, ce « Plan Marshall » des piscines, doté de plus de 200 M€ a déjà initié 8 projets d’envergure. 

Lesquels viseront un profil environnemental exemplaire et ambitieux respectant autant que possible le Plan Climat Air Energie Territorial de la MEL (PCAET), intégrant la démarche Haute Qualité Environnementale tout en s’inscrivant dans les critères de REV3. 

Pour aller plus loin : 

Aout 2025 : Pour un nouveau plan national « mille piscines » par Florent Manaudou, Alain Bernard https://patrickbayeux.com/actualites/pour-un-nouveau-plan-national-mille-piscines-par-florent-manaudou-alain-bernard/ 

Décembre 2024 : Stéphane Chatenet (Andiiss) : "Il faut trouver des solutions tous ensemble pour les piscines publiques" 

https://www.banquedesterritoires.fr/stephane-chatenet-andiiss-il-faut-trouver-des-solutions-tous-ensemble-pour-les-piscines-publiques 

The Conversation. 2022. Les piscines publiques, une fabrique à citoyens, par Emmanuel Auvray, historien du sport. Enseignant à l'UFR STAPS de Caen et chercheur associé au laboratoire Histoire-Territoires-Mémoires (UR 7455) de l'université de Caen Normandie.

 https://theconversation.com/les-piscines-publiques-une-fabrique-a-citoyens-184960  

Le reste

lundi 17 novembre 2025

Comment l’état du réseau routier révèle notre rapport au collectif


 

Une étude menée auprès de plus de 3 000 Français pour l’Institut Terram, dévoile un constat sans appel : les citoyens ont une idée précise de ce qu’ils attendent de la gestion des infrastructures. Clarté sur qui fait quoi et avec quels moyens. Sobriété, parce que réparer vaut souvent mieux que reconstruire. Et, fiabilité enfin, parce qu’il faut entretenir avant d’inaugurer.

 Les entretiens ont été conduits du 15 au 22 septembre 2025, c’est-à-dire avant le scandale du Louvre, qui a aussi révélé son lot de surprises.

Plus d’un Français sur deux (56 %) a constaté une dégradation de la voirie de sa commune au cours de l’année écoulée. Suivent les pannes de réseaux enterrés (28 %), les problèmes d’assainissement (26 %) ou les fissures dans les bâtiments (23 %). La route demeure un sujet de préoccupation et la preuve tangible de la présence publique.

En ville, les défaillances sont perçues comme systémiques : un seul incident peut paralyser tout un quartier. À la campagne, elles sont vécues comme une entrave à la vie quotidienne. Dans tous les cas, l’état des réseaux fait débat : une chaussée abîmée ou une canalisation qui fuit symbolisent autant la négligence que l’abandon.

Les jeunes, premiers témoins du dysfonctionnement

Les moins de 35 ans sont les plus nombreux à signaler des problèmes d’infrastructures (80 %, contre 66 % des 65 ans et plus). Hyperconnectées, dépendantes de la mobilité et du numérique, les jeunes générations supportent mal l’interruption de service.

Les écarts sociaux sont tout aussi marqués : artisans, commerçants et indépendants subissent bien plus de pannes que la moyenne nationale. Autrement dit, la panne elle-même est un signe de fractures sociales.

Le brouillard administratif de la République locale

Pour noircir encore ce tableau, 61 % des Français avouent ne pas savoir qui entretient les routes, les canalisations ou les réseaux d’eau. Commune, intercommunalité, département, État, le mystère est complet.

Les compétences s’enchevêtrent, les responsabilités se diluent, la confiance s’effrite.

Les citoyens veulent savoir à qui s’adresser, comprendre à quoi sert leur impôt.

Entretenir avant d’inaugurer

Près de six Français sur dix (59 %) jugent prioritaire de réparer les réseaux avant de construire du neuf. Une nouvelle halle ou un équipement flambant neuf ne font plus illusion quand les nids de poule se multiplient.

Les attentes sont claires : l’entretien de la voirie communale (51 %) doit être privilégiée, suivie des transports en commun (38 %) et du réseau d’eau potable (34 %). Et, la qualité des infrastructures passe avant l’esthétique.

La confiance, une affaire de proximité

Les citoyens font davantage confiance à leur commune (63 %) qu’à l’État (39 %) pour entretenir les réseaux.

Plus d’un Français sur deux accepterait même de payer plus d’impôts pour la maintenance, mais seulement si l’usage des fonds est clair et vérifiable. Le citoyen est devenu plus attentif.

L’écologie du « tenir » plutôt que du « bâtir »

Quand on demande ce qu’est une infrastructure écologique, les réponses ne parlent plus de design ou d’innovation, mais de bon sens : économiser l’eau (65 %), éviter les fuites (61 %), utiliser des matériaux durables (56 %), s’adapter au climat (51 %).

Ayant le sens pratique, près d’un Français sur deux juge urgente l’adaptation des réseaux aux sécheresses et aux inondations. Et 67 % privilégient l’entretien et la réparation plutôt que l’innovation à tout crin.

Municipales 2026 : le retour du concret

À quelques mois des élections municipales, le message est clair : les Français se montrent plus terre à terre et moins bling-bling.  88 % des Français souhaitent que les questions d’eau, de voirie et de réseaux figurent au cœur de la campagne des municipales.

Pour eux, le bon maire n’est plus celui qui coupe des rubans, mais celui qui assure la continuité matérielle du territoire et du service public en adoptant une gestion de bon père de famille.

Selon ses auteurs, « À rebours des promesses spectaculaires, cette étude esquisse une « République du maintien » : gouverner, c’est d’abord garantir la continuité du réel, rendre visibles les priorités et prouver, par l’entretien des réseaux, que l’impôt se transforme en biens communs qui tiennent. »

Des maires durs d'oreille

Le CEVIPOF a également étudié ce sujet dans son étude « Malgré un goût d’inachevé, les maires repartent au combat »

Dans le cas d’une baisse des recettes, les maires désignent en premier lieu

  • la voirie et les espaces verts comme poste d’ajustement budgétaire (50 % d’entre eux en font leur premier choix),
  • devant les aides aux associations (19 %)
  • et les dépenses culturelles (15 %).

De leur côté, les citoyens souhaiteraient que l’on réduise d’abord

  • les dépenses de sport (27 %),
  • puis celles consacrées aux associations (21 %)
  • et à la culture (18 %).

L’écart le plus marqué entre maires et citoyens concerne donc la voirie et les espaces verts (36 points de pourcentage) et, en sens inverse, le sport (21 points).

Pour aller plus loin :

https://institut-terram.org/publications/infrastructures-invisibles-ce-que-les-francais-disent-de-leurs-reseaux-du-quotidien/

https://www.maire-info.com/voirie/reseau-routier-les-depenses-voirie-progressent-davantage-dans-les-communes-ou-la-construction-logements-est-la-plus-forte-article-29406

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mardi 23 janvier 2024

La taxe carbone aux frontières est entrée en phase de test


En phase de test depuis octobre, la taxe carbone aux frontières en Europe s’inscrit dans un vaste arsenal législatif (appelé « Fit for 55 ») qui doit donner à l’UE toutes ses chances de tenir ses objectifs climatiques. 

En phase de test depuis octobre dernier, la taxe carbone aux frontières, officiellement appelée « mécanisme d'ajustement carbone aux frontières » (MACF), a été approuvée par le Conseil de l'Union européenne en mai 2023. 

En anglais, ce dispositif est dénommé Carbon Border Adjustment Mechanism (CBAM). 

Il entrera en vigueur le 1er janvier 2026.

Le MACF montera ensuite progressivement en charge jusqu’en 2034, en parallèle de l’assèchement progressif des quotas gratuits du marché carbone européen pour les secteurs couverts. 

Six choses à savoir sur ce nouveau mécanisme : 

1/ En quoi consiste cette nouvelle taxe ? 

À partir de 2026, la taxe obligera les importateurs, dans l’UE, de marchandises polluantes de pays tiers à acheter des certificats pour couvrir les émissions de CO2 directes engendrées par ces produits, afin de créer des conditions de concurrence équitables entre les entreprises étrangères et les entreprises européennes. Ces dernières doivent en effet acheter des « droits à polluer » sur le marché européen du carbone. 

Par exemple, une entreprise allemande importatrice d'acier d’un pays tiers devra verser une compensation correspondant aux émissions de carbone générées lors de sa production. Si un prix carbone existe déjà ce pays tiers, les importateurs ne paieront que la différence. 


Concrètement, les importateurs dans l’UE de produits couverts par le MACF devront déclarer chaque année les émissions réelles des produits importés. Ces déclarations seront contrôlées par des experts agréés par l’UE et ses Etats membres. 

À défaut de pouvoir déclarer les émissions réelles, un système de valeurs par défaut par couple pays/produit sera mis en place afin de refléter au mieux les émissions associées aux produits importés. 

Le nombre de quotas achetés devra correspondre à la densité carbone qu’aurait le même produit fabriqué au sein de l’UE. Selon la différence, la balance sera rééquilibrée, donnant lieu 

  • à une pénalité si l’entreprise ne justifie pas assez de certificats 
  • et à une déduction dans le cas contraire. 
  • Les surcoûts prévus par le MACF sont calqués sur les cours du système d’échange des quotas d’émissions carbone (ETS ou SEQE). 

2/ Quels sont ses objectifs ? 

Cette mesure s'inscrit dans le cadre du "Green Deal" européen, avec pour objectif final la neutralité carbone d'ici 2050. 

  • Elle vise à égaliser les conditions de concurrence, les efforts réalisés par les industriels en Europe ne devant plus être réduits à néant du fait d’une offre de produits déloyale d’acteurs non européens moins vertueux. 
  • Il fallait aussi contrer les "fuites de carbone", une expression qui désigne le fait que des entreprises, notamment les plus polluantes, délocalisent leur production hors de l'UE afin d’échapper aux taxes carbone déjà en place sur le continent. 
  • Elle encourage d'autres pays à adopter des mécanismes similaires. 
  • Le but à terme du MACF est aussi de remplacer le système actuel d’allocation des quotas gratuits du système d'échange de quotas d'émission de l'UE. Ils vont être supprimer progressivement à partir de 2026. Instaurer une taxe carbone aux frontières tout en maintenant les quotas gratuits aurait constitué aux yeux de l’OMC une double protection. 


 

3/ Quel est son périmètre ? 

La première phase de cette taxe, d'octobre 2023 à janvier 2024 doit permette aux importateurs concernés de calculer le niveau des prix qui leur seront appliqués et de définir une méthodologie pertinente. 

Elle concerne les importations de six produits de base les plus polluante, tels que :

  • l'aluminium, 
  • l’acier 
  • le ciment, 
  •  l'engrais azoté, 
  • l'hydrogène, 
  • l'électricité, 
  • ainsi que certains produits transformés tels que les boulons et les vis. 

Dans l’immédiat, les secteurs couverts représentent près de 60 % des émissions industrielles de l’Europe. 

L’enjeu des produits transformés sera traité par une nouvelle proposition législative un an avant l’entrée en vigueur effective du MACF. 

4 / Pourquoi les industriels s’inquiètent-ils ? 

Les entreprises européennes craignent que la déclaration des importations et des émissions de carbone pendant la phase d'essai soit très complexe. 

De plus, les entreprises redoutent une distorsion des prix par rapport à leurs concurrents non européens, qui ne sont pas soumis à un tel mécanisme. 

Pour compenser le paiement de la taxe, certains industriels pourraient être contraints d’augmenter leur prix, pour maintenir leurs marges. Rexecode évalue à 4 Mds€ environ les surcoûts pour l'industrie française en 2034. 

Cela pourrait créer des déséquilibres, notamment pour les produits transformés non soumis au MACF, tels que les voitures. Comme l’explique cet article de Ouest France : Pourquoi la taxe carbone inquiète l’industrie  

Et la taxe carbone n’assure pas de protection à l’export. 

5 / Quelles sont les réactions de nos partenaires commerciaux ? 

La Turquie et l'Indonésie envisageraient d’instaurer des taxes carbone pour atténuer l'impact du MACF. 

La Grande-Bretagne vient d’annoncer qu’elle allait mettre en place un dispositif du même genre. 

 

  

6/ Taxe ou subventions ? 

En créant ce mécanisme, l’UE se distingue des Etats-Unis, qui avec l’« inflation Reduction Act », qui est doté de 430 Mds$, dont 390 Mds$ de subventions pour aider la transition énergétique du pays. 

Selon Marie-Françoise Calmette, économiste à la Toulouse School of Economics, 

  • le gain budgétaire lié à la suppression des quotas gratuit est estimé à 40 Mds€ par an 
  • et les 14 Mds€ annuels attendus du MACF seront affectés au budget général de l’UE. 

Par ailleurs, l'usine d'ArcelorMittal de Grande-Synthe, près de Dunkerque, va investir 1,8 Mds pour réduire ses émissions. Ce montant comprend un contrat d'aide de l'Etat de 850 M€, qui financera une unité de réduction du minerai de fer et des fours électriques. Ce projet doit permettre à terme de réduire les émissions de 4,4 millions de tonnes de CO2 par an, soit 5,7% des émissions industrielles nationales. 

Pour aller plus loin : 

Au 1er août 2023, 74 mécanismes de tarification carbone étaient recensés à travers le monde, sous la forme de taxes carbone, ou de « systèmes d’échange de quotas d’émissions » (SEQE). Ces mécanismes opèrent à des échelles différentes : 31 d’entre eux fonctionnent à l’échelle provinciale, 42 à l’échelle nationale et 1 à l’échelle interétatique (SEQE-UE). Les territoires couverts par des mécanismes de tarification carbone représentent ainsi 54 % du PIB en 2023 et 50 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre. (source : I4CE, Institute for Climate Economics) 

Trace : le guide de la taxe carbone

 https://www.traace.co/post/carbon-borders-taxes 

Marie-Françoise Calmette : « La taxe carbone aux frontières est un pas en avant, mais à quel prix ? » Le Monde. Janvier 2023 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/01/28/marie-francoise-calmette-la-taxe-carbone-aux-frontieres-est-un-pas-en-avant-mais-a-quel-prix_6159664_3232.html

. Le reste

lundi 17 juillet 2023

L’économie de la fermeture accompagne l’abandon des activités devenues indésirables

 

L’Accord de Paris sur le climat de 2015 implique des choix douloureux. Certains pans d’activité sont appelés à devenir marginaux. La voiture électrique va ainsi réduire progressivement la consommation de pétrole.  Comment s’y préparer ? 

Les entreprises les plus impactées par la transition environnementale ne peuvent pas rester les bras croisés. 

On parle même dans le monde financier d’ «actifs échoués » ou en anglais de « stranded assets ». 

 Quelles peuvent en être les causes du déclin de ces actifs : 

  • Des risques physiques, comme le stress hydrique ou l’impossibilité de poursuivre certaines activités situées dans des zones caniculaires. 
  • Durcissement des réglementations : lutte contre la pollution de l’air,… 
  • Des risques technologiques : baisse du prix des énergies renouvelables. 
  • Des risques sociétaux : honte de prendre l’avion. 
  • Des poursuites judiciaires. Outre les énergies fossiles, d’autres filières sont concernées comme les stations de ski. 

En 2020, Luchon Superbagnères avait fait scandale en utilisant un hélicoptère pour déplacer des tonnes de neige pour les déposer sur les pistes. 

Une stratégie de rupture 

Il faudra sans doute une génération pour que la Pologne abandonne le charbon. Les départs à la retraite vont faciliter ce processus. Mais, les résistances sont très fortes. A Varsovie, le charbon est assimilé à la notion d’indépendance nationale. 

Et, selon certains spécialistes, les mineurs font partie des métiers les plus admirés en Pologne : ils sont la quatrième profession la plus respectée — après les pompiers, les infirmières et les ouvriers qualifiés. Loin devant les médecins. On retrouve aussi une forte appétence pour le charbon en Chine et en Australie, même si dans ce dernier pays, le gouvernement vient de changer. 

La volonté de sauvegarder l’emploi constitue d’ailleurs souvent la principale explication de l’inertie. Pourtant, plus le temps passe, plus l’addition sera douloureuse. Les autres aspects à considérer sont la réhabilitation des sites délaissés et la préservation de la biodiversité. La transition écologique demande donc de nouvelles compétences. 

De nouveaux métiers 

Le Master of Science "Strategy & Design for the Anthropocene" est une formation lancée en octobre 2020. Ce diplôme vise à former à la "redirection écologique", arguant de l’échec des approches inspirées de la croissance verte. Elle est proposée conjointement par l'ESC Clermont BS et Strate Ecole de Design Lyon. 

Ses fondateurs intègrent dans leur cursus le constat des limites planétaires. Leur leitmotiv est que les entreprises, les territoires, les politiques publiques locales doivent s’aligner sans tarder pour éviter la réalisation du scénario le plus pessimiste du GIEC. 

Les étudiants font leurs armes sur le terrain, comme lors d’un déplacement dans la Vallée de la Chimie, au sud de Lyon, ou encore à Chastreix, une station de ski qui culmine à 1.050m d’altitude dans le Puy-de-Dôme. L’ethnographie fait en effet partie intégrante des cours, au même titre que d’autres disciplines comme le « design fiction » ou le « design spéculatif ». 

Si cette « écologie de la fermeture » peut choquer certains, car elle remet en cause des modes de production séculaires, qui ont contribué à une forme de progrès, elle a pour mérite de dresser une feuille de route pour que les activités non désirables et les salariés qui en vivent ne finissent pas violemment dans le mur.

 

  

 Pour aller plus loin : 

Quand les entreprises réorientent leurs activités face au climat

http://bit.ly/3KmYghz 

Le Monde. Mai 2023 ; Alexandre Monnin : « Compte tenu du réchauffement climatique, le renoncement n’est plus perçu comme un mot repoussoir » 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/05/15/alexandre-monnin-compte-tenu-du-rechauffement-climatique-le-renoncement-n-est-plus-percu-comme-un-mot-repoussoir_6173480_3232.html 

mercredi 19 avril 2023

Ces biais neuronaux hérités de la Préhistoire qui freinent la transition écologique


On a beau connaître les problèmes de sécheresse et de sexisme, on ne change pas forcément pour autant ses habitudes. Le carbone, on ne le voit pas et on préfère embaucher des clones. L’ampleur de la tâche, la durée des processus en cours, on parle d’Anthropocène commencé à la Révolution industrielle, annihilent les meilleures intentions. 

On a des motifs de satisfactions : on contemple sa pelouse, on aime avoir des fraises toute l’année, on apprécie les livraisons rapides, etc. 

 Il faut dire que notre cerveau est paresseux. Selon les neurosciences, plus de 95% de nos décisions découlent d’automatismes bien huilés. Mais, en nous reposant sur ces derniers, par facilité, nous pouvons nous tromper et nuire aux autres. Face à une situation complexe, notre cerveau s’attache à des explications intuitives, qui s’adaptent à nos croyances. 

Dans le domaine du raisonnement, ces stéréotypes sont renforcés par le phénomène de « bulle informationnelle », qui nous pousse à nous enfermer dans un univers où toutes les infos vont dans le même sens. De même, il est tentant de vivre confortablement dans une communauté homogène.

D’après les experts, il existe quatre types de biais cognitifs : 

  • les biais qui découlent de trop d'informations, 
  • le manque de sens, 
  • la nécessité d'agir rapidement 
  • et les limites de la mémoire. 

 Source du graphique : Fiche technique N°3. Projet Emploi et Handicap. Maroc, Tunisie, Bénin, Sénégal : Stéréotypes, biais cognitifs et discrimination d’Handicap International et Humanité et Inclusion. Juin 2020. 

Le savoir peut aider la personne à interroger son rapport à l’information, pour prendre de la hauteur gagner et agir au mieux. 

Les journalistes français ont pris collectivement conscience de leurs responsabilités. Ils insistent ainsi de plus en plus sur l’origine des catastrophes naturelles ou des vagues de chaleur. 

L’important semble la qualité de l’information avec des liens clairement établis entre les événements, la simplicité aussi sans doute, voire la proximité pour bouger à son échelle sans être bloqué par la culpabilité ou la peur. Les infographies peuvent faciliter la compréhension des enchainements.

Mais, être informé ne suffit pas. 

 

 Deux entités complémentaires dans le cerveau : le pilote automatique et le cerveau conscient.

Le pilote automatique : 

C’est la partie du cerveau qui prend des décisions ultra-rapides mais de manière innée via des raccourcis cognitifs. Ce fonctionnement facilite la vie quotidienne au prix de peu d’efforts. Plus de 95% de nos prises de décisions quotidiennes sont traitées par lui, avec des routines s’arrêter à un feu rouge ou aller tous les jours à la machine à café à la même heure. 

Certains chercheurs avancent que le cerveau humain prendrait environ 35.000 décisions par jour. D’après Huawei, seulement 0,26% des décisions prises par les individus seraient conscientes, alors que ceux-ci pensent être clairement à l’origine de 92% des décisions prises. 

D’après Huwei, les Suisses interrogés estiment ainsi prendre 9 décisions par jour concernant la nourriture, mais en vérité le cerveau en prendrait jusqu’à 221 décisions par jour à ce sujet. 

Pourquoi ? 

Depuis la Préhistoire, le cerveau cherche à favoriser la survie et la reproduction. Comme mémoriser les points d’eau et éviter le repère des prédateurs. Mais, cela peut, parfois déboucher sur des conclusions hâtives et rigides, pas adaptées au contexte ou au besoin d’évoluer. Comme acheter une maison sur un coup de foudre, mais en zone inondable. 

De même, les stéréotypes entraînent sans un bruit de la discrimination. 

Or, on ne résout pas l’explosion du CO2 d’une fulgurance de notre cerveau automatique. 

Le cerveau conscient : 

Plus lent, il peut nous permettre de ne pas rester en surface en évaluant tous les aspects d’une décision. Plus flexible, il est utile pour s’adapter à la nouveauté ou l’inconnu. Mais, toute demande énergétique doit être justifiée : cela doit valoir la peine. La maîtrise du feu, l’invention de la roue et la grotte de Lascaux viennent de nos cerveaux conscients. 

« Les humains sont très mauvais pour comprendre les tendances statistiques et les changements à long terme.» pour Conor Seyle, Directeur de recherche à la One Earth Future Foundation (source BBC) 

 « On retient plus des dangers faciles à mémoriser comme le terrorisme que des menaces plus complexes, comme le changement climatique. Notre cerveau cherche depuis la nuit des temps à ce que nous soyons bien nourri et à avoir un toit. Ces fonctions nous sont devenues moins utiles dans le monde moderne. Pire, ces biais freinent notre capacité à prendre des décisions rationnelles face aux nouvelles menaces. » 

Les gens ont envie d’agir. 

Mais, on a du mal de basculer du savoir ou de l’envie à l’action. Changer et établir de nouvelles connexions demande de la volonté. Une fois qu’un fumeur comprend que la plupart de ses mégots finissent dans la mer ou dans ma nature, là où il passe ses vacances avec ses enfants, il lui reste à prendre le pli de ne plus les jeter dans la rue. 

Mais, bonne nouvelle, plus ce comportement vertueux est activé, plus il passe en mode automatique. 

Quels sont ces biais qui nous paralysent ?

  • Biais d’inertie : résister à un changement, voir une nouveauté par ce qu’ils demandent beaucoup d’efforts, des remises en cause, voire une menace,…Exemple : pourquoi investir dans les EnR alors que les énergies fossiles ont fait leurs preuves à un coût abordable.
  • Biais de confirmation : Nous ne retenons que les informations qui valident ce qu’on fait déjà. Et, considérer les autres comme ambiguës ou négligeables. Selon le réalisateur Raphaël Hitier, Documentariste scientifique pour Arte, « L’analyse en imagerie cérébrale montre que notre cerveau ne prend même pas la peine de traiter les informations qui contredisent notre vision du monde. Il ne les évalue pas. Difficile de changer d’avis dans ces conditions… » 
  • Biais de surconfiance : surestimer ses connaissances ou compétences dans un domaine et minorer tout ce que l’on ignore encore. Ex : Il y a toujours eu des cyclones en Floride. 
  • Biais du temps présent : Privilégier l'option la plus agréable à court terme, même si ses bénéfices à long terme ne sont pas avérés. On se soucie plus de sa propre famille, plutôt que des « générations futures », qui restent trop abstraites pour tolérer certains sacrifices. Exemple : s’acheter un nouveau smartphone à la mode plutôt que réparer l’ancien, qui va prendre plus de temps. C’est le contraire du principe de l’investissement ou des taux d’intérêt qui offrent une récompense future.
  • Biais de disponibilité mentale : tirer une conclusion d’après le dernier élément observé dont on dispose aisément sur une question. Exemple : il fait froid ce matin. 
  • Biais de « compensation morale" : valoriser une bonne action, même minime, et occulter nos actions non-responsables. Ex : acheter une gourde, mais continuer à rouler en 4X4. 
  • Biais de "pseudo-inefficacité" ou biais du « spectateur » : Je comprends le problème, mais j’estime que mon action individuelle n’a pas d’impact notable sur la résolution d’un problème systémique. Dès lors, je m’autorise à ne rien entreprendre. C’est aux gouvernements et aux grandes entreprises de s’en occuper. "Pourquoi réduirais-je mes vols long-courriers si d’autres prennent des jets privés comme moi le métro ?" 
  • Biais "d’optimisme » ou de « surconfiance »: Les individus ont tendance à être trop optimismes quant à certains résultats et à sous-évaluer la survenance de mauvaises nouvelles. Ex : croyance dans la capacité de la technologie et de la science pour résoudre tous les défis futurs. Ou croire qu’ils seront moins touchés que la moyenne, ce qui permet de balayer les scenarios pessimistes. Ex : à quoi sert la prévention, je suis bien assuré. 
  • Biais de mémoire : la personne ne se souvient pas bien de certains événements ou ne se souvient que des bonnes choses. On ne se rappelle pas la canicule de l’été dernier, mais des sauts dans la piscine. Cela complique la prise de conscience de certains changements dans notre environnement familier (artificialisation des sols, fin des hivers rigoureux, etc.) Ce biais pousse à prendre les problèmes moins au sérieux, voire à être climato-sceptique. 

 Ici la vidéo de la youtubeuse La Psy Qui Parle,  Elle présente 5 biais liés à l’inaction en faveur de l’environnement.

 
  
 
Les conditions de réussite
 
Notre cerveau a besoin de « récompenses », qui génèrent de la dopamine, ce qui est par exemple le cas de l’altruisme ou de faire des choses qui sont acceptées au sein d’un groupe. L’effort individuel et le besoin du collectif se complètent pour survivre. La récompense, liée au passage à l’action à bon escient, est la meilleure réponse à apporter à une menace. 
 
Présenter les solutions comme étant positives facilite la transition, la perspective de la fin du monde étant peu mobilisatrice, voire inaudible. Il vaut mieux vanter le train que parier sur la fin des avions. 
 
Mais, non seulement il faut comprendre l’information, mais il faut la passer au niveau de la conscience. 
 
L’attention doit permettre de faire le tri pour repérer ce qui est important, parfois ce qui est répété ou qui génère des émotions. C’est pourquoi les climatologues et les équipes RSE ne doivent pas hésiter à ramener souvent certains sujets sur le billot pour débloquer les choses et provoquer un ancrage. Lors de la pandémie, les antivax ont fait de la résistance, du fait de nombreux biais.
 
Mais, notre cerveau a besoin de simplicité. Que l’action ou le geste soit à son échelle et que le collectif fonctionne. L’important, c’est de commencer, de passer du point mort à la première, d’avoir une inertie du mouvement pour contre le biais du statu quo. 
 
Et, comme Saint Thomas, il faut voir les impacts, que cela soit tangible. Diriger par objectif avec un cap pour répondre au problème identifié constitue une bonne méthode, d’où l’existence d’indicateurs pertinents suivis dans le temps, avec des moyens dédiés à la clé. Mais, tout n’est pas mesurable.
  • La RSE c’est une mentalité, pas que des actions. La perception des impacts donne du sens. 
  • Avoir envie d’agir comprend deux dimensions, mentale et émotionnelle. 
  • Et prendre conscience de la responsabilité individuelle et collective, et l’interaction entre les deux pour le bien commun. Difficile de changer le monde tout seul. 
  • La transformation peut passer par le jeu, le théâtre, la réalité virtuelle, l’intelligence collective, des challenges, etc.. 
  • Il faut du temps et de l’argent pour faire évoluer les mentalités. 
  • Certains imaginent également des nudges verts pour influencer les pratiques en douceur, faire adopter les bons gestes. 
Pour Renata Coura, Présidente Fondatrice de l’Empowerment Center, et qui a un Doctorat en Neurosciences à l’Institut Pasteur 
"Une entreprise ne peut pas se contenter d’un objectif utilitariste, il faut aussi souvent changer le management et la gouvernance."
Des publics variés 
  • Les jeunes sont les plus conscients des enjeux environnementaux. Mais ils sont impatients et n’ont pas toujours la force de modifier leurs comportements. Ils apprécient les vols low cost et consomment énormément de burgers. 
  • Il faudrait aussi étudier si des biais freinent aussi nos décideurs. La révolte des Gilets Jaunes a surpris. Une prise de risque jugée trop forte peut générer de l’immobilisme concernant des mesures souhaitables, mais impopulaires. Les politiciens doivent gérer leur cote de popularité avant de se présenter aux urnes. D’où l’utilité de la planification basé sur des objectifs largement partagés. 
  • Dans l’entreprise, la RSE mobilise des ressources à court terme pour des bénéfices parfois lointains. Au-delà des KPI, il faut une dynamique. La rémunération ESG des cadres dirigeants, véritable récompense sonnante et trébuchante, tente d’intégrer le bien commun dans une logique extra-financière. Mais, comment pivoter durablement avec des publications de résultats trimestriels ? 
  • Ce qui peut vouloir suggérer que pour transformer, il faut adapter son approche selon les publics, qui n’ont pas tous le même degré de compréhension de l’urgence des sujets. Un chasseur, une cadre dirigeant de la Défense ou une professeur des écoles n’ont pas forcément les mêmes idéologies et valeurs. Ils ont des rapports différents à la planète et au capital naturel. De même, il existe une vraie polarisation idéologique aux Etats-Unis sur la question du dérèglement climatique. Certains s’y cramponnent encore au charbon. 
  • Comment éviter les biais dans l’IA ? Comme l’exploitation du prénom, de l’adresse ou de l’âge dans le recrutement ou dans le fundraising via des robots automatiques ? 
 De plus, de nombreux acteurs cherchent à capter notre attention pour nous influencer. Cité par France Info, Arnaud Pêtre, chercheur en neuromarketing officiant à l'Université catholique de Lille, a écrit en 2007 :
"Si nous considérons la publicité dans un sens très large (...) nous serions exposés à pas moins de 15.000 stimuli commerciaux par jour et par personne, dont 2.000 publicités". 
 Il ne travaille plus sur ce sujet, mais considère la prégnance d'Internet dans nos vies laisse penser que l'on devrait plutôt aboutir, en 2019, à une estimation encore plus haute. 

Pour aller plus loin : 

Blogueur RSE, je suis aussi journaliste freelance. J'interviens en conseil éditorial et fournis du contenus pour des blogs, newsletters, rapports, etc. Je suis joignable au hduhalgouet@hotmail.fr 

Je serais enchanté d'échanger avec vous. Herrick 

Frédérique Chalony est partenaire de l’Empowerment Center et l’invitée spéciale de Renata Coura pour un webinaire. Elle est la fondatrice de Manitaria, spécialiste de la RSE, qui accompagne les entreprises pour faire émerger des solutions responsables par l’expérimentation et l’intelligence collective.

  

Comment les convictions politiques aux Etats-Unis impactent la vision des questions d’environnement chez les électeurs : “A framework to address cognitive biases of climate change” https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0896627321006267 

Bon Pote. 2023. Climat : les 12 excuses de l’inaction, et comment y répondre https://bonpote.com/climat-les-12-excuses-de-linaction-et-comment-y-repondre/

Casser les biais en promenant son chien. Le Monde. Avril 2023.

https://bit.ly/41XWhGt

 

Pour les ONG, le football n’est pas qu’un sport de millionnaires individualistes (2010)

 http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/07/pour-les-ong-le-football-nest-pas-quun.html 

 

  Le reste