mercredi 25 novembre 2009

Un dialogue social élargi pour mieux prendre en compte les enjeux sociétaux et environnementaux




L’Observatoire de la Responsabilité des entreprises (ORSE) a rendu public en septembre dernier son rapport « la RSE, un levier de transformation du dialogue social » dans le cadre d’une conférence qui s’est tenu au Conseil économique, social et environnemental en présence notamment de Xavier Darcos, Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité et avec la participation de représentants des confédérations CGT, CFDT et CFE-CGC et du MEDEF.

Ce rapport dresse des pistes pour rénover le dialogue social dans les entreprises et mieux prendre en compte les enjeux sociétaux et environnementaux. Il prend en compte l’intervention croissante d’acteurs d’horizon différents sur les questions sociales, comme les associations.
Le rapport prend note que les ONG sont ainsi vigilantes à ce que les donneurs d’ordre n’externalisent pas leurs coûts ou des risques sociaux et environnementaux chez leurs fournisseurs. Certaines ONG disposent en outre d’expertise dans le domaine des droits de l’homme ou de la lutte contre les discriminations. Dans ce dernier domaine, elles peuvent même mener des actions de « testing ». La question des droits de l’homme est aussi examinée par les agences de notations extra-financières, qui jouent un rôle d’informations vis-à-vis des investisseurs. Le nombre de parties prenantes sur les questions sociales et environnementales s’est donc bien élargi ces dernières années.

Le dialogue social dans les entreprises va devoir profondément évoluer pour intégrer :

• l’élargissement de son contenu et de son objet aux questions sociétales (éthiques, droits de l’Homme, équilibre travail/vie privée) et environnementales.
• l’internationalisation des entreprises.
• l’émergence de nouvelles parties prenantes intervenant dans le domaine social.

L’Orse estime que les pratiques d’engagement syndical ne peuvent plus reposer sur une base trop réduite de salariés. L’étendue des sujets que doivent traiter les entreprises (emploi, conditions de travail, relations avec les parties prenantes, environnement, gouvernance de l‘entreprise) impose que davantage de salariés s’engagent dans les différentes institutions de représentation du personnel. Pour y parvenir, cet engagement ne doit pas pénaliser leur vie professionnelle mais au contraire être valorisé, notamment à travers la reconnaissance des compétences acquises au cours de ces missions.

Après avoir expérimenté le CV anonyme, l’assureur Axa France a signé une charte en mai 2009 au contenu particulièrement innovant avec 5 des 6 fédérations de la profession. La rédaction de la charte aura pris 10 mois. Elle vise à reconnaître les compétences acquises par les salariés qui exercent des responsabilités syndicales. Il s’agit d’en tenir compte dans le déroulement de carrière.

Selon les Echos du 12 mai 2009, seule Force ouvrière n'a pas paraphé la charte. « Ce texte est un moyen d'inféoder les syndicats à la position patronale. Nous ne l'avons pas signé car nous tenons à garder notre indépendance », explique Patrick Ejido-Sierra, délégué syndical central entreprise chez FO.

Interrogé par l’Usine Nouvelle, Joël Mottier, président de la fédération assurance de la CFR/CGC, estime en effet qu’il est parfois difficile de persuader de nouveaux venus d’assumer des fonctions représentatives, notamment les jeunes qui craignent de voir leur carrière stagner voire régresser.

Pour aller plus loin :

Pour l’ORSE, le dialogue social dans les entreprises doit pleinement intégrer les enjeux sociétaux et environnementaux

http://www.orse.org/site2/maj/phototheque/photos/actualite/RSE_et_dialogue_social.pdf

Le discours de Xavier Darcos

http://www.travail-solidarite.gouv.fr/actualite-presse/discours/conference-orse-responsabilite-sociale-entreprises-dialogue-social.-intervention-xavier-darcos.-10-09-09-.html

Syndicaliste, un « métier » qui reste à part

http://www.agefi.fr/articles/Syndicaliste-metier-reste-part-1104790.html

Manifeste pour la responsabilité sociale des cadres

http://responsabilitesocialedescadres.net

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lundi 23 novembre 2009

Des cadres en quête de sens









Certains salariés sont restés longtemps prudents vis-à-vis du concept de RSE, considéré comme une nouvelle mode, une de plus, dans le management. Chez les cadres néanmoins, ce nouveau concept, rapidement perçu comme un moyen de revaloriser leur fonction, a fait des émules.


L’Initiative internationale pour la responsabilité sociale des cadres (IRESCA) est apparue après la publication d’un Manifeste en 2003, porté par des cadres, le mouvement syndical et des associations d’entraide et de solidarité internationale d’étudiants et de jeunes professionnels. Elle visait selon ses propres termes à rompre un double silence : la perte de parole des cadres au sein de l’entreprise et la manière dont les entreprises communiquent sur la responsabilité sociale, sans offrir à l’encadrement les moyens effectifs d’exercer leurs responsabilités. Face à ce malaise, les cadres expriment la volonté « d’avoir les moyens d’assumer les responsabilités que leurs confèrent leurs savoirs, leurs savoir-faire et leur place dans les entreprises, les administrations, les laboratoires. Cet exercice de la responsabilité vise à construire un monde plus solidaire, plus humain et des modes de développement plus durables ».

Sept institutions ont signé une charte : le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD), le Centre des jeunes dirigeants et des acteurs de l’économie sociale (CJDES), l’Ecole de Paris du management, la CFDT Cadres, l’Union générale des Ingénieurs cadres et techniciens (UGICT-CGT), Ingénieurs sans frontières (ISF France) et la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme (FPH).

Le CJD, dont l’origine remonte à 1938, préfère à la notion de développement durable celle de « Performance globale » dans la mesure où elle ne cloisonne pas la recherche d’une performance économique d’un côté et la préoccupation du social et de l’environnement d’un autre. Elle vise l’équilibre entre l’économique, le social, l’environnemental. C’est en cela qu’elle est « globale ».

Malgré des intérêts parfois opposés, certains syndicats ont opéré un premier pas vers le monde associatif, comme on l’a vu lors des débats autour de la Directive REACH. De même, la CGT s’est retrouvée en compagnie de Greenpeace, la FIDH et Ban Asbestos lors de la campagne sur le désamiantage du porte avion Clémenceau. Leur revendication portait sur « la mauvaise gestion par la France de ses navires pollués en fin de vie » et de la lutte « contre les conditions déplorables dans lesquelles travaillent les ouvriers des chantiers de démolition en Inde ou au Bengladesh ».

La RSE ayant une forte dimension sociale, ONG et syndicats de salariés ont commencé à dialoguer de plus en plus étroitement depuis quelques années. Geneviève Sevrin, présidente d'Amnesty France, et François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, ont signé un accord de partenariat le 26 novembre 2004. Cet accord prévoyait, en autre, 3 à 4 interventions annuelles co-signées par les deux parties et envoyées par la CFDT à ses adhérents.

Pour aller plus loin :

Un test est mis en ligne sur le blog du réseau Iresca pour vous aider à mesurer votre degré de connaissance an matière de responsabilité sociale. Ce questionnaire comprend 30 questions réparties sur 4 pages qui abordent : votre profil, vos connaissances, vos actions en tant que cadre, le fonctionnement de votre entreprise et enfin vos attentes.

http://blog.reseau-iresca.net/2009/06/15/5/

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jeudi 19 novembre 2009

Le mécénat du soutien des Muses à la mesure de l’impact


Apanage de chefs d’Etat ou de personnalités religieuses, le mécénat est longtemps resté cantonné dans le cercle artistique. Depuis quelques décennies, les entreprises françaises ont largement adopté le mécénat, d’autant plus facilement que l’Etat était peu présent. Dans le même temps, le mécénat a investi d’autres champs comme la recherche, l’innovation, l’éducation, la solidarité, le sport et l’environnement. Mais, l’entreprise n’est pas philanthrope. L’exigence de ne pas gaspiller les fonds distribués a conduit à une professionnalisation du mécénat, qui tend également à s’adapter aux exigences de la société civile.

Le mot « mécène » serait apparu dans la langue française en 1526, sous le règne de François 1er. C’est Caius Cilinius Maecenus, dont le nom francisé est Mécène, qui lui a donné son nom. Ce chevalier romain (69 à 8 av. J.-C), conseiller de l'empereur Auguste, fut protecteur des plus grands poètes de son temps (Horace, Virgile, Properce). Pour ce faire, cet épicurien a utilisé à la fois sa fortune et son influence.

Selon l’encyclopédie, Wikipedia, l’image de Maecaenus (photo ci-dessus : Bust de Maecenas au Coole Park, Co. Galway, Irlande) a été magnifiée par ses protégés jusqu’à rester dans les mémoires : « il apparaît très fréquemment dans leurs vers, soit à visage découvert, soit sous divers masques, et c’est toujours pour s’opposer comme un modèle d’élégance, de goût, d’humanité, et de sensibilité douloureuse, à un Auguste violent, grossier, dominateur, et menaçant, qu’il incombe au lecteur d’identifier sous ses différents avatars. »

A la Renaissance, les grandes familles italiennes, désireuses d’exposer leur puissance et leur raffinement, ont remis au goût du jour cette démarche. Dès lors, elle ne s’est jamais démentie. Né en 1449, Laurent le Magnifique, du latin magnificus « qui fait de grandes choses », personnifie le mécène à l’époque glorieuse de l’Humanisme. Avec des chefs d’œuvre qui ont traversé le temps.

Son grand-père, Cosme de Médicis, fut le premier de sa ligné à allier la gestion de la banque familiale à la politique, en consacrant une large part de sa fortune au bénéfice des arts et de la charité. A l’origine, la fortune de cette famille patricienne provenait du commerce de la laine et des premiers médicaments. C’est sous sa houlette que cette banque d'affaires familiale, financière du Pape et de nombreux souverains, s’est implantée dans toutes les places financières d'Europe.

Bien plus tard, à l’ère industrielle, la réussite de grands barons a donné naissance à un vaste mouvement philanthropique aux Etats-Unis, dont Bill Gates est sans doute un héritier. En France, le mécénat du monde des affaires a été freiné par la tradition jacobine et par le travers du paternalisme. André Malraux a heureusement introduit des mécanismes d'incitations fiscales, qui allaient être ensuite complétées au fil des ans.

En France, le mécénat a rencontré son public, comme le démontre une enquête Admical-CSA divulguée en juin 2008, qui intègre aussi les PME. Il en ressort qu’il existe 30.000 mécènes, de toutes tailles, avec une enveloppe globale pour 2008 de 2,5 milliards d'euros. La fiscalité joue un rôle sans doute important pour les PME, dont les moyens financiers sont plus limités. Près de la moitié des mécènes s'engagent dans la solidarité, plus d'un tiers dans la culture, un quart dans le sport, 14 % dans l'environnement et 11 % dans la recherche. Les deux thématiques qui affichent la plus forte croissance sont l’environnement et le mécénat de compétence.

Le mécénat tend de plus en plus à s’inscrire dans le métier de l’entreprise comme la Fondation Nestlé en France dans le domaine de la nutrition. Cet ancrage facilite l’identification du mécène par le grand public et permet plus facilement au personnel de l’entreprise d’apporter ses compétences ou de présenter des projets. Pour structurer leur politique de mécénat, les entreprises de toute taille passent souvent par la création d’une Fondation. Ce statut juridique permet de mieux s’organiser et traduit la volonté du mécène de s’engager dans la durée. C’est notamment le cas de la Fondation d’entreprise, qui a une durée de 5 ans avec un budget minimum de 150.000 euros sur cette période.

L'image institutionnelle de l'entreprise véhiculée par le mécénat doit lui permettre d’atteindre différentes cibles. Mais, contrairement aux idées reçues, la motivation du personnel et la fierté d’appartenir à l’entreprise sont aussi au cœur des stratégies. Par rapport à une campagne de publicité, le mécénat se veut moins intrusif et s’inscrit dans la durée. Il peut influer sur la réputation de la firme, les valeurs associatives étant plébiscitées dans les grands pays industrialisés.

Les associations figurent parmi les principaux bénéficiaires du mécénat, non seulement pour des raisons financières, mais par ce que des organisations comme les Fondations jouent un rôle structurant. Le secteur privé peut ainsi pousser les ONG à professionnaliser leur approche, pour avoir un impact maximum sur la société ou sur l’environnement. Avec notamment des initiatives de mécénat comme outil de développement.

A la Fondation Vinci, pour chaque projet, des indicateurs sont fixés au départ comme objectifs à atteindre. Un reporting est réalisé à la fin. A la Fondation Vinci, la sélection des projets se fait comme dans le capital risque sur la qualité du projet et la personnalité de son principal animateur. Il en va de même dans les nombreux prix remis par des Fondations à des associations. Les fonds donnés doivent être utiles. Les nouveaux bailleurs de fonds recherchent à obtenir « un retour social sur investissement ».

Compte tenu parfois de la méfiance de nombreuses parties prenantes vis-à-vis du mécénat, en raison des risques de récupération de certaines causes, il vaut mieux attendre que les actions soient réalisées pour communiquer, voire faire parler les bénéficiaires.

Sans surprise, le mécénat va intégrer de plus en plus les préoccupations environnementales et sociétales de la société civile. Mais, le développement durable ne semble pas pour autant en mesure de menacer le mécénat, qui semble s’y adapter en douceur. Surtout, le mécénat reste globalement peu coûteux, qui en fait un outil à part entière. Pour François Debiesse, Président de la Fondation BNP Paribas et auteur d’un Que sais je, , le « mécénat reste un acte libre, quand l’essentiel de la responsabilité sociale de l’entreprise répond à des obligations ou contraintes réglementaires.»

Pour aller plus loin :

La Fondation SFR er Reconnect
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/11/les-plus-demunis-retrouvent-du-lien.html

Le besoin d’évaluation
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/09/les-partenariats-ongentreprises-ne.html

Le point de vue de Bill Gates
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/06/bill-clinton-sadapte-la-crise-du-carnet.html

Des entreprises mécènes beaucoup plus structurées
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/07/des-entreprises-mecenes-beaucoup-plus.html

Le site de l’entreprise citoyenne
http://www.entreprise-citoyenne.com/

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jeudi 12 novembre 2009

Témoignages de réussite dans les relations PME/associations







Le 4ème Forum des Associations et des Fondations, qui s’est tenu le 5 novembre 2009 au Palais des Congrès Porte Maillot, a accueilli 2.822 participants (+25% par rapport à 2008). Il s’est achevé par une conférence sur les moyens pour les PME de développer les relations avec les associations.

Réalisée à la demande de Deloitte In Extenso, une enquête qualitative menée par le Cerphi (centre d’étude et de recherche sur la philanthropie) entre juillet et octobre 2009 auprès d’une trentaine de PME a permis d’apporter un éclairage sur l’état d’esprit des chefs d’entreprise sur la signification qu’il porte au mécénat. Un résumé de la présentation de cette enquête figure sur ce blog : http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/11/dix-regles-dor-pour-les-partenariats.html

Différents intervenants venus du monde associatif et du secteur privé ont fait part de leurs expériences en matière de relations ONG/entreprises. Emmanuelle Peres, Déléguée Générale du Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise (CJD), a indiqué que les PME ont intérêt à discuter avec leurs parties prenantes. A sa fondation, en 1938, le CJD insistait sur la nécessité du dialogue social. Plus récemment, dans les années 80, il a développé le concept d’"entreprise citoyenne ", une terminologie désormais passé dans le langage courant. Puis, le CJD a développé la notion de « performance globale », qui repose sur 4 piliers interactifs : l’économique, la performance sociale (formation, gestion prévisionnelle), l’environnement et le sociétal (relations avec les parties prenantes). A ce titre, le CJD a donné l’exemple à ses membres en collaborant avec des ONG comme Agrisud ou le Sidaction.

Frédéric Jousset, le Président de Webhelp, opérateur de centres téléphoniques, employant 6.000 salariés, a indiqué que l’implication des salariés constitue une donnée sous-estimée par les sondés de l’étude Cerphi. Ceux-ci sont en effet loin d’être indifférents au mécénat de leur entreprise. Webhelp a ainsi donné 1 million d’euros pour permettre au musée du Louvre d’acquérir la « La Fuite en Egypte » de Nicolas Poussin. Webhep s’y était engagé à côté de 15 autres donateurs comme la Fondation d'entreprise Gaz de France, AXA, la Caisse d'Epargne Rhône Alpes, JC Decaux et le Cabinet Bonnet. A cette occasion, la CGT a publié un tract opposant le rachat d’une croute à la stagnation des salaires chez Webhelp.

Webhelp a également mis à plusieurs reprises gracieusement ses infrastructures techniques dans le cadre de l'opération nationale de lutte contre le SIDA (Sidaction). Plus de 300 téléconseillers volontaires ont apporté leurs compétences pour réceptionner les appels et contribuer ainsi à baisser le coût de la collecte de l’association. Le climat social est une des conditions de réussite du mécénat, les problèmes de France Télécom, dont l’image négative ne peut pas être contrebalancée par l’action de la Fondation Orange, malgré un gros budget.
Webhelp, qui a mené d’autres opérations de mécénat, comme « Greffe de Vie » ou encore avec Sports sans Frontières, estime que la crise financière ne peut que freiner les partenariats associations/PME. De plus, il considère que le nombre de donateurs potentiels est réduit du fait du faible nombre de PME d’une certaine taille en France. Il espère que l’assimilation des critères de RSE, qui commence par une sensibilisation dans les écoles, va conduire à terme à une génération de patrons mieux sensibilisés.

Frédéric Jousset, dont l’entreprise est régulièrement sollicitée, souligne que les associations ne déploient pas le même professionnalisme pour démarcher les PME qu’envers les particuliers. Elles oublient souvent de mettre en avant les bienfaits attendus pour l’entreprise donatrice. Or, une PME ne peut pas être généreuse. L’argent appartient en effet aux actionnaires et la logique comptable domine. Dans le même sens, Virginie Seghers, consultante en responsabilité sociale des entreprises et coordinatrice de la conférence, a rappelé en effet que la "philanthropie" menée par une firme relève de l’abus de bien social.

Didier Jeannot, Président de PRISME, a témoigné des avantages que présente le « mécénat collectif » pour une entreprise par rapport à une initiative plus modeste et isolée. Créée en 1989 l'association PRISME regroupe une trentaine d'entreprises de taille et d'activités différentes. Son objet principal est la promotion du mécénat d'entreprises au travers de la réalisation d'œuvres d'art urbain et le soutien à l'art contemporain, plus particulièrement la jeune création contemporaine, à Reims et sa région. Avec la crise économique et sociale, l'association a décidé cette année d'ajouter une dimension sociale à son action.

Du côté ONG, certaines acteurs savent parfaitement gérer leurs relations avec le secteur privé comme Agrisud et le Rire Médecin. Agrisud International, qui a été fondé par un chef d’entreprise, connait bien l’univers du business. Sa vocation est d’aider les pauvres par une démarche de marché, axée sur la sécurité alimentaire, la promotion des femmes et de l’environnement. Robert Lion, son Président, a précisé que l’objectif concret de l’association est de réinsérer dans le circuit économique des personnes en situation de précarité. Elle aide des petits entrepreneurs et facilite la création de très petites entreprises. Depuis 1992, Agrisud a lancé 19.100 très petites entreprises (TPE), plus de 80.000 emplois ont été créés en Afrique, en Asie du Sud et dans l’Océan Indien.

Dans ce cadre, les PME françaises ont un rôle à jouer, comme l’illustre le partenariat d’Agrisud avec la laiterie de Saint Denis de l’Hôtel. Il a débouché très concrètement sur un projet de développement agricole au Cambodge. Ce projet a même suscité une adhésion complète des salariés de la laiterie.

Agrisud International accepte le financement privé, dans une fourchette comprise entre 30 et 35% de son budget. L’ONG peut aussi travailler avec des multinationales comme avec certains villages du Club Méditerranée. Le voyagiste a ainsi accepté d’aller voir au-delà de ses clôtures. Ce partenariat vise en effet à favoriser le lien économique et social entre les villages du Club Med et leur environnement, par l'aide à la création de très petites entreprises viables et durables à proximité de villages dans des pays du Sud. Des initiatives qui génèrent même de la fierté chez les GO.

Robert Lion, qui vient de démissionner de Greenpeace France pour se lancer dans les élections régionales, a indiqué que Greenpeace Allemagne n’était pas imperméable au monde des affaires. Surtout connue pour ses activités de plaidoyer, l’ONG écologiste participe pourtant régulièrement à des journées de sensibilisation et à des séminaires. Son objectif est de mieux se faire comprendre et d’expliquer ses raisonnements. Pour lui, « les bonnes ONG disposent d’expertises ». A tel point, que lors du Grenelle de l’Environnement, certains responsables patronaux ou syndicaux ont parfois écarquillé des yeux devant le discours bien argumenté d’un monde associatif, qui ne porte pas de cravate. Certaines expertises, comme dans l’énergie, sont selon lui transférables.

L’association Le Rire Médecin, aussi présente sur le colloque, fait jouer et rire les enfants malades dans les hôpitaux. Elle produit 58.000 spectacles par an pour les enfants et leurs familles. Les entreprises contribuent à environ 32% du budget. Son Directeur Général, Marc Avelot, a noté une professionnalisation des ONG et des entreprises dans leurs partenariats, qui ont longtemps reposé principalement sur la proximité géographique. Désormais, le mécénat se joue au « cœur du métier » de la firme.

C’est ainsi que le Rire Médecin est épaulé par un partenaire original, une entreprise de capital risque, qui l’accompagne pour changer d’échelle, notamment dans sa volonté de créer une école internationale du rire. Cette ONG a fini par être copiée avec plus ou moins de réussite. C'est pourquoi son objectif est de diffuser largement les "meilleures pratiques" (souci de qualité) même au-delà de l’association et d’augmenter le nombre des « hôpiclowns » (accroître l’impact en touchant plus d'enfants). L’ONG a fait ainsi l’objet d’un audit en profondeur par son partenaire. Pour son promoteur, il s’agit de sortir de la sphère des certitudes.

En bon observateur, Marc Avelot décèle certaines dérives. A force de mettre en avant certaines formes de mécénat, comme par exemple l’échange de compétence ou l’aide en nature, il y a un risque de désertification de l’aide financière. Or, les ONG ont des frais généraux incompressibles. Par ailleurs, il serait sans doute selon lui dommage d’abandonner le mécénat culturel pour répondre à des causes purement humanitaires ou de solidarité.

A l’heure où l’on voit des ONG lancer des filiales commerciales et des entreprises parler de valeur ajoutée sociale, Olivier Kayser, Président Fondateur de Hystra et ex-responsable européen du mouvement d'entreprenariat social Ashoka, a donné une vision dynamique de la question. Cette jeune société de conseil « hybride » vise à pousser les entreprises à s'intéresser aux populations les plus démunies de la planète, "le bas de la pyramide", en développant des produits et des services adaptés à leur faible pouvoir d'achat.

Pour Olivier Kayser, le défi consiste à passer du stade du laboratoire, où sont menées certaines initiatives innovantes, à celui de la généralisation. Faute d’investissement dans de nouveaux modèles, le mérite des grandes entreprises est de repérer des starts up, de les racheter et de leur allouer des ressources qui vont leur donner l’élan nécessaire. A peine lancée, Hystra, est déjà en contact avec une partie importante des sociétés du CAC 40. Elle a déjà travaillé concrètement sur le thème de l’accès à l’énergie pour des groupes comme GDF Suez, Total et Schneider Electric.

Les entreprises hybrides doivent venir combler le « no man land » qui sépare le monde associatif des entreprises. Une firme doit en effet selon lui justifier son existence, avoir une « licence to operate » par rapport au danger de « non assistance à planète en danger ». Citée en exemple, une entreprise comme Novo Nordisk a connu une croissance insolente depuis qu’elle s’est fixée comme objectif, non pas de vendre des médicaments, mais l’éradication du diabète.

Pour aller plus loin :

Présentation de la performance globale du CJD
http://www.cjd.net/Default.aspx?tabid=92

Le Rire Médecin
http://www.leriremedecin.asso.fr/

Hystra : Access to Energy for the Base of the Pyramid; Octobre 2009
http://www.hystra.com/opensource/energy.html

Le témoignage de Sylvain Breuzard. «Les fondations ne sont pas réservées qu'aux grands groupes» Le Journal des entreprises. Avril 2009.
http://www.lejournaldesentreprises.com/editions/59/actualite/rencontre/sylvain-breuzard-il-s-engage-et-cultive-la-difference-03-04-2009-66954.php

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vendredi 6 novembre 2009

Dix règles d’or pour les partenariats PME/associations



Le 4ème Forum des Associations et des Fondations, qui s’est tenu le 5 novembre 2009 au Palais des Congrès Porte Maillot, s’est achevé par une conférence sur les moyens pour les PME de développer les relations avec les associations. Actuellement, selon une enquête de l’Admical de 2008, 23% des PME françaises sont mécènes. Il reste donc un vaste champ à explorer pour des associations qui cherchent à diversifier leur financement et augmenter leur impact.

Réalisée à la demande de Deloitte In Extenso, une enquête qualitative menée par le Cerphi (centre d’étude et de recherche sur la philanthropie) entre juillet et octobre 2009 auprès d’une trentaine de PME a permis d’apporter un éclairage sur l’état d’esprit des chefs d’entreprise sur la signification qu’il porte au mécénat.


Il apparait que le mécénat se situe au carrefour de différents axes , avec d’un côté une motivation allant de l’action désintéressée comme le don jusqu’à la notion d’investissement, de l’autre une prise de décision allant de l’acte d’impulsion à la stratégie rationnelle. Certains dirigeants de PME voient dans le mécénat un "acte philanthropique" (désintéressé et spontané), d’autre un acte rationnel qui appelle un retour sur investissement, le « mécénat », voire une réflexion encore plus aboutie et plus riche en retombées avec le « partenariat ».

Pour eux, certains obstacles se heurtent sur leur route : bas niveaux de rémunération des salariés, manque de visibilité du secteur associatif, jugé parfois flou et hétérogène, persistance de stéréotypes (une démarche réservée aux grandes entreprises, caractère privé de la philanthropie). Il apparaît également que les sollicitations financières adressées aux PME sont souvent mal ficelées : absence de descriptif précis du projet envisagé, manque d’explication sur les motifs qui ont conduit l’association à solliciter cette PME ou sur les bénéfices qu’elle en retirera.

Il en ressort au final une démarche plutôt « philanthropique », assez concentrée sur des associations de proximité et assez passives : les PME attendent souvent d’être sollicitées, sauf si elles interviennent dans un secteur d’activité au cœur des préoccupations du développement durable.

Certains moteurs essentiels sont néanmoins distingués : le rôle pivot du chef d’entreprise, la nécessité d’un retour d’image, la cohérence avec le métier de l’entreprise. Les avantages fiscaux apparaissent moins saillants, sauf pour reconduire le partenariat. Le climat social n’apparait pas clairement comme un facteur de décision.

L’étude fait ressortir des règles à respecter pour l’association qui cherche des partenaires:

1. Identifier le bon interlocuteur
2. Penser en mode réseaux : un chef d’entreprise satisfait peut devenir un excellent ambassadeur.
3. Ouvrir ses portes. Montrer ce que l’on fait.
4. Ne pas se contenter de demander de l’argent. Le projet doit être précis et devancer la demande de fonds.
5. Penser sa stratégie d’offre. Co-construire le partenariat. Sélectionner les entreprises qui apporteront la meilleure valeur ajoutée au projet.
6. Professionnalisme, privilégier une culture et un langage commun. Il ne s’agit pas d’une entreprise du CAC 40. Expliquer les raisons et les avantages internes et externes pour l’entreprise qui s’engage.
7. Transparence. Montrer ses résultats.
8. S’y prendre assez tôt pour laisser le temps au chef d’entreprise de prendre sa décision, préparer l’opération et exploiter les retombées.
9. Etre réactif lorsque la firme a pris l’initiative du contact.
10. Remercier, ce qui apparemment n’est pas toujours le cas.

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mardi 3 novembre 2009

Les plus démunis retrouvent du lien social grâce à l'association Reconnect et ses partenaires


Eric Chatry, 42 ans, Président-Fondateur de l’association Reconnect, technologies pour la base de la pyramide, nous a accordé une interview.

Eric Chatry a travaillé 7 ans chez Danone à l’international avant de rejoindre d’autres entreprises comme L’Oréal et McKinsey. Son dernier poste fut chez LVMH à la stratégie de la branche champagne, une activité très lucrative. Se sentant cloisonné dans une «prison dorée », Eric Chatry a démissionné du groupe LVMH début 2008 pour se donner du temps et envisager une nouvelle vie.

Le choc n’allait pas tarder. Il allait en effet participer comme bénévole à l’accueil de personnes démunies dans un centre du Secours Catholique, à la Rampe à Colombe (92). Une rencontre, où il a découvert brutalement l’univers de la pauvreté. Il y a constaté la disparition du lien social ainsi que l’existence de nombreuses personnes à potentiel, qui étaient tombées sans avoir les moyens de se relever.

Face à la pénurie de moyens et aux limites de ce genre d’accompagnement, il a imaginé de nouvelles solutions de sortie de la misère, en mettant la technologie au service du lien social. En septembre 2008, il fonde Reconnect avec le Groupe SOS et l’association Peuplade.

Le constat de départ repose sur le fait que les personnes les plus démunies sont pénalisées par une offre inadaptée de services télécoms. Non seulement les tarifs sont prohibitifs, mais les personnes les plus pauvres ne parviennent pas à conserver longtemps leur numéro de téléphone, du fait d’un manque d’unités. De plus, leurs batteries sont compliquées à recharger. Pire, les personnes exclues perdent régulièrement leurs téléphones, ou se les font voler.


Question : En quoi la téléphonie mobile génère-t-elle de l’exclusion ?


EC : Moins on achète d’unités, plus la communication est chère à la minute. Comme la population la plus en détresse ne figure pas sur l’écran radar des spécialistes de marketing, l’erreur est de penser que l’accès à de nouveaux produits et services ne repose que sur le prix. L’offre réservée aux allocateurs du RSA par Orange comprend toute une batterie de critères qui la rendent inopérante, comme un abonnement minimal de 12 mois.

Notre association propose un numéro de téléphone unique, consultable de partout, y compris d’une cabine téléphonique. Il est possible de rappeler les personnes qui ont laissé un message grâce à une touche spéciale, ce qui est très utile à ceux qui cherchent du travail. Le numéro Reconnect reste le même si l’usager change d’hébergement, de domiciliation, de téléphone portable…Il constitue un point d’ancrage rassurant, « une ligne de vie ».

De plus, nous remettons à nos clients un paquet de 100 cartes de visite, sur lesquelles figurent les données essentielles et un mini CV. Ils en sont très fiers et savent l’utiliser à bon escient pour rester en contact avec des employeurs potentiels.

Après 6 mois de recul, 300 personnes ont adhéré à ce système, qui pourrait intéresser à terme 100.000 individus, non seulement des grands exclus, mais aussi des travailleurs pauvres, des condamnés sortant de prison, des toxicomanes ou des femmes battues.

Votre service est-il gratuit ?


EC : Nos services sont proposés gratuitement au démarrage, puis deviennent payant après une phase de tests. Les exclus sont d’ailleurs désireux de payer une somme modique (10 euros par trimestre), à prix coûtant, car ils reconnaissent l’utilité du système, sa capacité à faciliter le lien social et à éviter l’acculturation. Ce qui est gratuit n’a pas de valeur. Les travailleurs sociaux, qui sont nos prescripteurs, jouent un rôle pédagogique essentiel dans les lieux d’accueil pour présenter ces nouveaux services. Les personnes exclues peuvent y commander elles mêmes leurs cartes de visite sur ordinateur.

Qui sont vos partenaires ?

EC : Nous avons effectué toute la phase technique avec un MVNO Transatel et la société Mediactive pour les données de gestion. Ces derniers sont intervenus sous forme de mécénat de compétences. Ayant fait ses preuves, ce système est désormais susceptible d’intéresser d’autres opérateurs comme Orange et SFR. Notre association vient d’ailleurs de remporter le Concours Jeunes talents de SFR.

Par ailleurs, les personnes démunies ont du mal à conserver des papiers essentiels comme la carte d’identité ou des fiches de paye. Nous avons conçu un «coffre fort numérique » en partenariat avec la CDC et des avocats. La vocation de notre association nous a permis de passer sous les fourches caudines de la CNIL, ce qui aurait sans doute été plus difficile pour une entreprise ou une administration publique.

Concernant l’édition de cartes de visite, nous travaillons avec Ooprint, qui a bien voulu ne pas mettre son logo au dos de la carte. Quelques fondations nous soutiennent comme Fondation SEB et Macif. Nos partenaires associatifs sont très nombreux : SOS Habitat et Soins, L’armée du Salut, Samu Social de Paris, Secours Catholique, Arcat, Arapej, Mie de Pain, Aurore, etc.

Quelle est l’originalité de votre démarche ?


EC : Ces innovations qui présentent un caractère d’intérêt public ont été permises car notre association est sur le terrain à palper les besoins. Ce travail de dentelle n’aurait pas été possible par l’Etat. Néanmoins, nous avons prévu de rencontrer la secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique pour obtenir du soutien et faciliter notre travail avec les administrations. Notre mission s’intègre bien dans la notion de numérique solidaire. Le paradoxe de notre activité est bien d’apporter la technologie non pas à une minorité très mobile mais à ceux qui en ont le plus besoin. Il s’agit bien de réduire une fracture et de réintégrer une population marginalisée et sans possibilité de communication.

Le statut associatif a été préféré à celui d’une entreprise sociale afin de ne pas polluer le débat avec nos partenaires car le monde social n’est pas encore mûr pour accepter des statuts autres. Pour ma part, je suis Président donc non rémunéré et notre Directeur général qui a passé 7 ans au Groupe SOS est salarié.

Notre travail repose sur les travailleurs sociaux et nous avons un point mort entre 5.000 et 7.000 bénéficiaires. Pour atteindre un public, qui ne parle pas toujours Français, nous allons communiquer sur les lieux d’accueil grâce à des affiches sous forme de BD qui raconte une histoire. Cette campagne va être conçue par l’agence Numéro 9. L’idée est de pousser les exclus à faire pression sur les travailleurs sociaux pour qu’ils diffusent nos outils.

Votre projet s’inscrit il dans une démarche RSE ?


EC : La RSE présente essentiellement un caractère défensif, très marqué par une préoccupation de communication. Les équipes de développement durables sont souvent périphériques, des postes qu’on occupe en début ou en fin de carrière. Seule exception, dans le domaine de l’extraction, où la RSE est un sujet très sensible, ou encore aux USA, où ce métier est plus structuré.

Face à ce mouvement de fond, les entrepreneurs sociaux font figure de Zébulons, par rapport aux gouvernements, aux entreprises et aux ONG. Ils partent des besoins, tirés de l’observation d’écosystèmes. A part dans le domaine de l’urgence, les ONG sont souvent concurrentes du social business. En creusant des puits, elles ont fait croire aux villageois de nombreux pays que l’eau était gratuite. Au mieux, elles peuvent parfois être partenaires. Le problème du monde non lucratif est de ne pas intégrer une logique économique, ce qui réduit considérablement leur capacité à résoudre des grands problèmes du monde contemporain.

Les problèmes des entreprises sociales sont à la fois le changement d’échelle et les compétences. Pour passer un cap, il faut souvent chercher un relais auprès d’entreprises plus classiques. Si ces dernières innovent peu dans le domaine de la réduction de la pauvreté, elles constituent de formidables machines à photocopier, dès lors qu’elles ont perçues l’intérêt de la démarche d’un petit poucet. Pour se diffuser, le projet doit donc être à la fois avoir un impact social et répondre à une logique de marché.

Le témoignage de Larbi, usager de la Rampe :
« Moi j’utilise mon numéro sur les cabines extérieures. (…) J’ai reçu des messages de la restauration, là où j’ai laissé mes cartes de visite avec mon numéro et j’ai un RDV demain et un autre après-demain pour travailler dans les cuisines. Avant d’avoir ce numéro, ils n’avaient rien pour me joindre (…) J’ai aussi donné mon numéro à la famille, aux proches pour qu’ils n’hésitent pas à m’appeler s’il y a quelque chose. Il y a même mon beau-père qui m’a dit « tu as des cartes de visite, tu as une entreprise ? »

Pour aller plus loin :

• Le Groupe SOS est un groupe de l’économie sociale, constitué d’associations et d’entreprises, qui développe, aujourd’hui, des activités dans les champs du sanitaire et social, de l’éducation, de l’insertion, du logement, du développement durable et de la solidarité internationale.

Peuplade a développé un projet social exprimé dans une Charte et mis en œuvre par « Les Ingénieurs Sociaux », une entreprise engagée qui conçoit et développe des outils destinés à offrir aux personnes, aux associations, aux entreprises et aux institutions les moyens de donner aux rapports interpersonnels, à la société et à l'économie un visage plus humain.

Intervention d’Eric Chatry sur France Info, dans l’émission Une Vie, des Idées :
http://www.france-info.com/chroniques-une-vie-des-idees-2009-05-20-eric-chatry-l-association-reconnect-293805-81-125.html

Le site Internet de l’association :
http://www.reconnect.fr/

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lundi 19 octobre 2009

Antoine Mach : «la critique des ONG s’est tassée. »



La société Covalence, qui comprend 3 salariés, suit dans la durée la réputation éthique d’environ 540 multinationales dans 18 secteurs de l’économie. Elle tire ses sources des médias, de la société civile et des entreprises. Covalence SA a été fondée à Genève en 2001 par six personnes d'horizons différents: science politique, finance, ONG, et juridique. Un de ses co-fondateurs et dirigeant, Antoine Mach est diplômé d’un Master de Sciences Politiques de l’université de Genève. Il est l’auteur d’une monographie « Entreprises suisses et droits de l’homme : Confrontations et partenariats avec les ONG » publiée en 2001 à l’Université de Fribourg.

Comment vous documentez-vous ?

AM : Nous utilisons toutes les sources accessibles sur Internet en quatre langues, l’anglais, le français, l’espagnol et l’allemand. Nos recherches se concentrent sur l’éthique, la problématique sociale et l’environnement. La collecte de ces données, que nous effectuons notamment avec des stagiaires dans de nombreux pays, nous permet de calculer des indices de réputation par entreprise et par secteur.

Quelle est la place des ONG sur vos écrans radars?

AM : Nous avons constaté que l’influence des ONG a baissé. Elles communiquent toujours, mais certaines sources d’information sont devenues plus actives : la presse, la presse spécialisée et les blogs. Les grands journaux comme Le Monde et le FT conservent un rôle, car ils sont largement repris et inspirent d’autres articles sur la toile. Les moteurs de recherche nous permettent de trouver les sites les plus populaires.

Nous suivons le discours des ONG et des syndicats, qui est souvent critique, mais nous le confrontons à la masse des informations positives et négatives que nous collectons. Nous nous heurtons parfois à des obstacles techniques, car les sites web des ONG ne sont pas toujours faciles à suivre : recours aux Newsletters, mauvaise indexation.

Avez-vous noté une inflexion dans le discours du secteur non marchand ?

AM : Selon nos observations, la critique des ONG s’est tassée. Certaines d’entre elles émettent une critique diffuse, par exemple contre le système, comme Attac, alors que nous mesurons la réputation d’entreprises bien identifiées. Et, beaucoup d’associations ont entamé un dialogue avec le monde des affaires. Les ONG y trouvent des financements, les entreprises un bon moyen de soigner leur image.

De plus, une organisation comme Greenpeace ne fait plus que distribuer des mauvais points, elle nomme aussi les entreprises qui progressent.

Existe-t-il une loi NRE en Suisse ?

AM : Aujourd’hui, la quasi-totalité des grandes firmes suisses effectue un reporting en matière de RSE, soit un rapport ad hoc, soit un document intégré dans leurs rapports annuels. Elles y sont fortement incitées. Il demeure un débat sur la fidélité des données publiées dans ces rapports, mais, dans les faits, les ONG semblent en prendre acte. Elles en tiennent en effet compte, leurs rapports avec le secteur privé devenant moins conflictuel. Et, leurs campagnes de plaidoyer doivent désormais devenir plus ciblées avec des rapports plus pointus.

Dans le secteur de la pharmacie, il apparait ainsi que la période de l’opposition frontale a cédé la place à davantage de dialogue, avec des collaborations fructueuses, comme celle entre Sanofi et MSF.

Les ONG s’intéressent elles aussi à la mesure de la réputation ?

AM : Nous comptons quelques ONG parmi nos clients. L’Alliance Globale pour la nutrition s’intéresse plus particulièrement à cette thématique. Mais, d’autres ONG se soucient du profil éthique de leurs partenaires privés.

Quelles sont vos différences avec les agences de notation sociétale ?

AM : Les agences de notation réalisent des audits, alors que nos sources sont plus ouvertes. Mais, les agences regardent désormais de plus en plus la question de la réputation en suivant des sources externes. De notre côté, nous utilisons une grille d’analyse unique, permettant de comparer tous les secteurs de l’économie entre eux. Des synthèses de nos analyses sont consultables sur notre site et diffusées sur des réseaux sociaux.

Pour aller plus loin :

Le but de Covalence est d'augmenter la densité des informations sur le développement durable. Son outil, EthicalQuote, mesure l'évolution historique de la performance éthique des entreprises multinationales telle qu'elle est perçue et relayée dans la société. Des milliers de documents provenant de diverses sources sont rassemblés sur Internet et à travers un réseau ouvert de correspondants entre les organisations de la société civile, entreprises, chercheurs, consultants et autres intervenants. Ses clients et ses lecteurs sont variés : multinationales, investisseurs, PME, gouvernements, organisations internationales, ONG et médias.

Les informations collectées sont passées au filtre de 45 critères relatifs à la contribution des entreprises au développement humain. Les critères sont répartis en 4 classes: Conditions de travail, Impact de la production, Impact du produit, Impact institutionnel. Les critères ne sont pas différenciés par secteur d'activité, pour permettre des comparaisons entre les multinationales de différents secteurs. Ces critères sont issus des textes et recommandations de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme (1948), des recommandations de l'OCDE pour les multinationales (1976), de la déclaration de l'OIT sur la responsabilité sociale des multinationales (1977), de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement (1992), des accords de Copenhague sur le développement social (1995) et des recommandations du Global Compact des Nations Unies (2001).

Covalence Ethical Quotation System a reçu le prix du développement durable de la Ville de Genève en 2004 et a figuré parmi les finalistes du Prix de l'Entrepreneur Social de l'Année 2005 organisé par la Fondation Schwab. Les analyses de Covalence sont aussi diffusées par Thomson Reuters et Bloomberg.

Le site de Covalence
http://www.covalence.ch/
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