lundi 18 juillet 2016

Quelques chiffres pour visualiser le poids des ONG

#NGOfacts est une campagne d’informations qui recense des données chiffrées concernant les organisations non gouvernementales et les charities dans le monde entier. Voici quelques chiffres disparates glanées par NGOfacts. 

J’y est joins quelques chiffres issus du 2016 Global NGO Online Technology Report, élaboré par le Public Interest Registry et Nonprofit Tech for Good, qui porte sur les outils technologiques utilisés par les associations pour communiquer avec leurs donateurs.

On estime à 10 millions le nombre d’ONG dans le monde (Source : The Global Journal)

Du point de vue économique, les ONG représenteraient l’équivalent de la 5ème économie mondiale. (Source : John Hopkins University, Center for Civil Society Studies)

Près d’une personne sur 3 (31,5%) dans le monde a fait une donation à une ONG et une sur 4 a donné de son temps (24%). (Source : CAF World Giving Index 2015)


  Genre 

3 employés sur 4 des ONG sont des femmes, mais les postes de direction continuent à être tenus majoritairement par des hommes. (Source : HR Council)

En France, les président d’association et plus généralement les dirigeants élus sont le plus souvent des hommes, des seniors issus des classes moyennes et supérieures ; les femmes et les jeunes accèdent difficilement aux fonctions de président : 69% des présidents d’associations sont des hommes, 32% ont plus de 65 ans et 63% sont des professions libérales, des cadres supérieurs ou des cadres moyens.

Si la majorité des salariés d’ONG au Brésil sont des femmes (62%), elles ne gagnent que 75% des salaires versés à leurs collègues masculins. (Source : Abong) Money Le nombre de ceux qui ont donné de l’argent à des ONG est passé de 1,2Md en 2011 à 1,4Md en 2014. En 2030, on s’attend à ce que ce chiffre atteigne 2,5 Mds. Source : Charities Aid Foundation

Finance

Selon Forbes, l’ONG américaine la plus importante est United Way avec un budget en 2014 de 4Mds$.

5% du budget des œuvres charitables aux Etats-Unis viendrait des entreprises.

75% des donateurs américains pensent qu’ils donnent au-dessus de la moyenne. En fait, 72% d’entre eux contribuent moins que la moyenne nationale.

La part de la population qui effectue des dons est bien relativement faible dans les pays d`Europe méridionale et centrale. Elle est de :
  • 28% en Italie, 
  • 27% en Espagne, 
  • 24% au Portugal et en Hongrie,
  • 21% en Pologne et en Tchéquie. 
  • Dans les années à venir, on peut s`attendre à la plus forte dynamique en matière de dons en Asie, en Amérique centrale et en Amérique du Sud en raison de l`évolution de l`économie et de la société dans ces territoires. (Source : World Giving Index) 

Europe

On estime à 1 300 000 le nombre d’associations actives en France.

Leur budget total s’élève à 85 Mds€, soit environ 3,2 % du PIB français : tel est le budget cumulé des associations actives.

En France, 165 000 associations sont des associations employeurs, qui gèrent 185 000 établissements ou sections d'associations. A elles seules, elles emploient 1.800.000 salariés, à temps plein ou partiel, à 69 % des femmes Soit 5 % du nombre de salariés dans le pays. (source : Associathèque).


 Etats-Unis 

Il existe 1,4 million d’ONG aux Etats-Unis. Elles emploient plus de 11.4 million de personnes. (Source: Urban Institute/Bureau of Labor Statistics)

L’apport horaire d’un volontaire est estimé à $23,07. Ainsi, la valeur marchande des 7,7 milliards d’heures données par des volontaires (62.6 million American), soit un quart de la population, serait de $173 Mds$ en 2013. (Source : Independent Sector)

Reste du monde 

En Inde, il y a une ONG pour 400 personnes, soit 3,3 millions au total. (Source : Infochange)

En Afrique du Sud, 68 nouvelles ONG apparaissent chaque jour. (Source: Republic of South Africa)

Plus de 80% des employés des ONG au Kenya ont moins de 24 ans. Sur une base de plus de 290.000 employés à plein temps et volontaires. (Source : Devex)




90% de la population de la région du Golfe ont fait un don à une ONG. 63% de ces donations ont été faites lors des fêtes du Ramadan et de l’Eid. (Source : Philanthropy Age)

En Asie Pacifique, 53% des citoyens a fait un don à une ONG. Les pays les plus généreux sont la Thaïlande (71%), le Vietnam (70%) et Hong Kong (65%). Ils donnent la priorité à la santé des enfants et à l’éducation. (Source : MasterCard Engagement Bureau).

Numérique

L’Unicef a plus de 6,2 millions d’amis sur Facebook.

72% des Millennials préfèrent donner online et ils souhaitent pouvoir le faire via les réseaux sociaux. Leurs causes préférées sont les enfants, les femmes, les droits de l’Homme, l’éducation et les animaux. (Source le Global NGO Online Technology Report).

83% des ONG ont un compte Twitter dans le monde selon le Global NGO Online Technology Report

40% des ONG ont un compte Instagram selon le Global NGO Online Technology Report. Les plus petites disposent de 500 followers, les plus grandes de 10.500 en moyenne.

Les entreprises ont commencé à combler leur retard de confiance sur les ONG. (Edelman)




 Pour aller plus loin :
http://techreport.ngo/about.html



  fin

jeudi 2 juin 2016

La Voute Nubienne compte sur ses partenaires corporate

Le 6ème Salon des Solidarités, qui s’est tenu Porte de Versailles du 19 au 21 mai, a été l’occasion de mettre la lumière sur les partenariats ONG/entreprises.




Notamment celui noué étroitement au fil du temps entre Donnadieu et Associés et l’association la Voute Nubienne.

Donnadieu & Associés est le premier cabinet français d'audit, d'expertise et de conseil financiers spécialisé dans le secteur de la solidarité internationale.

Si vous ignorez les techniques de construction de l’AVN, vous pouvez regarder cette vidéo.



Sur le partenariat, voir cette table ronde, où il est question de mécénat de compétence, de gestion financière, d’entreprenariat social, de transparence financière et de « for profit ».



L’association la Voute Nubienne indique sur son site qu’elle travaille avec de nombreuses Fondation d’entreprise.

En 2013, concernant sa coopération avec l’AVN, la Fondation Eiffage a été lauréate pour la troisième fois des Trophées du mécénat, dans la catégorie Solidarité écologique et économie circulaire. Eiffage Sénégal a également soutenu ce projet.


Un proverbe africain dit : « Seul on va plus vite ; ensemble on va plus loin. »

Pour en savoir plus : 

Le Salon des Solidarités 2016 c'était : 21.059 entrées 10 villages thématiques, 178 conférences, tables-rondes, animations, films etc... 267 intervenants, 230 exposants de 3 continents et 13 pays, 2.358 Tweets dans 42 pays.

Les leçons d’un partenariat historique : City Year/Timberland 
http://tinyurl.com/hteo7lj 

Forum des Associations et des Fondations : Témoignages de réussite dans les relations PME/associations
http://tinyurl.com/zgx69rn http://tinyurl.com/zgx69rn

Contre la fuite des cerveaux, l’effet contagieux d’une poignée d'étudiants africains
http://tinyurl.com/z95tbyq  

fin

samedi 23 avril 2016

La solidarité passe de plus en plus par la technologie

Jeanne Dussueil, de Frenchweb, a publié le 30 mars dernier un article intéressant sur un certain nombre de nouvelles technologies, qui favorisent la solidarité en France. Son titre « 7 solutions connectées qui veulent réinventer la solidarité ». Dans cet article, j’y ai en outre ajouté une initiative anglo-saxonne en faveur des enfants diabétiques. 

De nouvelles plateformes facilitent en effet la résolution de certains problèmes de société grâce au digital, grâce à un fonctionnement plus horizontal et communautaire. Voici certaines solutions digitales mises en avant par Frenchweb :

1/ TrouveTonEntreprise 

Le site accompagne les jeunes de 15 à 30 ans à la recherche d'un stage, d'un poste en apprentissage ou d'un emploi. Pour ce faire, ses animateurs ont mis au point une méthode ludique et innovante, qui s’appuie sur des conseils et des vidéos.

Depuis son lancement, la plateforme revendique 750 contrats signés et 1 150 étudiants accompagnés. Ils ont d’ores et déjà obtenu 1.150 rendez-vous.

Selon Frenchweb, les fondateurs Morgan Marietti et Cyrille Mauchamp dirigent tous deux dirigeants de l'Association nationale des apprentis de France.

2/ Opération Gaspard 

Créée par Nicolas Desachy, la start-up Opération Gaspard a développé «un boitier de 2 cm que l’on peut accrocher n’importe où.

En cas d’agression, notamment en cas de harcèlement dans la rue, son utilisateur appuie dessus 3 fois de suite pour déclencher l’alerte. Il est aussitôt géolocalisé et ses proches reçoivent immédiatement sa position et un itinéraire pour venir à son aide.

L’idée est de faire reculer l’indifférence face aux agressions. Ainsi, une application gratuite et téléchargeable par tous est disponible, pour que les passants à proximité puissent eux aussi recevoir l’alerte et intervenir

3/ App'ELLES 

Autre solution similaire, l'application App-Elles est une application solidaire des femmes et des filles victimes de violence. Elle facilite leur mise en relation avec les professionnels et leur simplifie l’accès à l’information sur les violences. Elle leur permet également d’entrer en contact, en un seul clic, avec des ami-e-s, des proches, des associations spécialisées, la police ou tout autre interlocuteur de son choix.



4/ La FinTech au service du don

Heoh est une start-up française spécialisée dans la collecte de dons et dont la particularité est de s'appuyer directement sur les nouveaux systèmes de paiement (paiement sans contact, paiement mobile, NFC, etc.).

Elle a été fondée en 2015 par Ghislain d'Alançon et Antoine Vaccaro.

La « Good Transaction» constitue un nouveau circuit de dons pour les commerçants, accessible depuis les terminaux de paiement ou via le paiement en ligne. Ingenico Group est partenaire du projet. Heoh vise 60 millions d'euros de dons d'ici 5 ans, ce qui est considérable.

5 / Jerry The Bear 

Je vous signale aussi cette belle initiative, Jerry où un robot, bourré de technologies, en forme de peluche aide les enfants à soigner leur diabète type 1.



6 / Bénévole At Home 

BAH met en relation via son application les personnes bénévoles (des Anges gardiens) et les personnes démunies ayant des besoins de première nécessité. Les services proposés par cette association passent par la géolocalisation.



Pour aller plus loin 



L’article complet de FrenchWeb :
http://www.frenchweb.fr/7-solutions-connectees-qui-veulent-reinventer-la-solidarite/225042 

Les autres innovations citées par FrenchWeb :
  • U2guide, le voyage au service de l'humanitaire 
  • Welp, l'entraide gratuite 
  • 1+1+1, La collecte caritative 
 Par ailleurs, je vous mentionne aussi Reconnect. C’est une association loi 1901 créée en 2008 autour d'une vision simple : faire des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) un outil d'insertion pour les personnes en situation de précarité et non un facteur d'exclusion supplémentaire. http://www.groupe-sos.org/structures/708/Reconnect fin

jeudi 10 mars 2016

La microassurance devient mainstream


L’IFC a publié récemment un rapport “She for Shield”, dans lequel il estime le marché potentiel de la micro assurance pour les femmes à 1,7 trillion de dollars à horizon 2030. 

Les pays émergents devraient en représenter la moitié, avec une multiplication entre 6 et 9 fois de la base de clients existants. 


L’utilité de la micro-assurance n’est plus à prouver.

Par exemple, Fundación de la Mujer et Microfund for Women (MFW) ont montré qu’une hospitalisation peut peser dangereusement sur le cash-flow de la famille. Les femmes peuvent aussi avoir besoin de conseils financiers avant la naissance d’un enfant.

Les femmes ne souhaitent pas seulement être indemnisées en cas de sinistre, mais se sentir en sécurité. Les produits proposés doivent être simples avec des bénéfices clairement exprimés.

Les micro-assureurs doivent développer une « culture de l’assurance » et sensibiliser leur personnel aux besoins de leurs clients afin d’être capables de les éduquer. Les besoins sont immenses.

En juin dernier, une étude de Timetric intitulée “Emerging Markets - Identifying Sources of Growth in the Insurance Industry” a également identifié des relais de croissance pour les assureurs, hors des BRICs, comme au Mexique, en Indonésie, en Turquie, au Vietnam et au Kenya.
  • notamment dans le domaine de la santé du fait de changement de style de vie, de revenus croissants ou encore de la prévalence de certaines maladies. 
  • de 2010 à 2013, les dépenses de santé par habitant ont progressé de 10%, 29% et 34% respectivement, au Mexique, au Kenya et au Vietnam. 
 Intéressée par l’inclusion financière des classes moyenne de demain, Axa estime que les pays émergents ne représentent que 17% du marché́ mondial de l’assurance, alors qu’ils pèsent déjà̀ 40% du PIB mondial.

C’est pourquoi Axa a porté sa participation au capital de MicroEnsure à hauteur de 46%. Ce micro-assureur britannique intervient dans 17 pays en Afrique et en Asie.

 Bien positionnée sur le marché de la micro assurance sur les terminaux mobiles, elle compte 20 millions de clients et a noué des accords avec des opérateurs téléphoniques, des établissements financiers et des institutions de microcrédit.

MicroEnsure sera la plateforme privilégiée du groupe français pour s’adresser aux futures classes moyennes des pays émergents avec une large gamme de produits (assurance-vie, IARD, santé et assistance).

Axa va aussi s’appuyer sur des schémas de micro assurance déjà̀ développés localement par ses équipes en Asie, en Afrique et en Amérique Latine pour le compte de 3 millions de personnes.


Pour Richard Leftley, Directeur général de MicroEnsure 

Personne ne se réveille le matin en ayant rêvé d’avoir acheté une assurance, et 85% des clients de MicroEnsure découvrent pour la première fois le concept d’assurance lui-même. Nous avons prouvé́ notre capacité́ à concevoir des solutions d’assurance abordables pour des populations jusqu’ici traditionnellement hors d’atteinte et impossibles à protéger via les offres classiques. La présence d’AXA à notre capital, aux côtés de nos autres actionnaires Omidyar, Sanlam et l’IFC-Banque Mondiale, va nous aider à accompagner nos clients dans leur progression vers un meilleur statut socioéconomique tout en fournissant un filet de sécurité afin de réduire les embûches sur ce chemin, contribuant ainsi à l’éradication de la pauvreté́ et à une plus grande prospérité́ pour tous. 

Une publicité en images animées d’un micro-assureur aux Philippines  :

Thomas Buberl (Membre du Comité de direction du Groupe AXA, Directeur Général d'AXA Allemagne et Directeur général de la ligne de métier assurance santé et vie, épargne, retraite) témoigne :
Les populations à bas revenus des pays émergents demeurent exclues des solutions d’assurance traditionnelles, alors qu’elles sont les plus vulnérables. Il existe clairement une opportunité́ pour accompagner ces populations dans leur cheminement afin qu’elles deviennent les classes moyennes de demain. Les caractéristiques et les besoins en assurance spécifiques de cette classe moyenne émergente vont nous forcer à réinventer la manière dont nous envisageons notre activité́, en tirant parti des technologies numériques, en menant des expérimentations sur des produits et services innovants, mais aussi en développant notre capacité́ à nouer des partenariats afin de mieux servir ces clients. Ces initiatives viendront également enrichir nos offres d’assurance plus traditionnelles. 




Pour aller plus loin : 

2011 : Les dérivés climatiques restent difficilement accessibles au Rwanda 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/02/les-derives-climatiques-restent.html 

2011 : Axa et Care veulent préparer les populations à risque à la prévention des catastrophes naturelles, le témoignage de Clara Rodriguo
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/05/axa-et-care-veulent-preparer-les.html 

2016: Making the trillion dollar microinsurance market opportunity meet women’s needs 
http://bit.ly/1TO00kD 

SheforShield: Insure Women to Better Protect All - IFC 
http://bit.ly/1R94668


fin

lundi 15 février 2016

La finance est-elle vraiment sans foi ni loi ?



Un nouvel ouvrage publié au PUF en janvier « marchés financiers, sans foi ni loi » dresse un état des lieux de la finance mondiale huit ans après l’éclatement de la crise des subprimes. Si certains excès sont mis à l’index, les solutions sont aussi clairement mises sur la table. Dans les mille visages de la finance, pas de raison de tout jeter à l’eau.

Un des charmes de ce livre à 4 mains est d’avoir été écrit par des auteurs complémentaires:

David Allouche, diplômé de Télécom ParisTech et de l’ESSEC, est économiste et conférencier. Il a enseigné la finance de marché à l’ESSEC, à l’université Paris Dauphine puis à Sciences Po Paris. Il constitue donc un observateur externe aux marchés financiers, apte à répondre à toutes les questions de manière simple.

Isabelle Prigent, diplômée de Sciences Po Paris, est directeur adjoint de la communication au sein d’une institution financière. Elle a donc vécu la crise de l’intérieur, notamment le « finance bashing » qui a frappé les banques, une expérience qui l’a sans doute poussé à vouloir rappeler le rôle de la finance, soutenir l’économie, même si pour les Français l’argent reste un sujet tabou. 

Les auteurs ici en photo lors du lancement du Livre à la librairie "la 25ème heure" à Paris.


Sans creuser de manière détaillée la crise des subprimes, les auteurs rappellent qu’outre la défaillance des banques et des agences de notation, les autres causes du scandale ont été la complaisance du régulateur et l’endettement excessif des ménages.

Pour les auteurs, la finance est « amorale ». Apporter des réponses aux excès du capitalisme doit s’effectuer dans les champs politique et réglementaire et non sur un terrain passionnel.



Lâcher la bride aux financiers peut se révéler vite désastreux compte tenu des capitaux, qu’ils sont amenés à brasser. Et de saluer la création en 2011 d’un contrepouvoir à Bruxelles comme l’ONG Finance Watch.


David Allouche et Isabelle Pringent tiennent aussi à réaffirmer qu’il n’existe pas un financier, mais des financiers, avec de multiples visages, n’en déplaise à François Hollande.

  • Des acteurs patients, comme Blackrock, avec une vision à moyen et long terme basée sur une analyse des fondamentaux. Ils misent sur une augmentation de l’épargne, des investissements et de la croissance.
  • Des acteurs impatients, qui goûtent davantage la hausse de la consommation, la réactivité, et souvent causes de volatilité.


Parmi les points forts de ce livre :


  •  La mauvaise orientation de l’épargne en France, due notamment à la fiscalité.
  • Le goût immodéré et irrationnel des Français pour la pierre et l’assurance vie en unités de compte.

  •  Le rôle souvent fantasmé des traders.

  • La réduction des risques systémiques du fait du durcissement de la réglementation depuis 8 ans.

  • L’importance des politiques de rémunération sur les marchés financiers.

Pour que la finance restaure son image auprès du grand public, cela passe selon les auteurs par une montée en puissance des investisseurs ou des prêteurs à long terme. « Financer, c’est choisir ». 

Dans ce cas de figure, le financier responsable sélectionne ses investissements bien sûr en fonction de la rentabilité espérée, mais tient compte de la nature des investissements et de leurs conséquences. Il aura ainsi tendance à adopter des comportements moins moutonniers, quitte à accepter une baisse de rentabilité à court terme, dans l’optique d’un gain plus lointain et d’un impact différé plus élevé.

Cela peut se traduire de diverses formes :

  •  Concernant l’utilisation des droits de vote, les auteurs opposent les investisseurs institutionnels ou gérants indiciels

  • Le crowdfunding, qui connaît un démarrage prometteur, responsabilise l’épargnant. Et, dans un pays comme la France, jette un pont entre les particuliers et l’économie,

  • La finance confessionnelle réconcilie religion et marché,
  • Le patriotisme financier, pour ceux qui condamnent la mondialisation de la finance.
  • La responsabilité inter et intra-générationnelle,
  • L’ISR,
  • Les Green Bonds
Les « investisseurs avancés » pourraient modifier la trajectoire des entreprises et même des Etats, et donc à terme avoir un impact massif sur l'économie et la société, comme le montrent les recherches de Robert G.Eccles et George Serafeim.

David Allouche et Isabelle Pringent rappellent qu’il est curieux que les épargnants ne sachent à quoi sert leur épargne. Il serait irresponsable de ne pas s’en préoccuper, en se cachant derrière la complexité de la finance. 

Aux financiers aussi d’être plus pédagogues. Au Royaume-Uni, il est notable que l’Etat forme aux finances personnelles les lycéens qui le souhaitent.

Au final, en s’appuyant sur de nombreux exemples, les auteurs apportent des réponses claires, à savoir si les marchés sont véritablement sans foi ni loi. Je vous laisse découvrir leurs conclusions dans le livre. 

Pour eux, les enjeux sont concrets et immédiats. Il faudra une finance prête à se détacher des résultats trimestriels pour répondre à des besoins en financements structurels, comme dans les PME, les infrastructures et la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour ma part, je pense quil y aura sans doute toujours des délits d’initiés et du financement d’activités douteuses. La redécouverte de la Finance passerait à la fois par:
  • un autre Siècle des Lumières, via la connaissance pour lutter contre les préjugés les plus tenaces
  • un effort de communication. Les acteurs avancés doivent expliquer ce qu’ils font et obtenir des résultats. Compte tenu de moyens de communication actuels, notamment via les réseaux sociaux, les investisseurs de long terme pourraient bien rencontrer leur public comme dans le crowdfunding.
Où se procurer cet ouvrage ?

Table des matières
INTRODUCTION
 
CHAPITRE 1 – LES MARCHÉS FINANCIERS, ÉTERNELS MAL AIMÉS
Marchés d’argent, marchés tabous
Les marchés financiers responsables de tous les maux de nos sociétés ?

CHAPITRE 2 – LES PRINCIPES DES MARCHÉS FINANCIERS
La diversification, un principe emprunté à la sagesse populaire
Au cœur de la finance, les principes de rémunération
Le prix comme information partagée
Des marchés schizophrènes

CHAPITRE 3 – À QUOI SERVENT LES MARCHÉS FINANCIERS
Des décisions individuelles porteuses d’utilité collective
Tous investisseurs ?
L’industrie des fonds au cœur de l’écosystème financier
Les marchés dérivés pour gérer les risques

CHAPITRE 4 – UNE RÉGULATION RENFORCÉE ET MOINS PARCELLAIRE
Conflits d’intérêts et manipulation des marchés financiers
Régulation, toujours plus ?
Faut-il scinder les banques ?
La régulation, souvent en retard d’une crise

CHAPITRE 5 – VERS UNE APPROCHE PLUS RESPONSABLE
Pouvoir d’influence, pouvoir du contrôle
Investir selon ses croyances
Quelles perspectives pour l’investisseur responsable ?




Pour aller plus loin :

Pour Thomas Piketty, les citoyens veulent comprendre l’économie



Le Rapport Moral sur l’Argent dans le Monde 2009



Faut-il craindre l’intrusion de Goldman Sachs dans l’impact investing?


http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/09/faut-il-craindre-lintrusion-de-goldman.html

  (fin)