vendredi 17 mai 2013

Succès indéniable des produits partage du Crédit Coopératif

Le Crédit Coopératif, qui emploie environ 2.000 salariés, rappelle dans un communiqué de presse qu’il est engagé depuis 30 ans dans la finance solidaire. En effet, le groupe bancaire a inventé en 1983 le 1er fonds de partage en France avec son partenaire le CCFD-Terre Solidaire, Faim et Développement. 

En souscrivant à un produit de partage, les clients du Crédit Coopératif reversent une partie de leurs intérêts ou rémunération à des associations partenaires. 

Au fil des ans, de nouveaux produits engagés ont été imaginés. Tant et si bien que le groupe coopératif domine de la tête et les épaules ce segment de l’offre bancaire d’après les recherches du baromètre de la finance solidaire de 2012.

 
Laurence Moret, Crédit Coopératif par ccfd

Voici une idée de sa gamme de produits bancaires, dont l’impact se traduit soit par des dons soit par des financements de projets à plus-value sociale et environnementale:
  • Des produits d’épargne : livret bancaire, livret de développement durable, etc. 
  • Des produits de placements : OPCVM gérés par la société de gestion du Groupe, Ecofi Investissements. 
  • Des services bancaires : la Carte Agir, le Compte Agir.



Le savoir-faire du Crédit Coopératif est à pointe sur ces thèmes, puisqu’il propose près de 30 produits labellisés Finansol et 10 par Novethic.




Au total, depuis 30 ans, près de 48M€ de dons issus du partage ont ainsi été versés aux associations partenaires du Crédit Coopératif. Avec un engouement qui a traversé la crise financière, puis la récession comme le montre les chiffres suivants

  • En 2005, près de 2 ME reversés. 
  • En 2006, 2,5 M€ de dons reversés au profit de plus de 30 associations ou organismes d’intérêt général. 
  • En 2008, près de 4 M€ ont été orientés vers 47 associations partenaires. 
  • En 2012, 5 M€ de dons ont été collectés et reversés (+31% en un an) au bénéfice de. 52 associations partenaires, soit un montant moyen non négligeable de 96.000 euros. 
La progression régulière de la finance solidaire a ainsi permis d’élargir au fil des ans le nombre d’associations bénéficiaires. De plus :

  • L’investissement solidaire généré par les produits de placement (OPCVM gérés par Ecofi Investissement) a représenté un encours de 13,4 M€ et a permis de financer 53 entreprises solidaires.
  • Compte Agir : il permet aux clients de choisir l’orientation de leurs dépôts afin de donner à la banque plus de moyens pour financer certains clients sur les thèmes suivants : Agir pour la planète, Agir pour une société plus juste ou Agir pour entreprendre autrement. Près de la moitié des détenteurs d’un compte Agir ont choisi de soutenir les 3 domaines à la fois. L’ouverture de près de 5.000 Comptes Agir en 2012 a représenté une enveloppe de 10,4 M€ de prêts aux entreprises selon le souhait exprimé par les détenteurs des comptes. 
  • La banque fait elle aussi un don aux associations bénéficiaires de la Carte Agir, à la souscription et à chaque retrait, depuis son lancement en 2003.


 Selon Audrey Begué, responsable de développement épargne solidaire au Crédit Coopératif

La finance solidaire est en plein essor, de plus en plus de banques proposent des produits de partage, et c’est une bonne nouvelle pour les associations. Pourtant, le Crédit Coopératif reste leader en réalisant 60 % des dons toutes banques confondues. Notre différence ? Le rapport que nous entretenons avec les associations. C’est avec elles et pour elles que nous avons créé les produits de partage il y a trente ans et c’est avec elles que nous continuons à innover. Nous essayons par ailleurs de créer du lien entre nos clients et les associations. Nous organisons par exemple des journées d’immersion où chargés de clientèle et clients sont invités à découvrir le quotidien des associations pour que ces liens entre les trois acteurs de la finance solidaire soient vivants et riches.

Pour aller plus loin : 

En 2011, le groupe coopératif a également mis en place une contribution volontaire sur les transactions de change, la CVTC-Change solidaire, nouveau mécénat lié à un volume d’activité. Une démarche qui a produit en 2 ans environ 150.000 euros remis au GERES pour des projets d'habitats solaires passifs.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/06/le-credit-cooperatif-innove-pour.html

France Active et la CPCA ont mis en ligne un web-doc, qui met en valeur l’importance des associations dans le développement économique et social de nos territoires. Il a été imaginé très à propos à l’heure où se préparent les projets de loi relatifs à l’ESS et à la décentralisation.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/03/les-associations-veulent-continuer.html

Le communiqué de presse complet du 16 mai du Crédit Coopératif
http://www.credit-cooperatif.coop/fileadmin/doc/communiques_de_presse/2013/2013_CP_dons_national_vf_01.pdf

 
PARIS 2.0 = MARKETING CREDIT COOPERATIF par PSST_TV

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vendredi 3 mai 2013

Le label Marine Stewardship Council (MSC) est une machine à cash


 J’ai dîné cette semaine avec un industriel de la pêche, qui m’a indiqué que le label MSC (Marine Stewardship Council) offrirait aux entreprises labellisées un moyen de communiquer durable à faible frais. Car ses exigences ne seraient pas très élevées.

N’étant pas spécialiste de la ressource halieutique, il est difficile de se faire une opinion sur ce point. Voici une brève de l’agence Godwana, spécialisée dans la biodiversité, qui confirme néanmoins qu’un débat existe sur ce sujet :

Selon une récente étude publiée dans la revue scientifique Biological Conservation, plusieurs pêcheries dotées du label « Pêche durable » du Marine Stewardship Council ne répondraient pas aux principes établis par le MSC pour accéder à la certification : la durabilité des stocks ciblés, l’impact faible des pêches sur l’écosystème et une gestion efficace.

Les chercheurs ont étudié 19 "objections", principalement formulées par des ONG, à des certifications accordées par le MSC. Ces pêcheries correspondent, en poids, à un tiers de toutes les pêcheries certifiées par le MSC. Dans chaque cas, au moins l’un des trois critères de certification est remis en cause.

Ces objections ont été évaluées par un arbitre indépendant désigné par le MSC et dans 18 cas sur 19, la certification a été maintenue.
 

Le Marine Stewardship Council a le statut particulier suivant "a company limited by guarantee" et est enregistré comme une charity en Angleterre et aux Pays de Galle. MSC s’est entouré d’un très vaste panel de parties prenantes, dans lequel semble-t-il ne figure pas de Français.


  •  Les ventes de produits de la mer MSC représenteraient un chiffre d’affaire cumulé de 3,2 milliards de dollars. 
  • L’an passé, le nombre de produits labellisés MSC dans les rayons des distributeurs a augmenté de 62 %. 
  • Le 31 mars 2012, le nombre de produits commercialisés dans 84 pays atteignait 14.764. 

Marine Stewardship Council a bénéficié en 2012 d’un budget de 15 M£ en hausse de 17%, soit environ 18 millions d’euros.
  • Le label a réussi à séduire des bailleurs de fonds, comme Fondation David & Lucie Packard, la Fondation Robertson, la Fondation Skoll, la Fondation Walter Family ou encore depuis peu en Espagne la Fundación Biodiversidad. L’organisation a aussi été soutenue par les bureaux nationaux du WWF en Suède et aux Pays-Bas. Le montant total de leurs dotations, qui sont pour la plupart non affectées, est resté stable à 6,5 M£. 
  • 56% de ses revenus proviennent en fait des licences d’utilisation du label. En 2008/2009, ce pourcentage ne s’élevait qu’à 38%, ce qui signifie que MSC est en passe de s’autofinancer. Le total des licences, y compris les royalties, a atteint 8,5 M£ en 2011/2012, en hausse de 34%. 
  • Marine Stewardship Council a dégagé sur l’exercice clos au 31/03/2012 un excédent de 3,7 M£ (4,5 M€) en hausse de 8%. Ce solde, qui n’est pas fiscalisé, représente la bagatelle de 24% de ses revenus. 
  • Le succès du label MSC et sa bonne gestion financière se traduisent par une mise en réserve de 14,6 M£ au 31 mars 2012 en hausse en un an de 33%. Cette somme représente 15 mois d’activité. Les administrateurs de MSC répètent depuis plusieurs années qu’ils veulent constituer des réserves à titre prudentiel afin de faire face aux aléas liés à la crise économique. 


Alors que la part de marché du label MSC ne cesse d’augmenter dans les prises mondiales (8%), on peut se demander si le gonflement de la trésorerie ne devient pas excessif. Cette « financiarisation » de Marine Stewardship Council pourrait présenter à terme des effets pervers.

Comme au détriment de sa mission de sensibilisation. D’autant plus que Marine Stewardship Council présente du retard sur les réseaux sociaux avec une page Facebook (6.000 amis) et Twitter (1.036 abonnés). Cette démarche semble assez timide : Rainforest Alliance dispose de 61.000 amis sur Facebook et de 44.000 followers sur Twitter.

MSC propose néanmoins une application mobile, afin d’aider le consommateur à identifier en magasin les bons produits, ce qui semble judicieux.

La notoriété progresse néanmoins. D’après une étude menée en 2010 aux Etats-Unis, au Canada, Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon et en France, il apparaît que 23% de la population adulte de ces pays reconnaît l’écolabel MSC - contre 9% en 2008.

Le Journal of Agricultural Economics a montré que les produits bénéficiant du logo Marine Stewardship Council se vendait avec une prime de 14% par rapport à des produits équivalents sans logo dans les supermarchés londoniens.
 More work remains to be done “to find out whether the premium makes it from retail level to production level, to directly compensate fishers, and whether the premium is sufficient to cover the costs of a sustainable fishery and certification,” said Dr Roheim. But the fact that the number of fisheries entering the assessment process and gaining the certification continues to grow offers the most “compelling evidence” that the benefits of certification outweigh the costs. 

Le secteur de la pêche est un business. Dans ce domaine, il existe aux Etats-Unis des campagnes d’ONG face à des lobbyistes. Comme l’illustre l’opposition entre Tuna for Tomorrow (http://www.tunafortomorrow.com) et Greenpeace.

 

Pour élargir le sujet, voici l’intervention d’un spécialiste des récifs coralliens, qui évoque également les algues vertes qui défigurent la Bretagne. Il restitue la question de la pêche non durable dans un contexte plus global et plus alarmiste.

Selon Wikipédia, Jeremy Jackson est un écologiste de la mer, un paléontologiste et il est Professeur à la Scripps Institution of Oceanography à La Jolla, California et Senior Scientist Emeritus at the Smithsonian Tropical Research Institute dans la République de Panama.

Auteur de nombreux ouvrages, il a publié plus de 150 travaux scientifiques, dont 18 dans la revue Science.

 

Pour aller plus loin : 

http://www.msc.org/

Le Devoir. 13 avril 2013 Marine Stewardship Council - Des pêches pas si durables http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/375651/des-peches-pas-si-durables 

Findus : le scandale de la viande de cheval. 12/02/2013
http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/agriculture/221165340/laffaire-viande-cheval-question-sou



UK study: 7.4 percent of fish sold as cod is mislabeled http://www.globalpost.com/dispatch/news/regions/europe/united-kingdom/130402/uk-74-fish-sold-cod-mislabeled 

Les écolabels Rainforest Alliance et UTZ Certified trouvent leurs marques. 6 juin 2011
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/les-ecolabels-rainforest-alliance-et.html 

Des labels contestés et un consommateur un peu perdu
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/#uds-search-results

Le statut particulier choisi par MSC
http://en.wikipedia.org/wiki/Private_company_limited_by_guarantee

Gondwana
http://www.gondwana-agency.com/ Cliquez ici pour lire la suite...

samedi 27 avril 2013

La montée de l’identitarisme aux Etats-Unis est visible sur Facebook

Les ONG américaines ont investi Facebook depuis plusieurs années. L’évolution du nombre de leurs fans, leur ranking et leur utilisation des réseaux sociaux pour communiquer et lever des fonds donnent des indications précieuses sur leur degré de professionnalisme.L’observation du social media est simple, même si l’utilisation de ce prisme induit des biais, liés notamment à la nature de leurs utilisateurs (âge, revenus, etc.) et au degré de maturité de ces réseaux (taux de croissance, internationalisation, langues).  Au final, il ressort le succès relatif des ONG américaines sur les réseaux sociaux traduisent bien certains mouvements d’opinion. Les remarques suivantes sont tirées de l’observation des changements de popularité de 22 ONG américaines très à l’aise dans le social media, classées ci-après en ordre décroissant de présence sur Facebook :




















  • On assiste depuis le mois de mai 2012 à une augmentation du nombre de fans sur Facebook à hauteur d’environ 2% par mois. Les ONG parviennent donc à drainer tous les jours de nouveaux adeptes, compte tenu entre autre de la dynamique interne du réseau. 
  • Sur un an, 3 d'entre elles ont même engrangé des gains spectaculaires (Focus on the Family +73% du nombre d'amis, St. Jude's Children's Research Hospital +68%, Wounded Warrior Project +58%) 
  • Sur Twitter, le nombre d’abonnés (followers) a progressé depuis un an sur mon échantillon au rythme de 4,25% par mois. Plusieurs institutions commencent ainsi à combler leur retard sur Twitter comme TED Talks, l'Unicef, LiveStrong et l’Human Rights Campaign. 
  • Si l’audience de ces ONG sur Facebook est presque la triple que celle sur Twitter, en maintenant les taux de croissance respectifs ci-dessus, pure hypothèse d’école, les ONG étudiées auraient le même nombre de fans et d’abonnés en 2018. 
  • A l’opposé, 5 associations (World Vision USA, Wounded Warrior Project, Focus on the Family, Billy Graham Evangelistic Association et Boston Children's Hospital) ont mis le paquet sur Facebook avec 7,3 millions de likes contre seulement 339.000 followers. Soit un gap de 1 à 21 entre les deux réseaux. Ces associations semblent se satisfaire des possibilités offertes par Facebook, notamment pour animer une communauté soudée. Il est aussi possible que Facebook soit plus facile à utiliser notamment pour leurs militants. 


Il faut noter que ces ONG s’adressent à un public exclusivement américain, sauf la Billy Graham Evangelistic Association (BGEA).

















  • En effet, cette dernière dispose selon Socialbakers d’une assise beaucoup plus large, y compris en Afrique et en Asie (Kenya, Philippines, Inde, Indonésie). C’est pourquoi la BGEA donne aussi des outils à ses adeptes sur son site Internet, comme par exemple la possibilité de devenir des évangélistes on line et d’avoir accès à des e-counselors. 
  • A l’opposé, certaines organisations dépassent allègrement les 900.000 abonnés sur Twitter, comme WikiLeaks, l’Unicef, TED Talks, RED (Bono) et le WWF. Elles essaiment largement au-delà des Etats-Unis, même s’il faut le préciser, il existe en outre une page Unicef USA. Ces organisations présentent donc un caractère non seulement plus universel, mais leurs causes sont aussi plus complexes (réchauffement climatique, éradication de la pauvreté, partage des connaissances, produits partage). Ce groupe de cinq, qui parvient à jouer sur plusieurs tableaux, présente un rapport de 3 fans pour 2 abonnés. 

Une exception cependant, la Fondation Clinton accuse un sérieux déficit sur Twitter, malgré la capacité de son Fondateur à faire bouger les lignes. Avec des fans localisés à 62% aux Etats-Unis. C’est sans doute la raison pour laquelle le compte @BillClinton vient d’être ouvert lors d’un grand show sur le plateau de l’émission The Colbert Report.  Preuve de la notoriété de l’ancien Président des Etats-Unis, il compte déjà à titre personnel 480.000 followers après 7 Tweets (contre 218.000 followers pour @ClintonFdn après 1.714 tweets)…



  • Les « ONG identitaires » au sens large ont le vent en poupe, comme la NRA (National Rifle Association, le lobby des armes à feux), Focus on the Familie, Wounded Warrior Project et la Billy Graham Evangelistic Association. Certaines d’entre elles ont bénéficié ces derniers mois de leur opposition au mariage gay (#samesexmarriage).

  • Autre association identitaire, mais du côté progressiste, l’Human Rights Campaign, porte-drapeau de la cause homosexuelle, a connu un succès fulgurant ces dernières semaines (+250.000 fans en un mois). Elle a mené une vaste campagne de mobilisation sur les réseaux sociaux : Inside the Human Rights Campaign's Social-Media Success 
  • Selon Socialbakers, les 5 ONG à fort caractère ci-dessus ont capté plus de 60% des nouveaux likes comptabilisés par les 22 ONG de mon échantillon. Cela démontre que l’actualité et l’intensité des débats provoquent des mouvements au sein des réseaux sociaux. 

  • Le débat sur le port d’armes a profité à la NRA, qui est en passe de devenir plus populaire que le Comité américain pour les Jeux Olympiques. La NRA a visiblement profité des polémiques qui ont suivi la tuerie de Newtown (Connecticut) le 14 décembre 2012 pour rallier de nouveaux supporters. 
  • Le port d’armes figure clairement dans l’ADN de nombreux américains, même s’il existe des différences notables entre les Etats. La NRA maîtrise tous les canaux de l’influence, y compris un lobbying intensif et très percutant. Sa page Facebook est très visitée. La NRA fait aussi l’effort de remercier ses fans à chaque fois qu’elle franchit un cap de 100.000 nouveaux amis. Et, elle permet aussi aux amateurs d’armes de participer à de nombreux événements près de chez eux. 


  • La NRA revendique également de nombreux partenaires corporate


  • Invisible Children, créateur de la fameuse vidéo virale Kony 2012, est en perte de vitesse. Son érosion témoigne des difficultés pour une organisation aussi inventive soit elle de capitaliser sur une notoriété acquise soudainement grâce à un buzz d’une ampleur inégalée. Invisible a ainsi perdu depuis mi 2012 plus de 210.000 fans et 80.000 followers. Ce qui signifie qu’une partie des internautes sociaux sont suffisamment actifs pour retirer le cas échéant leur soutien. Néanmoins, cette association de plaidoyer compte encore 255.300 abonnés sur YouTube. 

  • La Livestrong Foundation fait du sur-place depuis les révélations de dopage de son fondateur Lance Armstrong. Néanmoins, elle conserve un niveau élevé d’aficionados et cherche à tourner la page.


  • TED Talks bénéficie de son dynamisme et de sa capacité à utiliser la vidéo. D’après Wikipédia, les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), est une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée pour diffuser des ideas worth spreading ou des idées qui valent la peine d'être diffusées. 
TED attire par la richesse et la fraîcheur de son contenu : bond de 860.000 amis en 11 mois (pour ses abonnés Twitter + 570.000).

Sur son site, le graphique ci-dessous, qui débute en 1996, montre que le seuil du milliard de conférences filmées vues sur Internet a été franchi fin 2012.

Sans surprise, TED Talks parvient également parfaitement à nouer des partenariats avec des entreprises comme Allianz, American Express, IBM, Samsung, Shell ou encore TOM.


Pour aller plus loin :
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jeudi 11 avril 2013

Pourquoi Ben & Jerry’s et Starbucks restent muets sur le mariage pour tous



















Les entreprises doivent elles intervenir dans des débats de société comme le mariage gay ? 


La question peut paraître incongrue, mais aux Etats-Unis, de grandes firmes soutiennent ouvertement cette cause. Elles contribuent à lui donner une ampleur, qui tranche avec les accusations de revendications communautaristes. 

Un collectif de près de 300 entreprises a ainsi saisi la Cour Suprême, pour qu’elle prenne en compte leur souhait d’une égalité des droits devant le mariage. 

Ces firmes, dont la liste figure en annexe, disent avoir besoin de son visa pour pouvoir accorder les mêmes faveurs à tous leurs salariés. Cette question prend un relief particulier, car seule une minorité d’Etats américains ont adopté le mariage gay.























Il en résulte dans les Etats conservateurs un problème de concurrence pour recruter des talents. Cette crainte pourrait se traduire selon les chefs d’entreprise par un manque de compétitivité. De plus, le traitement inégalitaire des employés risque de nuire au bon fonctionnement des équipes avec des salariés à deux vitesses.

A ce titre, la prise de parole sur ce sujet du patron de Goldman Sachs a créé le buzz, mais lui a fait perdre un client.

Lors de l’AG du groupe Starbucks le 20 mars dernier, le patron Howard Schultz a essuyé des critiques sur le soutien public de la chaine au mariage gay. Il a alors rappelé à un de ses actionnaires contestataires, qu’il avait entière liberté de céder ses titres, mais qu’il aurait du mal à trouver dans le reste de la cote un investissement aussi performant.

Accusé de participer au délitement de la société américaine, le roi du café (34,2 millions de fans sur Facebook, 390.000 fans en France, 3,6 millions d’abonnés sur Twitter) a même fait l’objet d’un appel au boycott (http://www.dumpstarbucks.com ) de la part de NOM (National Organization for Marriage, 31.300 amis sur Facebook).



Tant et si bien qu’en avril 2012, une contre-pétition a été organisée pour remercier Starbucks de sa prise de position. Cette campagne virale, qui a recueilli 650.000 signatures, a été organisée par MoveOn.org, Washington United for Marriage et SumOfUs.org.



A l’opposé, une poignée de firmes font du lobbying contre le mariage homosexuel, comme Papa John's Pizza et Chick-fil-A. Tant et si bien que certains leaders conservateurs s’affichent comme fans de ces restaurants.



Un article a même été publié pour savoir où, dans ce contexte, déjeunent les Congressmen, qu’ils soient Républicains et Démocrates !

Pour sa part, le fabricant de glaces Ben and  Jerry’s (6,8 millions de fans sur Facebook) a dédié à l’égalité des droits deux de ses produits, Hubby Hubby (anciennement Chubby Hubby) outre Atlantique et Apple-y Ever After (anciennement Oh My Apple Pie) en Grande-Bretagne. Comme je l’ai déjà mentionné dans un précédent post en janvier 2010.

 

En Grande-Bretagne, la filiale d’Unilever a collaboré avec l’association Stonewall, en lançant une application Facebook, invitant les fans à convaincre les Parlementaires qu’il était temps de passer à l’action. Sur Twitter, la campagne avait le hashtag #appleyeverafter.



De même, l’agence de presse Thomson Reuters a défendu le projet de loi en Grande-Bretagne sur son blog le 20 février dernier, soulignant au passage que plusieurs de ses gros clients étaient engagés dans la même voie.

Le silence des firmes américaines et des entreprises françaises sur le mariage pour tous dans l’hexagone reflète sans doute un manque de légitimité pour s’aventurer hors de leurs champs d’action traditionnels. Sans parler de la PMA et de la GPA aussi mises à l’index. On ne les attend pas sur un terrain aussi crispé.

A part quelques secteurs qui ont les coudées franches pour dépasser les clivages comme les médias ou la mode. Les firmes françaises communiquent plus aisément sur d’autres causes d’intérêt général comme le réchauffement climatique ou le commerce équitable.



Pourtant, en mars 2010, le blog français de Ben and Jerry’s avait bien mentionné un Un mariage (pas) comme les autres Le rédacteur du post indiquait même sa fierté de travailler pour une entreprise aussi progressiste, capable de prendre des positions non consensuelles, malgré des risques commerciaux évidents.



Autre signe des temps, de plus en plus d’entreprises se soumettent volontairement au verdict de Great Place to Work. Sur 59 questions fermées proposées aux salariés par l’Institut, plusieurs portent clairement sur les discriminations (préférences sexuelles, âge, genre, religion).

Plus spectaculairement, la charte d’engagement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) a été signée pour la première fois en janvier dernier par les responsables de 9 grandes entreprises : Accenture France, Alcatel-Lucent France, ARS Ile-de-France, le groupe Casino, Eau de Paris, IBM France, le groupe Orange, Randstad France et Veolia Eau.

Enfin, les aspirations spécifiques des personnes homosexuelles en termes de style de vie commencent aussi à être intégrées sur le plan financier. Comme l’illustre l’interview de Sandrine Cauvin, co-gérante de Rainbow Fund chez Turbot AM. (cf. en annexe).

La gérante cite notamment une étude de l'Economics and Econometrics Research Institute, qui conclut que les sociétés cotées américaines, qui traitent le mieux leurs employés LGTB, bénéficient d’une meilleure valorisation boursière.

Les réflexions engagées pragmatiquement sur le lieu de travail sur l’égalité des droits dans les pays développés ont sans doute favorisé l’accélération du débat public sur le mariage. Il y a un télescopage manifeste entre différentes sphères, privé, public et travail, avec une convergence entre les employeurs et une partie de la société civile.

La différence avec les Etats-Unis tient au fait que de nombreuses entreprises américaines n’hésitent pas à croiser le fer avec certaines parties prenantes sur la scène publique, en s’associant même parfois avec des ONG. Et, qu’elles recourent non seulement au lobbying, mais également à toute la panoplie des réseaux sociaux. Elles ont visiblement besoin de faire sauter un verrou constitutionnel.

Les initiatives des firmes implantées en France pour les homosexuels se retrouvent non seulement en RH, mais aussi parfois dans les offres commerciales. Elles travaillent sur les stéréotypes et profitent d’un environnement plus consensuel et moins démonstratif pour faire évoluer les choses.

Sur ces bases, on peut se demander si ce ne sont pas non plus les entreprises associées à des ONG locales ou internationales qui vont à leur tour devenir le fer de lance de la lutte contre les discriminations au travail dans les pays émergents et le reste du monde.
 

 Pour aller plus loin :

 Sur la France :

Les entreprises n'ont pas attendu le « mariage pour tous » pour se poser la question « gay » en leur sein. Mais à des degrés différents.
Pierre Hurstel, conseil en entreprises.
11 mars 2013, Les Echos
 http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/bien-etre-au-travail/l-entreprise-pour-tous-rencontrer-la-difference-et-la-valoriser-5364.php

Ces marques, stars, et médias qui surfent sur la vague du « mariage pour tous » http://marcbettinelli.blog.lemonde.fr/2013/02/13/ces-marques-stars-et-medias-qui-surfent-sur-la-vague-du-mariage-pour-tous/ 

Un fonds d'actions sur la thématique " homo " lancé par Turgot AM. 21 février 2013 http://votreargent.lexpress.fr/placements/un-fonds-d-actions-sur-la-thematique-homo-lance-par-turgot-am_292531.html

Glossaire Diversité / Discrimination (Charte de la Diversité) en entreprise
http://www.charte-diversite.com/charte-diversite-glossaire.php 

Sur les Etats-Unis :

278 employeurs à travers le pays ont demandé à l’US Supreme Court d’éliminer le Defense of Marriage Act, arguant que cet acte les contraint à ne pas pouvoir accorder certains avantages, comme les mutuelles, à leurs salariés gay qu’aux salariés hétérosexuels.
Dans ce lot d’entreprise, on retrouve des assureurs santé, des cabinets d’avocats, mais aussi

  • des champions de la nouvelle économie (Twitter, Facebook, Amazon, Microsoft, Apple, eBay, Google, Zynga), 
  • des banques (BNY Mellon, Morgan Stanley, Goldman Sachs), y compris européennes (Deutsche Bank, UBS) 
  • la grande consommation comme Mars Inc, Levi Strauss & Co, Nike, Starbucks, Walt Disney ou encore Stonyfield Farm 
Liste des employeurs américains engagés (friend-of-the-court brief) http://www.americanbenefitscouncil.org/documents2013/amicus_doma022713.pdf 

Same-sex Marriage: What's at Stake for Corporate America.
Published: March 27, 2013 in Knowledge@Wharton
http://knowledge.wharton.upenn.edu/article.cfm?articleid=3223

Il existe aux Etats-Unis un Human Rights Campaign’s Corporate Equality Index. Les firmes s’affichent nettement.
http://www.hrc.org/corporate-equality-index#.UWa_O7UqzsE

Chris Hughes, co-founder of Facebook
and now editor and publisher of The New Republic, wrote an open letter to the North Carolina General Assembly in September as it was considering whether to put the amendment on the ballot. In the letter, Hughes, who was born in North Carolina and is gay, argues that the amendment will be bad for business. Hughes helped drive Facebook “likes” for EqualityNC, the gay rights organization that is leading the campaign against the North Carolina amendment, up from 6,000 to 40,000 in a matter of weeks by pledging to donate a dollar for each “like.” 
http://bangordailynews.com/2012/03/22/politics/business-playing-key-role-in-drive-for-gay-marriage/

Unilever: promoting diversity 
La firme est engagée dans plusieurs programmes en faveur de la diversité, dont PRIDE : People Respecting Individuality, Diversity and Equality. PRIDE is a Lesbian, Gay, Bisexual and Transsexual (LGBT) diversity network open to all Unilever employees who share a common goal of endorsing respect and diversity. It seeks to create an open workplace environment for the LGBT community, and helps develop its members by providing both business and social interaction to further personal growth.
http://www.unilever.com/sustainable-living/ourpeople/diversity/ Cliquez ici pour lire la suite...

mardi 26 mars 2013

RSE : L’Allemagne et les Etats-Unis accusent un sérieux retard par rapport à l’Australie ou la France

Afin de favoriser la visibilité et d’accompagner le développement de l’Investissement Socialement Responsable (ISR), NYSE Euronext et l’agence de notations sociétales Vigeo viennent de lancer conjointement une série d’indices Environnement, Social, Gouvernance (ESG) – les trois piliers de l’ISR. 

Cette nouvelle gamme est composée de plusieurs indices, dont Euronext Vigeo World 120, dont l’échantillon repose sur intègre les 1.500 principales capitalisations boursières par le flottant d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie‐Pacifique.

Les valeurs des BRICS ne font pas partie du scoop.

Il en ressort que sur les 120 entreprises responsables distinguées, soit 8% seulement de l’échantillon, 40% se situent en Europe, 32% en Amérique du Nord et 28% en Asie Pacifique.



USA 28
Japan 17
Australia 15
France 14
Canada 10
UK 10
The Netherlands 5
Italy 5
Switzerland 4
Germany 4
Belgium 3
Norway 1
Singapore 1
Portugal 1
Spain 1
Hong‐Kong 1


Si on regarde dans le détail, certains pays se démarquent nettement, notamment par rapport à la taille de leur économie (produit national brut).

Il s’agit de l’Australie, de la Suisse, de la Belgique, du Canada, des Pays-Bas et de la France. Les entreprises de ces pays sont en avance.





D’autres pays ferment la marche, comme les Etats-Unis ou l’Allemagne, des économies où les critères ESG semblent moins perméables.

En rapportant le PNB (produit national brut) d’un pays par le nombre de champions RSE localisés dans ce pays, il faut un PNB de près de 800 milliards de dollars pour produire une entreprise «modèle» en Allemagne contre seulement 62 milliards en Australie.

Le Japon compte 17 multinationales cotées en Bourse dans l’indice Vigeo/Euronext pour un PNB de 4.500 Md$. Compte tenu de sa taille et par rapport au Japon, les Etats-Unis devraient compter 2 fois plus de valeurs dans l’indice Euronext Vigeo World 120.

Une Europe en avance relative



La bonne position de l’Europe par rapport aux Etats-Unis ne s’explique pas par son poids économique, puisque leurs PNB sont du même ordre de grandeur. Elle provient sans doute d’une plus grande maturité de la société civile, de pressions réglementaires et d’une meilleure vision de certains enjeux par les chefs d’entreprise.

De plus, les travaux de Ron Bird, de Francesco Momenté et de Francesco Reggiani (The market acceptance of corporate social responsibility: a comparison across six countries/regions), publiés en février 2012, ont montré que les entreprises les plus vertueuses cotées sur les marchés européens verraient leurs efforts en matière de RSE mieux récompensés par les investisseurs. Elles bénéficieraient ainsi d’une meilleure valorisation relative que leurs pairs hors d’Europe (Etats-Unis, Japon, Australie) eux même engagés dans la même démarche. De quoi les encourager dans cette voie.

L’exception allemande 

L’Euronext Vigeo World 120 comprend pas moins de 15 entreprises australiennes contre seulement 4 firmes allemandes (Munich Re, Allianz SE, Daimler, BASF), alors que le PNB de l’Allemagne est 3 fois supérieur à celui de l’Australie et que le mouvement écologiste y est politiquement bien implanté.

En grossissant le trait, le succès de l’économie allemande ne semble pas reposer pas sur les préoccupations sociales et environnementales de ses blue chips.

Il est vrai que certaines entreprises germaniques ont connu des problèmes de corruption et de pratiques sociales douteuses ces dernières années.

Un article récent de Novethic signalait récemment qu’en Allemagne, les actionnaires se focalisent sur le gouvernement d'entreprise avant de s'intéresser à la notion de RSE. Elles cherchent avant tout à  retrouver la confiance d'actionnaires devenus bien plus pointilleux en matière de transparence et d'éthique managériale.

Une Australie qui détonne

Un rapport sur la RSE en Australie a repéré certains facteurs de succès comme une émulation entre entreprises autour du partage des bonnes pratiques. Les entreprises australiennes se seraient aussi inspirées du comportement pionnier de certaines multinationales étrangères implantées sur leur sol.

Et, le Dr Leeora D. Black de l’Australian Centre for Corporate Social Responsibility (ACCSR) mentionne aussi un autre phénomène à l’origine du processus : le rôle des parties prenantes, comme les ONG.

Elle y relate notamment les mésaventures de Westpac, une banque qui figure dans les 120 valeurs mondiales de référence retenues aujourd’hui par Vigeo :

For example, in 1998, one of Australia’s largest banks, Westpac, was targeted by The Wilderness Society, an environmental activist organisation, because of its small, indirect shareholding in the Jabiluka Uranium Mine. Newspaper reports of the time said demonstrators chained themselves inside bank branches, unfurled banners from the roofs of Westpac offices, and ran days of protest where they would blockade the streets of central Sydney during lunch time. 
At the same time, staff were turning against the Bank as public criticism reached a crescendo due to branch closures and rising bank fees. As a key executive of the Bank described it:  
 “In those days and the mid-90s, we had staff who used to bring a change of clothes to work so they didn’t have to wear their uniform in public … they were ashamed to be seen to be working for a bank … We had to understand that the staff had … jumped the counter. See, nobody is one stakeholder or the other, they’re staff, investors, they’re community, they’re customers, and the staff put their community hats on regularly when they think the company is not doing the right thing.” (Black, 2004). 
The mining giant, Rio Tinto, decided in 2003 to close its Jabiluka Uranium mine in the Northern Territory due to cultural and environmental considerations and agreed the mine would never be re-opened without the consent of the land’s traditional indigenous owners. It seems clear that by then a stakeholder-oriented interpretation of CSR was taking root in Australian business. 

Une Australie paradoxale 

L’Australie est le seul grand pays occidental à avoir échappé à la récession en 2008.

En 2012, elle a même enregistré sa 21ème année consécutive de croissance économique positive

Cet eldorado bénéficie depuis plusieurs années de la forte demande des pays émergents en matières premières (minerai de fer, charbon). Même si, contrairement au Canada, Vigeo n’a intégré aucun groupe minier australien dans son indice Euronext Vigeo World 120.

Consciente du retard pris par son pays, avec un taux de pollution (CO2) par habitant très élevé, le Premier ministre, Julia Gillard, a réussi à faire passer une taxe carbone. Elle a rencontré de fortes résistances, bien que l’Australie subisse d’ores et déjà les effets du réchauffement climatique.

Pour aller plus loin:

Communiqué de presse de Vigeo/Euronext
du 20 mars 2013 et composition des indices
http://www.vigeo.com/csr-rating-agency/fr/nyseeurnextandvigeo

 « L'entreprise responsable, une urgence », dernier ouvrage de Nicole Notat 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/11/pour-nicole-notat-lentreprise-ne-peut_10.html

 Australian Centre for Corporate Social Responsibility
 http://www.accsr.com.au/index.php

Australie : la taxe carbone travailliste soumise au parlement.
Ressources et environnement. Décembre 2011
http://ressources-et-environnement.com/2011/07/australie-la-taxe-carbone-travailliste-soumise-au-parlement/ 

L'Australie frappée une nouvelle fois par les conséquences du changement climatique.
 Novethic, Janvier 2013 http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,environnement,rechauffement_climatique,l_australie_frappee_nouvelle_fois_par_consequences_changement_climatique,139041.jsp

Histoire de l’ISR : des principes de l’investissement responsable (PRI, 2006) à Fukushima
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/08/isr-des-principes-pour-linvestissement.html

Allemagne : la RSE, un remède à la crise ? 
Novethic. Mars 2013 http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/politique_developpement_durable/strategie/allemagne_rse_remede_crise/33172.jsp


Outre l’indice mondial, ont aussi été lancés Euronext Vigeo Europe 120, Euronext Vigeo France 20 et Euronext Vigeo United Kingdom 20 

Voici la composition de l’Euronext Vigeo France 20 :

Air France ‐ KLM
Alcatel Lucent
Axa
BNP Paribas
Danone
EDF
France Telecom
GDF SUEZ
Groupe Seb
Lafarge
L'Oréal
Michelin
PSA Peugeot Citron
Saint‐Gobain
Sanofi
Schneider Electric
Sodexo S.A.
Suez Environnement
Vallourec
Vivendi

13 autres valeurs françaises dans l’indice européen Vigeo Europe 120 : 

Accor
ADP
Air Liquide
Atos
Bic
Capgemini
CGG Veritas
CNP Assurances
Imerys
Renault
Unibail ‐ Rodamco
Veolia Environnement
Vinci

Les valeurs françaises représentent à elles seules 27,5% de l’indice Euronext Vigeo Europe 120, devant les britanniques (21%) et les italiennes (10%).

Précisions sur la méthodologie: 

La composition des indices est établie sur la base des opinions de Vigeo. Elle sera actualisée deux fois par an en mai et novembre.

Cette série d’indices sera enrichie d’ici la fin du premier semestre 2013 de deux indices, le premier sur la zone Etats‐Unis, le second sur la zone Benelux.

Les entreprises figurant dans les indices Euronext Vigeo sont celles qui ont obtenu les meilleures notes à partir d’une grille reposant sur 38 critères. Le référentiel d’évaluation permet à Vigeo de questionner chaque entreprise sur près de 330 indicateurs.

Sont notamment pris en compte :

  •  la politique environnementale, 
  •  le respect des droits de l’Homme et la valorisation du capital humain des entreprises, 
  •  les relations avec les parties prenantes (clients, fournisseurs, actionnaires, etc.), 
  •  la gouvernance d’entreprise et l’éthique des affaires, 
  •  l’intégrité des pratiques d’influence et la lutte contre la corruption, 
  •  la prévention des dumpings sociaux et environnementaux dans la chaîne d’approvisionnement et de sous‐traitance.
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jeudi 21 mars 2013

La LPO et Cemex fêtent leurs noces d’étain

Certains accords de co-construction entre des associations et des entreprises existent depuis plus de 10 ans. Ils se sont consolidés au fil du temps. Leur pérennité traduit une tendance lourde et d’autant plus fructueuse que les parties prenantes se connaissent de mieux en mieux. 

Comme en témoignent les initiatives lancées par la LPO et Cemex, un groupe qui réalise un chiffre d’affaires de 15 Mds$ et qui est coté au Nyse et à Mexico.

Créée en 1912 pour sauver les macareux, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) est l’une des associations de protection de la nature les plus importantes en France. Si son siège se situe aux Fonderies Royales à Rochefort, son action couvre une grande partie du territoire.

La protection animale constitue bien une préoccupation ancienne en France, comme le montre également l’apparition de la Société nationale de protection de la nature (SNPN) en 1854.

Engagée dans la défense de la biodiversité, la LPO affiche clairement sa signature et incite à l’action : protéger, préserver, éduquer. La Ligue emploie environ 150 salariés. Son budget a atteint 13,1 M€ en 2011. Elle dispose d’une base solide avec 45.000 membres et plus de 17.100 fans sur Facebook.
 

L’association a compris depuis longtemps l’intérêt de dialoguer avec le secteur privé. Le partenariat avec la Fondation Nature et Découvertes dure depuis plus de 20 ans. Néanmoins, le mécénat et les partenariats ne représentent que 5% de ses ressources, loin derrière les subventions (38%).

La LPO se veut sélective. Elle associe un principe de communication graduée, de façon à ce que l'engagement de son image dans les partenariats corresponde au niveau de transfert d'expertises et d'engagements avec l'entreprise.

Elle se décline sur plusieurs niveaux :

  • de la simple citation du mécène dans les comptes financiers de l'association et dans les documents du programme de conservation soutenu 
  • à un affichage plus large selon l’intensité de l’accompagnement de la LPO dans la démarche de développement durable de l'entreprise.
  • le déploiement de la LPO sur 72 départements lui permet aussi de mener des actions locales lorsque les entreprises disposent d’implantations régionales. 
Ses partenaires corporate vont de la PME aux multinationales. La LPO collabore notamment avec Biovie (gamme d'entretien écologique contrôlée par Ecocert), Botanic, Léa Nature, EDF (minimiser l'impact des lignes électriques, échange de connaissances), ERDF ou encore Evian Danone.



Une autre collaboration vient de fêter son 10ème anniversaire, celle avec l’un des leaders de l’industrie de matériaux de construction, la société d’origine mexicaine Cemex. Cette dernière est concernée par la biodiversité, en raison de la nécessité de réaménager ses carrières et d’engager le management environnemental de ses sites de production.

Sans entrer dans le détail, le partenariat comporte plusieurs volets, notamment :

  • la gestion et suivi écologique des sites d’exploitation, 
  • la sensibilisation d’un large public à la préservation de la biodiversité
  • un mécénat soutenant des programmes de préservation des espaces et des espèces gérés par la LPO. 
  • un de leurs prochains axes de réflexion sera l’intégration de mesures favorables à la biodiversité dans les réaménagements agricoles des carrières et la sensibilisation des agriculteurs. 
Lors du centenaire de la LPO, l'histoire du partenariat avec Cemex a été présentée sous forme d’une éphéméride.

Ce dialogue a acquis au fil des ans une ampleur croissante et s’est aussi adapté aux réflexions globales menées en France sur la biodiversité. Il a en outre traversé la crise économique. Le Moniteur relate en effet que Cemex France a enregistré une baisse d’activité en 2012 et ne prévoit pas de rebond cette année.

Au final, Cemex a soutenu plusieurs dizaines de programmes de conservation conduits par la LPO et ses délégations régionales, pour un montant global de l’ordre de 100 000 € par an.

La LPO et Cemex France bénéficient en outre d’un autre facteur de stabilité et d’échanges, le fait que le groupe Cemex collabore avec l’association mondialement connue Birdlife International.

La LPO est en effet le représentant français de BirdLife International, alliance qui réunit plus de 100 organisations de protection de la nature (2,3 millions d’adhérents dans le monde). L’ONG américaine dénombre également plus de 36.400 fans sur Facebook.

BirdLife International travaille avec certaines entreprises, comme Rio Tinto depuis 2001.

L’ONG est aussi associée à Fauna and Flora International, Conservation International, et The Wildlife Conservation Society dans un programme baptisé The Conservation Leadership Programme (CLP). Il est financé depuis des années par BP et semble avoir survécu à l’explosion de Deepwater Horizon.

Pour aller plus loin :

En mai 2011, le programme “Sauvegarde des marais de l’Ouest” porté par la LPO et soutenu par CEMEX a fait l’objet d’un film réalisé par l’IFORE (Institut de Formation de l’Environnement) du Ministère de l’Écologie. La mission mécénat du Ministère a diffusé ce film pédagogique à tous ses correspondants régionaux basés en DREAL (directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement)

Stratégie nationale pour la biodiversité : le temps de l'engagement
 
Stratégie nationale pour la biodiversité : le... par developpement-durable

CEMEX et la LPO renouvellent leur partenariat pour la 10ème fois. http://www.cemex.fr/Presse/Communiques/CP_10072012.aspx http://www.cemex.fr/Presse/Communiques/CP_20130116.aspx 

19/12/2012: Business acting for biodiversity: CEMEX and BirdLife’s plans for biodiversity spring into action. 
http://www.birdlife.org/community/2012/12/business-acting-for-biodiversity-cemex-and-birdlifes-plans-for-biodiversity-spring-into-action/ 

 « Secourir la faune en détresse » un film sur les bénévoles, avec le soutien de la Fondation Norauto, Fondation EDF Diversiterre et Les 2 Vaches.

 
Secourir la faune en détresse par LPO_France

Si vous vous intéressez à la biodiversité, sachez qu’il existe une Newsletter "Biodiversité et Business" éditée par Gondwana, une agence de conseil en stratégie et en partenariat, spécialisée dans la protection de la biodiversité. Son rôle est d’aider les entreprises à définir leur politique dans cet univers et à nouer des partenariats durables avec les acteurs de la protection de l’environnement (ONG, associations de protection de la nature, parcs et réserves naturels, programmes et expéditions scientifiques, parcs zoologiques). http://www.gondwana-agency.com/ Cliquez ici pour lire la suite...

mercredi 6 mars 2013

Avec la crise, le traitement des données s’invite dans le fundraising

Fondée en 1993, Oktos est une société d’études spécialisée dans la fidélisation et la prospection de clients BtoB ou BtoC. Elle est co-gérée par Pierre Lerouge (Centrale Paris) et Renaud de Beaucorps (IFG). 

Oktos dispose d’une expertise dans l’agrégation et l’analyse des données (Data marketing). Des données publiques, comme la localisation géographique, peuvent être croisées avec celles détenues en interne par ses clients, comme par exemple les historiques d’achat pour une entreprise vendant des biens de consommation, comme les abonnements à des revues. La mise en perspective de toutes les données informatiques et statistiques permet de dessiner des groupes de personnes aux comportements identiques. De quoi imaginer des schémas prédictifs. 

Société indépendante, Oktos s’intègre au sein de la chaîne des prestataires (agences, SSII, brokers, duplicateurs, call centers), dont le but est d’apporter un éclairage aux services marketing d’acteurs diversifiés (caritatif, presse, VPC…). Les applications sont nombreuses comme l’optimisation de la collecte de la taxe d’apprentissage. Ou dans une optique BtoB, connaître le train de vie d’une entreprise. 

Renaud de Beaucorps a bien voulu répondre à mes questions concernant le secteur associatif

Quelle est votre valeur ajoutée ? 

RB : Les associations n’ont qu’une vision partielle de leurs donateurs. Ce sont les « données visibles » issues des bases de gestion : identité du donateur, son adresse et les dates et les montants de leurs derniers dons, ainsi dans certains cas de la cause choisie, lorsque l’ONG propose plusieurs options à soutenir.

Elles maîtrisent et hébergent en interne ou par des hébergeurs spécialisés (everial, Safig, Bisnode...) l’ensemble des historiques des transactions économiques ou pas entre leurs donateurs et eux sous toutes ses formes (dons, achats, pétitions, legs, PA, parrainages, demande d’informations, etc..). Dans les plans d’action de marketing direct, une grande partie de ces données ne seront utilisées comme critère de ciblage.

A ce stade, l’association n’en sait pas beaucoup plus : un même montant de don, par exemple 30€, peut en effet correspondre à des niveaux de revenus ou de patrimoine assez différents.

Chez Oktos, nous avons mis en place des algorithmes, qui intègre des données statistiques, qu’il faut aller chercher méthodiquement, et que nous appelons les « données invisibles ». Notamment celles provenant de l’IRIS. Ce dernier constitue la brique de base en matière de diffusion de données infra-communales. Il doit respecter des critères géographiques et démographiques et avoir des contours identifiables sans ambigüité et stables dans le temps.

A partir des données du recensement de l’INSEE, nous avons ainsi modélisé la France en 7 classes (et 37 sous-classes), comme la rurbanité pavillonnaire (environ 15% de la population, maisons et jardins proches urbains) ou encore le centro-urbanité (30% de la population, centres villes historiques chics). Cette segmentation permet d’isoler des groupes cohérents en fonction de nombreux critères : revenus, propriétaire ou locataire, endettement et permettant de fait d’enrichir, d’optimiser les modèles prédictifs issus des données liées à l’adresse. A partir d’une adresse postale apparaissent des types de comportements de consommation ou de don.

La base de données de France Telecom apporte pour sa part d’autres types informations et de comportements. Nous nous intéressons par exemple à la durée de détention de la même ligne téléphonique fixe (son enracinement à son environnement), à la distinction habitat personnel ou collectif, à la possession d’un fax, à celle d’une ligne ADSL, etc.

Dans un pays comme la France, le prénom peut aussi fournir des indices surtout pour estimer son âge (logique du scoring prénom). L’existence d’une particule dans le nom de famille se traduit aussi souvent par un niveau de richesse, et un comportement socio-culturel au-dessus des moyennes identifiées par l’INSEE.

C’est le maillage et l’interconnection de toutes ces informations « brutes et recalculées », qui laissent entrevoir des profils pertinents pour aller au-delà d’un marketing de masse.

En quoi les associations ont-elle besoin d’affiner leurs connaissances des donateurs ? 

RB : Les associations et les Fondations défendent l’intérêt général. Elles ratissent donc large pour assurer la pérennité de leurs actions à un moment où l’Etat fait des économies. Comme elles dépendent de la générosité des Français, les ONG doivent sans cesse renouveler leurs ressources. Elles vont chercher bien sûr à fidéliser ceux qui leur font déjà confiance. Mais, il leur faut aussi chercher de nouveaux donateurs pour compenser l’érosion naturelle des fichiers.

Avant les crises financières et économiques, en appliquant les mêmes règles que celles des années précédentes, toutes les opérations de fundraising étaient rentables. Il n’était donc pas nécessaire de chercher à connaître précisément les causes de succès d’une campagne de levée de fonds. Les coûts associés à la collecte évoluaient dans certains cas moins vite que la collecte en elle-même. La notion de marge et les analyses des ratios étaient plus connues dans les services financiers que marketing des associations.

Pourtant, les opérations de fidélisation et de prospection dans leur globalité ont bien un coût : newsletters, mailing, achat de fichier comme celui des lecteurs de l’Express ou d’une société de la VPC, etc. Les volumes peuvent devenir rapidement significatifs : 10 messages/an à 100.000 donateurs actifs, cela fait 1 million de messages par an…Même si les associations échangent leurs fichiers volontiers pour élargir leur base prospect de manière peu coûteuse.

Or, l’environnement est devenu radicalement plus âpre. Il ne suffit plus de jeter ses filets à la mer pour les remplir. En absence de croissance économique, certaines campagnes de marketing associatives ont vu leur rendement chuter, notamment auprès des donateurs fidèles, alors que ces sympathisants constituent la cible la plus facile à atteindre.

En prospection téléphonique également, les taux de couverture ont baissé depuis 2 ans, si bien que de nombreuses associations de taille modestes ont abandonné provisoirement ce canal.

Certaines associations ont donc découvert à leurs dépens qu’elles ne peuvent plus ignorer les frais de collecte, afin de maintenir un rapport raisonnable entre le volume des dons et les coûts associés. D’autant plus que les médias s’intéressent de près à la part des frais marketing dans le budget global. Les notions de marges ont fait leur apparition d’abord dans l’univers de la conquête, notamment dans le marketing téléphonique, où les taux de couverture sont plus difficiles à atteindre que dans l’univers de la fidélisation, où tout est rentable surtout dans l’univers des actifs 0-24 mois.

Dans cette veine, il ne suffit plus de s’adresser au « public », quelque peu anonyme, mais il faut toucher des individus dans leur diversité et de leur potentiel. Comme l’illustre les yeux doux du monde associatif pour « les ISF » cible stratégique et très sensible politiquement.

A ce titre, les agences de fundraising et de communication ont toujours joué un rôle vital pour informer les donateurs sur les missions de l’association, pour accroître sa notoriété, et faire grossir son fichier de sympathisants et de donateurs, comme par exemple sur les réseaux sociaux.

Actuellement, l’idée est d’adapter les messages par typologie des ménages ou par type de canaux (postal, téléphone, internet). Comme en mer, où les bateaux utilisés par les pêcheurs sont conçus en fonction de ce qu’ils veulent pêcher, des sardines ou du thon.

Quelles sont les données dont disposent les associations ? 

RB : Le fichier d’une association, c’est le nerf de la guerre. Plus il est important, plus l’association pourra affiner sa stratégie. Encore faut-il pouvoir le faire parler.

Le critère de référence dans la profession est la récence, c’est-à-dire la durée écoulée depuis le dernier don à l’association. En effet c’est ce critère qui structure et définit la potentialité d’un donateur. En gros, dans une campagne de fidélisation, 70 à 80% de la collecte provient habituellement de personnes ayant donné depuis moins de 12 mois, puis 10 à 15%, de donateurs anciens de 12 à 24 mois. Le solde est apporté par les donateurs de plus de 24 mois, qu’on qualifie d’« inactifs » contrairement aux précédents, baptisés d’ «actifs».

Plus la récence s’éloigne et moins le donateur va recevoir de messages. La probabilité de donner s’effondre souvent à partir de 18-24 mois, avec des variations suivant le type, la cause et la taille de l’association.

Les équipes du marketing doivent positionner leurs curseurs en tenant compte de certaines contraintes, comme les objectifs financiers, qui leurs sont imposés par leur direction, comme un budget marketing fixé sur une logique annuelle. Ces curseurs doivent être mis en face du potentiel disponible identifié, calculé avant chaque campagne, soit en privilégiant le volume, c’est-à-dire le chiffre d’affaires collecté, ou la marge réalisée.

Répondant à une autre logique mathématique que la récence, la grille de don est souvent adaptée en fonction du montant du dernier don (capacité de donner) pour la fidélisation et d’une façon «plus intuitive et empirique » pour la conquête. Maintenant grâce aux nouveaux outils mis en place par OKtos au service des principales agences du marché (score montant), on arrive à mieux adapter les grilles de don en fonction des potentiels mis en évidence par les notes de score sur les plans fichiers de prospection.

L’ensemble des données issues de l’informatique de l’association sont précieuses, mais Oktos, compte tenu de sa base de connaissances, est capable de segmenter les donateurs actifs (0-12 mois et 12-24 mois en plusieurs classes pour atténuer la prédominance de la récence et mettre en valeur d’autres critères comportementaux permettant de mieux identifier les populations à potentiel.

En période de basse mer, où certains écueils surgissent ou effleurent à peine, nous aidons nos partenaires à identifier les zones de non rentabilité.

Lorsque l’association souhaite optimiser son budget de fundraising, avec une vision à court et moyen terme, elle a ainsi l’opportunité de concentrer ses efforts, là où ses espérances sont les plus fortes pour un budget donné. Il est ainsi possible qu’il ne soit pas rentable de réactiver certains donateurs inactifs, lorsqu’on intègre le critère de la marge. Dans certains cas, il sera plus pertinent de chercher des prospects, même si la rentabilité de ces derniers n’est pas toujours immédiate.

Les ONG peuvent-elles être amenées à réorienter leurs efforts ? 

RB : S’il existe des poches non rentables, les ONG doivent aussi repérer les meilleurs filons. Il peut se révéler judicieux d’investir des moyens financiers additionnels pour mieux toucher certains segments de donateurs potentiels. Par exemple, des donateurs CSP+ à relancer par téléphone, même s’ils n’ont pas donné suite à un mailing.

Très opportunément, la Fondation d’Auteuil emploie des coursiers à la fin de la période de déclaration à l’ISF, afin d’optimiser sa collecte. Elle échange ainsi physiquement des chèques contre des reçus fiscaux jusqu’à la dernière minute pour le plus grand bienfait des enfants qu’elle défend.

Ces segmentations se traduisent elles vraiment dans les chiffres ?

RB : Il existe un axe de la valeur. Moins de 5% des donateurs représentent plus de 30% de la collecte.

Au final, Oktos intervient comme un radiologue. Nous fournissons une photographie à l’instant T de la géographie et du potentiel des donateurs en France. Dans la foulée, les agences, dont nous sommes partenaires et qui veulent mettre la data au cœur de leur politique, vont pouvoir concevoir des stratégies adaptées pour mettre en valeur les points forts de l’association ou de la Fondation.

Ainsi, chaque maillon de la chaîne est susceptible d’apporter un levier supplémentaire.

Faut-il rémunérer les fundraisers aux résultats ? 

RB : Ce n’est pas possible. De nombreux aléas peuvent influencer les donateurs, comme la situation économique et sociale ou certains évènements particulièrement dramatiques. Les Français peuvent ainsi se montrer exceptionnellement généreux en cas de chocs émotionnels, comme lors de la tragédie du tsunami. Ce type d’évènements imprévisibles génère des dons massifs pour un coût négligeable car ils sont spontanés. De plus, l’efficacité de la levée de fonds se mesure dans la durée Cliquez ici pour lire la suite...