lundi 3 septembre 2018

Emmaüs Connect lutte contre l'illectronisme

Selon Inès Gandon, responsable d'antenne en Seine-Saint-Denis, la fracture numérique concernerait 5 millions de personnes. Elles restent en marge de la société. 

Selon elle, « elles cumulent précarité sociale et précarité numérique. Cela touche des ménages précaires sans emploi, mais cela touche également des actifs pour qui, jusqu'alors, le numérique n'était pas une obligation, mais pour qui, à l'avenir, cela va devenir un prérequis.

Le but de l’association est de réduire "l'illectronisme», grâce à des ateliers pratiques, où le fonctionnement d'un ordinateur est dédramatisé.

Alors que toutes les administrations publiques passent au numérique, certains usagers ne parviennent pas à faire des choses jugées simples par la majorité des Français, comme une déclaration en ligne des revenus ou une prise de rendez-vous administratifs ou médicaux... Cette paralysie devant Internet est devenue un handicap à part entière, y compris pour chercher du travail, voire pour se déplacer.

Contre toute attente, certains jeunes, pourtant très actifs sur les réseaux sociaux, ne savent pas bien faire des choses basiques, comme postuler un emploi, rédiger un mail professionnel ou ajouter ne serait-ce qu'une pièce jointe à un courrier électronique.


Face à l’immensité des besoins, Emmaüs Connect recherche sans cesse des bénévoles, pour venir animer les ateliers d'initiation ou réaliser des accompagnements personnalisés.

Depuis sa création en 2013, l’ONG a accompagné plus de 30.000 personnes en précarité dans leur parcours vers l’autonomie numérique. Elles ont aussi, en moyenne, économisé 23 €/mois sur leur budget télécommunications et nombreuses ont pu acquérir leurs premiers ordinateurs.

Ces initiatives rencontrent aussi un écho dans le monde des entreprises. Depuis l’automne 2017, le bureau de la Banque Postale des Aubiers expérimente avec l’appui d’Emmaüs Connect, différentes solutions pour engager les usagers vers le numérique et faire évoluer le rôle des conseiller en bureau. Joël Gekiere, responsable de l’espace client à La Banque Postale des Aubiers nous livre les premiers retours.

J’ai rencontré un enthousiasme très fort de la part de mon équipe car nous avons tous à y gagner. Pour La Banque Postale, cela permettra à terme, de réduire les files d’attente, d’augmenter la satisfaction client et de nous concentrer sur des tâches plus “intéressantes” que celles qui peuvent être facilement réalisées avec les outils en ligne que nous proposons. Pour les clients, évidemment, qui seront autonomes et qui pourront réaliser des économies. Et, enfin, pour nos collaborateurs qui, au-delà de gagner en confort et en intérêt au travail, ont déjà l’impression que cette expérimentation a changé l’image que les clients pouvaient avoir d’eux. C’est valorisant. Sans compter que, quand une grand-mère vient nous voir pour nous informer que son petit-fils, que nous avons orienté vers Emmaüs Connect, a aujourd’hui trouvé un emploi sur Internet… ça met du baume au cœur. 



Par ailleurs, Bon point pour sa notoriété, le logo d’Emmaüs Connect sera, cette saison, visible sur les maillots des joueurs lors de tous les matchs d’Europa League des Girondins de Bordeaux.

lundi 23 avril 2018

BRAC : une ONG pakistanaise atypique


Pour la 3ème année consécutive, BRAC (anciennement Bangladesh Rural Advancement Committee), a été l’ONG de développement la mieux notée par NGO Advisor. Ce qui est salué, c’est son pragmatisme dans la lutte contre la pauvreté.

185 critères rentrent en ligne de compte, dans 3 grandes familles, l’impact, l’innovation et la durabilité (sustainability). L’ONG, qui est présente en Asie et en Afrique, développe une stratégie d’internationalisation à 5 ans qui est claire.

Pour rappel, BRAC a été lancée dans les années 1970, autour de la microfinance, avant de se diversifier progressivement dans l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’aide juridique, l’éducation, la préservation du climat, ainsi que la santé des mères et des enfants.

Elle est aussi à l’origine d’une université et de plateformes de paiements mobiles (bKash).

En 2017, elle s’est aussi impliquée dans l’aide humanitaire, lors de l’exil d’un million de Rohingyas birmans dans le sud du Bangladesh.



De plus, BRAC a su rester assez indépendante sur le plan financier. 80% de son budget est autofinancé, via des entreprises sociales ou le flux de remboursement des micro-crédits.

Par sa taille et son modèle de développement, BRAC présente un profil assez atypique dans le monde des ONG. En 2014, elle employait 116.000 personnes.

Ses notes

8 / 10 Hiring Rating
7 / 10 Sustainability
6 / 10 Diversity on Funding Streams
7 / 10 Innovation Ratio
6 / 10 Transparency and Accountability
6 / 10 Independence from Governments
10 / 10 Independence from Corporations
7 / 10 Impact Measurement
7 / 10 Audit Results
7 / 10 Independence from One Funder

 Médecins Sans Frontières, the Danish Refugee Council, la Skoll Foundation et Ashoka figurent eux aussi dans le Top 5 cette année.

dimanche 4 février 2018

La zoothérapie a toujours intéressé le corps médical

Selon Passeport Santé, la zoothérapie, ou thérapie assistée par l’animal, est un programme structuré d’interventions ou de soins qu'un thérapeute prodigue à son patient, avec l'aide ou en présence d'un animal. 

Elle vise à maintenir ou à améliorer la santé des personnes souffrant de divers troubles, aussi bien physiques que cognitifs, psychologiques ou sociaux. L’homme a reconnu le potentiel de la médiation animale depuis la nuit des temps. 

En voici un petit rappel historique : 

Au Vème siècle avant J.-C., Xenophon écrivait que « Le cheval est un bon maître, non seulement pour le corps mais aussi pour l’esprit et pour le cœur ».

Pour Hippocrate, le rythme du cheval est bon pour la santé, notamment pour la tonicité des muscles, à condition que cet exercice soit réservé à des patients ne présentant aucun risque.

Le premier programme de zoothérapie remonterait au IXème siècle dans la ville de Gheel en Belgique. La garde d’oiseaux était confiée à certains malades pendant leur convalescence. Le but recherché était de contribuer à leur redonner un minimum de confiance en eux-mêmes.

Au XVIIIème, Diderot constate que « l’équitation peut être employée utilement pour la conservation de la santé et son rétablissement. Le mouvement du corps que procure l’équitation peut être très salutaire ».

En 1792, en Angleterre, William Tuke fonde le York Retreat, institution pour malades mentaux, dans laquelle les patients sont traités plus humainement. En outre, ces derniers devaient aussi prendre soin des animaux intégrés dans l’établissement (volailles, lapins). Avec profit, puisque William Tuke notait alors que cela redonnait confiance aux patients et leur permettait d’avoir une attitude moins désordonnée.

1845 : Le premier combat de la Société Protectrice des Animaux (SPA) créée par le médecin Etienne Pariset portait sur la protection des chevaux que les cochers parisiens maltraitaient.

1854 : Pendant la guerre de Crimée, Florence Nightingale, pionnière des techniques infirmières modernes, gardera une tortue à l’hôpital dans les faubourgs de Constantinople après avoir observé son impact sur la réduction de l’anxiété et le regain de moral des soldats britanniques blessés.



1867 : A Benfield en Allemagne, une institution pour épileptiques innove. Outre l’équitation thérapeutique, les programmes comprennent un parc de jeux, des chiens, des chats et des oiseaux en cage.

1870 : La thèse de doctorat de R. Chassaigne porte sur l’utilité de l’équitation thérapeutique dans le traitement de l’hémiplégie, de la paraplégie et d’autres troubles neurologiques.

XXème siècle : après la Première guerre mondiale, les infirmières du Pawling Army Air Force Convalescent Hospital de New York ont utilisé des chiens comme aide à la thérapie pour les soldats traumatisés.



1952 : Regain d’intérêt pour l’équitation thérapeutique lors de la victoire de la cavalière danoise Lis Hartel aux jeux olympiques d’Helsinki dans l’épreuve du dressage. L’équitation lui a permis de lutter contre la poliomyélite.


 1953 : Boris Levinson, psychiatre américain, est l’un des grands initiateurs à avoir découvert les possibilités de l’animal en thérapie. Il a remarqué par hasard l’influence positive de son propre chien sur un jeune patient autiste. L’enfant, complètement mutique, refusait toute communication avec le monde extérieur. Resté par mégarde dans le cabinet, son chien s’approcha du garçon, le renifla, le lécha. Et là, contre toute attente, l’enfant, pour la première fois, s’exprimera avec le chien. Il demandera même à revenir pour le revoir.

Années 60 : les premiers centres équestres délivrant la médiation équine ouvrent aux Etats-Unis.

En 1967, le Français Hubert Lallery, kinésithérapeute, et cavalier, fait sa première observation concernant une jeune fille atteinte de la maladie de Little (paraplégie spasmodique).

Dans les années 70, les chercheurs britanniques Mugford et Mc Kominsky, installèrent des perruches chez des hommes âgés de 75 à 81 ans vivant seuls. Ils constatèrent dans 60% des cas un arrêt des plaintes sur leurs difficultés et problèmes de santé, ainsi qu’une amélioration en termes de sociabilité.

Depuis 1971, la Fondation Adrienne et Pierre Sommer poursuit deux objectifs. Soulager la souffrance humaine, et améliorer la relation complexe qu’entretiennent l’animal et l’homme.
 

Dans les années 1980, Israël intègre l’équithérapie dans un parcours de soin pour guérir le stress post-traumatique d’anciens soldats et de civils victimes d’attentats.

En 1986, Renée de Lubersac, psychomotricienne et psychothérapeute, fonde la Fédération Nationale de Thérapies avec le cheval, dont le siège est à Vincennes.

En 2013, la Fondation de France a remis un prix à l'association Hugo B, pour son intervention d'équithérapie à la maison centrale d'Arles, menée en partenariat avec l'administration pénitentiaire. 2014 : Le métier d’équicien est reconnu par le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles).  

Fin

mercredi 13 décembre 2017

Quelques idées de lecture au coin du feu

390 romans français ont été publiés entre la mi-août et octobre, selon notre confrère Livres Hebdo, alors qu'on en dénombrait 363 en 2016. 

Une occasion de découvrir des auteurs sérieux ou humoristiques, après un début d’année marquée par la parution de nombreux ouvrages politiques à l’occasion des élections.   



« L'économie comme vous ne l'avez jamais vue » fait partie de la catégorie des beaux livres, à mettre sous le sapin.

Des concepts clés aux tendances les plus récentes, des grands équilibres mondiaux aux nouveaux modèles d'entreprises, l'économie a été traduite en images, sous forme de magnifiques infographies, vivantes et colorées, dans un format hors du commun.

Mais, il ne s’agit pas d’un ouvrage théorique. La mondialisation est retranscrite à travers des biens de la vie quotidienne.

  •  Que nous apprend le voyage d'un jean, de la culture du coton au Kazakhstan jusqu'à sa livraison en France, sur le commerce mondial ? 
  • Comment peut-on schématiser la pensée de Marx, de Keynes, d'Amartya Sen ? 
  • Qu'est-ce que l'indice big Mac ? 
  • Quelles seront les compétences les plus recherchées sur le marché du travail dans 15 ans ?
  • Comment l'agencement d'un supermarché nous pousse-t-il à consommer ? 

 Avec des infographies particulièrement pertinentes, ce beau livre, au format XXL (265X350 mn), permet de découvrir certains thèmes historiques ou contemporains, en un clin d’œil.

 

 Thomas Ramge est un journaliste de premier plan, qui écrit entre autres pour The Economist et Stern.

 Jan Schwochow dirige aujourd'hui l'agence Golden section Graphics, qui a reçu de nombreux prix internationaux.



 "La grève" d'Ayn Rand Penseuse russe devenue américaine, Ayn Rand (1905-1982) a écrit des scénarios pour Hollywood, mais est surtout connue comme écrivaine. Voici un ouvrage que je ne connaissais pas. La Grève est considéré comme le deuxième livre le plus influent aux États-Unis après la Bible. C’est ce qui ressort d’une enquête de la Library of Congress réalisée en 1991. Cet ouvrage de référence vient de faire l’objet d’une très bonne traduction. 

Publié en 1957 aux Etats-Unis, ce pavé, plus de 1.200 pages en anglais, un peu plus dans la langue de Molière, décrit l'histoire de deux industriels qui tentent de défendre leur liberté d'entreprendre, dans les années 50, dans une Amérique en train de prendre un virage progressiste.

Ayn Rand a notamment été très appréciée par Ronald Reagan, Alan Greenspan ainsi que Paul Ryan. Elle a aussi profondément marqué Marc Bello (Les Falsificateurs).

Éditions Les belles lettres. 30€.



 "Non ce n’était pas mieux avant" de Johan Norberg (Éditions Plon)

Le journaliste écrivain suédois, né en 1973, n’y va pas de main morte. Contrairement aux idées reçues le bon vieux temps c’est maintenant ! Les progrès enregistrés par l’humanité depuis 100 ans sont fulgurants et dépassent selon lui tout ce qui a été fait depuis l’apparition de l’homme.

Le Point est dithyrambique sur ce livre. " A travers une cascade de chiffres et d'anecdotes, ce libéral montre que l'humanité n'a jamais été plus riche, en bonne santé, libre, tolérante et éduquée."



" Article 353 du Code Pénal Martial Kermeur est arrêté par la police, car il a jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Face au juge, il explique comment il en est arrivé là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis les mirages proposés par Lazenec. Ce dernier l’a convaincu d'investir toute sa prime de licenciement dans un appartement avec vue sur l’océan. Encore faut-il qu'il soit construit.

Entre roman noir et polar social, ce huis clos est selon la FNAC le récit le plus réaliste de Tanguy Viel, qui est né à Brest en 1973. Pour Paris Match, c’est un roman de haute volée. Les Editions de Minuit. Prix : 14,50€



 La Serpe 

Après l’affaire Pauline Dubuisson («La petite femelle» en 2015), Philippe Jaenada s’est penché sur un crime commis à coups de serpe en octobre 1941 au château d’Escoire, près de Périgueux. Le fils de famille, un certain Henri Girard, est soupçonné d’avoir massacré son père, sa tante et la bonne. Cet Henri Girard est plus connu sous le nom de plume de Georges Arnaud (« Le Salaire de la peur»). Pour savoir s’il était coupable, Jaenada a repris toute l’enquête à zéro.

Pour Libération, « comme d’habitude, c’est absolument passionnant. On rêverait tous d’avoir Jaenada comme avocat en cas de nécessité. »

La Serpe a reçu le Prix Fémina cet automne.

Julliard. 23€



 Harrison Ford - L'acteur qui ne voulait pas être une star 

 Le héros d’Indiana Jones et de Star Wars estime qu’il ne doit sa carrière qu'à une chance peu banale et à sa ténacité. Alors qu’il n’aspirait qu’à vivre de petits rôles de composition, il est devenu une icône. Une biographie écrite par Alexis Orsini, Rédacteur en chef adjoint de Numerama. (Dunod. Environ 18€.) Le reste

dimanche 10 décembre 2017

Une animation pour comprendre le rapport Finance/Climat



Á la fois media et centre de recherche, Novethic décrypte l'économie et sa transition vers un modèle plus responsable. Ses experts accompagnent le déploiement des meilleures pratiques en matière de finance durable et forment les décideurs, managers et opérationnels des institutions financières et entreprises.



Découvrez en 3 minutes et en image, le dernier motion design de Novethic qui explique comment le climat s'est hissé en tête des préoccupations des acteurs-clés de la finance publique et privée. 

Novethic met ici l’accent sur les solutions concrètes à la disposition de ces acteurs pour agir, à savoir le désinvestissement et l'engagement actionnarial.

 

Sur ce blog: 

En 2011 : 72 entreprises font pression sur Bruxelles pour une politique climatique plus ambitieuse 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/72-entreprises-font-pression-sur.html 

Beaucoup de changement depuis 2009 :
Inoxydable face aux ONG, Exxon Mobil voit la vie en rose jusqu’en 2030 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2009/10/inoxydable-face-aux-ong-exxon-mobil.html

Les propriétés de Donald Trump doivent-elles être assurées contre les inondations ? 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2017/10/les-proprietes-de-trump-doivent-elles.html

Fin