mardi 6 septembre 2022

Certaines entreprises ont fait le choix de plafonner leur activité


La question de la sobriété, qui a été notamment mis en évidence par une série d’articles dans le Monde au cours du premier semestre, et par des professions de foi de grands dirigeants, est devenue un leitmotiv. 

Avec en toile de fond le débat décroissance ou croissance verte.

Pourtant, la petite musique de la sobriété commençait à sa faire entendre avant les baisses de livraisons de gaz de la Russie. Certaines entreprises ont en effet choisi délibérément de plafonner leur activité. Dans leurs motivations, la question des énergies fossiles, notamment liées au transport est posée, mais d’autres thèmes sont aussi en jeu comme la qualité de service, la pollution, la santé publique, ainsi qu’un alignement sur les valeurs de l’organisation. Une activité raisonnée peut aussi permettre d’obtenir des labels et des certifications. 

Un aéroport sous tension

Le gouvernement néerlandais a décidé récemment de « caper » le nombre de vols de l’Aéroport Amsterdam-Schiphol. Seuls 440.000 vols par an seront autorisés contre un total de 500.000 vols encore effectués avant la pandémie de Covid 19. Il justifie ce choix en raison de la pollution sonore et de l’hostilité des riverains. 

  • Les progrès techniques réalisés dans le domaine de l’aéronautique ne seraient pas assez rapides pour espérer une décarbonisation dans un horizon proche.
  • de plus, la pagaille qui a régné cet été en Europe, avec des annulations de vols et des pertes des bagages, serait en partie due à l’incapacité des aéroports à recruter, en raison de métiers peu rémunérés et peu attractifs. Dans cette industrie, la religion du low cost semble avoir atteint ses limites.

Il s’agit donc là d’un choix politique et technique, qui répond aux exigences d’une partie de la population. On retrouve des motivations similaires dans la Vallée de Chamonix ou dans les Calanques de Marseille, les autorités locales cherchant à mieux organiser la fréquentation de leurs sites. 

  

Limiter les externalités négatives et changer les usages 

Secret Planet, une opérateur des aventures nature et de l’expédition, comme dans les régions polaires, a décidé de réduire son empreinte carbone d’une manière radicale. 

Affolé par la demande de ses clients à la sortie de la pandémie, son fondateur, Eric Bonnem, a compris que le seul moyen de respecter les Accords de Paris, était d’arrêter la commercialisation de ses voyages, dès que le volume conjugué de toutes leurs émissions atteint un niveau jugé non souhaitable. 

Pour accompagner ce mouvement, les vols avec escale vont être abandonnés, et les séjours vont passer en moyenne de 20 à 25 jours sur place. Ce qui implique des prix plus élevés, même si Secret Planet indique conserver un certain nombre de voyages à des prix plus accessibles. 

Pour compenser le refus de vente partiel, le voyagiste réfléchit à des diversifications dans des activités plus neutres en carbone, comme le conseil. 

Respecter le cycle de l’eau 

Gérant de la célèbre source alsacienne, l’embouteilleur Wattwiller vient de se voir attribuer la certification « Alliance for Water Stewardship ». Ce label reconnaît son modèle de limitation de production afin de ne pas trop puiser dans les réserves souterraines d’eaux minérales. 

Il s’agit d’une démarche intéressante, puisqu’ainsi Wattwiller reconnaît la rareté de l’eau et assure en même temps sa propre pérennité en basant l’activité sur le renouvellement naturel de la ressource. De cette façon, les générations futures sont aussi intégrées dans le processus de décision. 

Il faut dire aussi que depuis quelques années, Wattwiller a cessé ses exportations sur le marché asiatique et au Moyen-Orient afin de réduire son empreinte environnementale. Une démarche globale aussi récompensée par le label BCorp. 

Interrogée par le Parisien, Valérie Siegler, directrice France du groupe belge Spadel, le dit franchement : « Cela n’a aucun sens d’exporter de l’eau à l’autre bout du monde » 

Dans ces trois cas de figure, il s’agit de démarches volontaires, encore très minoritaires. Le « mal » est éradiqué à la racine, faute de meilleures solutions. 

Ces initiatives se distinguent donc de la théorie du découplage, qui veut que via des mesures appropriées, il est possible de produire plus en émettant moins de CO2 en valeur absolue. 

Cela pose plusieurs questions, si on envisage une duplication de ces modèles. 

  • Une entreprise qui ne croit pas peut-elle survivre ? 
  • Quelles vont être les réactions des actionnaires et des salariés ? 
  • La raréfaction de l’offre va-t-elle entraîner une hausse des prix ? 
  • Que devient l’innovation ? 
  • Certains secteurs de l’économie sont vitaux : agriculture, pharmacie, éducation, etc 

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Plutôt que de continuer à ouvrir les vannes de l’hyper-tourisme, le Maire de l'ile de Bréhat vient de prendre une décision assez radicale en instaurant une jauge pour limiter le nombre de visiteurs, arrivant en masse en bateaux, comme c’est déjà le cas sur l’île de Porquerolles.

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