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jeudi 24 septembre 2015

Volkswagen a trahi ses partenaires ONG

Le scandale qui frappe Volkswagen a des répercussions inattendues.

La firme avait réussi à passer des partenariats avec plusieurs ONG, tout en donnant des gages à des associations de plaidoyer, qui dénonçaient sa face cachée. Les cachoteries d’un groupe emblématique, fierté nationale qui symbolisait la Made in Germany, place une célèbre ONG environnementale allemande en porte-à-faux.

Le géant de Wolfsburg avait en effet passé un partenariat avec Nabu, axé sur la protection de la biodiversité, notamment la sauvegarde du loup. Un site internet dédié avait même été créé pour en faire connaître les tenants et les aboutissants.

Selon csreurope.org, ce partenariat noué en 2000, cité en exemple comme un partenariat stratégique à long terme, aurait été gagnant-gagnant :

NABU has improved its reputation as a professional political advisor.
Volkswagen has improved its reputation of being a dialogue- and CSR-oriented company. 
 Le budget de Nabu a dépassé 29M€ en 2014, grâce à la générosité de 560.000 membres, mais Nabu tire aussi des revenus de licences et de sponsorships.

Cette déconvenue pour Nabu illustre les risques associés à des partenariats ONG/entreprise dans le domaine environnemental. Avant l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater, qui a fait plusieurs morts, BP était aussi le meilleur ami des ONG locales.

Le pétrolier faisait aussi parti de plusieurs indices ISR, dont le FTSE4Good.


 Dans le Volkswagate ou DieselGate, Nabu a d’abord déclaré qu’il attendait des explications de son partenaire. Mais, ce sont des Twittos, qui lui demandent ouvertement de rompre sine die cette collaboration désastreuse et mal rémunérée.
Un militant allemand écologiste utilise même le hashtag #Nabugate.

A ce titre, le WWF France, dont le logo est mondialement connu, ne semble pas coopérer avec le secteur automobile.

Pourtant, en Inde, l’association au panda semble avoir accepté des fonds du constructeur allemand.



Et, le WWF était en discussion avec la firme allemande dans le cadre du Science Based Targets. Ce programme est issu de l’appel conjoint de différentes parties prenantes lors du Business and Climate Summit, à savoir : 
  • le WWF, 
  • le Carbon Disclosure Project (CDP), 
  • l’United Nations Global Compact 
  • et le World Resources Institute 
Dans un communiqué de presse diffusé cet après-midi, le WWF tire la sonnette d’alarme sur le climat, en signalant que seules 55 entreprises du Global 500 ont fait part de leur volonté de s’engager dans l’initiative (qui vise à aligner leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) sur l’objectif de 2°C), parmi lesquelles :
  • Volkswagen AG 
  • Honda Motor Company 
  • et Nissan Motor Co., Ltd. 
Volkswagen a donc fait feu de tout bois pour enfumer son monde et chercher à valoriser son capital sympathie/ Le groupe industiel bénéficiait à ce titre d'une valorisation record de ses actifs immatériels.

Cette affaire, dont les répercussions sont mondiales, n’est pas sans rappeler le coup de poignard qu’a porté Siemens à Transparency International , même si dans ce cas il n’est pas question de défendre la planète, mais de lutte contre la corruption.

Gare aux ONG « activistes » 

A l’opposé, de nombreuses autres associations ont croisé le fer avec VW ces dernières années, comme Greenpeace. Pour rappel, cette vidéo vu plus de 1,3 million de fois.



Après de tour de chauffe, Greenpeace pensait pourtant avoir obtenu des gages du constructeur, y voyant une source d'espoir.



La tricherie dévoilée 

C’est l’International Council for Clean Transportation (ICCT) qui a découvert le pot-au-rose, plongeant Volkswagen dans une crise sans précédent. L’ICTT est une organisation non gouvernementale spécialisée dans les transports propres. 

Selon Le Monde, l’ICCT, financée principalement par la ClimateWorks Foundation, une autre ONG engagée dans la lutte contre le réchauffement de la planète, travaille ainsi avec les gouvernements régionaux et nationaux afin de déboucher sur des politiques publiques en faveur de transports propres.

J’écrivais en 2013 que Les ONG se sont imposées comme des sources incontournables 

Concernant cette triste affaire, qui pourraient menacer de nombreux emplois directs et indirects, les ONG ont joué le rôle de lanceur d’alerte, là où les autorités de contrôle ont été défaillantes.

Finance responsable

En septembre 2013, le groupe était fier d’annoncer qu’il était le constructeur automobile le mieux classé du Dow Jones Sustainability Index, qui rassemble les grandes multinationales les plus vertueuses selon RobeccoSAM en fonction d’une grille d’analyse éprouvée.

At Volkswagen, responsibility for the environment means producing clean cars in clean factories. This sounds simple, but as so often it is the simplest targets which involve highly complex operations. And what do we actually mean by a 'clean car'? A car with low fuel consumption? Definitely, but there's a lot more to it  
Volkswagen était le seul constructeur, outre l’un de ses concurrents, à faire partie à la fois du DJSI World et du DJSI Europe, deux indices des entreprises cotées en Bourse ayant fait leurs preuves en matière de développement durable.

Comme on le voit sur ce graphique, Volkswagen avait tout du gendre idéal, étant bien placé sur un rand nombre de données ESG.


En résumé, des investisseurs pourtant sélectifs, prêts à payer le prix pour des valeurs ayant été passées au crible des critères ESG, se sont fait rouler dans la farine.

L’indice de référence des valeurs les plus "responsables"a d’ailleurs accusé le coup en début de semaine.



 Fort à propos, Novethic a fait sur point aujourd’hui pour savoir s’il «existait-il un warning ISR sur Volkswagen ? » préalablement à la révélation des manipulations.

Il en ressort que Vigeo, Kepler-Cheuvreux et Mirova n’ont jamais donné à Volkswagen leurs mains à couper.

Dans un livre, publié fin 2012, Nicole Notat insistait sur le fait qu’aujourd’hui l’entreprise ne peut plus être irresponsable 

Volkswagen constitue ici un cas d’école.

Pour aller plus loin : 

Le partenariat Nabu/VW
 http://www.volkswagen-nabu.de/startseite 

Novethic : Volkswagen fâché avec l’environnement
 http://www.novethic.fr/gouvernance-dentreprise/entreprises-controversees/isr-rse/l-environnement-bete-noire-de-volkswagen-143610.html



Le Monde : Une ONG à l’origine du scandale Volkswagen 
http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/09/22/l-ong-a-l-origine-du-scandale-volkswagen_4767318_3244.html

Le lobbying de Volkswagen opposé à 72 entreprises engagées sur le climat 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/72-entreprises-font-pression-sur.html

 fin

jeudi 23 avril 2015

USA : le cannabis sera-t-il le prochain gaz de schiste ?



Une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) soulignait en 2008, que la part des pays industrialisés dans la consommation mondiale de tabac qui représentait 34% en 1998, allait descendre en dessous des 30%. Celle des pays en développement dépassera donc bientôt les 70%.

D’ici à 2025, le nombre de fumeurs devrait augmenter de 500 millions, dont 90% en dehors de l’Europe et des États-Unis.

Selon Euromonitor, les ventes de tabac ont baissé de 30% aux Etats-Unis depuis 2004. L’Europe de l’ouest est sur le même trend. Avec quelques nuances :

Pierre Meneton, chercheur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), il existe une surmortalité chez les chômeurs. Elle s’expliquerait par des conduites à risques (trop de tabac, trop d’alcool, une alimentation déséquilibrée…).

Un marché qui croît dans le désordre


Au niveau mondial, le tabac perd du terrain chez les plus de 15 ans, comme le montre l'évolution des niveaux de prévalence, qui ont baissé :
  • de 41.2% en 1980 à 31.1% en 2012 chez les hommes 
  • et de 10.6% à 6.2% chez les femmes. 
Néanmoins, comme la population mondiale augmente, le nombre de fumeurs quotidiens serait passé d’environ 721 millions en 1980 à 967 million en 2012.

Un secteur pris en mire


Début 2014, l’action Philip Morris International a perdu 14% de sa valeur à Wall Street. A la fois sur des questions de taux de change, mais aussi en raison de l'apparition de doutes sur la poursuite de son modèle de croissance.


Outre la montée des circuits parallèles, des mesures anti-tabac avaient en effet affecté ses ventes en 2013 sur 3 gros marchés :
  •  l’Union européenne (-6%) 
  • la Russie (-7%), où les taxes ont été fortement augmentées. 
  • et les Philippines (-47% en volume), où la compagnie a subit de plein fouet l’introduction du «sin tax » et la concurrence d’un nouvel acteur low cost Mighty Corp. Auparavant, Philip Morris Fortune Tobacco Corp y bénéficiait d’un quasi-monopole. 

L’action Philip Morris (PM) est devenue depuis peu un peu plus risquée et plus volatile.

Les fabricants de cigarettes toussotent légèrement. Mais, ce n’est pas encore la fin du tabagisme.


La question est de savoir :
  • pendant combien de temps les cigarettiers seront-ils en mesure de compenser la baisse des volumes ici ou là par des hausses de prix. 
  • devront-ils fusionner ? Lorillard et Reynolds American se sont rapprochés, une transaction à 25 Mds$ qui doit encore être approuvée par la Federal Trade Commission. 
  • ou se diversifier, comme l’a fait PepsiCo dans les chips et les produits gras pour compenser la moindre consommation de sodas dans les pays développés. 
Outre les traditionnels procès contre les politiques sanitaires, la planche de salut des géants du tabac pourrait être notamment le cannabis ou l’«e-cigarette».

1/ La Justice pour défendre nos vices


Tous les moyens sont bons, comme s’attaquer aux Etats qui prennent trop à cœur la santé de leurs concitoyens.

Philip Morris International a lancé une action judiciaire contre l’Uruguay en février 2010 devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un tribunal d’arbitrage qui dépend de la Banque mondiale.

Son but est tout simplement de faire plier ce pays, dont la lutte anti-tabac a été poussée très loin, entraînant une modification du comportement des Uruguayens.

Un combat mené par la firme en raison de la liberté du commerce et de la signature de certains traités, qui semblent engager le pays pieds et poings liés.

Le pot de terre contre le pot de fer.

cf. l’article de la Croix du 27 février dernier : Guerre de la cigarette entre Philip Morris et l’Uruguay

A l'opposé, ce reportage porte sur le jackpot Indonésien, un ilot de paradis, où fumer est devenu une fonction vitale.

Un reportage de Shane Smith, co-fondateur VICE, un magazine lancé à Montréal en 1994.



2/ Le cannabis, nouveau Gold Rush


L’industrie du tabac est loin d’avoir dit son dernier mot.

Connu comme le loup blanc dans la gestion d'actifs pour ses prises de position, Gerry Sullivan, géant du Vice Fund, aimerait pour sa part savoir :
"Qui va devenir le Budweiser de la marijuana? Je prédis, même s'ils vont tous le démentir, que ce sera les industriels du tabac."
En effet, la consommation de cannabis à usage récréatif est devenue légale dans quelques Etats américains. S'il prend de l'ampleur, ce nouveau business aura besoin d'être structuré.

Une libéralisation plus large dépendra certainement des prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis.


Les arguments économiques sont connus.

Pour Jeffrey Miron, senior lecturer à l’Université d’Harvard, estimait en 2013 à près de 20 Mds$ par an l’impact de la légalisation du cannabis sur l’économie américaine.

Se partageant à peu près à moitié/moitié entre :
  • Les économies de frais de police et de justice : environ 750.000 personnes ont été arrêtées en 2011 pour des crimes relatifs à la marijuana. Ce qui fait une arrestation toutes les 42 secondes aux Etats-Unis. 
  • De nouvelles recettes fiscales

 3/ Freiner la cigarette électronique… 


Une innovation disruptive pourrait bien rebattre encore davantage les cartes.

Pour Bonnie Herzog, analyste vedette chez Wells Fargo, la cigarette électronique devrait atteindre un chiffre d’affaires de 10 Mds$ en 2017, contre seulement 3 Mds$ aujourd’hui. Des montants en croissance, mais encore modestes.

Certains analystes de Wall Street estiment pour leur part que, dans la prochaine décennie, les ventes e-cigarette surpasseront celles de la consommation du tabac traditionnel. Mais, il est difficile de prédire l’avenir. Pour l'heure, le marché est encore complètement fragmenté.

Dans un article « Watch As This Massive Sin Industry Gets Disrupted»), publié en novembre 2014 dans «The Motley Fool», Alyce Lomax, met en exergue la stratégie des acteurs historiques du tabac.

 « Le secteur passe à l’attaque. D’une manière stupéfiante pour l’esprit et dans un retournement de l’histoire particulièrement ironique, les géants du tabac commencent à demander une réglementation plus sévère des vaporettes pour des raisons de santé publique ».

Alyce Lomax s’en amuse évidemment, rappelant le combat bec et ongle des cigarettiers pour éviter toute régulation concernant leurs propres produits. Une attitude schyzophrène.

Elle estime que les consommateurs sont d’autant plus enclins à essayer ces nouveaux modes de fumer, qu’ils ne sont pas vraiment attachés aux marques de tabac, trop liées à Wall Street et à des pratiques agressives.

Dépendance ne veut pas dire amour ou Love Brand…

Ou l’adopter pour éviter le syndrome Kodak


Mais, certains acteurs ont déjà changé leur fusil d'épaule.

Professeur associé à l’Institut de santé globale de l’Université de Genève, Jean-François Etter a publié plusieurs ouvrages sur l’e-cigarette. Interrogé par Benjamen Keller pour Largeur.com, il a déclaré en 2014 que
«Les grands groupes n’innovent pas. Dans la panique et dans l’urgence, ils se sont mis à accumuler les rachats. Une seule idée les obsède: ne pas finir comme Kodak, qui a fait faillite après avoir manqué le passage de la photo argentique au numérique.»
Quelques initiatives :

  • British American Tobacco a lancé sa marque d’e-cigarette, Vype, après l’acquisition du britannique CN Creative. 
  • Même stratégie du côté de Lorillard, qui a racheté Blu eCigs en 2012, puis Skycig en 2013. 
  •  En 2014, MarkTen et Vuse ont lancé des campagnes de recrutement très agressives, assortis de vastes promotions et d’essais gratuits ("free trial").

Une vidéo un peu ancienne (2013)



Ces rois du marketing affutent leurs armes, sans savoir vraiment s’ils risquent à terme une cannibalisation.

Un monde meilleur


Ils recyclent même des promesses anciennes pour séduire la foule de passer aux personal vaporizers (VP), qui apparaissent plus cools et plus amicaux, avec des accroches comme :
  • La liberté : "Take back your freedom" (Blu, groupe Lorillard)
  • L’homme bionique "Welcome to tomorrow"  (Vuse). 
Certains spécialistes boursiers du tabac doutent ouvertement que ce virage électronique soit le bon. Personne ne sait vraiment ce qui au final va sortir du chapeau.

Jusqu'à présent, l'industrie du péché a souvent eu les ressources, les arguments et les bons appuis pour préserver ses intérêts.

Cet article fait suite à mon dernier post sur l’économie du vice

Pour aller plus loin : 

The Motley Fool. Watch As This Massive Sin Industry Gets Disrupted
http://www.fool.com/investing/general/2014/11/10/watch-as-this-massive-sin-industry-gets-disrupted.aspx

Mars 2012. Junk food et social media : le cas PepsiCo
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/03/junk-food-et-social-media-pepsi-co-en.html

Tobacco Atlas, une initiative de l’American Cancer Society et de la World Lung Foundation www.tobaccoatlas.org

Selon Tobacco Atlas, certains des pays les plus gros producteurs de tabac dans le monde sont aussi ceux qui connaissent la malnutrition.


Le business du péché aux XXIème siècle
http://bit.ly/1IMgxwj

Les pionniers des nouveaux marchés par Benjamin Keller ; édité par l’agence de presse LargeNetwork, le magazine en ligne Largeur.com
http://www.largeur.com/?p=4175
fin

jeudi 27 mars 2014

Transparency International veut transformer le lobbying


Transparency International France est la section française de Transparency International (TI), une organisation de la société civile qui se consacre à la transparence et à l’intégrité de la vie publique et économique, en particulier la dénonciation de la corruption. 

Dans une déclaration commune rendue publique en février dernier, sept entreprises membres de Transparency International France, ont apporté leur soutien aux actions conduites par l’association depuis 5 ans sur les enjeux de transparence et d’intégrité du lobbying : 

Bnp Paribas,
Crédit Agricole, 
L’Oréal, 
La Française des Jeux,
La Poste, 
Pernod Ricard 
et Tilder.

Elles s’engagent ainsi à promouvoir un lobbying transparent et intègre.

A court ou moyen terme, et si elles ne l’ont pas déjà fait, ces entreprises s’exhortent notamment à :
  • définir une charte de lobbying responsable propre à leur entreprise;
  • développer une politique de lobbying responsable, en cohérence avec leurs engagements publics, notamment en matière de développement durable, de responsabilité sociétale d’entreprise, d’éthique et de lutte contre la corruption; 
  • être transparent sur l’organisation de leurs activités de lobbying; 
  • rendre publiques leurs principales positions communiquées aux décideurs publics ainsi que les positions communes défendues par nos fédérations professionnelles (quand elles existent) ; 
  • ne transmettre aux responsables publics que des informations ou arguments fiables, vérifiables et actualisés; 
  • respecter les autres parties prenantes qui peuvent avoir des positions divergentes; 
  • rendre publiques, le cas échéant et dans les pays où la réglementation les autorise, les contributions aux partis politiques; 

Retrouvez le texte complet de la déclaration : 

http://www.transparency-france.org/ewb_pages/div/Declaration_commune_lobbying.php

Coup de canif en Allemagne 


Si ces 7 entreprises prennent date publiquement devant toutes leurs parties prenantes, elles doivent avoir conscience qu’elles s’exposent à la vindicte en cas de non-respect de leurs chartes.

A cet égard, Transparency International a déjà connu une crise majeure en Allemagne, lorsque l’un de ses partenaires, le groupe Siemens, s’est retrouvé embourbé dans une affaire de corruption à grande échelle impliquant plusieurs centaines de personnes.

Alors que TI a découvert le scandale dans la presse, TI Allemagne a rompu le 15 décembre 2006 ses relations avec Siemens. 

Depuis le groupe munichois a été lourdement condamné en Allemagne et aux Etats-Unis, un pays, où il risquait d'être exclu de tous les appels d'offres... A la suite de cette affaire, le ministère de la Défense norvégien avait même annoncé en décembre 2007 qu’il ne travaillerait plus avec Siemens. Même le Nigeria, un des pays les plus corrompus au monde, selon Transparency International, avait décidé de boycotter le groupe allemand.
Mise en péril, la multinationale s’est résolue à remanier complètement ses organes de direction et à adopter les principes d’une bonne gouvernance. Pour remonter la pente, Siemens s’est entouré de consultants tels que Michael Herschman, président du Fairfax Group et co-fondateur de Transparency International. 

Fin 2009, la firme allemande a lancé la Siemens Integrity Initiative, qui comprend un important volet formation.



Pour aller plus loin : 


Créée en 1995 et présidée depuis 2003 par Daniel Lebègue, ancien directeur du Trésor, Transparency International France, ou « Transparency France », est une association de type loi 1901 qui comprend des membres individuels et des personnes morales membres (entreprises, associations). Les missions que s’assigne l'association sont menées à bien grâce au concours bénévole de ses membres ainsi qu’au travail de cinq salariés permanents.

Le budget 2013 tournait autour de 254 000€. Les cotisations des membres apportent l’essentiel du financement.

TI France a pour objectif principal de contribuer à améliorer significativement, dans notre pays, la gouvernance publique et privée en termes de transparence, d’intégrité et de responsabilité. Ceci passe notamment par une action résolue de prévention et de lutte contre les différentes formes de corruption, le blanchiment de l’argent sale et les divers types de fraudes.

L'ONG entend contribuer au développement de comportements éthiques, citoyens et responsables et, ce faisant, aux conditions de la confiance entre les différents acteurs de la société.

Sur mon blog : 


Juin 2011 : 72 entreprises font pression sur Bruxelles pour une politique climatique plus ambitieuse
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/72-entreprises-font-pression-sur.html

Novembre 2010 : La pratique de plaidoyer de 3 ONG (Amnesty International Section France, ATD Quart Monde et le Secours Catholique) qui luttent contre l’exclusion et la défense des droits de l’homme a été étudiée par Christèle Lafaye, juriste au Secours Catholique.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/11/le-lobbying-continue-susciter-des_03.html

Un livre qui vient de paraître (que je n’ai pas lu)

Rebuilding trust: How Siemens atoned for its sins. The Guardian. 26/03/2012 http://www.theguardian.com/sustainable-business/recovering-business-trust-siemens

  Fin

mardi 5 mars 2013

Les associations veulent continuer à peser sur le développement des territoires


Le web-documentaire séduit de plus en plus le secteur non-marchand.

En effet, France Active et la CPCA viennent à leur tour de diffuser un web-doc, qui met en valeur l’importance des associations dans le développement économique et social de nos territoires. Il a été imaginé très à propos à l’heure où se préparent les projets de loi relatifs à l’ESS et à la décentralisation.

Il est consultable au lien suivant :

http://webdoc-cpca.franceactive.org 

Il a été réalisé dans le cadre d’une journée, qui a réuni plus de 400 personnes au Ministère de l’Économie et des Finances, le 22 janvier dernier. Ce web-doc institutionnel propose des reportages et des interviews. 

Comme celles de Valérie Fourneyron, Ministre de la vie associative, de Marie-Guite Dufay, Présidente la région Franche-Comté, de Laurent Davezies, économiste. Gilles Vermot-Desroches de Schneider Electric donne également son témoignage.

Ainsi que des initiateurs de ce mouvement, Nadia Bellaoui, présidente de la CPCA, et Christian Sautter, Président de France Active.

Ce web-documentaire permet ainsi de faire connaître au plus grand nombre le rôle irremplaçable joué par les associations dans les dynamiques territoriales, tout en présentant des propositions d'évolution de leur cadre juridique et fiscal propres à favoriser leur développement.



Pour aller plus loin : 

La CPCA regroupe 16 coordinations nationales, représentant près de 700 fédérations, soit plus de 600.000 associations en France. Ces coordinations représentent la diversité du monde associatif et de ses champs d’intervention : éducation populaire, action culturelle, mouvement sportif, développement rural, solidarité internationale, droits des femmes, action sanitaire et sociale, vie étudiante, lutte contre les discriminations, défense des consommateurs, droits de l’homme, etc.

France Active est un réseau de proximité qui aide depuis 1988 les personnes en difficulté à créer leur entreprise individuelle. Il finance parallèlement les entreprises solidaires (insertion par l’activité économique, associations d’utilité sociale).

L’association France Active est le fruit des réflexions de plusieurs organisations fondatrices : la Fondation de France, le CCFD, le Comité Inter Mouvement d’Aides auprès des Evacués (CIMADE), le Fonds Social Juif Unifié (FSJU), la CDC, le Crédit Coopératif, la fondation MACIF et l’Agence pour la Création d’Entreprise (APCE).

Ci-dessous : capture du site


jeudi 9 février 2012

La Fondation Abbé Pierre mobilise les réseaux sociaux avec brio



Henri Grouès, plus connu sous le nom de l'abbé Pierre, a disparu en janvier 2007 à l'âge de 94 ans. Son aura avait donné lieu à la création spontanée de nombreux comptes Facebook, souvent à l’initiative de véritables fans. Or un de ses comptes a été brutalement supprimé par Facebook en novembre 2009, alors qu’il appartenait bel et bien à la Fondation Abbé Pierre.

Comptant plus de 600 amis selon l’AFP, ce compte servait à toucher une "nouvelle" population, notamment les jeunes, particulièrement concernés par les difficultés pour se loger et débattre avec eux.

Yves Colin, le directeur de la communication de la Fondation, a été pris au dépourvu, alors que cette désactivation est intervenue brutalement à l'entrée de l’hiver. Ce qui a poussé la Fondation Abbé Pierre à ouvrir une page dédiée dans les semaines suivantes. A cette époque, il existait une page non officielle, qui comptait près de 2.200 fans.

Deux ans plus tard, la Fondation Abbé Pierre a su rebondir, avec plus de 175.000 fans et 10.777 followers sur Twitter.

1

FONDATION ABBE PIERRE

178657

2

30 Millions d'Amis (Officiel)

94650

3

Fondation Cartier pour l'art contemporain

75725

4

GoodPlanet

30425

5

Fondation pour la Nature et l'Homme

19309

6

Fondation Prince Albert II de Monaco

18918

7

Fondation Brigitte Bardot

13737

8

Terra Nova Think Tank

6841

9

Fondation Groupama Gan pour le Cinéma

5776

10

Fondation d'entreprise Ricard

4980

11

Fondation Jean Jaurès

4450

12

Fondation France Libertés

3889

13

Fondation pour la Mémoire de la Shoah

3815

14

Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent

3788

15

Fondation Chirac

3675

16

Robert Schuman Frs

3226

17

Institut Montaigne

3060

18

Trophées des Associations (Fondation EDF)

2959

19

Fondation Yves Rocher - Institut de France

2822

20

Apprentis d'Auteuil

2628

21

Fondation Raoul Follereau

2456

22

La Maison rouge - Fond. Antoine de Galbert

1828

23

Fondation L'Occitane

1786

24

Fondation Clara

1699

25

Fond. Mouvement pour les Villages d'Enfants

1667

26

Fondation pour l'innovation politique

1598

27

Fondation Architectes de l'Urgence

1547

28

Fondation Alliance française

1337

29

Fondation Res Publica

1328

30

Fondation Orange

1231

31

Fondation Sebastien Grosjean

1166

32

Les petits frères des Pauvres

1113

33

Fondation PSA Peugeot Citroën

948

34

Fondation Maeght

946

35

Fondation Pour L'eau

929

36

Fondation Napoléon

862

37

Fondation Groupama pour la Santé

795

38

Fondation Bouygues Telecom

769

39

Fondation Hôpitaux

690

40

Fondation Casques Rouges

619

41

Trois-Mâts Belem

539

Leur nombre a même progressé de 82% entre le 5 janvier et le 9 février 2012...

Cette ascension fulgurante reflète la capacité des héritiers spirituels de l’Abbé Pierre d’inscrire la cause du logement dans le débat public. Cette action de plaidoyer exerce une pression directe sur les candidats à l’élection présidentielle et répond à une demande forte de la société.

Depuis mon dernier baromètre, en mai 2011, sauf erreur de ma part, le nombre de fans de la Fondation Abbé Pierre aurait été multiplié par 28. Cette page très populaire pourrait même bientôt représenter le double de celle de 30 Millions d’Amis.

La Fondation a su également bénéficier du soutien de personnalités très populaires comme Nolwenn Leroy (ou encore M, Zazie, Alain Souchon ou Laurent Voulzy), qui parle un langage simple. De même, Eric Cantonna met tout le poids de sa personnalité pour lutter contre le mal-logement et en faire une cause nationale.

Mais, tous ces nouveaux supporters traduisent aussi une professionnalisation de la Fondation dans le domaine de la communication.Diffusé depuis février 2011, le web-documentaire "A l'abri de rien" de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement a d’ailleurs remporté le Grand Prix Stratégies de la Communication éditoriale 2011.


A l'abri de rien - Premier webdoc sur le mal... par alternativeseconomiques

L’attention des français pour les problèmes sociaux se reflète aussi dans la progression d’autres fondations sur Facebook comme le think tank Terra Nova (X 7,8 depuis mai 2011), les Apprentis d’Auteuil ou la Fondation l’Occitane(X2).

La culture n’est pas en reste : Fondation Cartier pour l'art contemporain (X 4), Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent (X 3,6), tandis que l’environnement recrute beaucoup plus lentement ses fans (Goodplanet X 1,4 seulement, Fondation pour la Nature et l'Homme X 1,1).

Pour aller plus loin :

Le site de la Fondation et la pétition :

http://fondation-abbe-pierre.fr/index.php

Grand prix : les mal-logés à l'abri de la Fondation Abbé-Pierre

http://www.strategies.fr/actualites/marques/175693W/grand-prix-les-mal-loges-a-l-abri-de-a-fondation-abbe-pierre.html


Un évènement la semaine prochaine : comment les réseaux sociaux transforment l’action associative. 16/02/2012 à 16H00 à la Cantine.

4 associations présenteront leur stratégie web. Networked nonprofit », concept créé par Beth Kanter, spécialiste des ONG, désigne un mouvement de fond qui affecte durablement le milieu associatif : plutôt que de rester des « forteresses », les associations doivent s’ouvrir, dépasser la notion de membre et devenir des « plateformes » permettant à chacun de participer à la cause défendue.

http://cpca.asso.fr/actualite/evenements/networked-nonprofit-comment-les-reseaux-sociaux-transforment-laction-associative

Beth Kanter’s Blog : http://www.bethkanter.org/

31.01.2012. Logement : la Fondation Abbé Pierre interpelle les candidats

http://www.challenges.fr/economie/20120131.CHA9799/logement-la-fondation-abbe-pierre-met-les-candidats-au-pied-du-mur.html


Comment Emmaüs gère l'après Abbé Pierre par YesTheyCan