La Story a pour vocation à raconter l’actualité simplement, clairement et intelligemment. Chaque jour, la rédaction des Echos apporte son expertise, son vécu et son décryptage des événements.
Animé par Michèle Warnet, un épisode du 8 novembre dernier, dont le titre est « la finance verte est-elle un leurre ? » propose un tour de piste sur ce sujet. Il s’agissait aussi d’apporter un éclairage avant la COP 26.
Ce podcast dure 21 minutes.
Elle rappelle que la finance verte existe depuis longtemps.
Selon Morningstar, les actifs gérés de façon durable gérés dans le monde auraient été multipliés par 9 depuis 2010. Mais, on n’arrive toujours pas à savoir si ces fonds thématiques ont un impact réel sur les émissions à effet de serre. Sont-ils verts foncés ou verts clairs ?
Pour La Story, la réponse n’est pas évidente.
Il est en effet beaucoup plus facile de mesurer l’impact des actifs non cotés, comme dans le private equity.
Entré en vigueur en mars 2021 en Europe, le règlement SFDR entend clarifier la donne en incitant les asset managers à adopter les critères les plus élevés. Il définit notamment deux catégories de produits :
les produits qui promeuvent des caractéristiques environnementales et/ou sociales (produits dits « article 8 ») et ;
les produits qui ont pour objectif l’investissement durable (produits dits « article 9 »).
Mais, la liberté est laissée aux sociétés de gestion d’identifier les produits relevant des articles 8 et 9 du règlement SFDR et d’appliquer les exigences de transparence correspondantes prévues dans le règlement.
Une certaine hétérogénéité
Amélie Laurin, de la Rédaction, rappelle que les règles encadrant l’ISR sont assez floues. De ce fait, les régulateurs sont relativement désarmés pour faire au-delà du simple marketing le tri entre les financiers convaincus et les faux nez.
Certains gérants n’investiraient pas assez en recherche pour disposer d’une analyse de qualité.
Les choses pourraient changer car l’asset manager allemand DWS a été accusé de pratiques mensongères.
Il est en effet soupçonné d’avoir exagéré le caractère vert de certains de ses produits ESG.
Des enquêtes de la SEC, du DOJ et de la BAFIN sont en cours.
A l’origine, tout est partie d’une salariée, lanceuse d’alerte, qui a dénoncé selon elle une supercherie.
Le podcast des Echos se termine sur une note plus positive avec la manière dont le fonds souverain norvégien, la NBIM (Norges Bank Investment Management), gère ses actifs dans une optique volontairement à long terme.
Quand la TV s’en mêle
L’Œil du 20 Heures de France2 a lui aussi mis le projecteur le 7 décembre dernier sur le même sujet.
Les journalistes ont donné la parole à Lucie Pinson de l’ONG Reclaim Finance, qui décrit un système un peu anarchique dans lequel il est difficile de se retrouver.
Et la chaine publique revient des remarques de l’Inspection des Finances, qui considérait que le label ISR fournit à l’épargnant une promesse confuse.
Avec plusieurs risques :
que l’épargnant soit mal informé,
et que les analystes qui pratiquent l’ISR « dans les règles de l’art » soient finalement jetés comme le bébé avec l’eau du bain.
Interrogée par le 20 Heures, Michèle Pappalardo, qui vient d’être nommée présidente du comité du Label ISR, un nouveau référentiel plus exigeant est attendu à horizon 2022.
Les déboires d’Orpéa, groupe bien vu des analystes ISR, montrent qu’il s’agit d’un sujet de fond et que le processus d’amélioration continue n’est sans doute pas assez rapide.
Des pans entiers de l’économie sont associés depuis de siècles au pêché, comme le jeu, la pornographie, l’alcool, le tabac ou encore les armes. Bien que toutes ces activités soient parfaitement légales, leurs détracteurs se basent sur des critères moraux, sanitaires ou sociaux.
Là où le bât blesse, c’est que si le crime ne paye pas, le vice rapporte.
Il n’y qu’à voir la frénésie des joueurs dans un casino, qui repartent à poil pour avoir oublié que les algorithmes leur laissent peu d’espoirs de gains sur un plan statistique.
Que dit la recherche ?
Un ouvrage de Dan Ahrens publié en 2007 met même les pieds dans le plat avec son titre : "Investing in Vice: The Recession-Proof Portfolio of Booze, Bets, Bombs, and Butts ".
Ce qui peut se traduire ainsi « Un portefeuille à l’abri de la crise : des boissons alcoolisées, des paris, des bombes et du cul».
Il tente de convaincre les investisseurs de miser sur les travers de l’espèce humaine, l’hédonisme n’étant pas prêt de disparaître.
Publié en février, le « Yearbook » de Crédit Suisse, rédigé par trois chercheurs de la London Business School, a montré à partir de données boursières de longue durée que :
le tabac affiche la meilleure performance sectorielle aux Etats-Unis depuis 1900 avec un gain annualisé de 14,6 %
et que l'alcool s'illustre au Royaume-Uni avec un gain annualisé de 11,5%.
le secteur des boissons aux Etats-Unis sur 115 ans fait moins bien, en raison d’un passage à vide pendant la Prohibition de 1920 et 1933.
Des investisseurs satisfaits :
Le Crédit Suisse a comparé les performances d’univers d’investissement diamétralement opposés,
avec d’un côté un fond parfaitement cynique : le « Vice Fund », qui investit uniquement dans le tabac, l'alcool, les jeux ou encore l'armement.
et de l’autre, un fond socialement responsable (ISR) et soucieux de l’environnement.
Depuis 2002, dividendes réinvestis (cumulative returns),
la performance du « Vice Fund » parle d’elle-même : (10,000$ investis en 2002 sont devenus 33,655$ début 2015, malgré la dernière crise financière).
basé sur ces critères éthiques, le Vanguard Ftse Social Index Fund fait moins bien: USD 10,000 devenant USD 26,788
durant cette période, le SP500 a dégagé une performance se situant entre ces 2 fonds.
Une surperformance logique ?
les sociétés qui misent sur le « péché » bénéficient d'une demande robuste :
des consommateurs parfois dépendants.
le manque de perspectives lié à un environnement économique déprimé peut entraîner chez les consommateurs des besoins de se détendre à tout prix en suivant leurs penchants les « plus vils ».
Le caractère belliqueux de l’espèce humaine, une situation géopolitique tendue malgré la fin de la Guerre Froide, un sentiment d’insécurité.
Pour Gerald Sullivan, le gérant du fond, ces valeurs présentent aussi d’autres atouts :
Présentes dans le monde entier, elles profitent à plein de l’essor des pays émergents,
Elles comportent des barrières à l'entrée,
La hausse du prix de leurs produits ne fait pas forcément baisser les ventes : c’est le fameux «pricing power».
Elles génèrent beaucoup de cash-flow et versent des dividendes supérieurs aux autres secteurs.
On a aussi souvent accusé l’industrie du vice d’employer la manière forte pour protéger sa rente ou s’ouvrir des marchés, comme actuellement Phillip Morris en Uruguay.
Certains traits sont mis en avant :
des rapports parfois privilégiés avec les autorités politiques (ex. Club de fumeurs de cigare)
le financement de la communauté scientifique pour obtenir des études complaisantes.
le lobbying pour empêcher l’érection de normes moins favorables ou de nouvelles taxes.
et, cerise sur le gâteau, elles ont les reins assez solides pour payer, le cas échéant, les amendes, lorsque les procès aboutissent.
En 2012, la National Rifle Association Of America Political Victory Fund aurait versé 9,8 millions de dollars pour ne pas faire réélire Obama.
Contre exemples :
Le travail de la London Business School est intéressant. Toutefois, il faut se méfier des martingales.
En premier lieu, le Vice Fund représente un encours inférieur à 300 millions de dollars, une goutte d’eau par rapport à ce que pèse l’ISR.
En second lieu, une entreprise du péché peut aussi être mal gérée ou voir surgir de nouveaux rivaux.
Plusieurs casinos sont passés près de la faillite ces dernières années aux Etats-Unis, en raison de leur endettement excessif, de la concurrence asiatique et des paris en ligne, comme le Las Vegas Sands.
Et, certains fonds ISR dégagent des performances enviables.
De nombreux gérants ont ainsi évité d’investir dans une entreprise comme BP avant 2010, qui dans son secteur commençait à avoir mauvaise réputation.
BP fournit un bon exemple d’une industrie risquée, même si le secteur de l’énergie n’est pas considéré comme vicieux par nature.
En effet, BP a été reconnue responsable de l’explosion d’une plateforme pétrolière en Floride en avril 2010 et du décès de plusieurs employés.
La compagnie a été convaincue d’un manquement aux conditions de sécurité.
Son cours s’est effondré à l’époque dans des volumes considérables.
L’action du géant britannique n’a d’ailleurs jamais retrouvé ses niveaux d’avant Deepwater Horizon.
Dans ce cas, l’Etat américain n’a pas hésité pas à se servir de son bras séculier pour imposer sa vision de la Justice et obtenir des réparations. Certaines banques européennes « pécheresses » ont eu aussi à s’y frotter.
Pour aller plus loin :
Un péché à dimension variable
La sin industry rejoint peu ou prou certains des « 7 péchés capitaux » de la doctrine catholique comme la colère, la luxure, l’avarice (amour de l’argent) ou la gloutonnerie (gourmandise, ivrognerie).
On leur oppose notamment la chasteté ou la tempérance, cette dernière vertu étant justement à la base des Alcooliques anonymes.
Néanmoins, le vice est une notion fluctuante :
Les Européens sont ainsi plus réticents que les Américains à investir leur épargne dans le «complexe militaro-industriel ».
Le port d’arme est un droit constitutionnel aux Etats-Unis.
Si les grands contrats d’armement passent par la puissance publique, faut-il parler dans ce cas d’un péché d’Etat ?
Enfin, le tabac n’a été identifié comme un produit risqué aux Etats-Unis que tardivement, dans les années 60.
Certains Etats américains ont légalisé récemment la consommation de cannabis. Gerry Sullivan, gérant du Vice Fund, pense d’ailleurs que certains géants du tabac vont devenir les « Budweiser de la marijuana ».
En se basant sur l’addiction, le Vice Fund pourrait également se diversifier dans le café (Starbucks) et la téléphonie mobile.
Face à la mondialisation, qui impacte la société, la liste des péchés combattus par l'Eglise catholique se serait allongée en 2008, avec
la consommation de drogues,
les manipulations génétiques,
la pollution,
et les injustices économiques.
Mgr Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique, un corps du Vatican qui rend des décisions sur des sujets de moralité et qui attribue des absolutions, a ainsi déclaré :
"Alors que le péché concernait jusqu'à présent plutôt l'individu, aujourd'hui, il a une résonance sociale, en raison de la mondialisation. L'accroissement des différences sociales et économiques entre les riches et les pauvres responsable d'une insupportable injustice sociale »
Le « Vice Fund »,
Renommé depuis peu pudiquement « Barrier Fund ». Est géré par USA Mutuals. Ses principales participations sont actuellement Boeing, Raytheon Co, Lockheed Martin, Constellation Brands, MGM Resorts International, Las Vegas Sands Corp., Galaxy Entertainment Group Ltd (à Macao), Altria Group, Lorillard, Philip Morris International, Reynolds American Inc.
http://www.vicefund.com/
France 2 a diffusé début mai le deuxième
des huit numéros de "Cash Investigation", la nouvelle
émission d'enquêtes de France Télévisions présentée par Elise Lucet. Ce second
opus s'est penché sur quelques entreprises françaises, qui seraient devenues en
greenwashing. La question de l’ISR y est aussi abordée avec le même angle.
L’équipe de "Cash Investigation" s'est ainsi attaché à relever les contradictions du Crédit Agricole, qui malgré un discours en faveur de l’environnement, illustré par quelques initiatives pionnières, investit toujours dans les énergies fossiles : plate-forme pétrolière au Groenland, financement de l’exploitation du sable bitumineux,…
Et, dont le budget communication verte est très élevé en temps de crise.
Des contradictions sans doute inhérentes à une entreprise de cette taille et assez caractéristique du secteur bancaire international, telles qu’elles sont pointées du doigt par les Amis de la Terre.
Mais, France 2 a sans doute ciblé la Banque verte, en raison de son récent partenariat avec le WWF France, qui lui permet de communiquer en utilisant le logo de l’ONG.
Ce dernier présente l’avantage d’être considéré comme un quasi label par les Français, qui ignorent la façon dont il est délivré.
Leur accord avec l’établissement financier s’élève à 400.000 euros par an pendant 3 ans. Alors que France 2 s'est procuré des documents internes au WWF, l'ONG ressort dans ce reportage en position défensive. Le film donne l'apparence d'un grand écart entre la sélection de ses partenaires corporate et son projet associatif.
Comme le montre le documentaire, dont un extrait figure ci-dessous, l’interview du WWF par la journaliste Elise Lucet s’est mal passée.
Sur ce blog : Le WWF France fait un premier bilan de ses partenariats avec les entreprises 19/01/2010 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/01/le-wwf-france-fait-un-premier-bilan-de.html Rapport Relations Entreprises 2010-2011 du WWF France http://www.wwf.fr/partenariats-entreprises/actualites-de-nos-partenariats/le-wwf-france-et-les-entreprises-bilan-de-l-annee-2010-2011 Sur la même émission TV, sur les contradictions de l’ISR : 5 mai 2012.
La réponse de Novethic. « Pourquoi le label ISR Novethic n'est pas du greenwashing » « France 2 a diffusé le 4 mai au soir une nouvelle émission Cash Investigation consacrée au «greenwashing». Une longue séquence sur le label ISR attribué par Novethic aux fonds ISR y figurait, assimilant ce label aux tampons placés sur les produits de grande distribution attestant de qualités vertes souvent inexistantes. Le label ISR attribué par Novethic n'appartient pas à cette catégorie puisqu'il porte sur les processus de gestion et leur transparence. Il n'est pas un label de qualité environnementale mais un label attestant que la gestion financière intègre vraiment des critères environnementaux sociaux et de gouvernance. Insuffisant ? Surement. Inutile et mensonger ? Surement pas. »
Pour lire la suite La vidéo officielle du partenariat WWF/Banque verte : http://www.credit-agricole.com/Les-videos-Credit-Agricole/(video)/10508
Lors de ses derniers résultats trimestriels, le 11 mai dernier, le Crédit Agricole a insisté sur son impact sociétal : Le fonds Livelihoods, créé par Crédit Agricole S.A. et Danone fin 2011 avec deux autres partenaires s'est élargi début 2012 à deux nouveaux actionnaires de référence. Livelihoods est un fonds de compensation carbone au service des communautés rurales des pays du Sud, qui agit pour la restauration et la préservation d'écosystèmes naturels, l'agroforesterie et la restauration des sols par des pratiques agricoles durables et des projets d'accès à l'énergie rurale évitant la déforestation. Crédit Agricole S.A. a célébré en mars 2012 les quatre ans de la Fondation Grameen Crédit Agricole, créée en 2008 avec le Professeur Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006 et fondateur de la Grameen Bank. La Fondation est devenue un acteur reconnu de la Microfinance et un pionnier du Social Business. La Fondation Grameen Crédit Agricole entend aller plus loin dans ce domaine et prévoit de créer le premier fonds entièrement dédié au Social Business, qui lui permettrait d'associer des investisseurs socialement motivés à son action : le fonds Grameen Crédit Agricole. Crédit Agricole S.A. a été co-chef de file et teneur de livre du premier placement public d'un « Sustainable Bond » ou émission obligataire environnementale et socialement responsable sur le marché de l'euro, le 20 mars 2012, pour le compte de la Région Ile-de-France. Cette émission, d'un montant de 350 millions d'euros sur une durée de 12 ans avec un coupon annuel de 3,625 %, a suscité un vif intérêt de la part des investisseurs. Les capitaux levés permettront de financer des projets exemplaires sur le plan social et environnemental dans des domaines tels que l'énergie, les transports, la protection des milieux naturels, le logement social, les structures d'accueil des personnes les plus fragiles et le développement économique, social et solidaire. Cette opération illustre la volonté de Crédit Agricole S.A. de conforter son statut de référence en matière d'ISR. Crédit Agricole S.A. indique qu'il fait partie, pour la cinquième année consécutive, des Global 100 Most Sustainable Corporations in the World et y a été classé 16e entreprise mondiale et deuxième française lors du Forum économique mondial de Davos le 25 janvier 2012. Crédit Agricole S.A. souligne qu'il fait aussi partie des quatre principaux indices extra financiers de référence : l'ASPI Eurozone depuis 2004, le FTSE4Good depuis 2005, le Dow Jones Sustainability Index (DJSI) depuis 2008 et le STOXX Global ESG Leaders depuis 2011.
Une enquête auprès de 11.196 organisations à but non lucratif a été réalisée aux Etats-Unis début février 2011. Il en ressort que 89% de ces OSBL utilisent actuellement Facebook contre seulement 74% en 2009. Au total, cela représente plus de 71 millions de fans, certains d’entre eux pouvant aimer plusieurs associations. A comparer à un peu plus de 150 millions d’abonnés à Facebook aux Etats-Unis.
La taille moyenne de leurs communautés virtuelles s’établit à 6.376 fans, en hausse de 161% en un an (2.440 un an plus tôt). Cette envolée est en partie trompeuse. Le nombre moyen de fans avait en effet fortement chuté lors du précédent pointage début 2010, du fait de l’arrivée de nouveaux entrants sur Facebook, qui avaient fait baisser mécaniquement les statistiques (5.391 en moyenne en 2009).Ces associations novices sur le réseau social ont donc effectué l’année suivante un recrutement actif.
Dans le détail, il apparait que les associations environnementales et de défense des animaux recueillent le plus de suffrages avec en moyenne 8.490 fans sur Facebook. Une ONG comme PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) est ainsi plébiscitée (1,13 million de fans). Sans oublier, sur Twitter, plus de 167.000 abonnés.
Twitter (57% des assos l’utilisent) et Linkedin (30%) sont aussi prisées par l’univers associatif. 47% des associations se servent également de YouTube pour partager des vidéos.
Facebook est privilégié, car le nombre d’internautes qui y sont actifs continue de progresser, malgré une absence en Chine. Les pages les plus populaires sur Facebook ont tendance à voir le nombre de leurs fans s’accroitre naturellement de quelques pourcents tous les mois.
L’étude note que Twitter fait du sur place avec une hausse du nombre moyen de followers de 2% seulement en un an, après il est vrai une multiplication par 5 en 2010. Vidéo : quelques recettes de Randi Zuckerberg de la société Facebook : utilisation du réseau par des non profit.
Seulement 13% des sondés indiquent avoir développé un réseau social interne (House Social Networks), contre 22% en 2010, ce qui reflète les difficultés de mise en place et d’animation d’un tel système. L’étude donne également d’autres indications sur certains critères influant sur la stratégie Internet des associations, comme l’incidence de leur taille, l’importance des effectifs mobilisés sur cette action de communication (en temps homme) et la volonté d’analyser ou non le retour sur investissements (ROI) de ces initiatives.
Cette volonté de dialoguer avec son public et ses parties prenantes marque une convergence avec les stratégies suivies par certaines marques de grands groupes industriels. Le social networking modifie la perception de l’association en lui donnant parfois un coup de jeune et constitue un bon outil collaboratif (plaidoyer, mobilisation des sympathisants, recrutement). Twitter peut aussi se révéler un outil précieux en cas de crises humanitaires ou révolutions politiques.
La bonne exploitation du potentiel des réseaux sociaux peut permettre de lutter contre l’érosion naturelle des fichiers de donateurs, utilisés pour des emailings, dont un certain nombre s’évaporent chaque année.
Le réseau social s’adresse également à une nouvelle frange de la population, notamment en termes d’âge. Ceux que certains appellent la Génération Post-it, capables de réagir très vite, mais parfois infidèles. De quoi espérer compenser en partie la chute des dons en provenance de l’Etat. Une communauté vivante et réactive peut aussi séduire certains mécènes du secteur privé.
L’étude ne mentionne pas les risques liés aux réseaux sociaux. L’association Girl Scouts of the USA, très critiquée par d’autres ONG et par des internautes, a indiqué cette semaine qu’elle était ouverte aux interactions et aux échanges de vues, mais qu’allait retirer les commentaires non respectueux de sa page Facebook. Et qu’elle ne tolèrerait ni les attaques personnelles, ni le langage déplacé, ni le spamming et le bombardement de posts.
Les réseaux sociaux sont une vitrine difficile à cadenasser. Et, il faut parfois du temps pour en maîtriser les codes.
En France, les chiffres sont plus modestes, compte tenu du faible nombre de personnes parlant la langue de Molière.
L’AFM Téléthon (l’Association Française contre les Myopathies) dénombre 84.300 admirateurs sur Facebook et 1.050 suiveurs sur Twitter. Greenpeace France compte pour sa part plus de 79.500 fans, 30.900 followers et indique 2,3 millions de pages vues sur DailyMotion.
A partir d’un échantillon représentatif de 103 associations, une enquête IFOP-Agence Limite indiquait fin 2010 que seules 3.75% des pages créées par des associations françaises sur Facebook dépassaient 50.000 fans et seulement 2 ONG plus de 5.000 followers. - Vidéo de Global Mag (Arte TV) du 11 mars 2011
Les instituts de sondages permettent de connaître les marques préférées des citoyens pays par pays. Mais ces classements peuvent varier selon les questions posées et les sondés. Dans le Monde Economie du 5 avril 2011, il ressort que les marques préférées des étudiants d’école de commerce et d’ingénieurs sont LVMH et L’Oréal d’une part, EADS et Thalès d’autre part. La question de préférence est donc relative.
Mais, pour prendre de la hauteur, la fonction « like » de Facebook permet de dresser gratuitement un tableau grandeur nature de la popularité sur la toile de personnes physiques ou morales. Le bouton Like figure souvent en page de garde du site internet des marques et des entreprises. Cette option permet de devenir instantanément « fan » de la marque, un anglicisme, qui marque l’admiration et l’appartenance à une sorte de communauté virtuelle.
Mais, ce réseau social induit de nombreux biais, notamment l’hégémonie des marques made in USA. Il existe 155 millions d’adeptes de Facebook aux Etats-Unis. Les 6 pays suivants, l’Indonésie (35 millions), le Royaume Uni (30 millions), la Turquie (28 millions), l’Inde (23.1 millions), le Mexique (22.8 millions) et la France (22 millions) ne représentent que 160 millions d’utilisateurs... Il existe d’autres travers : des internautes plus jeunes que la moyenne et plus urbains, forte présence des firmes B to C et des produits hédonistes (chocolat, bonbons, boissons, voyages) ou communautaires (clubs de foot).
En outre, l’existence ou l’inexistence d’une stratégie de valorisation de la marque avec une équipe de community managers peut doper les chiffres ou accentuer la collecte de fans. A l’occasion de la création de sa page officielle sur Facebook, Massey Ferguson France, partenaire de l’opération Pièces Jaunes depuis 2010, en a profité pour une campagne de promotion. Ce fut l’opération « 1.000 fans Massey Ferguson sur Facebook, c’est 10.000€ pour les Pièces Jaunes », un seuil symbolique qui a été atteint fin février 2011.
En France, quelques pages font la course en tête comme Oasis, « Je ne veux pas vivre sans musique » et Disneyland Paris. Dans le monde entier, les pages préférées sont Texas Hold'em Poker et Facebook.
Face à cette situation, où les grosses écuries trustent le podium, il m’a paru intéressant de regarder la taille du fan club de « marques alternatives », qui ont marqué l’histoire récente. Ces marques pionnières et souvent militantes se sont engagées dans des tentatives de capitalisme doux, qui respectent les parties prenantes, comme les fournisseurs, ou la biodiversité, ou qui reversent une partie de leurs bénéfices à des causes ou des ONG. S’y ajoutent également quelques initiatives intéressantes dans le recours à des produits naturels ou de proximité.
Bien que certains précurseurs soient tombés dans l’escarcelle de grands groupes (comme Ben&Jerry avec Unilever ou Edun avec LVMH), leur popularité est très élevée. Leur image n’a donc pas été cassée, même si ces gestionnaires de ces entreprises subissent désormais la pression de la publication de comptes trimestriels.
Ces marques lancées parfois sur une base artisanale par des personnalités souvent charismatiques et capables de faire bouger les lignes, comme Bono ou Anita Roddick, ont su conserver une forte visibilité. Les moyens financiers et le savoir faire des multinationales leur a peut être aussi dans certains cas permis un changement d’échelle.
Le tableau qui suit reprend différentes pages Facebook recensant plus de 3.000 fans. Cette liste est loin d’être exhaustive, compte tenu des difficultés de repérer les nombreuses start up de l’éthique dans certaines régions du monde, comme en Asie. De plus, certaines entreprises géantes reçoivent régulièrement des lauriers, comme Schneider Electric, Johnson Controls ou Tesco. D’autre ont entamé des démarches de RSE très poussées, parfois en partenariat avec des associations.
Nom de la marque
Nombre de Fans
1
National Geographic
5 135 229
2
Pepsi Refresh Project
3 512 000
3
Ben & Jerry's (Unilever)
2 516 790
4
QuikSilver
1 050 000
5
The North Face
981 000
6
Whole Food Market (distribution, USA)
525 000
7
Rip Curl
511 350
8
United Colors of Benetton
365 600
9
Timberland
351 484
10
The Body Shop International (L'Oréal)
333 684
11
Burt’s Bees (cosmétique, Etats-Unis)
298 944
12
Arte (TV)
263 800
13
IKEA
243 908
14
Toyota Prius
225 202
15
Lush Cosmetics
157 000
16
Natural clothing (Etats-Unis)
136 000
17
Florida's Natural (ccopérative, jus d'orange)
133 000
18
e.l.f. Cosmetics (Etats-Unis)
131 000
19
Yves Rocher
109 188
20
Wegmans (distribution, USA)
94 000
21
Patagonia
88 095
22
L'OCCITANE en Provence - USA
87 235
23
The Natural Confectionery Co (bonbons, Cadbury Schweppes)
Je n’ai reporté dans le tableau que la page ayant le plus de fans. Certaines enseignes disposent en outre de pages Facebook dans chacun de leurs grands marchés, comme Ben & Jerry (plus de 100.000 fans en France et en Grande-Bretagne), The Body Shop (82.000 fans aux Etats-Unis et 41.000 en Malaisie), Yves Rocher (55.000 en Allemagne), etc.
Il est probable que la perfection n’existe pas. Plus l’entreprise est importante et diversifiée, plus son environnement est complexe et les parties prenantes nombreuses. Ainsi, Ikea qui fait partie des entreprises chouchou dans le monde a pu être accusée en 2010 de destruction sans autorisation d’espèces protégées et de leurs habitats dans le sud de la France.
De même Benetton a été attaquée par l’association PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) jusqu’à ce qu’elle accepte l’accord AWGA (Australian Wool Growers Association). La firme de toutes les couleurs a aussi été critiquée pour des achats massifs de terres en Argentine.
La plupart des activités humaines figurent dans cet inventaire : alimentation, vêtements, cosmétiques, automobile, banques, tourisme, etc. Ce qui signifie que l’utopie des pionniers a fini par trouver des débouchés dans toutes les activités humaines.
Des succès qui peuvent sans doute aussi pousser les acteurs plus traditionnels à leur emboiter le pas. Non pas en faisant du « me too », mais en s’adaptant à la nouvelle donne avec sa propre culture d’entreprise. Et, éventuellement en recrutant les compétences manquantes.
National Geographic, dont le slogan est "inspiring people to care about the planet since 1888" bénéficie non seulement de l’intégrité et la qualité des ses publications, mais aussi de sa déclinaison dans d’autres langues que l’anglais. Outre la qualité esthétique exceptionnelle de ses photos, l’autre point fort du magazine est de relater les projets d'expéditions ou de recherche financés par la National Geographic Society.
The world's most unethical companies have been compiled by Swiss research company Covalence in their 2010 annual review of multinational corporations. The research company examined both quantitative and qualitative data of over 581 companies. These companies were rated using 45 different criteria including a companies human rights record and labour standards. http://www.actionforourplanet.com/#/top-10-unethical-companies/4545796858
The Body Shop USA STOP Campaign, 83.000 fans sur Facebook