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lundi 2 septembre 2024

Les origines de l’urbanisme favorable à la santé en vidéos


L'urbanisme favorable à la santé (UFS) trouve ses racines dans des préoccupations historiques concernant la santé publique et l'environnement urbain. Son évolution a suivi les grandes transformations économiques, sociales et technologiques des sociétés, tout en s'adaptant aux défis de chaque époque. 

Sans remonter à l’Antiquité, en voici quelques grandes dates : 

1. Révolution industrielle et hygiénisme 

Avec la Révolution industrielle et l’exode rural, les villes ont connu une croissance rapide et souvent désordonnée, menant à des conditions de vie insalubres. La surpopulation, les logements précaires, l'absence d'infrastructures de gestion des déchets ont contribué à l'apparition d'épidémies. A noter également la mauvaise qualité de l'air, liée à l’usage intensif du charbon. 

Le mouvement hygiéniste au XIXème siècle s’est développé à peu près au même moment dans de grandes villes, dont Paris, avec le Baron Haussmann. Les réformateurs comme Edwin Chadwick (1800-1890) en Angleterre ont plaidé pour l'amélioration des infrastructures sanitaires, notamment l'approvisionnement en eau potable, l'évacuation des eaux usées et la réduction de la densité des habitations.

  

Exemples d'urbanisme hygiéniste : 

Les premières réglementations sur l'assainissement, la création de systèmes d'égouts, et la conception de parcs publics pour améliorer la qualité de l'air et offrir des espaces de loisirs aux citadins (comme Central Park à New York, achevé en 1873 après seize années de travaux conçu par Frederick Law Olmsted).

  

Naissance de l’urbanisme à Barcelone 

 

2. Mouvement des cités-jardins (début du XXème siècle) 

Face aux problèmes sociaux et sanitaires des villes industrielles, des alternatives ont été proposées pour concilier urbanisation et bien-être. Ebenezer Howard (1850-1928), un urbaniste britannique, a développé le concept des cités-jardins. 

Les cités-jardins étaient conçues pour être des villes autonomes, combinant les avantages de la vie urbaine (emplois, services) et ceux de la campagne (air pur, espaces verts). Elles devaient être entourées d'une ceinture verte, avec des zones résidentielles aérées, des jardins et des parcs. Ce modèle a inspiré de nombreuses initiatives, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Il a favorisé l'idée que l'urbanisme devait offrir un cadre de vie sain, avec des espaces ouverts et des zones pour l'activité physique.

  

3.Modernisme et urbanisme fonctionnel (1920-1970) 

Le début du XXème siècle a vu l'émergence de nouvelles idéologies en matière d'urbanisme, influencées par l'essor du modernisme et des progrès technologiques. L'urbanisme fonctionnel, promu par des architectes comme Le Corbusier (1887-1965), prônait la séparation des fonctions urbaines (résidentielle, commerciale, industrielle) pour rationaliser l'espace. Le Corbusier a proposé des modèles comme la « cité radieuse », construite à partir de 1945, avec de hauts immeubles entourés de grands espaces verts pour maximiser l'air et la lumière. 

  

Contrairement à cette vidéo, qui est très positive, les grands ensembles qu’il a inspirés, souvent construits en périphérie des villes, ont parfois été associés à des problèmes sociaux, tels que l’isolement et la dégradation des conditions de vie. 

Urbanisme de l'automobile 

L'après-guerre a vu l'expansion des banlieues, avec des développements axés sur la voiture, souvent au détriment de la marche et des transports en commun. Bien que cela ait amélioré certaines conditions de vie, cela a aussi engendré des problèmes de sédentarité, de pollution et de déclin des centres-villes.

 

1952 : le Grand smog 

 

4. Réforme urbaine (années 1970-2000)

À partir des années 1970, une prise de conscience croissante des problèmes environnementaux et des effets négatifs des modèles d'urbanisation basés sur le tout automobile a émergé. 

Les concepts de développement durable ont commencé à s'imposer. 

  • Planification durable : L'accent a été mis sur la création de villes plus compactes et mieux connectées, favorisant la marche, le vélo et les transports en commun, tout en réduisant l'empreinte écologique des villes. Le tournant majeur dans l’émergence de l’urbanisme durable remonte à 1987 avec la publication du rapport Brundtland. Intitulé « Notre avenir à tous » 
  • Infrastructures vertes et résilience : De nouvelles approches comme l'intégration d'infrastructures vertes (parcs, corridors écologiques) ont été développées pour améliorer la qualité de vie, gérer les inondations et réduire les îlots de chaleur en milieu urbain. 
  • Écoquartiers : Des projets de rénovation urbaine et des écoquartiers (comme celui de Vauban à Fribourg en Allemagne) ont cherché à démontrer qu'il était possible de créer des quartiers autonomes, écologiquement responsables et favorables à la santé.

 
  

 

5. L’urbanisme favorable à la santé 

Plus récemment, les crises de santé, telles que l'obésité, les maladies respiratoires dues à la pollution de l'air, et les impacts de la crise climatique, ont accéléré ces tendances. Le concept d’urbanisme favorable à la santé (UFS) a été initié en 1987 par le Réseau des villes santé de l’OMS Europe et formalisé en 2000 dans le guide “Pour un urbanisme centré sur les habitants”. L’idée est que les choix d’aménagement peuvent avoir un impact significatif sur le bien-être et la santé des populations. 

• Minimiser les risques : pollution, bruit, chaleur, etc 

• Protéger et prévenir : avoir une eau de baignade, planter des arbres, favoriser la mixité sociale, etc 

En France, l’UFS a été soutenu par le ministère de la Santé est développé dans la recherche et la formation, notamment à l’École des hautes études en santé publique (EHESP). 

 

Quelques pistes : 

- Concept de "ville 15 minutes" : Le concept popularisé récemment vise à rendre la ville plus résiliente et agréable à vivre en garantissant que tous les services essentiels (travail, soins, éducation, loisirs) sont accessibles à pied ou à vélo en moins de 15 minutes. 

- Smart cities et technologies : L’intégration des technologies dans les infrastructures urbaines, comme les capteurs de qualité de l'air, les applications de mobilité partagée et les réseaux intelligents, contribue à améliorer la santé des habitants en optimisant la gestion des ressources et en réduisant les risques environnementaux. 

- Épidémies et urbanisme : La pandémie de COVID-19 a accentué l'importance de repenser l'espace public pour réduire la transmission des maladies, avec un retour des réflexions sur l'hygiène, la densité urbaine et l'accès à des espaces ouverts et sains. 

On le voit, l'urbanisme favorable à la santé s'inscrit dans un continuum historique qui reflète l'évolution des préoccupations sanitaires, sociales et environnementales liées à la ville. 

Aujourd'hui, l'urbanisme favorable à la santé (UFS) est un domaine multidisciplinaire qui mobilise à la fois la planification urbaine, la santé publique, l'écologie et les sciences sociales pour améliorer la qualité de vie des populations urbaines. 

Pour aller plus loin : 

Quand l’urbanisme se met au service de la santé et du bien-être 

https://bit.ly/473h8vQ 


Le Monde (2020) : « Peste, choléra, tuberculose… les épidémies ont modelé nos villes » 

https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2020/03/30/comment-les-epidemies-ont-modele-nos-villes_6034868_4811534.html 

Histoire des pavés parisiens :

 

lundi 15 janvier 2024

L’inflation vient rogner les velléités environnementales des salariés


Un sondage de l’IFOP pour l’Opinion et Zurich Insurance Group a été publié en décembre 2023. Il portait sur ce que pensent les salariés de la transformation écologique de l’entreprise. Il en ressort par rapport à la première vague de 2022 que les questions de pouvoir d’achat redeviennent prioritaires par rapport aux vœux qui consisteraient de sauver la planète. 

Face à l’inflation, 57% des sondés expriment le souhait que la France accorde une importance accrue au pouvoir d'achat et au partage de la valeur, une augmentation de 5 points par rapport à l'année précédente. 

Bien que les enjeux environnementaux demeurent importants, ils semblent perdre de leur prééminence face aux préoccupations liées à la stabilité financière. 

  •  Le bien-être au travail reste la principale préoccupation des salariés du secteur privé (65%), 
  • La rentabilité de l'activité prend la deuxième place avec 53%, marquant une augmentation de 5 points par rapport à 2022. 
  • Le partage de la valeur occupe la troisième position (32%), 
  • tandis que la réduction de l'impact environnemental quitte le podium, citée par 29% des personnes interrogées, contre 33% en novembre 2022. 

La préservation du pouvoir d’achat est plébiscitée par 57% des sondés, l’autre alternative, un pays cherchant à préserver les ressources recueillant 43% des réponses (48% en 2022). 

75% des répondants refuseraient une nouvelle charge sur leur salaire pour financer la transition écologique. Le mécénat n’est pas non plus vu comme prioritaire. 

Comme en 2022, la nécessité de transformer les entreprises est toujours reconnue par 39% des salariés. Cependant, un certain scepticisme émerge avec 30% exprimant une méfiance croissante envers ces discours, une augmentation de 6 points. La notion de transformation est toutefois majoritairement associée à des termes positifs pour 65% des sondés (69% en 2022). 

Les salariés français restent engagés dans l'accompagnement de la transformation de leur entreprise, avec 96% prêts à participer à au moins une action proposée, et 82% à au moins trois. Ils attendent également des actions concrètes de leur entreprise, notamment 

  • qu’elle réduise son empreinte carbone (41%, -4pts vs 2022) 
  • et qu’elle les implique davantage dans son fonctionnement (36%, +2pts). 
  • Cependant, la préoccupation environnementale recule : l’adhésion au principe pollueur-payeur passe de 88% en 2021 à 65% en 2023. Cette question recueille davantage de réponses positives chez les sympathisants de gauche et au sein de la majorité présidentielle. Et 55% chez les sympathisants Reconquête et RN 

Dans le contexte de la transition écologique, 

  • les salariés estiment toujours que les dirigeants d'entreprise (56%, -2pts) sont les mieux placés pour conduire la transformation. 
  • Cependant, on observe une résurgence de l'importance accordée à l'État, avec 46% des salariés estimant qu'il doit jouer un rôle prioritaire dans la transformation des entreprises pour une transition écologique, soit un bond de 13 points par rapport à 2022.
Plus ennuyeux, 
  • 76% des salariés du privé estiment qu'il existe un écart entre le discours affiché par leur employeur et les actions effectivement mises en place, avec 32% considérant cet écart comme important. 
  • Cela concerne notamment 34% des 35 ans et plus et 37% des cadres. 
  • Pour 60% de ceux qui perçoivent cet écart, cela pose un problème, soulignant l'importance de garantir un engagement concret au moins aussi important que celui des employés. Chez les sympathisants majorité présidentielle, ce ne sont que 47% qui le pensent. 
Pour aller plus loin :
 
L'analyse de l'Opinion

 
Les données brutes :

 
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lundi 17 juillet 2023

L’économie de la fermeture accompagne l’abandon des activités devenues indésirables

 

L’Accord de Paris sur le climat de 2015 implique des choix douloureux. Certains pans d’activité sont appelés à devenir marginaux. La voiture électrique va ainsi réduire progressivement la consommation de pétrole.  Comment s’y préparer ? 

Les entreprises les plus impactées par la transition environnementale ne peuvent pas rester les bras croisés. 

On parle même dans le monde financier d’ «actifs échoués » ou en anglais de « stranded assets ». 

 Quelles peuvent en être les causes du déclin de ces actifs : 

  • Des risques physiques, comme le stress hydrique ou l’impossibilité de poursuivre certaines activités situées dans des zones caniculaires. 
  • Durcissement des réglementations : lutte contre la pollution de l’air,… 
  • Des risques technologiques : baisse du prix des énergies renouvelables. 
  • Des risques sociétaux : honte de prendre l’avion. 
  • Des poursuites judiciaires. Outre les énergies fossiles, d’autres filières sont concernées comme les stations de ski. 

En 2020, Luchon Superbagnères avait fait scandale en utilisant un hélicoptère pour déplacer des tonnes de neige pour les déposer sur les pistes. 

Une stratégie de rupture 

Il faudra sans doute une génération pour que la Pologne abandonne le charbon. Les départs à la retraite vont faciliter ce processus. Mais, les résistances sont très fortes. A Varsovie, le charbon est assimilé à la notion d’indépendance nationale. 

Et, selon certains spécialistes, les mineurs font partie des métiers les plus admirés en Pologne : ils sont la quatrième profession la plus respectée — après les pompiers, les infirmières et les ouvriers qualifiés. Loin devant les médecins. On retrouve aussi une forte appétence pour le charbon en Chine et en Australie, même si dans ce dernier pays, le gouvernement vient de changer. 

La volonté de sauvegarder l’emploi constitue d’ailleurs souvent la principale explication de l’inertie. Pourtant, plus le temps passe, plus l’addition sera douloureuse. Les autres aspects à considérer sont la réhabilitation des sites délaissés et la préservation de la biodiversité. La transition écologique demande donc de nouvelles compétences. 

De nouveaux métiers 

Le Master of Science "Strategy & Design for the Anthropocene" est une formation lancée en octobre 2020. Ce diplôme vise à former à la "redirection écologique", arguant de l’échec des approches inspirées de la croissance verte. Elle est proposée conjointement par l'ESC Clermont BS et Strate Ecole de Design Lyon. 

Ses fondateurs intègrent dans leur cursus le constat des limites planétaires. Leur leitmotiv est que les entreprises, les territoires, les politiques publiques locales doivent s’aligner sans tarder pour éviter la réalisation du scénario le plus pessimiste du GIEC. 

Les étudiants font leurs armes sur le terrain, comme lors d’un déplacement dans la Vallée de la Chimie, au sud de Lyon, ou encore à Chastreix, une station de ski qui culmine à 1.050m d’altitude dans le Puy-de-Dôme. L’ethnographie fait en effet partie intégrante des cours, au même titre que d’autres disciplines comme le « design fiction » ou le « design spéculatif ». 

Si cette « écologie de la fermeture » peut choquer certains, car elle remet en cause des modes de production séculaires, qui ont contribué à une forme de progrès, elle a pour mérite de dresser une feuille de route pour que les activités non désirables et les salariés qui en vivent ne finissent pas violemment dans le mur.

 

  

 Pour aller plus loin : 

Quand les entreprises réorientent leurs activités face au climat

http://bit.ly/3KmYghz 

Le Monde. Mai 2023 ; Alexandre Monnin : « Compte tenu du réchauffement climatique, le renoncement n’est plus perçu comme un mot repoussoir » 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/05/15/alexandre-monnin-compte-tenu-du-rechauffement-climatique-le-renoncement-n-est-plus-percu-comme-un-mot-repoussoir_6173480_3232.html 

jeudi 29 juin 2023

Comment les petites communes veulent sauver leur dernier bistrot


Le nombre de débits de boisson serait passé de 200.000 en 1960 à 34.880 en 2020. Le bistrot est souvent le dernier commerce présent au cœur des villages en voie de désertification. 

Selon l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), 26.000 communes n’avaient pas de café en 2018. 

Signe qui ne trompe pas, la réouverture des cafés et des terrasses après les confinements a été saluée par la population. Considérant qu’il s’agit de « lieux de convivialité », le Sénat cite un sondage de l’IFOP de 2018 en marge d’un projet de loi : 

90% des Français considèrent que, dans une commune rurale, la présence d'un CHR contribue à la vie économique et au lien social, à la capacité d'une commune à garder ses habitants, à l'attractivité touristique, à l'installation d'autres commerces, et à la création d'emplois. 

C’est pourquoi de plus en plus de communes se mobilisent pour leur maintien ou leur réouverture. Un coup de pouce se révèle souvent indispensable pour valider le concept, car la fermeture du café peut aussi avoir des raisons profondes : désertification, achat d’alcool dans la grande distribution, mono-activité, coût des remises aux normes,… 

Rachat de licence

A 35 km de Toulouse, le maire de Toutens (400 habitants) a convaincu le conseil municipal qu’il fallait racheter la licence d’un restaurant, qui affichait porte close. L'objectif était de préserver la Licence IV pour la mettre à disposition d'un futur projet de bistrot dans le village. 

En attendant de trouver un repreneur, la municipalité a donc décidé d'exploiter la licence au moins une fois par an. Elle a ainsi conclu une convention avec le club de pétanque local pour assurer cette exploitation. Une membre du club s'est même portée volontaire pour suivre une formation, ce qui est obligatoire. La Licence IV sera exploitée dans la maison des associations, qui a été aménagée avec un bar pour assurer le service de boissons. 

De même, à Breteuil dans l’Eure, la commune a investi 9.500€ pour mettre la main que la Licence IV d’un débit de boisson situé sur la commune et placé en liquidation judiciaire. Ce rachat s’est fait aux enchères au mois de mai dernier. A Breteuil, cette licence a vocation à être plus tard rétrocédée à un futur exploitant. 

Il faut dire que : 

  • une licence de débit de boissons de 3ème ou 4ème catégorie qui n’est plus exploitée depuis plus de 5 ans devient caduque et ne peut plus être cédée, sauf dans les cas prévus par le code de la santé publique et sous le contrôle de l’autorité judiciaire (liquidation judiciaire). 
  • La seule possibilité d’ouvrir un nouvel établissement doté d’une Licence IV est de recourir au transfert après rachat de la licence par un propriétaire souhaitant s’en défaire. 
  • Lorsqu’il ne reste qu’une seule Licence IV sur une commune, le maire peut s’opposer à sa vente. 

Plusieurs options pour gérer le bistrot 

Dans le cadre de l’ouverture d’un bistrot, les porteurs de projets ont le choix entre plusieurs formules :

  • Une association de préfiguration, le temps de permettre aux habitants de fréquenter le lieu et de tester son potentiel économique. Ce test peut faciliter par la suite l’arrivée d’un repreneur. 
  • Une régie municipale : la municipalité rachète le bistrot, assure une permanence sur un créneau réduit jusqu’à ce qu’une personne, éventuellement un salarié, se manifeste pour en reprendre la gérance. 
  • Le bénévolat et les contrats aidés. 
  • Une mobilisation de financements participatifs tant privés que publics. Les fonds investis dans une SCIC peuvent permettre au projet de se développer tant qu’il n’est pas rentable.
   
 
Plusieurs conditions de réussite 
 
Une des clés de réussite de ces réouvertures est son articulation autour de plusieurs activités dans un même lieu (épicerie, produits locaux, programmation culturelle). 
 
Selon la Banque des Territoires, pour la majorité des lieux qu’elle a étudiés dans un rapport cité plus loin, les travaux de rénovation réalisés par la municipalité ont évité des emprunts bancaires et permis l’équilibre économique fragile de ces activités. L’implication de la municipalité est indispensable. 
 
Dans le Lot, à Gigouzac, village d’environ 300 habitants, la municipalité a racheté les murs et le fonds de commerce d’un bar-restaurant, dont les gérants étaient partis à la retraite, puis a lancé les travaux de rénovation qu’il est nécessaire d’effectuer avant la reprise de l’activité. 
 
Le budget consacré par la municipalité s’élève à 350.000 euros dont 100.000 euros consacrés au rachat du bâtiment. Cet investissement a été rendu possible grâce au soutien du département du Lot (25 %), de l’État (25 %) et de la Région Occitanie (30 %).
  
 
Chacune des activités (cuisine, service, épicerie, programmation culturelle) relève de normes spécifiques 
et nécessite l’acquisition de compétences différentes. 
 
Les témoignages recueillis par la Banque des Territoires identifient aussi  la professionnalisation des cuisiniers comme facteur clé de succès. 
 
Pour aller plus loin : 
 
Une étude de l’IFOP de 2016 montrait que le vote en faveur du RN était plus élevé dans les communes dont les petits commerces et les services sont absents. 
 
La solitude tue, le bonheur nait des liens sociaux
 
Créée en 2018, la Banque des Territoires rassemble dans une même structure des expertises de conseil et de financement à destination des acteurs territoriaux pour faciliter la réalisation de leurs projets. Elle a publié ce PDF en décembre 2022. « Redonner vie au bistrot et dernier commerce dans les petites communes rurales » 
 
Septembre 2019 : Interview de Vanik Berberian, alors Président de l’association des maires ruraux de France (AMRF). 
 
En 2019, le gouvernement a lancé le programme “1000 cafés” à travers l’Agenda rural.
 
Groupe SOS Action Territoriale avait lancé en 2020 le programme «Quartiers Cafés». Son objectif était de contribuer à recréer du lien social en soutenant cinquante cafés ou commerces des Quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. 
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mercredi 26 avril 2023

La solitude tue, le bonheur nait des liens sociaux


La solitude a retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire, soit environ 6,5 millions de personnes seules en France. Il s’agit d’un fléau silencieux. Les chercheurs ont mis en évidence les liens étroits entre le bonheur et la qualité du tissu social d’un individu
. 

Une étude du Harvard Study of Adult Development a été inaugurée à Boston en 1938 auprès de 700 hommes, dont des étudiants de leur campus, tentant de déterminer quels facteurs ont joué un rôle important dans leur développement. 

Plusieurs cohortes ont été suivies et élargies au fil du temps jusqu’à aujourd’hui couvrant plusieurs générations. Il en ressort une corrélation selon laquelle l’une des clés du bonheur serait de nourrir de « bonnes relations», des liens de qualité avec des proches et pas en termes quantitatifs. 

Ainsi, selon ses auteurs « les connexions sociales sont vraiment très bénéfiques pour nous et la solitude tue. Les gens qui sont les plus connectés à leur famille, à leurs amis, à leur communauté, sont plus heureux, physiquement en meilleure santé et ils vivent plus longtemps que les gens moins bien connectés. 

Et, à 80 ans, ceux qui savent qu’ils peuvent encore compter sur des proches en cas de coups durs, affichent aussi une meilleure mémoire.

 

Interrogé par Ouest France en novembre dernier, le chercheur en économie écologique à l’Université de Lund, en Suède, Timothée Parrique, auteur de l’essai « Ralentir ou périr « au Seuil, prônait l’abandon du PIB comme mètre étalon du bien commun. 

Il pousse le concept de « décroissance », dans laquelle les niveaux de production et de consommation ne seront pas en augmentation constante. Ils fluctueraient en fonction des besoins et des innovations technologiques.

« La décroissance, c’est prendre le temps de voir notre vie ralentir, pour reprendre le temps d’entreprendre les projets qu’on a mis de côté parce que le capitalisme ne le permettait pas : travailler dans l’associatif, passer du temps en famille, en formation… » 

La Nouvelle-Zélande a décidé de mettre en place un budget bien-être. 

Pour aller plus loin : 

Blogueur RSE, je suis aussi journaliste freelance. J'interviens en conseil éditorial et fournis du contenus pour des blogs, newsletters, rapports, etc. Je suis joignable au hduhalgouet@hotmail.fr. Je serais enchanté d'échanger avec vous. Herrick

Sur ce blog en 2009 : La France pas encore assez verte pour s’y sentir au nirvana selon l'Happy Planet Index, le Costa Rica bien noté 

http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/07/la-france-pas-encore-assez-verte-pour.html 

On sait que certains espaces facilitent la solidarité comme les îles et les milieux hostiles, en raison de la solidarité qui s’y développe pour y survivre. 

Solidarité dans les Iles du Ponant 

https://www.iles-du-ponant.com/accueil/developper/ess-iles/ 

Le mécénat de compétences permet de nouer de nouveaux liens. Le témoignage de KOEO. 

http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/11/koeonet-accelere-le-rythme-pour.html

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jeudi 18 juillet 2019

De plus en plus d’entreprises françaises se laissent séduire par le label B Corp

Près de 3.000 entreprises dans 64 pays et 151 métiers ont adopté le label B Corp, dont Danone, Nature & Découverte ou encore Patagonia. 

Mais de quoi s’agit-il ? Ce label impose à l’entreprise signataire de rendre des comptes non seulement aux actionnaires, ce qui est traditionnel, mais aussi aux autres parties prenantes. L’idée induite est aussi de pousser les consommateurs à « voter » pour des entreprises pionnières, en achetant leurs produits ou services. 

 La certification B Corp est née en 2006 aux Etats-Unis. Les sociétés qui souhaitent en bénéficier doivent compléter un questionnaire en ligne et obtenir au moins 80 points sur un total de 200. En moyenne, une entreprise standard obtient un score de 50,9. 

Une des entreprises les mieux notées est Natura Cosméticos SA, qui a un impact sociétal pour les communautés vivant en Amazonie. Le formulaire, disponible en ligne gratuitement, comprend 5 catégories :
  • gouvernance, 
  • impact sur l’environnement, 
  • sur les salariés, 
  • sur les communautés (fournisseurs, environnement local ) 
  • et sur les clients. 
Les réponses apportées doivent s’appuyer sur des justificatifs. Le label est réévalué tous les trois ans.

Une des singularités de B Corp™, c’est que l'entreprise doit modifier l’objet social figurant dans ses statuts pour y intégrer explicitement sa volonté d’avoir un impact sociétal et environnemental positif et significatif.



La majorité des entreprises certifiés B Corp sont des PME. Une trentaine d’Etats américains ont aussi créé un statut juridique de Benefit corporation, inspiré de ce label. Les grandes entreprises auront plus de mal à remplir assez de critères, en particulier celles évoluant dans des secteurs issus de la Vieille Economie.

 Néanmoins, quatorze entités de Danone ont obtenu la certification B Corp™, dont Danone North America, Blédina et Grameen Danone Foods Ltd. Aujourd'hui, plus de 30% du chiffre d'affaires mondial de Danone est certifié. Cela donne aussi une idée de marge de progrès pour Danone, dont l’ambition est de devenir l'une des premières multinationales labellisées.

Les avantages attendus de cette certification par un tiers sont nombreux :

  • Pouvoir se comparer à d’autres entreprises dans le monde, ce que ne permet pas toujours d’autres référentiels plus limités géographiquement, • Mieux intégrer les questions sociétales, 
  •  Motiver les salariés et attirer les talents, en particulier chez les Millennials, 
  • Sensibiliser les investisseurs à certaines thématiques, 
  • Augmenter les ventes, 
  • Faire partie d’une communauté d’entreprises ayant un but commun, • Engager une démarche de progrès, comme par exemple être plus sobre en énergie ou améliorer ses programmes de formation. En février 2018, Danone a même modifié sa ligne de crédit syndiquée de 2 Mds€, afin d’y inclure des critères environnementaux et sociaux globaux ayant un impact direct, à la hausse ou à la baisse, sur la marge à payer à ses banques sur toute la durée du crédit. 
Ce mécanisme innovant d’ajustement des marges de crédit, revu au moins une fois par an, sur la base de critères ESG fournis par des tiers :
  • la note attribuée à Danone par deux agences ESG, et 
  • le pourcentage du chiffre d’affaires consolidé de Danone couvert par des certifications B Corp. 
Le label vient souvent consacrer des efforts continus, comme pour le service de restauration rapide Cojean, qui propose des couverts en amidon de maïs depuis fin 2018 et à des emballages en carton pour l’ensemble de la gamme chaude entre septembre 2018 et juin 2019 (après trois années de R&D).

B Lab prélève une dîme sur le chiffre d'affaires des entreprises certifiées. Plus précisément, la pérennité du B Lab repose à la fois sur des revenus propres et des dons philanthropiques. En 10 ans, la part des ressources propres est passée au-dessus de 50% du budget opérationnel, qui atteint environ 10M$. L’ONG se targue ainsi d’être de plus en plus autonome, avec un objectif à terme de 80% de ressources propres.



L’argent issu de la philanthropie va être orienté vers les innovations et le gain de nouveaux marchés. Sans citer tous les donateurs, certaines fondations lui ont apporté entre 5 et 10 M$, comme la Rockefeller Foundation, Prudential Financial et la Ford Foundation.

Voici quelques exemples de notes obtenues par des acteurs très différents.


Et, du côté des marques Françaises


A ce jour, ce label reste néanmoins encore peu connu dans l’Hexagone.

Reste à savoir s'il va encore s’y étendre, puisqu’un nouveau modèle va s’y développer, avec les entreprises à mission.

lundi 8 avril 2019

Forum en ligne Talents Handicap du 26 avril au 24 mai

Du 26 avril au 24 mai, les candidats en situation de handicap à la recherche d’un emploi, d’une alternance ou d’un stage, sont invités à participer gratuitement à la 16ème édition nationale du forum en ligne Talents Handicap.


Talents Handicap est aujourd’hui l’un des principaux forums en ligne en France qui réunit des employeurs handi-accueillants, engagés pour l’emploi et le handicap.


Il permet de :
  • Mettre en relation des employeurs partenaires avec des candidats en situation de handicap à la recherche d’un emploi, d’une alternance ou d’un stage 
  • Accompagner, informer et sensibiliser les candidats et les employeurs, à travers ses outils numériques et ses animations (conférences en ligne, ateliers d’échange…) 

Le Focus Alternance : 

Cette édition ouverte à tous les types de contrats, bénéficie également d’un Focus sur l’Alternance (Apprentissage et Contrat pro), car, sans limite d’âge pour les candidats en situation de handicap, l’alternance peut-être un excellent tremplin pour accéder à des postes en CDI.

De grandes entreprises 

Allianz, Amadeus, Arkea, BEI (Banque européenne d'investissement), BNP Paribas, BUT, CEA, Cegid, Danone, Elis, Groupe Bertrand, In Extenso, MACIF, Maisons du Monde, SNCF, Solvay, Synergie, UCANSS, Wavestone, Zara…

Outils et Services : 

Grâce à votre inscription sur Talents Handicap, vous pouvez accéder à de nombreux outils et services entièrement gratuits, dont :
  • Un outil pour vous aider à construire, affiner et concrétiser votre projet professionnel 
  • Un outil pour recevoir des avis et conseils sur votre CV et lettre de motivation 
  • D’autres outils pour témoigner, exprimer des idées, échanger sur une question… 
  • Des formations et des ateliers en ligne, précieux pour vous aider à : 
    • Mieux préparer votre recherche d’emploi, d’alternance ou de stage 
    • Savoir quand et comment parler de votre handicap au sein d’une entreprise 
    • Gagner en confiance et faire face au regard des autres 
    • Disposer des leviers importants favorisant la réussite de votre projet professionnel 

Inscription et visite : 

Les candidats en situation de handicap et les employeurs intéressés pour participer au forum et à ses conférences sont invités à s'inscrire dès maintenant sur : www.talents-handicap.com 

La visite du forum Talents Handicap est gratuite pour les candidats. Elle se fait en ligne, sans se déplacer et en toute flexibilité, à l’aide d’un ordinateur, une tablette ou un Smartphone.  


lundi 16 janvier 2017

A la SNCF, le mécénat de compétence n'est pas laissé au hasard


Selon un article du Monde d’octobre 2016, le dernier baromètre Admical-CSA a chiffré la part du mécénat de compétences en 2015 à 420 millions d’euros, soit 12 % du budget global du mécénat d’entreprise. 
Un chiffre en hausse de huit points par rapport aux résultats obtenus en 2013 ! 

Ce succès s’expliquerait tout d’abord par la prise en compte progressive, au niveau des dirigeants d’entreprise, de plusieurs tendances lourdes parmi les salariés : la quête de sens au travail, l’envie de s’impliquer autour d’expériences porteuses de valeurs fortes, le besoin de se sentir utile à la collectivité. 

Il faut dire que le mécénat de compétence s’est structuré.

A la SNCF, le mécénat de compétence est un dispositif co-construit par la Fondation et la Direction des ressources humaines.

Les missions sont variées :
  • Apport d’expertise dans votre spécialité, 
  • Accompagnement d’une personne en difficulté dans ses études ou son projet, 
  • Engagement pour une grande cause, 
  • Seul ou en équipe. 
Déjà plus de 1 500 salariés impliqués en trois ans et 130 associations conquises par cette source précieuse d’expertise et d’énergie.



Du matériel pédagogique est aussi proposé aux salaries pour nourrir leurs réflexions et les pousser à agir.

En savoir + sur la Fondation SNCF et le profil de ses volontaires: goo.gl/b7IVa9
  
Vu sur ce blog :

Novembre 2011 : Koeo 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/11/koeonet-accelere-le-rythme-pour.html 

Janvier 2011 : Deloitte communique sur le mécénat de compétence
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/01/deloitte-communique-sur-le-mecenat-de.html 

Avril 2010 ! Activa Capital soutient la création de l'école des hôpiclowns par l’association Le Rire Médecin 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/04/activa-capital-soutient-la-creation-de.html  
fin

mardi 1 novembre 2016

Irruption du commerce équitable dans le lait en France



Sans revenir dans le détail sur la crise du lait, une initiative portée par les consommateurs, prêts à payer le juste prix, a reçu un excellent accueil et une forte couverture médiatique. 

Elle apporte de la transparence, de la qualité et une juste rémunération aux producteurs laitiers. 



Ce juste prix a été en particulier fixé non seulement pour que les producteurs laitiers dégagent une marge, mais qu’ils puissent prendre des congés.



Lait : une brique dont le consommateur est le... par francetvinfo
Une nouvelle marque de lait est ainsi apparue dans les rayons : « C'est qui le patron ? »

Elle répond notamment aux demandes de durabilité et de proximité. Les produits sont référencés depuis un mois dans l'ensemble des magasins et drive Carrefour, ainsi que chez Carrefour Ooshop.  

Pour aller plus loin : 

Le questionnaire ouvert à tous qui a permis de valider ce nouveau concept https://questionnaire.lamarqueduconsommateur.com/  

Sur le commerce équitable

2011 :Solidaridad s’est rapproché des grandes entreprises pour avoir plus d’impact
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/04/solidaridad-sest-rapproche-des-grandes.html

2012 : Ethical Fashion Show : la mode éthique marque le pas en France
goo.gl/4VzR6Y  

Fin

jeudi 5 décembre 2013

Le Parc des Boucles de la Seine Normande honore ses citoyens les plus innovants


Le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande a organisé pour la 4ème fois ses Eco Trophées édition 2013, dont les prix ont été remis le 26 novembre dernier. J’y étais invité, une occasion pour moi de « sortir du périphérique». 

Ce parc (parc de Brotonne à l’origine) a été créé en 1974 afin de maintenir une coupure verte entre les 2 grands pôles urbains et industriels que sont Rouen et le Havre. Doté d’un budget de 3,2 millions d’euros, il emploie 48 salariés.

Petit rappel historique 

Le décret qui a donné le feu vert au lancement des Parcs naturels régionaux (PNR) date de mars 1967. Il a été signé par le Général De Gaulle.

Aujourd’hui, 48 parcs existent en France, y compris en Corse, en Martinique et en Guyane. Vous en avez probablement un près de chez vous.

Peut être classé en Parc naturel régional "le territoire de tout ou partie d'une ou de plusieurs communes lorsqu'il présente un intérêt particulier par la qualité de son patrimoine naturel et culturel, pour la détente, le repos des hommes et le tourisme, qu'il importe de protéger et d'organiser"

Trois objectifs étaient assignés à la naissance des Parcs :

  • équiper les grandes métropoles d'équilibre en aires de détente ; 
  • animer les secteurs ruraux en difficulté ; 
  • trouver dans les voies nouvelles de développement, la possibilité d'une mise en valeur des richesses naturelles et culturelles, de la préservation de la flore, de la faune, des paysages. 
Depuis 1998, neuf Parcs se sont dotés d’un « Eco Trophée » dans le but de démontrer que performance économique, sociale et environnementale vont souvent de pair. Ces concours font la promotion de démarches d’ensemble d’entreprises cohérentes avec les choix de développement durable du Parc.

Les pratiques portent essentiellement sur :

  • la valorisation économique du patrimoine naturel, culturel et de savoir-faire liés au territoire dans le cadre d’une gestion harmonieuse de l’espace. 
  • le management environnemental limitant l’impact de l’activité sur les milieux, le paysage et les personnes. 
  • la prise en compte de la dimension humaine et sociale au sein de l’entreprise en lien avec le territoire. 
Pour Jean Pierre Girod, Président du Parc (en photo plus bas sur l'exploitation de Frédéric Durand, arbres têtards en arrière plan), toutes les bonnes initiatives méritent d’être mises en lumière, qu’il s’agissent d’entreprises de moins de 50 salariés, d’associations ou de structures à mission de service public. Il s’agit de donner un coup de pouce à ceux qui s’engagent et tenter de créer un effet d’entraînement.


Le dernier concours remontait à 2007. Il a fallu attendre 2013 pour cette édition, car entre 2008 et 2012, le Parc s’est consacré à se doter d’une Charte, qui a mobilisé un grand nombre de parties prenantes. Elle fixe ses grands objectifs jusqu’en 2025.

L’édition 2013 des éco-trophées a récompensé un exploitant agricole dans la catégorie environnement, un chantier participatif pour la fabrication du cidre ou des chantiers d’écoconstructions (lien social), une école de 3ème créatrice d’une mini-entreprise dans l’agriculture biologique et une association proposant la médiation animale pour revaloriser l’image personnelle de jeunes en souffrance.

Toutes les initiatives retenues pour concourir au Trophée, même celles qui n’ont pas gagné, présentent des similitudes :

  • ce sont des actions mises en musique par des personnes imaginatives, débrouillardes et capables de susciter une large adhésion locale. 
  • les projets provoquent même un élan intergénérationnel (comme Studio D, voir les vidéos). 
  • en dehors de la médiathèque d’Yvetot, leurs actions semblent souvent peu gourmandes en capitaux. 
  • elles semblent facilement duplicables, d’où l’intérêt de les faire connaître. 
  • Leur réussite ne passe pas apparemment par un savoir-faire digital, contrairement à de nombreuses start up de la solidarité implantées dans les grandes villes. 
 Une exploitation agricole modèle en bordure de Seine

A Bardouville, en Seine-Maritime, la réalisation de Frédéric Durand consiste en la préservation et la valorisation du patrimoine sylvicole de prairies humides. Après un diagnostic de préconisation dʼactions établi en lien avec le PNR, cet exploitant agricole, qui pratique l’élevage extensif, sʼest investi dans la gestion bocagère en plantant plus de 1.200 arbres en 4 ans.


Aujourdʼhui, les produits de la taille de ses haies sont en vente directe et fournissent, outre les bûches, 200 m3 de bois déchiqueté chaque année avec un objectif de 700m3 dʼici 10 ans. Ce produit sert notamment au paillage.

 

Durant plusieurs dizaines dʼannées, les haies du marais bardouvillais furent négligées. Dorénavant, lʼimplantation dʼarbres têtards permet, outre leur exploitation, la mise en valeur du patrimoine paysager et des fonctions naturelles de régulation des niveaux hydrauliques. Un arbre boit plusieurs centaines de litre d’eau par jour. Leurs rejets sont exploités tous les 6/7 ans.

Ces plantations favorisent également la biodiversité, notamment certains insectes. L’herbe est aussi meilleure aux pieds des arbres têtards, qui fournissent par la même occasion aux bovins de l’ombre l’été ainsi que l’opportunité de pouvoir se gratter.

Actuellement, Frédéric Durand envisage de continuer à faire évoluer son exploitation, afin d’obtenir le label AB.

Une maison de retraite innovante

A Yvetot, la médiathèque et le collectif Ehpad « les Dames Blanches », qui héberge des personnes dépendantes, ont mené une action favorisant le mélange entre les générations et l’ouverture sur l’extérieur.

La maison de retraite disposait d’une chapelle désaffectée, qui n’avait plus d’utilité. Jean-Yves Dayt, directeur de l’établissement, nous a confié que plutôt que de la détruire, la chapelle a été rénovée, afin d’offrir à la population un bel écrin pour des activités de lecture. Pour un public large, qu’il s’agisse de ses résidents ou des publics scolaires voisins. Un projet ambitieux compte tenu des déficiences sensorielles de certains retraités, parfois en rupture avec la lecture.



Outre la valorisation de la culture, cette initiative se révèle très bénéfique, car le brassage des âges permet d’éviter l’entre-soi. Ce projet original est baptisé « l'Assemblaye », qui signifie fête, rassemblement en Cauchois.

Par ailleurs, la résidence les Dames Blanches a été récompensée en 2010 (par la Fondation Caisses d’Epargne pour la Solidarité) pour son idée de concours régional de contes et nouvelles, ouvert à tous. Le jury était composé de résidents, de leurs enfants, d’agents du personnel, et des bénévoles de la médiathèque d’Yvetot.

 

 Pour aller plus loin : 

Sur le Prix et la composition du Jury 
http://www.pnr-seine-normande.com/actions-domaine-bconcours-ecotrophees-2013b-20.html 
http://www.parcsnationaux.fr/

Fédération des Parcs naturels régionaux
 http://www.parcs-naturels-regionaux.fr/fr/accueil/

Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
http://www.pnr-seine-normande.com/index.php 

La ferme des Venelles
http://www.lafermedesvenelles.com/

A Saint-Vigor d’Ymonville, l’association Piân’Piâne qui s’adresse aux enfants en souffrance. http://www.pian-piane.net/ 

Vidéo : Les 40 ans des Parcs naturels régionaux de France
http://www.parc-cotentin-bessin.fr/fr/video/les-40-ans-des-parcs-naturels-regionaux-de-france-v7.html?PHPSESSID=f4f75daa3fb33d356e80467d29a5c19e 

Les dix parcs nationaux 
En France, il existe en 2012 dix parcs nationaux : Vanoise (1963), Port-Cros (1963), Pyrénées (1967), Cévennes (1970), Ecrins (1973), Mercantour (1979), Guadeloupe (1989), La Réunion (2007), la Guyane (2007) et les Calanques (2012). Les parcs nationaux couvrent des domaines terrestres et maritimes variés et représentent par leurs périmètres maximum près de 9,5% du territoire français (60 728 km²). Ils attirent chaque année plus de 8,5 millions de visiteurs.
http://www.parcsnationaux.fr/



  Fin

jeudi 11 avril 2013

Pourquoi Ben & Jerry’s et Starbucks restent muets sur le mariage pour tous



















Les entreprises doivent elles intervenir dans des débats de société comme le mariage gay ? 


La question peut paraître incongrue, mais aux Etats-Unis, de grandes firmes soutiennent ouvertement cette cause. Elles contribuent à lui donner une ampleur, qui tranche avec les accusations de revendications communautaristes. 

Un collectif de près de 300 entreprises a ainsi saisi la Cour Suprême, pour qu’elle prenne en compte leur souhait d’une égalité des droits devant le mariage. 

Ces firmes, dont la liste figure en annexe, disent avoir besoin de son visa pour pouvoir accorder les mêmes faveurs à tous leurs salariés. Cette question prend un relief particulier, car seule une minorité d’Etats américains ont adopté le mariage gay.























Il en résulte dans les Etats conservateurs un problème de concurrence pour recruter des talents. Cette crainte pourrait se traduire selon les chefs d’entreprise par un manque de compétitivité. De plus, le traitement inégalitaire des employés risque de nuire au bon fonctionnement des équipes avec des salariés à deux vitesses.

A ce titre, la prise de parole sur ce sujet du patron de Goldman Sachs a créé le buzz, mais lui a fait perdre un client.

Lors de l’AG du groupe Starbucks le 20 mars dernier, le patron Howard Schultz a essuyé des critiques sur le soutien public de la chaine au mariage gay. Il a alors rappelé à un de ses actionnaires contestataires, qu’il avait entière liberté de céder ses titres, mais qu’il aurait du mal à trouver dans le reste de la cote un investissement aussi performant.

Accusé de participer au délitement de la société américaine, le roi du café (34,2 millions de fans sur Facebook, 390.000 fans en France, 3,6 millions d’abonnés sur Twitter) a même fait l’objet d’un appel au boycott (http://www.dumpstarbucks.com ) de la part de NOM (National Organization for Marriage, 31.300 amis sur Facebook).



Tant et si bien qu’en avril 2012, une contre-pétition a été organisée pour remercier Starbucks de sa prise de position. Cette campagne virale, qui a recueilli 650.000 signatures, a été organisée par MoveOn.org, Washington United for Marriage et SumOfUs.org.



A l’opposé, une poignée de firmes font du lobbying contre le mariage homosexuel, comme Papa John's Pizza et Chick-fil-A. Tant et si bien que certains leaders conservateurs s’affichent comme fans de ces restaurants.



Un article a même été publié pour savoir où, dans ce contexte, déjeunent les Congressmen, qu’ils soient Républicains et Démocrates !

Pour sa part, le fabricant de glaces Ben and  Jerry’s (6,8 millions de fans sur Facebook) a dédié à l’égalité des droits deux de ses produits, Hubby Hubby (anciennement Chubby Hubby) outre Atlantique et Apple-y Ever After (anciennement Oh My Apple Pie) en Grande-Bretagne. Comme je l’ai déjà mentionné dans un précédent post en janvier 2010.

 

En Grande-Bretagne, la filiale d’Unilever a collaboré avec l’association Stonewall, en lançant une application Facebook, invitant les fans à convaincre les Parlementaires qu’il était temps de passer à l’action. Sur Twitter, la campagne avait le hashtag #appleyeverafter.



De même, l’agence de presse Thomson Reuters a défendu le projet de loi en Grande-Bretagne sur son blog le 20 février dernier, soulignant au passage que plusieurs de ses gros clients étaient engagés dans la même voie.

Le silence des firmes américaines et des entreprises françaises sur le mariage pour tous dans l’hexagone reflète sans doute un manque de légitimité pour s’aventurer hors de leurs champs d’action traditionnels. Sans parler de la PMA et de la GPA aussi mises à l’index. On ne les attend pas sur un terrain aussi crispé.

A part quelques secteurs qui ont les coudées franches pour dépasser les clivages comme les médias ou la mode. Les firmes françaises communiquent plus aisément sur d’autres causes d’intérêt général comme le réchauffement climatique ou le commerce équitable.



Pourtant, en mars 2010, le blog français de Ben and Jerry’s avait bien mentionné un Un mariage (pas) comme les autres Le rédacteur du post indiquait même sa fierté de travailler pour une entreprise aussi progressiste, capable de prendre des positions non consensuelles, malgré des risques commerciaux évidents.



Autre signe des temps, de plus en plus d’entreprises se soumettent volontairement au verdict de Great Place to Work. Sur 59 questions fermées proposées aux salariés par l’Institut, plusieurs portent clairement sur les discriminations (préférences sexuelles, âge, genre, religion).

Plus spectaculairement, la charte d’engagement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) a été signée pour la première fois en janvier dernier par les responsables de 9 grandes entreprises : Accenture France, Alcatel-Lucent France, ARS Ile-de-France, le groupe Casino, Eau de Paris, IBM France, le groupe Orange, Randstad France et Veolia Eau.

Enfin, les aspirations spécifiques des personnes homosexuelles en termes de style de vie commencent aussi à être intégrées sur le plan financier. Comme l’illustre l’interview de Sandrine Cauvin, co-gérante de Rainbow Fund chez Turbot AM. (cf. en annexe).

La gérante cite notamment une étude de l'Economics and Econometrics Research Institute, qui conclut que les sociétés cotées américaines, qui traitent le mieux leurs employés LGTB, bénéficient d’une meilleure valorisation boursière.

Les réflexions engagées pragmatiquement sur le lieu de travail sur l’égalité des droits dans les pays développés ont sans doute favorisé l’accélération du débat public sur le mariage. Il y a un télescopage manifeste entre différentes sphères, privé, public et travail, avec une convergence entre les employeurs et une partie de la société civile.

La différence avec les Etats-Unis tient au fait que de nombreuses entreprises américaines n’hésitent pas à croiser le fer avec certaines parties prenantes sur la scène publique, en s’associant même parfois avec des ONG. Et, qu’elles recourent non seulement au lobbying, mais également à toute la panoplie des réseaux sociaux. Elles ont visiblement besoin de faire sauter un verrou constitutionnel.

Les initiatives des firmes implantées en France pour les homosexuels se retrouvent non seulement en RH, mais aussi parfois dans les offres commerciales. Elles travaillent sur les stéréotypes et profitent d’un environnement plus consensuel et moins démonstratif pour faire évoluer les choses.

Sur ces bases, on peut se demander si ce ne sont pas non plus les entreprises associées à des ONG locales ou internationales qui vont à leur tour devenir le fer de lance de la lutte contre les discriminations au travail dans les pays émergents et le reste du monde.
 

 Pour aller plus loin :

 Sur la France :

Les entreprises n'ont pas attendu le « mariage pour tous » pour se poser la question « gay » en leur sein. Mais à des degrés différents.
Pierre Hurstel, conseil en entreprises.
11 mars 2013, Les Echos
 http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/bien-etre-au-travail/l-entreprise-pour-tous-rencontrer-la-difference-et-la-valoriser-5364.php

Ces marques, stars, et médias qui surfent sur la vague du « mariage pour tous » http://marcbettinelli.blog.lemonde.fr/2013/02/13/ces-marques-stars-et-medias-qui-surfent-sur-la-vague-du-mariage-pour-tous/ 

Un fonds d'actions sur la thématique " homo " lancé par Turgot AM. 21 février 2013 http://votreargent.lexpress.fr/placements/un-fonds-d-actions-sur-la-thematique-homo-lance-par-turgot-am_292531.html

Glossaire Diversité / Discrimination (Charte de la Diversité) en entreprise
http://www.charte-diversite.com/charte-diversite-glossaire.php 

Sur les Etats-Unis :

278 employeurs à travers le pays ont demandé à l’US Supreme Court d’éliminer le Defense of Marriage Act, arguant que cet acte les contraint à ne pas pouvoir accorder certains avantages, comme les mutuelles, à leurs salariés gay qu’aux salariés hétérosexuels.
Dans ce lot d’entreprise, on retrouve des assureurs santé, des cabinets d’avocats, mais aussi

  • des champions de la nouvelle économie (Twitter, Facebook, Amazon, Microsoft, Apple, eBay, Google, Zynga), 
  • des banques (BNY Mellon, Morgan Stanley, Goldman Sachs), y compris européennes (Deutsche Bank, UBS) 
  • la grande consommation comme Mars Inc, Levi Strauss & Co, Nike, Starbucks, Walt Disney ou encore Stonyfield Farm 
Liste des employeurs américains engagés (friend-of-the-court brief) http://www.americanbenefitscouncil.org/documents2013/amicus_doma022713.pdf 

Same-sex Marriage: What's at Stake for Corporate America.
Published: March 27, 2013 in Knowledge@Wharton
http://knowledge.wharton.upenn.edu/article.cfm?articleid=3223

Il existe aux Etats-Unis un Human Rights Campaign’s Corporate Equality Index. Les firmes s’affichent nettement.
http://www.hrc.org/corporate-equality-index#.UWa_O7UqzsE

Chris Hughes, co-founder of Facebook
and now editor and publisher of The New Republic, wrote an open letter to the North Carolina General Assembly in September as it was considering whether to put the amendment on the ballot. In the letter, Hughes, who was born in North Carolina and is gay, argues that the amendment will be bad for business. Hughes helped drive Facebook “likes” for EqualityNC, the gay rights organization that is leading the campaign against the North Carolina amendment, up from 6,000 to 40,000 in a matter of weeks by pledging to donate a dollar for each “like.” 
http://bangordailynews.com/2012/03/22/politics/business-playing-key-role-in-drive-for-gay-marriage/

Unilever: promoting diversity 
La firme est engagée dans plusieurs programmes en faveur de la diversité, dont PRIDE : People Respecting Individuality, Diversity and Equality. PRIDE is a Lesbian, Gay, Bisexual and Transsexual (LGBT) diversity network open to all Unilever employees who share a common goal of endorsing respect and diversity. It seeks to create an open workplace environment for the LGBT community, and helps develop its members by providing both business and social interaction to further personal growth.
http://www.unilever.com/sustainable-living/ourpeople/diversity/

lundi 21 novembre 2011

Mécénat : avec Giving Corner, les bonnes pratiques en entreprise se traduisent en dons



Une initiative originale vient d’être lancée par deux jeunes entrepreneurs, anciens du cabinet parisien de Bain & Cie. Leur idée est d’enraciner l’engagement sociétal dans l’entreprise en le conjuguant avec l’atteinte d’objectifs de performance.

Une idée dans l’air du temps, puisque de nombreux acteurs (ONG, Fondations, entreprises) étaient présents lors du lancement officiel de cette start up en octobre dernier. Et, que les entreprises cherchent en période de crise à obtenir des résultats rapides non seulement sur certains indicateurs, ayant une incidence directe sur leur compte de résultat, mais aussi dans leurs actions vis-à-vis des communautés.

Giving Corner projette les salariés au cœur du processus de RSE. Ces derniers ont en effet la possibilité d’orienter les donations de leur employeur aux associations. D’un simple clic, grâce à un espace web social, qui offre une grande souplesse en matière de décisions et d’informations. Et, qui présente un caractère ludique, susceptible de retenir l’attention des salariés les plus jeunes. Une population exigeante, amatrice de technologies, mais parfois difficile à atteindre pour les ONG.
Dans l’étude Ernst & Yong Panorama des fondations d’entreprises (France, 2008), La mobilisation des employés reste la première difficulté lors de la création d’une fondation d’entreprise.
L’entreprise y trouve aussi son compte, puisque le financement de projets caritatifs concrets vient récompenser la mise en œuvre de bonnes pratiques des employés. Différentes actions peuvent gagner des points en fonction de la stratégie de chaque entreprise: baisse de la consommation de papier, réalisation dans des délais rapides de certaines activités récurrentes (planning horaire), participation à des évènements,… Les points accumulés par le salarié sont destinés à financer des projets humanitaires concrets parmi quelques projets présélectionnés par l’entreprise.

Ainsi, des actions internes, parfois même ingrates à mettre en œuvre ou à caractère ponctuel, génèrent de nouvelles ressources pour le secteur associatif. Avec Giving Corner, les salariés vertueux se voient donc en quelque sorte attribuer « une rémunération humanitaire, dont la perception de valeur peut être parfois plus importante qu’une incitation financière.»

Les associations de départ qui ont été retenues par les deux fondateurs de Giving Corner sont la Croix Rouge, Entrepreneurs du Monde, Première Urgence - Aide Médicale Internationale, Pur Projet et SOS Village d’enfants.

Néanmoins, l’interface est modulable, puisque l’entreprise mécène peut ajouter ses propres projets et partenaires associatifs. De même, un employé peut proposer d’ajouter une association qu’il soutient, afin de la faire bénéficier d’une nouvelle source de financement.

Pour François Bracq (à droite sur la photo), « afin d’éviter les risques de dispersion, les entreprises doivent choisir un nombre limité de projets et d’associations bénéficiaires.12 à 15 projets et 3 ou 4 ONG. L’enveloppe initiale attribuée par l’entreprise peut augmenter si les salariés participent activement à la réalisation de projets qui permettent la baisse de certains couts pour l’entreprise (consommation de papier, électricité…), le gain réalisé étant par la suite redistribué aux associations choisis par les salariés, ce qui est particulièrement motivant."

Autre point fort du système, la transparence et l’évaluation. La plateforme permet en effet à l’entreprise de donner un retour sur les projets financés sur l’intranet. De leur côté, les salariés partagent leurs engagements sur un fil d’actualité et peuvent aussi les faire connaître sur les réseaux sociaux.

Tim Lovelock (à gauche sur la photo) nous indique que le projet s'intègre dans un mouvement plus général: « Giving Corner permet aux salariés de partager leurs actions et leurs coups de cœur. Ils peuvent notamment en option diffuser leurs actions (offrir un repas, planter un arbre…) sur Facebook et sur Linkedin. Cette possibilité s’adapte bien aux salariés les plus jeunes. Aux Etats-Unis, ce partage des engagements personnels en faveur d’une cause d’intérêt général est devenu monnaie courante et est même baptisé warm glow. »
Pour DDB OpinionWay (France, 2009), 82% des salariés souhaitent être impliqués dans les actions sociétales de leur entreprise. Pourtant seuls 17% sont effectivement impliqués dans l’effort solidaire de leur entreprise.
Les employés d’une même entreprise, éventuellement de divisions différentes et sans préoccupations hiérarchiques, peuvent également constituer des équipes et se lancer des défis.

Avec ce système transparent, le partenariat entreprise/association prend une dimension plus collective. Néanmoins, l’entreprise conserve ses partenaires historiques et sa politique de mécénat reste cohérente. Au final, entreprises, associations et salariés sont dans le même bain et nagent de conserve.

La plateforme a été testée par Bain& Company. Il en ressort que 70% des salariés utilisent de façon récurrente la plateforme et que plus de 1.000 repas ont été offerts aux enfants de Madagascar en moins de 6 semaines.

Selon les témoignages de salariés et du management de Bain Paris, le web social de Giving Corner fournit à la fois un levier à l’entreprise, génère une communication améliorée et conduit à un partage des valeurs. L’outil vient combler un manque, dans la mesure où selon les cas, de nombreux salariés disposent de peu d’opportunités, de temps ou d’argent pour s’engager.

La plateforme collaborative est distribuée sous forme de licence aux entreprises, si bien que 100% des dons des entreprises parviennent directement aux projets.

François Bracq considère que les besoins sont palpables :

« Notre solution s’adresse à deux types d’entreprises. D’abord, aux firmes de plus de 200 salariés, déjà engagées dans une démarche de responsabilité, disposant souvent d’une Fondation d’entreprise, mais ayant besoin d’un outil qui permet de communiquer et fédérer le plus grand nombre autour de sa démarche sociétale. Mais aussi aux PME, notamment dans les services, dont la plupart des salariés disposent de PC, et qui se situent en amont d’une réflexion de développement durable, aussi bien en termes d’implication des salariés que de mise en place de bonnes pratiques. Enfin, dans le cadre de l’industrie, où tous les employés ne disposent pas d’un ordinateur, nous prévoyons de développer une solution sur smartphones.»

La start up se trouve à la croisée de diverses tendances, comme la présentation en ligne de différents projets par Babyloan ou Kiva dans le microcrédit, la recherche de bénévoles comme le site generation-responsable.com, créé à l'initiative de Generali en juillet 2009, mais aussi de systèmes de fidélisation par points, comme ceux de Monoprix S’miles et Air France Miles. Elle répond aussi à une volonté de bonne gestion, à une époque où les cost killers font florès, mais avec d’autres méthodes.

Au final, les échanges sociaux offerts par Giving Corner grâce à une technologie innovante tranchent avec une image parfois veillotte du mécénat. Les termes associés "fait du prince" et «mécénat» produisent 42.900 résultats sur Google et "danseuse du président" et « mécénat » 13.900 occurrences… Alors que les clichés ont la dent dure, la crise ne permet plus de lancer des actions de mécénat débridées et en décalage avec les attentes des salariés, donc de la société.

Pour aller plus loin :


Le site de la société : http://givingcorner.com/

Qui sont les fondateurs ?

Tim Lovelock (Diplômé de Yale) a participé à la création de plusieurs sociétés Internet. Ingénieur de formation François Bracq a vécu en Amérique centrale et en Asie. Les deux associés se sont rencontrés à l'INSEAD en 2007. Par ailleurs, le père de Tim, qui était professeur à Harvard, fut l'un des pionniers dans le secteur du Non-Profit Marketing.
Tim et François ont rejoint le cabinet de conseil en stratégie Bain & Company au sein duquel ils ont consolidé leurs compétences entrepreneuriales et développé l’idée d’échange caritatif. Mi-2010, ils ont tous les deux quitté le conseil pour créer Giving Corner.


Par ailleurs :

Engagements du cabinet Bain & Company : The Bridgespan Group
http://bain.com/about/social-impact/nonprofit-sector-capability-building.aspx

Lilly Global Giving Puts Power of Philanthropy in Employees' Hands. 25/07/2011
https://investor.lilly.com/releasedetail2.cfm?ReleaseID=593728

Les entreprises mécènes donnent la priorité aux actions sociales et au sport. 14/10/2010
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/10/la-crise-et-la-priorite-accordee-au.html

Le goût des défis chez les salaries se retrouve aussi dans la participation interentreprises à des épreuves sportives organisées par des ONG, mais aussi dans la récente guerre des Post-It…
http://www.lepost.fr/article/2011/08/03/2561835_la-guerre-des-post-it-est-lancee-au-travail.html