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mardi 23 juin 2026

Les piscines municipales à la croisée des chemins


Les piscines municipales françaises, développées massivement avec le programme « Mille piscines » lancé après les Jeux olympiques de 1968, sont à bout de souffle. Conçus avant tout pour l’enseignement et la pratique sportive, ces équipements vieillissent mal et sont coûteux. Plus de la moitié des bassins publics datent d’avant 1985 et ne répondent plus aux attentes actuelles des usagers.
 

Lors des Jeux olympiques de 1968, organisés à Mexico, les nageurs français n’avaient glané qu’une médaille de bronze. Le gouvernement Pompidou, vexé, avait réagi en lançant le plan »Mille piscines ». 

Deux drames, à l’été 1969, un dans le lac Leman, l’autre dans la Loire, où des dizaines d’adolescents s’étaient noyés, avaient permis aussi de prendre conscience d’un grave déficit dans l’apprentissage de la natation. 

De 1969 à 1977, la France a ainsi vu pousser comme des champignons, de 600 à 700 bassins modèles Caneton (196), Tournesol (183, repérable à sa coupole à hublots) ou encore Iris, Plein-Ciel, Plein-Soleil. 

Ces équipements souvent petits, réservés au sport et à l’enseignement plutôt qu’aux jeux, ont peu à peu lassé leur public et ruiné les budgets communaux en frais d’entretien, d’eau et d’énergie, les recettes étant insuffisantes pour équilibrer les comptes.

  

Aujourd’hui, 

• un parc d'environ 4.000 piscines municipales 

• représente une surface d’eau de 26 mètres carrés pour 1 000 habitants,. 

• dans son rapport public de 2018, la Cour des comptes indique que le taux d’équipement par habitant est inférieur, dans les communes disposant d’un QPV (quartier prioritaire de la ville), de plus de 40% à la moyenne nationale. 

Dans le détail, seuls 61 % des enfants d’ouvriers non qualifiés sont considérés comme de « bons nageurs », contre 86 % des enfants de cadres, qui partent davantage en vacances. 

De plus, si seuls 2 % de ces derniers ne savent pas nager, ces taux atteignent 13 % pour les enfants d’ouvriers non qualifiés et 15 % chez les enfants d’inactifs. 

De l’indiscipline 

Les élus intercommunaux doivent aussi parfois faire face, dans leurs centres aquatiques, au refus de respecter les règles d'hygiène comme se doucher ou de porter un bonnet de bain, d’obéir aux consignes de sécurité. Des incivilités qui bondissent avec les canicules. 

En juin 2026, la ville de Neuilly a dû se résoudre à réserver l’accès des bassins aux résidents et abonnés à la suite de bousculades dues à une affluence record. 

Les maîtres-nageurs sauveteurs ne restent parfois pas longtemps en poste et ne sont pas faciles à recruter. 

Un public varié 

• L’un des premiers objectifs de la piscine publique est d’apprendre à nager à tous les enfants de moins de 12 ans et d’assurer aux plus jeunes ce que l’on appelle une « aisance aquatique ». o Mais seuls 58 % des élèves de CM2 déclarent pouvoir parcourir 50 mètres dans l’eau. o Cette activité occupe 20 % du temps d’ouverture des équipements et de leurs grands bassins d’au moins 25 mètres de long. 

• Les sportifs mobilisent 20 % du temps, 

• Le grand public 50 % 

• Et, 10 % des créneaux sont réservés aux activités ludiques de type bébés nageurs et aquagym. Les séniors fréquent de plus en plus assidument les bassins. 

Ces centres aquatiques apparaissent donc comme des lieux de brassage intergénérationnel et de mixité sociale à condition que les élus aient adapté leurs équipements à ces nouveaux usages. 

Une offre plus diversifiée 

Au-delà des traditionnelles couloirs de nage, le public réclame en effet plusieurs bassins aux usages variés, 

• dont certains en plein air - ce qui est le cas de seulement 45 % d’entre eux, aujourd’hui -, voire en pleine nature ou “nordiques” , 

• des jeux (toboggans, pataugeoires pour les tout-petits, … ), 

• des services (bar, restaurant, voire espace beauté, spa, salle de musculation)… 

Pour Cyril Cloup de l’Andes, cité dans Le Monde du 2 juillet 2021, « Disposer d’un beau centre aquatique reste un atout, un projet structurant pour le territoire ». 

Surtout quand « sa gestion par l’intercommunalité permet une offre plus cohérente sur le plan géographique », renchérit Yves Rouleau. 

  

Plan génération 2024 

En amont de JO, le gouvernement avait initié un son soutien aux équipements sportifs à travers le plan Génération 2024. Cependant, de nombreux élus locaux ont estimé à l’époque que les moyens retenus restaient largement insuffisants pour répondre au vieillissement du parc de piscines et aux besoins de nouveaux équipements. 

Face à ces carences, le sénateur Les Républicains Michel Savin a appelé à un véritable « plan Marshall » pour la rénovation et la construction de piscines. 

• Doté de 100 millions d’euros par an entre 2024 et 2026, ce programme visait la création ou la rénovation de 5 000 équipements sportifs. 

• Toutefois, les piscines représentent des investissements de plusieurs millions d’euros, alors que les subventions prévues sont souvent limitées à quelques centaines de milliers d’euros. 

• Sur les 50 millions d’euros annuels consacrés aux équipements structurants (piscines, gymnases, stades), seulement 20 millions auraient été spécifiquement destinés aux piscines. 

Avec la décentralisation, ce sont les collectivités qui ont en charge l’entretien des piscines. Or ces équipements sont structurellement déficitaires, les recettes ne couvrant seulement qu’environ 20 % des coûts de fonctionnement, dont les charges de personnel. Le prix d’entrée réel devrait être supérieur à 15€. 

Face à la vétusté de leurs équipements, certaines communes les ont carrément fermés, le cas le plus emblématique étant la ville de Marseille sous l’ère Gaudin. 

A noter que de nouveaux procédés, économes en énergie et en eau, utilisant le solaire, facilitent aujourd’hui l’équilibre économique Un enjeu de santé publique et d’égalité territoriale 

Les piscines constituent bien un service public essentiel, au croisement des politiques d’éducation, de santé et de prévention. Leur disparition entraînerait une rupture du service public et accentuerait les inégalités territoriales. 

  

Les élus locaux appellent ainsi à un engagement renforcé de l’État afin de préserver ces équipements indispensables à la sécurité, au bien-être et à la cohésion sociale. 

La métropole de Lille se jette à l’eau 

Adopté en 2022, le plan piscines 2 de la Métropole Européenne de Lille prévoit la construction de sept nouvelles piscines et d'une extension pour répondre aux besoins des habitants. Alors que les travaux sont en cours, l'ouverture des premiers bassins à Lille est attendue pour 2027. 

En France, on compte en moyenne un bassin pour 10.000 habitants et presque quatre fois moins dans la métropole lilloise, à savoir un bassin pour 39.000 habitants. 

L’objectif est triple : 

• rapprocher les équipements des établissements scolaires pour faciliter l’apprentissage de la natation, 

• proposer davantage de créneaux aux clubs sportifs de haut niveau, 

• et améliorer le service public rendu aux Métropolitains. 

En moins de 3 ans, ce « Plan Marshall » des piscines, doté de plus de 200 M€ a déjà initié 8 projets d’envergure. 

Lesquels viseront un profil environnemental exemplaire et ambitieux respectant autant que possible le Plan Climat Air Energie Territorial de la MEL (PCAET), intégrant la démarche Haute Qualité Environnementale tout en s’inscrivant dans les critères de REV3. 

Pour aller plus loin : 

Aout 2025 : Pour un nouveau plan national « mille piscines » par Florent Manaudou, Alain Bernard https://patrickbayeux.com/actualites/pour-un-nouveau-plan-national-mille-piscines-par-florent-manaudou-alain-bernard/ 

Décembre 2024 : Stéphane Chatenet (Andiiss) : "Il faut trouver des solutions tous ensemble pour les piscines publiques" 

https://www.banquedesterritoires.fr/stephane-chatenet-andiiss-il-faut-trouver-des-solutions-tous-ensemble-pour-les-piscines-publiques 

The Conversation. 2022. Les piscines publiques, une fabrique à citoyens, par Emmanuel Auvray, historien du sport. Enseignant à l'UFR STAPS de Caen et chercheur associé au laboratoire Histoire-Territoires-Mémoires (UR 7455) de l'université de Caen Normandie.

 https://theconversation.com/les-piscines-publiques-une-fabrique-a-citoyens-184960  

Le reste

lundi 17 novembre 2025

Comment l’état du réseau routier révèle notre rapport au collectif


 

Une étude menée auprès de plus de 3 000 Français pour l’Institut Terram, dévoile un constat sans appel : les citoyens ont une idée précise de ce qu’ils attendent de la gestion des infrastructures. Clarté sur qui fait quoi et avec quels moyens. Sobriété, parce que réparer vaut souvent mieux que reconstruire. Et, fiabilité enfin, parce qu’il faut entretenir avant d’inaugurer.

 Les entretiens ont été conduits du 15 au 22 septembre 2025, c’est-à-dire avant le scandale du Louvre, qui a aussi révélé son lot de surprises.

Plus d’un Français sur deux (56 %) a constaté une dégradation de la voirie de sa commune au cours de l’année écoulée. Suivent les pannes de réseaux enterrés (28 %), les problèmes d’assainissement (26 %) ou les fissures dans les bâtiments (23 %). La route demeure un sujet de préoccupation et la preuve tangible de la présence publique.

En ville, les défaillances sont perçues comme systémiques : un seul incident peut paralyser tout un quartier. À la campagne, elles sont vécues comme une entrave à la vie quotidienne. Dans tous les cas, l’état des réseaux fait débat : une chaussée abîmée ou une canalisation qui fuit symbolisent autant la négligence que l’abandon.

Les jeunes, premiers témoins du dysfonctionnement

Les moins de 35 ans sont les plus nombreux à signaler des problèmes d’infrastructures (80 %, contre 66 % des 65 ans et plus). Hyperconnectées, dépendantes de la mobilité et du numérique, les jeunes générations supportent mal l’interruption de service.

Les écarts sociaux sont tout aussi marqués : artisans, commerçants et indépendants subissent bien plus de pannes que la moyenne nationale. Autrement dit, la panne elle-même est un signe de fractures sociales.

Le brouillard administratif de la République locale

Pour noircir encore ce tableau, 61 % des Français avouent ne pas savoir qui entretient les routes, les canalisations ou les réseaux d’eau. Commune, intercommunalité, département, État, le mystère est complet.

Les compétences s’enchevêtrent, les responsabilités se diluent, la confiance s’effrite.

Les citoyens veulent savoir à qui s’adresser, comprendre à quoi sert leur impôt.

Entretenir avant d’inaugurer

Près de six Français sur dix (59 %) jugent prioritaire de réparer les réseaux avant de construire du neuf. Une nouvelle halle ou un équipement flambant neuf ne font plus illusion quand les nids de poule se multiplient.

Les attentes sont claires : l’entretien de la voirie communale (51 %) doit être privilégiée, suivie des transports en commun (38 %) et du réseau d’eau potable (34 %). Et, la qualité des infrastructures passe avant l’esthétique.

La confiance, une affaire de proximité

Les citoyens font davantage confiance à leur commune (63 %) qu’à l’État (39 %) pour entretenir les réseaux.

Plus d’un Français sur deux accepterait même de payer plus d’impôts pour la maintenance, mais seulement si l’usage des fonds est clair et vérifiable. Le citoyen est devenu plus attentif.

L’écologie du « tenir » plutôt que du « bâtir »

Quand on demande ce qu’est une infrastructure écologique, les réponses ne parlent plus de design ou d’innovation, mais de bon sens : économiser l’eau (65 %), éviter les fuites (61 %), utiliser des matériaux durables (56 %), s’adapter au climat (51 %).

Ayant le sens pratique, près d’un Français sur deux juge urgente l’adaptation des réseaux aux sécheresses et aux inondations. Et 67 % privilégient l’entretien et la réparation plutôt que l’innovation à tout crin.

Municipales 2026 : le retour du concret

À quelques mois des élections municipales, le message est clair : les Français se montrent plus terre à terre et moins bling-bling.  88 % des Français souhaitent que les questions d’eau, de voirie et de réseaux figurent au cœur de la campagne des municipales.

Pour eux, le bon maire n’est plus celui qui coupe des rubans, mais celui qui assure la continuité matérielle du territoire et du service public en adoptant une gestion de bon père de famille.

Selon ses auteurs, « À rebours des promesses spectaculaires, cette étude esquisse une « République du maintien » : gouverner, c’est d’abord garantir la continuité du réel, rendre visibles les priorités et prouver, par l’entretien des réseaux, que l’impôt se transforme en biens communs qui tiennent. »

Des maires durs d'oreille

Le CEVIPOF a également étudié ce sujet dans son étude « Malgré un goût d’inachevé, les maires repartent au combat »

Dans le cas d’une baisse des recettes, les maires désignent en premier lieu

  • la voirie et les espaces verts comme poste d’ajustement budgétaire (50 % d’entre eux en font leur premier choix),
  • devant les aides aux associations (19 %)
  • et les dépenses culturelles (15 %).

De leur côté, les citoyens souhaiteraient que l’on réduise d’abord

  • les dépenses de sport (27 %),
  • puis celles consacrées aux associations (21 %)
  • et à la culture (18 %).

L’écart le plus marqué entre maires et citoyens concerne donc la voirie et les espaces verts (36 points de pourcentage) et, en sens inverse, le sport (21 points).

Pour aller plus loin :

https://institut-terram.org/publications/infrastructures-invisibles-ce-que-les-francais-disent-de-leurs-reseaux-du-quotidien/

https://www.maire-info.com/voirie/reseau-routier-les-depenses-voirie-progressent-davantage-dans-les-communes-ou-la-construction-logements-est-la-plus-forte-article-29406

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lundi 2 septembre 2024

Les origines de l’urbanisme favorable à la santé en vidéos


L'urbanisme favorable à la santé (UFS) trouve ses racines dans des préoccupations historiques concernant la santé publique et l'environnement urbain. Son évolution a suivi les grandes transformations économiques, sociales et technologiques des sociétés, tout en s'adaptant aux défis de chaque époque. 

Sans remonter à l’Antiquité, en voici quelques grandes dates : 

1. Révolution industrielle et hygiénisme 

Avec la Révolution industrielle et l’exode rural, les villes ont connu une croissance rapide et souvent désordonnée, menant à des conditions de vie insalubres. La surpopulation, les logements précaires, l'absence d'infrastructures de gestion des déchets ont contribué à l'apparition d'épidémies. A noter également la mauvaise qualité de l'air, liée à l’usage intensif du charbon. 

Le mouvement hygiéniste au XIXème siècle s’est développé à peu près au même moment dans de grandes villes, dont Paris, avec le Baron Haussmann. Les réformateurs comme Edwin Chadwick (1800-1890) en Angleterre ont plaidé pour l'amélioration des infrastructures sanitaires, notamment l'approvisionnement en eau potable, l'évacuation des eaux usées et la réduction de la densité des habitations.

  

Exemples d'urbanisme hygiéniste : 

Les premières réglementations sur l'assainissement, la création de systèmes d'égouts, et la conception de parcs publics pour améliorer la qualité de l'air et offrir des espaces de loisirs aux citadins (comme Central Park à New York, achevé en 1873 après seize années de travaux conçu par Frederick Law Olmsted).

  

Naissance de l’urbanisme à Barcelone 

 

2. Mouvement des cités-jardins (début du XXème siècle) 

Face aux problèmes sociaux et sanitaires des villes industrielles, des alternatives ont été proposées pour concilier urbanisation et bien-être. Ebenezer Howard (1850-1928), un urbaniste britannique, a développé le concept des cités-jardins. 

Les cités-jardins étaient conçues pour être des villes autonomes, combinant les avantages de la vie urbaine (emplois, services) et ceux de la campagne (air pur, espaces verts). Elles devaient être entourées d'une ceinture verte, avec des zones résidentielles aérées, des jardins et des parcs. Ce modèle a inspiré de nombreuses initiatives, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Il a favorisé l'idée que l'urbanisme devait offrir un cadre de vie sain, avec des espaces ouverts et des zones pour l'activité physique.

  

3.Modernisme et urbanisme fonctionnel (1920-1970) 

Le début du XXème siècle a vu l'émergence de nouvelles idéologies en matière d'urbanisme, influencées par l'essor du modernisme et des progrès technologiques. L'urbanisme fonctionnel, promu par des architectes comme Le Corbusier (1887-1965), prônait la séparation des fonctions urbaines (résidentielle, commerciale, industrielle) pour rationaliser l'espace. Le Corbusier a proposé des modèles comme la « cité radieuse », construite à partir de 1945, avec de hauts immeubles entourés de grands espaces verts pour maximiser l'air et la lumière. 

  

Contrairement à cette vidéo, qui est très positive, les grands ensembles qu’il a inspirés, souvent construits en périphérie des villes, ont parfois été associés à des problèmes sociaux, tels que l’isolement et la dégradation des conditions de vie. 

Urbanisme de l'automobile 

L'après-guerre a vu l'expansion des banlieues, avec des développements axés sur la voiture, souvent au détriment de la marche et des transports en commun. Bien que cela ait amélioré certaines conditions de vie, cela a aussi engendré des problèmes de sédentarité, de pollution et de déclin des centres-villes.

 

1952 : le Grand smog 

 

4. Réforme urbaine (années 1970-2000)

À partir des années 1970, une prise de conscience croissante des problèmes environnementaux et des effets négatifs des modèles d'urbanisation basés sur le tout automobile a émergé. 

Les concepts de développement durable ont commencé à s'imposer. 

  • Planification durable : L'accent a été mis sur la création de villes plus compactes et mieux connectées, favorisant la marche, le vélo et les transports en commun, tout en réduisant l'empreinte écologique des villes. Le tournant majeur dans l’émergence de l’urbanisme durable remonte à 1987 avec la publication du rapport Brundtland. Intitulé « Notre avenir à tous » 
  • Infrastructures vertes et résilience : De nouvelles approches comme l'intégration d'infrastructures vertes (parcs, corridors écologiques) ont été développées pour améliorer la qualité de vie, gérer les inondations et réduire les îlots de chaleur en milieu urbain. 
  • Écoquartiers : Des projets de rénovation urbaine et des écoquartiers (comme celui de Vauban à Fribourg en Allemagne) ont cherché à démontrer qu'il était possible de créer des quartiers autonomes, écologiquement responsables et favorables à la santé.

 
  

 

5. L’urbanisme favorable à la santé 

Plus récemment, les crises de santé, telles que l'obésité, les maladies respiratoires dues à la pollution de l'air, et les impacts de la crise climatique, ont accéléré ces tendances. Le concept d’urbanisme favorable à la santé (UFS) a été initié en 1987 par le Réseau des villes santé de l’OMS Europe et formalisé en 2000 dans le guide “Pour un urbanisme centré sur les habitants”. L’idée est que les choix d’aménagement peuvent avoir un impact significatif sur le bien-être et la santé des populations. 

• Minimiser les risques : pollution, bruit, chaleur, etc 

• Protéger et prévenir : avoir une eau de baignade, planter des arbres, favoriser la mixité sociale, etc 

En France, l’UFS a été soutenu par le ministère de la Santé est développé dans la recherche et la formation, notamment à l’École des hautes études en santé publique (EHESP). 

 

Quelques pistes : 

- Concept de "ville 15 minutes" : Le concept popularisé récemment vise à rendre la ville plus résiliente et agréable à vivre en garantissant que tous les services essentiels (travail, soins, éducation, loisirs) sont accessibles à pied ou à vélo en moins de 15 minutes. 

- Smart cities et technologies : L’intégration des technologies dans les infrastructures urbaines, comme les capteurs de qualité de l'air, les applications de mobilité partagée et les réseaux intelligents, contribue à améliorer la santé des habitants en optimisant la gestion des ressources et en réduisant les risques environnementaux. 

- Épidémies et urbanisme : La pandémie de COVID-19 a accentué l'importance de repenser l'espace public pour réduire la transmission des maladies, avec un retour des réflexions sur l'hygiène, la densité urbaine et l'accès à des espaces ouverts et sains. 

On le voit, l'urbanisme favorable à la santé s'inscrit dans un continuum historique qui reflète l'évolution des préoccupations sanitaires, sociales et environnementales liées à la ville. 

Aujourd'hui, l'urbanisme favorable à la santé (UFS) est un domaine multidisciplinaire qui mobilise à la fois la planification urbaine, la santé publique, l'écologie et les sciences sociales pour améliorer la qualité de vie des populations urbaines. 

Pour aller plus loin : 

Quand l’urbanisme se met au service de la santé et du bien-être 

https://bit.ly/473h8vQ 


Le Monde (2020) : « Peste, choléra, tuberculose… les épidémies ont modelé nos villes » 

https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2020/03/30/comment-les-epidemies-ont-modele-nos-villes_6034868_4811534.html 

Histoire des pavés parisiens :

 

mercredi 12 mai 2021

Gamers, jouez solidaires pour Handicap International



Nombre de citoyens rivalisent d’imagination pour aider le secteur associatif à lever des fonds. 

Depuis quelques années, ils ont exploré l’univers du gaming dans ce sens, ouvrant la porte à une nouvelle forme d’engagement sociétal.

Le paysage français a déjà senti passer les tornades Z Event avec ses 5.7 M€ levés pour Amnesty International et plus récemment le Speedons avec ses 614.255€ levés au profit de Médecins du Monde. 

 De son côté, Play For Good a lancé une première opération avec le jeu flappy bird en décembre dernier, afin de tester le concept, avant d’imaginer un événement plus important. 

L’objectif est de proposer aux citoyen.nes de passer de bons moments en jouant à des jeux vidéo tout en soutenant des associations caritatives. 

 A cette occasion, 
  • Play For Good a redistribué plus de 15 000€ entre les participants et les associations bénéficiaires. 
  • Et l’association a bénéficié d'une campagne de publicité dans le métro lyonnais et plusieurs articles dont un dans le Progrès. 
  • Elle a enregistré une affluence de plus de 5.000 visiteurs sur le mois de l'opération.

    

Pour cette nouvelle édition, Handicap International est l’association partenaire du Play For Good qui se tiendra du lundi 24 mai 2021 au dimanche 30 mai 2021. 

 Voici un extrait de son Manifeste. 

Cette Édition #2 revêtira un autre visage du gaming-caritatif où l’eSport sera au centre du concept et vecteur de plus d’inclusion et de partage. Tout au long de l’événement, vous pourrez participer à des cycles de conférences sur les thèmes de la “Solidarité internationale”, du “Gaming caritatif vecteur d’inclusion” et un atelier “Comment devenir streamer - tips”. Mais ce n'est pas tout, vous aurez également l’occasion de participer à des animations surprises qui enchanteront les gourmand.es ! 

Pour cette Édition #2, les joueurs amateurs seront placés au centre de l’expérience. Et quoi de mieux que 3 tournois proposés autour de 3 jeux très populaires : League of Legends, Teamfight Tactics et Legends of Runeterra ! 

Préparez vos stratégies, vos picks, vos builds, vos decks et Play For Handicap International ! À quoi serviront vos dons ? Vos dons serviront à soutenir le fonds mutualisé de l'association Handicap International dans l’intégralité de sa mission sociale. 

 Handicap International est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient dans les situations de pauvreté et d'exclusion, de conflits et de catastrophes. 

Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et vulnérables, elle agit et témoigne pour répondre à leurs besoins essentiels et améliorer leurs conditions de vie. Elle s'engage à promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux, depuis sa création en 1982, dans plus de 60 pays. 

 Voici quelques exemples de projets menés par Handicap International : 

  • Le “School4all” est un projet d’Handicap International qui permet aux enfants handicapés de pouvoir se rendre à l’école, un droit fondamental. 
  • Le projet Makani, depuis 2016, a pour objectif d'augmenter le nombre d’activités récréatives dans un quartier surpeuplé et populaire du Caire. 
  • En 2019, au Bangladesh, Handicap International a eu l’occasion d’apporter de l’aide à la population Rohingya en les secourant et en les protégeant de l'insalubrité, la violence, l’insécurité et le trafic humain. 
Changez le monde à votre échelle :Play For Good, Play For Handicap International! Jouez solidaires. 

L'objectif de collecte sera celui que vous, joueur. euses et donateur.trices, aurez décidé de vous fixer, contribuant ainsi à diminuer les injustices dans le monde 

Pour en savoir plus : 



Autre association : Chœur de Gamers 

mardi 29 août 2017

Trouvez l’événement Handivoile près de chez vous





Handivoile est une journée pendant laquelle des bénévoles, leur famille et leurs amis accompagnent des personnes handicapées sur de nombreuses bases nautiques en France. 

Ils y font de la voile mais aussi de l’aviron ainsi que de nombreuses autres activités sportives proposées par les différentes bases : course d’orientation, percussion, golf, poney, fléchettes, etc. 

Les personnes en situation de handicap y participent activement. Outre la fait de passer une bonne journée, quel que soit son âge, cette initiative qui prend de l'ampleur permet aussi de  faire reculer les préjugés, si besoin. 



Environ 30 bases nautiques participent à l’événement, ainsi qu'une base en Bulgarie et en Belgique.

3.500 participants sont attendus cette année.

Le lieu des prochaines fêtes nautiques est indiqué sur leur site internet, en général le samedi 16 septembre 2017. 

Les Franciliens ont le choix. Il y a par exemple : Sèvres (le 9/9) et le 16/9 : Cergy, Moissons, Bois le Roi, L’Ile Monsieur, Plan d’eau du Canada à Beauvais, Enghien, Jablines, Port aux Cerises



Né en 2002 de manière informelle, Handivoile prend la forme d'une association en juin 2010. C'est Philippe Coquereau qui en est l'initiateur. Il a exercé plusieurs métiers dans différents pays. Puis il est devenu expert-comptable et commissaire aux comptes.

L'idée de Handivoile est venue un peu par hasard.

Il a en effet découvert que la base nautique de la CCIP de Paris, à Choisy-le-Roi, organisait des challenges de voile pour les entreprises. En se rendant sur place, il voit que la base est équipée de "mini J", des bateaux pour une personne équipés avec un volant ou un palonnier pour guider le voilier. Ces bateaux étaient équipés pour des personnes en situation de handicap moteur... mais personne ne le savait.

Philippe propose alors d'organiser une opération pour les personnes en situation de handicap. La première année, ils n'ont été que 4 mais leur joie a vite été contagieuse.

L’association a des sponsors comme le Rotary, la Française des Jeux, La Société des membres de la Légion d'Honneur (L'Honneur en action), la CCI Paris ou Jaguar.

https://www.handivoile.com 

mardi 13 septembre 2016

Jeux paralympiques : un succès bâti dans la durée

L'histoire des Jeux Paralympiques commence en 1948 dans un hôpital militaire situé près de Londres, à Stoke Mandeville. Sir Ludwig Guttmann, un Allemand ayant fui le nazisme pour le Royaume-Uni en 1938, en est à l’origine. 

Cet éminent neurologue a cherché à l’époque un moyen d’accélérer le rétablissement de ses patients paraplégiques, tous vétérans de la Seconde guerre mondiale. Il a imaginé de les confronter sur des épreuves sportives au moment même où les Jeux Olympiques se déroulaient à Londres.  


Le Dr Guttmann vient de créer, sans le savoir, à partir d'une initiative locale, un nouveau mouvement sportif. 

Chronologie : 
  • Le second départ des Jeux Internationaux de Stoke-Mandeville date de 1960, à Rome, en prenant place une semaine après les Jeux Olympiques. 
  • En 1964, les Jeux Paralympiques sont organisés à Tokyo, comme les Jeux Olympiques. 
  • Mais ils s’en écartent quatre ans plus tard, pour se dérouler à Tel Aviv. 
  • Il faudra attendre Séoul et l’année 1988 pour voir les deux événements avoir la même ville hôte.
 Mod-JEUX_PARALYMPIQUE - Roth

Les premiers Jeux Paralympiques d’hiver se tinrent à Ornsköldsvik, en Suède, en 1976.

En 1992 Albertville fut la première ville à accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver.

Comme prévu dans les Accords CIO-IPC successifs les Jeux Olympiques et Paralympiques sont maintenant systématiquement organisés par la même ville et sur les mêmes sites de compétition.

Quelques chiffres : 

  • En 1988, 3.053 athlètes provenant de 63 pays prirent part aux compétitions à Séoul. 
  • En 2012, le chiffre atteint 4.280 athlètes en compétition représentant 165 pays présents à Londres. En 11 jours de compétition, ils ont fait le plein des stades avec 2,5 millions de billets vendus. 
  • Le record précédent était de 1,8 million billets vendus aux JO paralympiques de Pékin 2008.
  • En 2004 à Athènes, seulement 850 000 avaient été écoulés. 
Cet engouement récent et les belles images de l’événement expliquent également la présence de nombreux sponsors, notamment dans l'univers financier.


 Une campagne de dernière minute lancée en Grande-Bretagne, nommée #FillTheSeats et soutenue par des donateurs tels que Coldplay, le prince Harry et la paralympienne américaine Tatyana McFadden, a stimulé la vente des billets donnés aux enfants brésiliens.

Une vidéo festive et très rythmée sur Rio vue plus de 6,4 millions de fois :


 






Pour aller plus loin : 

Les JO à Paris : 
https://www.paris2024.org

Story of Paralympics founder Sir Ludwig Guttmann 
http://www.bbc.com/news/uk-england-oxfordshire-19368602



Le sport est considéré comme un vrai facteur d’intégration à Rio de Janeiro 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/06/le-sport-est-considere-comme-un-vrai.html

Pour les ONG, le football n’est pas qu’un sport de millionnaires individualistes
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/07/pour-les-ong-le-football-nest-pas-quun.html  



end