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jeudi 27 mars 2025

La Nuit de la Solidarité prend de l’ampleur


La Nuit de la Solidarité, organisée depuis 2018 par la Ville de Paris, permet de mieux connaitre les profils et besoins des personnes sans abri afin de calibrer les politiques publiques pour y répondre. D’autres villes ont rejoint cette initiative depuis lors. Cette année, en janvier dernier, 3.507 personnes sans solution d’hébergement ont été recensées à Paris, 785 dans 30 communes de la métropole du Grand Paris, et près de 400 à Bordeaux 

Dans la Ville Lumière, la Nuit de la Solidarité mobilise chaque année plus de 1.500 bénévoles et 500 professionnels, et associe une trentaine de partenaires institutionnels et associatifs. 

Quels impacts ? 

  • Lors de la première Nuit de la Solidarité à Paris, on a découvert que 12 % des personnes rencontrées étaient des femmes, soit six fois plus que les estimations de l’INSEE (qui dataient de 2012). C’est pourquoi, selon son site web, la ville s’est adaptée à cette réalité, en donnant le jour à des structures et dispositifs dédiés. 
  • Pour Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, si la situation s’est améliorée en 2025, elle reste préoccupante : « Nos efforts conjugués peuvent porter leurs fruits, nous le voyons. Il nous faut les poursuivre et les amplifier. La Ville de Bordeaux sera aux côtés de la Préfecture, du Département et des associations pour continuer à ouvrir de nouvelles places d'hébergement et mener des expérimentations adaptées aux besoins des plus vulnérables". Les données recueillies lors de la Nuit de la Solidarité seront suivies et partagées dans le cadre d’une collaboration pilotée par le Centre communal d'action sociale (CCAS) de la Ville de Bordeaux. Elles contribueront ainsi à enrichir les politiques publiques et les initiatives mises en place pour répondre aux besoins sociaux du territoire, en concertation avec tous les acteurs du schéma Bordeaux Terre de Solidarités. 
  • Lors de sa troisième édition, la Ville de Lyon et le CCAS ont proposé une soirée de sensibilisation citoyenne à la lutte contre le sans-abrisme. Contenu : Table ronde, Atelier des solidarités, balade urbaine, maraude... en lien avec les associations partenaires, une occasion de découvrir le tissu local de l’action sociale et à déconstruire préjugés et idées reçues. 
 Des solutions complexes 

Derrière les chiffres se posent la question de la dignité humaine et des moyens financiers et humains pour y répondre. 

A Tours, un budget supplémentaire a été débloqué par le nouveau Préfet d'Indre-et-Loire pour loger les familles sans toit jusqu’au 1er avril. Le fonctionnement du 115, le numéro d’urgence sociale, est bien décrit dans la vidéo.

  

En effet, les villes sont souvent dépassées par l’ampleur des besoins. Les services sociaux font parfois un tri en fonction de la vulnérabilité des personnes. Et, elles se voient même contraintes d’ouvrir de plus en plus souvent des gymnases, des écoles ou des théâtres, autant de lieux non adaptés à l’accueil de la population. 

Sans compter que les riverains s’opposent parfois aux projets de création de centres d’accueil. 

Une responsabilité de l’Etat

Le Conseil d'État a rappelé en 2016 qu'en vertu du code de l'action sociale et des familles, c'est l'État qui a la charge d'assurer à toute personne sans-abri et en situation de détresse médicale, psychique ou sociale un hébergement d'urgence. 

Les villes dénoncent les carences de l'Etat dans le système national d'hébergement d'urgence. Las d’obtenir une réponse, Strasbourg, Rennes, Bordeaux, Paris, Grenoble et Lyon ont déposé en février 2024 des recours pour que l’Etat assume « enfin » ses obligations. 

Dans sa décision datée de mardi dernier, le tribunal administratif de Grenoble a ordonné à l'État de verser 76.802 euros au  CCAS de Grenoble, ainsi qu'une somme supplémentaire de 1.500 euros au titre des frais de justice. 

Cette indemnisation concerne les frais d’hébergement à l’hôtel d’une mère et de ses cinq enfants de mai 2022 à août 2024. Les plaignants soutenaient que cette famille aurait dû être prise en charge par le dispositif d’accueil d’urgence, relevant de la responsabilité de l’État, mais qu’aucune solution ne lui avait été proposée. Le tribunal a jugé que le CCAS était en droit de demander le remboursement de ces dépenses par l’État. 

Une décision qui pourrait faire jurisprudence en raison du nombre de demandes non pourvues au 115 ?

Le sujet est sur toute les lèvres : la Ville de Paris vient de demander aujourd'hui à l'Etat le remboursement de près de 7 millions d'euros correspondant aux frais d'hébergement de 1.200 jeunes en 2024.

Pour aller plus loin : 

Localtis. Nuit de la Solidarité 2025 : un nombre de sans-abri qui inquiète

https://www.banquedesterritoires.fr/nuit-de-la-solidarite-2025-un-nombre-de-sans-abri-qui-inquiete 

Les chiffres de l’Observatoire des inégalités 

https://www.inegalites.fr/hebergement-urgence-et-a-la-rue 

lundi 23 avril 2018

BRAC : une ONG pakistanaise atypique


Pour la 3ème année consécutive, BRAC (anciennement Bangladesh Rural Advancement Committee), a été l’ONG de développement la mieux notée par NGO Advisor. Ce qui est salué, c’est son pragmatisme dans la lutte contre la pauvreté.

185 critères rentrent en ligne de compte, dans 3 grandes familles, l’impact, l’innovation et la durabilité (sustainability). L’ONG, qui est présente en Asie et en Afrique, développe une stratégie d’internationalisation à 5 ans qui est claire.

Pour rappel, BRAC a été lancée dans les années 1970, autour de la microfinance, avant de se diversifier progressivement dans l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’aide juridique, l’éducation, la préservation du climat, ainsi que la santé des mères et des enfants.

Elle est aussi à l’origine d’une université et de plateformes de paiements mobiles (bKash).

En 2017, elle s’est aussi impliquée dans l’aide humanitaire, lors de l’exil d’un million de Rohingyas birmans dans le sud du Bangladesh.



De plus, BRAC a su rester assez indépendante sur le plan financier. 80% de son budget est autofinancé, via des entreprises sociales ou le flux de remboursement des micro-crédits.

Par sa taille et son modèle de développement, BRAC présente un profil assez atypique dans le monde des ONG. En 2014, elle employait 116.000 personnes.

Ses notes

8 / 10 Hiring Rating
7 / 10 Sustainability
6 / 10 Diversity on Funding Streams
7 / 10 Innovation Ratio
6 / 10 Transparency and Accountability
6 / 10 Independence from Governments
10 / 10 Independence from Corporations
7 / 10 Impact Measurement
7 / 10 Audit Results
7 / 10 Independence from One Funder

 Médecins Sans Frontières, the Danish Refugee Council, la Skoll Foundation et Ashoka figurent eux aussi dans le Top 5 cette année.

vendredi 28 octobre 2016

Expo photos à Paris sur le trafic d'êtres humains en Libye organisée par la Fondation Carmignac

Créée en 2000, la Fondation Carmignac, qui est adossée à une société de gestion d’actifs, acquiert quelque 20 nouvelles œuvres par an. 

Ses choix répondent à 4 principes forts : « Acheter au coup de cœur, sans tabou, sans frontières et sans revendre. » 

 Regroupant des artistes de 22 nationalités, la collection recense notamment de jeunes talents des pays émergents, tels le Libanais Ayman Baalbaki ou la photographe argentine Nicola Constantino, représentant l’Amérique Latine à la Biennale de Venise 2013. Cette vaste collection devrait être prochainement être exposée à Porquerolles dans le Var, une île interdite aux voitures et parcourue chaque année par plus d’1 million de visiteurs. 

En 2009, la Fondation Carmignac a créé le Prix Carmignac du photojournalisme, une initiative bienvenue lorsqu’on connaît les difficultés financières des photojournalistes, qui souffrent de la mauvaise santé de la presse.

La Fondation cherche à promouvoir un projet photographique et journalistique d’investigation effectué dans des territoires centres d’enjeux géostratégiques complexes, où les droits humains et la liberté d’expression n’ont plus droit de cité.

Cette année, le Prix est venu saluer un travail, qui dresse un tableau bien sombre de la Libye, sous le prisme du désespoir des migrants victimes de trafics d’êtres humains. Décerné en septembre dernier lors du Festival « Visa pour l’Image » à Perpignan, le 7ème Prix Carmignac du Photojournalisme a ainsi été remis à Narciso Contreras, qui est né à Mexico en 1975.

Plus qu’une simple zone de transit, de non-droit et de conflit armé, il ressort des photos prises sur le vif que la Libye est en proie aux agissements d’organisations criminelles et de milices privées. Face à elles, la faiblesse du gouvernement plonge des milliers d’hommes, de femmes et d’enfant dans un enfer sans issue. Et de rappeler que l’esclavagisme a encore cours au XXIème siècle, quasiment sous nos fenêtres et aux portes de l’Europe.



Le catalogue de cette dernière édition, publié aux Éditions Skira Paris, rassemble plus d’une trentaine de photographies.
Outre le catalogue, une exposition est actuellement en cours « Libye : Plaque tournante du trafic humain. Organisée à l’initiative de la Fondation Carmignac, elle se tient jusqu’au 13 novembre 2016 à l'Hôtel de l'Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés, Paris 6ème.

Sur la Fondation
http://www.fondation-carmignac.com/fr/

Le Festival Photos de la Gacilly dans le Morbihan 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2016/09/le-festival-photos-de-la-gacilly-se.html 

ONG et photojournalistes entretiennent une relation complexe 
  http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/06/ong-et-photojournalistes-entretiennent.html 

Peace in Focus recrée du lien grâce à la photographie
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/06/peace-in-focus-recree-du-lien-grace-la.html 

jeudi 18 juin 2015

Quand la FinTech vient au secours des migrants

Ce qui est intéressant avec les FinTech, c’est qu’elles génèrent de nouveaux usages à des prix intéressants. 

Dans le cadre des transferts d’argents des migrants, les innovations réalisées en amont par de nouveaux acteurs, dans un climat très concurrentiel, sont très encourageantes. Mais, elles doivent selon les experts des Nations Unies être accompagnées d’actions de formation et d’éducation financière, afin de libérer tout leur potentiel. 

Depuis 15 ans, la connaissance des transferts d’argent des migrants a fait un bond en avant. Pour sa Majesté la Reine Máxima de Hollande, United Nations Secretary-General's Special Advocate for Inclusive Finance for Development (UNSGSA), la question est désormais de maximiser leur impact sur le développement.

Le 5ème forum sur les envois de fonds et le développement se tient actuellement à Milan. Il a réuni des chefs d'État, des décideurs politiques, des acteurs du secteur privé et des responsables de la société civile afin d'établir une feuille de route pour l'amélioration des envois de fonds.

Pour cette occasion, le Fonds international de développement agricole (FIDA) a préparé un rapport «Travailleurs migrants et envois de fonds: flux et marchés européens».

Il souligne que cette manne financière est mal exploitée. Il faudrait :
  • l’émergence de plateformes de transfert d'argent plus compétitives, 
  • des services financiers ciblés pour aider les travailleurs migrants à économiser et/ou investir leur argent. 
Les frais de transfert sont une plaie, même si ils ont commencé récemment à baisser pour se situer entre 8% et 10%. Assez classiquement, plus les montants envoyés sont faibles, plus le pourcentage total de frais devient important. C’est ce qu’on appelle en économie la «double peine».

L’enjeu est colossal.

Si l'on parvenait à ramener les frais de transfert à 5%, conformément à l'objectif du G20 fixé en 2009, les migrants et leurs familles dans le pays d’origine pourraient économiser une somme supérieure à 15 Mds$.

Bill Gates, comme l’Africa Progress Panel, un think tank présidé par Kofi Annan, plaident dans le même sens.



Les nouvelles technologies Les cartes de ce marché commencent à peine à être redistribuées.

Cotée en Bourse, Western Union a perdu 29% de sa valeur le 31 octobre 2002. Un plongeon qu’on distingue très bien sur le graphique et qui sonne comme un avertissement.


Les investisseurs craignaient à l’époque que le marché des transferts soit pénalisé par une intensification de la concurrence avec des prétendants sérieux comme Paypal (groupe EBay) ou encore Moneygram International, sans compter Amex, Bank of America, voire Walmart.

Pour l’heure néanmoins, les acteurs historiques ont réussi à préserver l’essentiel de leurs parts de marché,
  • en réduisant leurs coûts. 
  • en augmentant leur productivité
  • et en cherchant à reprendre la main sur les solutions mobiles et digitales. 
En 2014, Western Union a dégagé un bénéfice de 852 millions de dollars, en hausse de 7%. La compagnie a déjà prouvé sa capacité d’adaptation, puisqu’elle a été fondée en 1851 à l’époque le télégraphe.

Pour combien de temps ? De nouveaux troublions sont apparus, qui s’appuient sur des technologies émergentes, populaires peu coûteuses

Facebook, le roi lion

En avril 2014, le FT signalait que Facebook s’apprêtait à demander une licence bancaire en Irlande dans le but de se positionner sur le marché des transferts d’argent (remittances industry).

Le quotidien se demandait même “Are we about to see the emergence of FaceBank?”.
  • la Banque Mondiale estime que plus de 90% des transferts sont envoyés à la famille, des personnes avec qui les expéditeurs sont en contact via les réseaux sociaux. 
  • parmi les marchés en forte croissance pour Facebook figurent des pays, qui bénéficient massivement des transferts d’argent comme l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Nigéria.
  • De même pour l’Indonésie, le Mexique, les Philippines et la Turquie. 

Pour Brian Blau, Directeur chez Gartner, Facebook a une carte à jouer dans les pays où le système bancaire est embryonnaire.


Nouveau service de paiement en Chine 

En Chine, le service de messagerie mobile WeChat, qui comptabilise plus de 500 millions de membres actifs, a lancé un service de paiement à la mi-2013.

Au Nouvel An lunaire chinois, les enfants devaient autrefois s'agenouiller devant les membres âgés de la famille pour recevoir leurs enveloppes rouges remplies d'argent.

 Aujourd’hui, beaucoup de ces enveloppes circulent via mobiles. Plus d’un milliard d’enveloppes cadeaux ont été échangées en début d’année via la filiale de Tencent.


En 2014, la Chine comptait 245 millions de migrants à l’intérieur de son territoire. Ils représentent 17% de la population chinoise, majoritairement des paysans.

Des FinTech en embuscade 

Western Union aurait plus de succursales que McDonalds, Wal-Mart et Starbucks combinés.

Selon la start up Azimo, basée à Londres, les médias sociaux permettent aux prestataires tels que son entreprise :
  • de réduire les coûts de l’infrastructure physique et des intermédiaires 
  • pour répercuter ces économies directement sur le client 
  • tout en offrant une prestation sécurisée. 
Azimo facturerait moins de 3%.

Pour Michael Kent, patron d’Azimo, il doit être aussi simple d’envoyer des fonds que de partager une photo.

Interviewé en avril dernier par Maddyness, Ismail Ahmed, patron de WorldRemit, un autre acteur du secteur, soulignait qu’il y a plus de 2.5 milliards de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à des services financiers. Mais qu’1 milliard d’entre eux possèdent un téléphone portable.

Ancien conseiller auprès des Nations Unis pour son programme de transfert de fonds, Ismail Ahmed a aidé les sociétés de transfert d'argent africaines à respecter la réglementation stricte contre le blanchiment d'argent instaurée suite aux attentats du 11 septembre.



De son côté, Jan Hallbergis, à la tête du Marketing de la division « M-Commerce » chez Ericsson, estime qu’un jour, envoyer de l’argent sera aussi simple qu’écrire un SMS.

Ingéniosité 

Voici également une autre jeune pousse au service de la diaspora africaine: Afrimarket, spécialiste du « cash to goods ».

Originalité, l’envoyeur peut décider de ce qui est acheté avec l’argent qu’il envoie. La société aurait bénéficié de deux levées de fonds dont la deuxième s’élevait à 2,3 millions d’euros, financés notamment par Orange, qui ne cache pas ses ambitions dans le « mobile money ».


Potentiel de développement rural

Si la réduction des frais de transfert représente une véritable aubaine pour les migrants, encore faut-il que cet argent serve de tremplin pour un développement économique durable.

Pour le FIDA, la majorité des fonds reçus s’évapore dans l’acquisition de biens essentiels –nourriture, vêtements, logement, santé et éducation, autant de dépenses contraintes.

Des études montrent cependant qu'il serait possible de consacrer jusqu'à 20% des fonds à l'épargne, aux investissements ou au remboursement de prêts consentis pour monter de petites activités. Le FIDA distingue 2 priorités :
  1. améliorer l'accès aux services financiers de base tels que l'épargne et le crédit, 
  2. déployer au profit des familles des services non financiers adaptés à leurs besoins, comme l'assistance technique pour le développement d'entreprises ou des programmes d'éducation financière. 
But ultime : l’inclusion financière

Pedro De Vasconcelos, co-auteur du rapport et coordonnateur du Mécanisme de financement pour l'envoi de fonds au FIDA, estime que :
"Les envois de fonds offrent une occasion exceptionnelle d'attirer des millions de personnes dans le secteur financier formel".
"Compte tenu de l'interaction fréquente entre les expéditeurs et destinataires des envois de fonds et le système financier, les envois de fonds pourraient donner naissance à des rapports entre les banques et les familles, sur le long terme, susceptibles d'améliorer les conditions de vie de ces familles." 
Pour aller plus loin :

Le FIDA investit dans les populations rurales, en les autonomisant afin de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer leur résilience. http://www.ifad.org/

La FinTech, c’est quoi ?

Selon Bolden, l’expression FinTech combine les termes «finance» et «technologie». Elle désigne ainsi une start-up innovante qui utilise la technologie pour repenser les services financiers et bancaires et bousculer les schémas établis.

Suite à la crise économique de 2008, de nombreux banquiers et traders se sont lancés dans des aventures entrepreneuriales pour repenser le modèle de la finance grâce à l’innovation technologique.
Leur but ? Rendre la finance plus simple et plus accessible, en proposant des services de meilleure qualité et moins coûteux.

Les FinTech foisonnent dans tous les domaines :
  • gestion d’épargne 
  • prêt pour les particuliers, 
  • financement des entreprises 
  • paiement en ligne. 

Il s’agit de sujets d’actualité. La Revue Banque organise début juillet une conférence sur « Les nouveaux services et moyens de paiement à l'ère du digital »
http://bit.ly/1ImI9Gz 

Sur ce blog : Western Union apprend aux migrants à épargner 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2015/06/western-union-apprend-aux-migrants.html 


Vus ailleurs : Chine :
4 enfants laissés à eux-mêmes, (liushou ertong en chinois) et restés à la campagne, leurs parents étant partis travailler en ville, viennent de se suicider dans la province du Guizhou, l’une des plus pauvres du pays dans l’ouest de la Chine.
http://www.bfmtv.com/international/chine-quatre-frere-et-soeurs-livres-a-aux-memes-se-suicident-895270.html






L’impact des taux de change sur les transferts en Inde « Rupee depreciation helps in inward remittances »
  • Basé à Chennai, The Hindu, journal indien en langue anglaise, note que depuis 3 mois, la baisse de la roupie a entraîné une hausse des transferts de fonds de plus de 50%, surtout en provenance des pays du Golfe. Ce serait surtout le fait des migrants indiens les plus aisés (high networth individuals), les HNIs. 
  • Il est dommage que la majorité des migrants, faute d’épargne ou d’éducation suffisantes, ne soient pas en mesure de profiter de ce genre d’opportunités pour moduler leurs transferts. 

http://www.thehindu.com/business/Industry/rupee-depreciation-helps-in-inward-remittances/article7322667.ece

jeudi 11 juin 2015

Western Union apprend aux migrants à épargner


En 2013, selon les estimations conjointes de l'ONU et de l'OCDE, 232 millions de personnes sont considérées comme immigrées dans le monde, soit 3,2 % de la population totale (contre 2,9% en 1990).

En vingt-cinq ans, le nombre d'immigrés aurait cru de 50%.

Près de la moitié des migrants internationaux résident dans 10 pays (source : Info Migration Numéro 63 de février 2014).
  • En 2013, les Etats-Unis en accueillaient 46 millions, c’est-à-dire 20% du total, 
  • suivis de la Fédération de Russie (11 millions, mais il s’agit pour l’essentiel de ressortissants de pays autrefois inclus dans l’Union soviétique), 
  • de l’Allemagne (9,8 millions), 
  • de l’Arabie saoudite (9,1 Mi), 
  • des Emirats arabes unis et du Royaume-Uni (7,8 Mi), 
  • puis de la France (7,5 Mi), du Canada (7,3Mi) 
  • sans oublier l’Australie et l’Espagne (6,5 Mi chacun). 
En proportion, le nombre d'immigrés atteint
  • plus de 70% aux Emirats arabes unis, 
  • et plus de 30% en Arabie Saoudite. 
  • le Japon fait figure d’exception, avec environ 1,5 % d'immigrés (dont plus de la moitié venus de Chine et de Corée). 

Les plus qualifiés migrent davantage 

Les taux d’émigration des plus qualifiés dépassent les taux d’émigration totaux pour la plupart des pays d’origine, reflétant le caractère sélectif de la migration selon Info Migrations. Avec un risque de "fuite des cerveaux".

En 2010, il y avait par exemple autant voire plus de personnes diplômées du supérieur vivant hors de la Barbade, du Burundi, d’Haïti, des Maldives, du Mozambique, du Niger, de la Tanzanie et de la Zambie que dans les pays d’origine.

Western Union et l’éducation financière

Néanmoins, de nombreux migrants n’ont pas suivi une éducation très poussée.

Spécialiste des transferts d’argent et couvrant la planète, Western Union constitue un service essentiel notamment pour les populations, parfois défavorisés, mais souhaitant entretenir leurs familles restées dans leurs pays d’origine.

Le groupe dispose en effet d’un réseau combiné de 500.000 agences réparties dans 200 pays et territoires équipés de plus de 100.000 GAB et bornes.



La firme a mis en place un programme d’éducation financière vis-à-vis des migrants dans plusieurs pays, comme aux Philippines, avec le programme Peso-sense, ou encore aux Emirats Arabes Unis.

Il en ressort notamment que les femmes immigrées y trouvent non seulement des outils pour gérer leur budget, mais un moyen de planifier leur avenir et d’améliorer leurs conditions de vie.

A Dubaï, 99% des participantes du programme Apna Sapna (ce qui signifie Notre Rêve) parviennent à mieux contrôler leurs dépenses et même à épargner.

Une action à impact rapide

Un questionnaire, réalisé avant la formation, donnait ces résultats :
  • 66% des répondantes ne savaient pas comment équilibrer revenus et dépenses, 
  • Peu d’entre elles étaient capables de se constituer une épargne de précaution, et pour celles qui tentaient d’y parvenir, elle se révélait insuffisante en cas de réelle urgence. 
  • Seules 23% des répondantes réussissaient à mettre de côté 10% de leurs salaires. 
Après le coaching ;
  • Le nombre de femmes capables d’économiser 15% de leurs salaires mensuels a quintuplé, 
  • Et, le nombre de celles qui envisagent d’économiser 10% de leurs salaires a augmenté de 50%. 


Aider les familles


La grande majorité des travailleuses immigrées à Dubaï envoie des fonds dans leurs pays d’origine pour de nombreuses raisons (nourrir la famille, éducation des enfants).

Ces fonds sont envoyés le plus souvent à leurs proches:
  • 66% à leurs mères 
  • 23% à leurs pères 
  • 20% à la fratrie 
Elles considèrent que travailler aux Emirats arabes unis constitue une étape essentielle en vue d’une stabilité financière préalable à la prospérité.

Leur passage dans ce pays doit leur permettre de réaliser certains rêves, comme acheter une maison à leur retour dans leur pays d’origine, voire commencer un petit business, une activité où elles auront aussi besoin de jongler avec les chiffres.

Dans les 3 premiers mois ayant suivi son lancement, 7.000 travailleurs ont terminé avec succès la formation, dont 2.200 femmes.


4 migrantes ont donné des détails sur leur cursus et raconté à la presse locale leur expérience.:
http://www.khaleejtimes.com/kt-article-display-1.asp?xfile=data/nationgeneral/2015/March/nationgeneral_March99.xml&section=nationgeneral 



Ce qui est bon pour les migrant(e)s est aussi bon pour Western Union, non seulement en termes d’image, mais aussi de business, puisqu’une partie de leurs économies va générer des transferts de fonds.

Par ailleurs, la Western Union Foundation collabore aussi bien avec de grandes ONG qu’avec de petites organisations locales à but non lucratif et d’œuvres de bienfaisance dans le monde entier, notamment l’UNICEF, Save the Children, Mercy Corps et Pratham.

Pour aller plus loin : 

Janvier 2014 : L’éducation financière, un enjeu mondial 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2014/01/leducation-financiere-est-devenue-un.html

Novembre 2014 : Les banques américaines savent qu'elles doivent éduquer leurs usagers
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2014/11/les-banques-americaines-savent-quelles.html

Mars 2015 : Pour Thomas Piketty, les citoyens veulent comprendre l’économie
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2015/03/pour-thomas-piketty-les-citoyens.html

OCDE, Décembre 2014 : Comment mettre à profit les compétences des immigrés? http://www.oecd.org/fr/els/mig/debats-politiques-migratoires-3.pdf

The Western Union Company a son siège social à Englewood au Colorado.

Elle capitalise 11 milliards de dollars.

En 2014, The Western Union Company a réalisé 255 millions de transactions inter-consommateurs à l’échelle mondiale, virant 85 Mds entre particuliers et 484M$ à des entreprises.



 Fin