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jeudi 15 avril 2021

Habitat et Humanisme draine une épargne bâtisseuse de liens


Habitat et Humanisme a mis en place depuis plus de 30 ans de nombreux dispositifs destinés à favoriser le logement des plus démunis via par exemple l’épargne solidaire sous diverses formes et la location solidaire. 

 Au départ, Bernard Devert était promoteur immobilier. Lors d’une opération, il a été confronté à l’expulsion d’une vieille dame, qui a fait une tentative de suicide car elle voulait rester dans son quartier. Cette tragédie l’a conduit à changer ses priorités. Dès lors, il s’est engagé à favoriser le logement du plus grand nombre et à repenser la ville. 

Créé en 1985, Habitat & Humanisme loge environ 2.000 nouvelles familles par an et gère 40 Ehpad. 

Bernard Devert, qui a été ordonné prêtre à 40 ans en 1987, raconte ici le cheminement d’Habitat Humanisme, fruit de rencontres, mais qui a aussi été confronté à de nombreuses oppositions.

   

L’association a adopté les outils issus du monde professionnel, comme les sociétés foncières, non pas dans un but lucratif, mais de permettre aux plus démunis de vivre décemment. 

Ces dispositifs ont été imaginés pour être les plus simples possible, via des solutions qui ont fait leurs preuves comme l’épargne salariale, et être susceptibles d’avoir un impact renforcé. 

Des livrets bancaires humanistes 

Habitat & Humanisme intègre des dispositifs très sociaux dans des produits bancaires labelisés Finansol comme les livrets, des produits d’épargne basique très appréciés des Français en raison de leur simplicité, de leur sécurité et de leur liquidité. 

Via des partenariats, la plupart des réseaux bancaires proposent des produits d’épargne (Livrets, FCP, assurance-vie), dont tout ou partie des intérêts est sont reversés à l’association. Ces produits ouvrent le droit à la fiscalité liée aux dons. 

 Ces fonds, autant de petites rivières, sont orientés vers une société foncière, qui a vocation à acquérir et rénover des biens immobiliers, qui sont ensuite loués à des prix très bas à des personnes ou des familles en détresse. La foncière acquiert des biens dans des quartiers « équilibrés », afin de favoriser l’ouverture sur la ville. 

Alix Guibert, Vice-présidente d’Habitat & Humanisme, m’a indiqué que les sommes collectées constituent un socle de fonds propres, à partir duquel il est possible d’obtenir un effet de levier, via des subventions et des prêts à des conditions très intéressantes. A partir de 40.000€ de collecte, l’association arrive à loger durablement une famille. 

Ce processus peut prendre du temps, d’où l’intérêt de disposer d’une bonne visibilité sur les ressources de l’association. 

En agissant dans la durée, pour Alix Guibert, « Remettre les clés d’un appartement à un locataire dans le besoin ne constitue qu’une étape. Construire pour reconstruire signifie qu’il faut resociabiliser des personnes fragiles, qui viennent parfois de la rue. » 

Pour réussir, Habitat & Humanisme s’appuie sur un excellent maillage territorial. A ce titre Alix Guibert précise que « rien ne serait possible sans nos nombreuses associations locales, nos 4.500 bénévoles. Grâce aux liens créés, le travail de proximité accroît les chances de reprendre pied socialement et économiquement ». 

 Loger quelqu’un ou mixer les populations, c’est aussi changer les regards. D’autres projets comme les Maisons intergénérationnelles, les pensions de familles et les Ehpad visent aussi à rompre l’enfer de l’isolement. 

Une épargne doublement utile 

L’épargne solidaire n’est pas toujours poussée en avant par les conseillers de clientèle. Si vous êtes épargnant, ce sera donc sans doute à vous de faire la démarche pour savoir comment vous y prendre. Les fiches techniques des produits d’épargne solidaire figurent sur le site de l’association. 

Certains établissements, comme la Société Générale, abonde les dons. 

 Plus de 20.000 épargnants ont déjà été séduits par ces solutions. Habitat & Humanisme recueille ainsi 1 M€ par an. Ils se regroupent en deux profils type : 
  • des Français CSP+, séduit par la rentabilité, la sécurité et la solidarité, 
  • et des personnes plus militantes, voire anti-banques classiques. 

L’association est aussi invitée régulièrement par des banques privées, afin de présenter de visu des projets potentiels à leurs clients fortunés. Les fonds drainés sont réinvestis localement, si bien que les donateurs peuvent voir les projets se concrétiser. 

Un investissement direct et responsable 

Il est aussi possible de faire un investissement solidaire en entrant directement au capital de la société foncière d’Habitat & Humanisme, qui a pour objectif la construction, l’acquisition et la rénovation de logements destinés aux personnes en difficulté. 

Cet investissement présente certains avantages : 
  • Dans le cadre du dispositif IR-SIEG, l’investissement dans le capital de la Foncière d’Habitat & Humanisme ouvre droit à une réduction d’impôt de 25% du montant souscrit dans le cadre des plafonds en vigueur. 
  • Les investisseurs ne reçoivent pas de dividendes mais peuvent espérer une plus-value à la sortie, calculée sur la base de la valeur d'actif des foncières. 

Une méthode qui devient mainstream 

Si Habitat & Humanisme a fait figure de pionnier, les choses sont en train d’accélérer depuis peu, avec l’essor de l’épargne salariale et des fonds à impact. 

Ce mouvement dont profite Habitat & Humanisme s’explique à la fois par le besoin croissant de nombreux Français de donner du sens à leur épargne et à des dispositions réglementaires et fiscales, qui leur donnent de la visibilité. 

Ainsi, depuis 2010, les entreprises détenant un PEE, un PERCO ou un PEI ont l’obligation de proposer au moins un fonds commun de placement d’entreprise solidaire (FCPES), qui doit investir de 5 à 10% de ses capitaux dans des « entreprises solidaires » agrées.

   

Des partenariats ont été conclus avec des sociétés de gestion de premier plan. 

Et, Habitat & Humanisme est bénéficiaire de FCPE dédiés de nombreuses entreprises comme Arcelor, Boiron, Carrefour, Pfizer, Safran, Saur, Thalès et Total. 

Pour en savoir plus, le site Habitat & Humanisme :  https://www.habitat-humanisme.org

Habitat & Humanisme propose aussi aux propriétaires de logement de les louer de façon solidaire. Ce dispositif original fera l’objet d’un autre post.


Ailleurs sur ce blog : 

La location solidaire proposée par Habitat & Humanisme

Du côté des Etats-Unis, les minorités peuvent-elles accéder à la propriété ?

samedi 14 octobre 2017

Les propriétés de Trump doivent-elles être assurées contre les inondations ?


Une des propriétés les plus connues de Donald Trump, le complexe Mar-a-Lago, se situe en Floride en zone inondable, en particulier en cas d’ouragans. 

Alors que le Président des Etats-Unis soit climato-sceptique, certaines voix s’opposent outre-atlantique à ce que ses biens très exposés bénéficient du National Flood Insurance Program (NFIP).

Selon le Huffington Post, Ce programme intervient en particulier dans les zones où les assureurs privés ne veulent plus prendre de risque. Le club Mar-a-Lago paye une prime au NFIP, qui tient compte qu’il se situe dans une zone à haut risque.

Ce programme en Floride est critiqué car il bénéficie en bord de mer à une population très aisée, bien que la probabilité d’un sinistre soit forte. Mais, c’est aussi une population influente.

Pour le Républicain Earl Blumenauer (D-Ore), il est indécent que Donald Trump, qui dénie l’existence du changement climatique, bénéficie des largesses de fonds publics.
Mais, son projet d’interdire d’assurer les biens de Donald Trump, Prohibiting Aid for Recipients Ignoring Science, n’est pas passé.

Selon Associated Press, Mar-a-Lago a déjà encaissé la réparation de sinistres à hauteur de 17 millions de dollars en 2005, après le passage de plusieurs tempêtes, sans pour autant reconstruire la totalité de ce qui avait été détruit.

De plus, d’ici 30 ans, Mar-a-Lago pourrait être sous l’eau pendant une partie de l’année en raison de la montée des océans. Pour Earl Blumenauer, il faut arrêter de construire dans les zones à risque. Earl Blumenauer fait aussi partie du bipartisan Climate Solutions Caucus, qui regroupe 26 Démocrates et 26 Républicains à la Chambre des Représentants.

Ce groupe a été créé en février 2016 par Carlos Curbelo et Ted Deutch.




Autres post sur les Etats-Unis 

USA : les minorités peuvent-elles accéder à la propriété ?
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2016/01/usa-les-minorites-peuvent-elles-acceder.html 

 USA : le cannabis, une mine d'or  ?
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2015/04/usa-le-cannabis-sera-t-il-le-prochain.html

jeudi 10 mars 2016

La microassurance devient mainstream


L’IFC a publié récemment un rapport “She for Shield”, dans lequel il estime le marché potentiel de la micro assurance pour les femmes à 1,7 trillion de dollars à horizon 2030. 

Les pays émergents devraient en représenter la moitié, avec une multiplication entre 6 et 9 fois de la base de clients existants. 


L’utilité de la micro-assurance n’est plus à prouver.

Par exemple, Fundación de la Mujer et Microfund for Women (MFW) ont montré qu’une hospitalisation peut peser dangereusement sur le cash-flow de la famille. Les femmes peuvent aussi avoir besoin de conseils financiers avant la naissance d’un enfant.

Les femmes ne souhaitent pas seulement être indemnisées en cas de sinistre, mais se sentir en sécurité. Les produits proposés doivent être simples avec des bénéfices clairement exprimés.

Les micro-assureurs doivent développer une « culture de l’assurance » et sensibiliser leur personnel aux besoins de leurs clients afin d’être capables de les éduquer. Les besoins sont immenses.

En juin dernier, une étude de Timetric intitulée “Emerging Markets - Identifying Sources of Growth in the Insurance Industry” a également identifié des relais de croissance pour les assureurs, hors des BRICs, comme au Mexique, en Indonésie, en Turquie, au Vietnam et au Kenya.
  • notamment dans le domaine de la santé du fait de changement de style de vie, de revenus croissants ou encore de la prévalence de certaines maladies. 
  • de 2010 à 2013, les dépenses de santé par habitant ont progressé de 10%, 29% et 34% respectivement, au Mexique, au Kenya et au Vietnam. 
 Intéressée par l’inclusion financière des classes moyenne de demain, Axa estime que les pays émergents ne représentent que 17% du marché́ mondial de l’assurance, alors qu’ils pèsent déjà̀ 40% du PIB mondial.

C’est pourquoi Axa a porté sa participation au capital de MicroEnsure à hauteur de 46%. Ce micro-assureur britannique intervient dans 17 pays en Afrique et en Asie.

 Bien positionnée sur le marché de la micro assurance sur les terminaux mobiles, elle compte 20 millions de clients et a noué des accords avec des opérateurs téléphoniques, des établissements financiers et des institutions de microcrédit.

MicroEnsure sera la plateforme privilégiée du groupe français pour s’adresser aux futures classes moyennes des pays émergents avec une large gamme de produits (assurance-vie, IARD, santé et assistance).

Axa va aussi s’appuyer sur des schémas de micro assurance déjà̀ développés localement par ses équipes en Asie, en Afrique et en Amérique Latine pour le compte de 3 millions de personnes.


Pour Richard Leftley, Directeur général de MicroEnsure 

Personne ne se réveille le matin en ayant rêvé d’avoir acheté une assurance, et 85% des clients de MicroEnsure découvrent pour la première fois le concept d’assurance lui-même. Nous avons prouvé́ notre capacité́ à concevoir des solutions d’assurance abordables pour des populations jusqu’ici traditionnellement hors d’atteinte et impossibles à protéger via les offres classiques. La présence d’AXA à notre capital, aux côtés de nos autres actionnaires Omidyar, Sanlam et l’IFC-Banque Mondiale, va nous aider à accompagner nos clients dans leur progression vers un meilleur statut socioéconomique tout en fournissant un filet de sécurité afin de réduire les embûches sur ce chemin, contribuant ainsi à l’éradication de la pauvreté́ et à une plus grande prospérité́ pour tous. 

Une publicité en images animées d’un micro-assureur aux Philippines  :

Thomas Buberl (Membre du Comité de direction du Groupe AXA, Directeur Général d'AXA Allemagne et Directeur général de la ligne de métier assurance santé et vie, épargne, retraite) témoigne :
Les populations à bas revenus des pays émergents demeurent exclues des solutions d’assurance traditionnelles, alors qu’elles sont les plus vulnérables. Il existe clairement une opportunité́ pour accompagner ces populations dans leur cheminement afin qu’elles deviennent les classes moyennes de demain. Les caractéristiques et les besoins en assurance spécifiques de cette classe moyenne émergente vont nous forcer à réinventer la manière dont nous envisageons notre activité́, en tirant parti des technologies numériques, en menant des expérimentations sur des produits et services innovants, mais aussi en développant notre capacité́ à nouer des partenariats afin de mieux servir ces clients. Ces initiatives viendront également enrichir nos offres d’assurance plus traditionnelles. 




Pour aller plus loin : 

2011 : Les dérivés climatiques restent difficilement accessibles au Rwanda 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/02/les-derives-climatiques-restent.html 

2011 : Axa et Care veulent préparer les populations à risque à la prévention des catastrophes naturelles, le témoignage de Clara Rodriguo
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/05/axa-et-care-veulent-preparer-les.html 

2016: Making the trillion dollar microinsurance market opportunity meet women’s needs 
http://bit.ly/1TO00kD 

SheforShield: Insure Women to Better Protect All - IFC 
http://bit.ly/1R94668


fin

vendredi 18 juillet 2014

Econav s’attaque aux épaves de bateaux de plaisance

Il suffit de longer les côtes françaises pour constater l’accumulation d’épaves de bateaux, qui ont été purement et simplement abandonnées par leurs propriétaires sans aller à la casse. 

Petit rappel historique : En 1961, le premier bateau en polyester est sorti des chantiers Jeanneau, ce qui a donné le signal de départ pour une production en grande série, la plaisance n’étant plus réservée à une élite. 

Alors que la France ne comptait qu’environ 30.000 bateaux en 1966, on en dénombrait 950.000 en 2013, soit 31 fois plus ! 

C’est ce qui ressort d’un rapport d’EcoNav et du SIOCA sur la fin de vie des navires de moins de 24 mètres. De plus, ce matériau rentre également dans d’autres domaines, comme la petite pêche, le transport de passagers et même le militaire. 95% des bateaux de plaisance sont aujourd’hui dotés de coque en polyester, sans que le devenir de ces produits ait été réfléchi.

En effet, près de 20.000 bateaux de plaisance arrivent en fin de vie chaque année en France. Mais, de nombreux propriétaires préfèrent les abandonner, voire les brûler ou les couler plutôt que de prendre en charge leur démantèlement, qui peut coûter plus de 3.000 euros.

Ce comportement nuit à l’environnement (navires coulés, batteries, plomb et béton, polyesters, et produits chimiques), mais aussi aux autres plaisanciers puisque les navires délaissés occupent parfois des anneaux dans les ports, ce qui rallonge les délais d’attente.

Un colloque organisé à Douarnenez pour promouvoir des pratiques de navigation plus écologiques, a eu pour conséquence la naissance du réseau EcoNav (pour éconavigation) en 2007.

Ce collectif qui recense rapidement une centaine de membres regroupant des ONG, parmi lesquelles la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme ou encore la Surfrider Foundation Europe, mais aussi des institutions publiques (l’Agence des aires marines protégées, l’ADEME, l’Université Bretagne Sud, le Pôle Mer Bretagne…), des professionnels de la navigation (des comités de pêche, des chantiers, des architectes navals, des équipementiers, des gestionnaires de ports…) et des personnalités engagées telles que les navigateurs reconnus Philippe Poupon et Catherine Chabaud.

L’association EcoNav a également noué un partenariat avec la Macif pour faire la promotion de l’éconavigation et contribuer à la sauvegarde de l’environnement marin.

Ses membres définissent l’éconavigation comme le “terme générique regroupant l’ensemble des options écologiques pour la construction, l’utilisation, l’accueil et la fin de vie des bateaux toutes marines confondues (pêche, plaisance, commerce, militaire, fluviale)”. Quelle fin de vie ?

Econav s’est doté d’un cahier des charges :
  • prise en compte de l’ensemble des secteurs maritimes 
  • analyse de l’ensemble du cycle de vie 
  • approche basée sur une obligation de moyens 
  • concertation de l’ensemble des parties prenantes 
  • révision régulière des exigences • récompenser les initiatives respectueuses de l’environnement 

Il se décline en 3 volets : bateaux et équipements, pratiques et comportements, ports et abris.

Focus sur le Port à sec, une infrastructure qui permet de réduire l’entretien des coques de bateaux et le recours à des peintures sous-marines.



Pour aller plus loin : 

http://www.econav.org/

Etude Econav
http://www.econav.org/?Synthese-de-l-etude-Les-navires-en

La Macif indique sur son site Internet qu’elle fut la première mutuelle d’assurance à avoir proposé des contrats d’assurance pour les embarcations de plaisance. De plus, elle est depuis près de 25 ans le partenaire historique de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) et elle forme depuis 1987 les plaisanciers à la navigation en sécurité grâce à son école de formation à la croisière, Macif Centre de Voile (MCV).

Depuis 2008, grâce à son programme Skipper Macif, l’assureur accompagne des jeunes marins talentueux sur des courses au large prestigieuses. Plus globalement, la Fondation Macif a soutenu 3.000 projets pour un budget global de 32 millions d’euros depuis 1993. Macif Solidarité Mer - François Gabart parrain d'Handi Surf.



Macif Solidarité Mer 
https://www.macif.fr/web/site/groupe/accueil/macif_solidarite_mer 

TV5Monde : Navire en fin de vie cherche casse respectueuse. Août 2013 
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Industrie-maritime/p-26111-Navire-en-fin-de-vie-cherche-casse-respectueuse.htm 

http://www.robindesbois.org/ 

BioLit, c’est un réseau de femmes et d’hommes, qui s’investissent dans des structures d’éducation à l’environnement, de gestion et de protection de la nature… Partenaires de BioLit, ils sont prêts à partager avec vous leurs connaissances du littoral et à vous y accompagner. BioLit est un programme national de science participative sur la biodiversité littorale qui permet d’impliquer les citoyens auprès des scientifiques. Grâce à une plate-forme informatique collaborative et ses applications smartphones et tablettes développées par Logica, les observateurs peuvent photographier les espèces observées sur le littoral, collecter des données à travers des protocoles simples et accessibles et les transmettre directement aux scientifiques via leur téléphone mobile. 

L’objectif de cette plate-forme est de permettre ensuite aux scientifiques d’avoir une base riche d’informations et de faire des analyses, afin de mieux suivre l’évolution de la biodiversité littorale. Ce mécénat de compétence a permis à Logica de remporter le Trophée 2011 du mécénat d’entreprise remis par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable. 

http://www.biolit.fr/ 

http://www.respectocean.com/ 

RespectOcean est un réseau d’entreprises ou d’organisations professionnelles de l’économie maritime et côtière, réunies dans une démarche de développement durable. Il les fédère autour d’une charte commune d’engagement. Il favorise les échanges, l’émergence et la diffusion des bonnes pratiques. Il permet de rapprocher le monde de ces entreprises des autres parties prenantes, pour une meilleure gestion intégrée de la Mer et du Littoral. Une initiative soutenue par la région Bretagne.

Day 4 - Ocean + - Respect Ocean: A Network of... par Aires-marines-protegees 

Raphaëla le Gouvello est la fondatrice du réseau RespectOcean et en assure la coordination générale. C’est aussi une sportive accomplie, avec ses traversées océaniques en planche à voile, 4 records mondiaux, réalisés en solo entre 2000 et 2006. 

Le label MSC (Marine Stewardship Council) 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/05/le-label-marine-stewardship-council-est.html

jeudi 12 juin 2014

Le Lloyd's prédit une victoire allemande à la Coupe du Monde de Rio

Alors que des mouvements sociaux ont agité le Brésil ces dernières semaines, le football, qui fait rêver les foules, constitue aussi un business.

Le Lloyd’s, premier marché mondial de l’assurance spécialisée, pronostique la victoire de l’Allemagne lors de la coupe du Monde à Rio en se basant sur la valeur assurée de son équipe, la plus élevée de tous les compétiteurs. 

Cette conclusion résulte d'une étude réalisée par le Lloyds et le CEBR (Centre for Economics and Business Research), classant chaque équipe de la Coupe du Monde de la FIFA selon la valeur cumulée des assurances des joueurs de chaque pays.

Le montant total de celles-ci est estimé à 7,7 milliards d’euros, un montant colossal.

Un résumé des points principaux de cette étude montre que :
  • L’Allemagne, l’Espagne, l’Angleterre et le Brésil possèdent les quatre équipes les plus chères en termes de valeur assurable 
  • La France se situe en 5ème position (€608 millions, soit 62% seulement de la valeur de la Mannschaft).
  • La valeur moyenne de l’assurance d’un joueur anglais est plus élevée que celle de tous les joueurs de l’équipe du Costa Rica 
  • Les équipes les moins chères sont le Honduras, l’Iran et le Costa Rica


  • Le Groupe G (Allemagne, Portugal, Ghana, USA) est le plus difficile, avec une valeur totale assurée de €1,5 milliard 
  • Le Groupe C (Colombie, Grèce, Cote d’Ivoire, Japon) est le plus facile avec une valeur totale assurée de €422 millions 

En prenant en compte la répartition entre les groupes, le Lloyd’s pronostique une finale Allemagne vs Espagne

Vidéo suivante : Le sport, facteur d’intégration en Belgique. 




Pour aller plus loin, deux articles sur ce blog: 


Pour les ONG, le football n’est pas qu’un sport de millionnaires individualistes
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/07/pour-les-ong-le-football-nest-pas-quun.html

Le sport est considéré comme un vrai facteur d’intégration à Rio de Janeiro
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/06/le-sport-est-considere-comme-un-vrai.html

  fin 

mercredi 30 janvier 2013

Planet Finance et Swiss Re militent pour la microassurance à Davos


France 24 se demandait si le Sommet de Davos était un club select ouvert à une poignée de gens aisés ? 

Je viens de recevoir un communiqué de presse PlaNet Guarantee, qui montre que les causes d’intérêt général y sont aussi débattus . En effet, lors de l’édition 2013, Jacques Attali, Président de PlaNet Guarantee et Martyn Parker, membre du Board de SwissRé, en charge des partenariats, ont signé une lettre d’intention pour le développement de l'assurance indicielle dans les domaines de l'agriculture et de l'énergie pour les besoins des populations vulnérables en Afrique et dans le monde. 

Les deux entreprises sont déjà partenaires dans un projet financé par le GIIF (Global Index Insurance Fund), lequel est géré par l’IFC (Groupe Banque mondiale) et vise à développer l’assurance indicielle récolte dans les pays du Sahel.
  • Filiale du groupe PlaNet Finance, Planet Guarantee est un courtier de micro-assurance, qui s’est développé dans les domaines de l’assurance indicielle et de l’assurance santé au profit des populations vulnérables. Sur son site, PlaNet Guarantee précise qu’il bénéficie de l’expertise de ses actionnaires : BNP Paribas Cardif, Hannover Re, Malakoff Mederic et Finaréa. 
  • Swiss Ré est un des leaders mondiaux de la réassurance des risques agricoles et promeut des techniques de transferts des risques adaptées aux besoins des agriculteurs. Sa capitalisation boursière s’élève à 27 milliards de dollars. 
 WEF 2013: Martyn Parker - "The outlook for microinsurance is very positive"



 Dans le communiqué, les deux partenaires rappellent l’état des lieux :

  • Des millions de familles dans les pays émergents dépendent de l’agriculture pour vivre, et sont très vulnérables aux chocs climatiques qui sont une menace constante pour leur sécurité alimentaire et leurs revenus. 
  • Les solutions de micro-assurances indicielles permettent de sécuriser ces aléas pour les paysans et l’ensemble des filières agricoles. 
  • L’assurance indicielle rembourse les assurés lorsque la valeur d’un indice climatique ou autre atteint un seuil prédéfini.

Ce système permet une diffusion de masse à des coûts de distribution faibles et évite les procédures lourdes et tatillonnes pour constater les sinistres. L’assurance indicielle constitue ainsi un instrument efficace de lutte contre la précarité et un outil de développement économique et social.

 Anne Hastings Présidente de Fonzoke (“Haiti’s Alternative Bank for the Organized Poor") et Neal Keny-Guyer président de Mercy Corp. ont aussi apporté leurs témoignages à Davos et se sont exprimés sur la nécessité de faire changer cet outil d’échelle.

D’autres invités sont intervenus pour insister sur son caractère inclusif comme Rajiv Shah (USAID) et Rashad Kaldany, Vice President for Global Industries at International Finance Corporation (IFC)

Un autre témoignage : Agricultural Insurance for Kenyan Farmers: Kilimo Salama

 

 Pour aller plus loin:

 France 24 : Forum économique de Davos : un sommet pour les riches ? http://www.france24.com/fr/20130123-debat-partie1-davos-forum-economie-pauvrete

 Sur ce blog : Les dérivés climatiques restent difficilement accessibles au Rwanda. Février 2011. 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/02/les-derives-climatiques-restent.html

 Sur ce blog : Des banquiers aux pieds nus aux marches glissantes de Wall Street Juin 2011
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/des-banquiers-aux-pieds-nus-aux-marches.html

 En juin 2012, le 3ème Sommet Zermatt a engagé une réflexion sur le « Bien Commun ».
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/05/face-la-crise-le-zermatt-summit-2012_31.html

Tunisie: Des fonds européens pour encourager la création de petites entreprises dans les régions défavorisées. 23 janvier 2013




Vous voulez participer au microcrédit ?


jeudi 29 septembre 2011

Des ONG et une coalition d’investisseurs dont Aviva veulent moraliser la City










Un grand gestionnaire d’actifs, Paul Abberley, à la tête d’Aviva Investors London, souhaite modifier certaines mauvaises habitudes de la City. Mais, il a conscience de se battre contre des moulins à vents...

Il a constaté que la plupart des investisseurs se soucient comme d’une guigne des dommages sociaux ou environnementaux commis par certaines entreprises cotées en Bourse. Devenir leur actionnaire reviendrait à donner un blanc seing à leurs dirigeants. Son appel à un plus grand dicernement ne semble pas une évidence, malgré le fait que l’industrie financière ait vu sa réputation entachée avec la crise.

Il déplore que ces carences répondent à une certaine logique, dans la mesure où de nombreux investisseurs raisonnent avec un horizon de six semaines, parfois en totale contradiction avec les intérêts de leurs clients, comme les adhérents de caisses de retraite. Rien ne pourra empêcher selon lui un investisseur de renoncer à des opportunités de profit.

A ce titre, l’interview récente par la BBC d’un trader indépendant, aux propos caricaturaux, illustre le chemin qui reste à parcourir. Selon lui, Goldman Sachs et l'appât du gain dirigent la planète. Cette vidéo a fait couler beaucoup d’encre, certains la considérant comme une farce.



Paul Abberley estime que seuls les ONG et les hommes politiques peuvent pousser la finance de marché à se réformer. Mais, les hommes politiques raisonnent eux aussi selon lui à court terme, englués dans un calendrier électoral. De même, il regrette que rares sont les membres du monde associatif à maîtriser les rouages des marchés financiers, ce qui restreint leur force de frappe, voire les réduit au silence.

De son côté, l’assureur britannique Aviva a tenté de réagir en posant des questions aux sociétés dans lesquelles elle souhaite investir. Sans réponse de leur part, Aviva Investors déclare se montrer intransigeante et peut monter au créneau, comme dans l’affaire Vedanta. Sur 600 entreprises interrogées sur certains points de leur disclosure en 2010, le gestionnaire d’actifs a décidé dans 90 cas de s’abstenir ou de voter contre à l’assemblée générale.

L’action isolée étant vouée à l’échec, un collectif s’est constitué autour d’Aviva Investors. Le Collectif sur le reporting développement durable a appelé la semaine dernière les États membres des Nations Unies à mettre en place un cadre politique mondial, exigeant des sociétés cotées et des grandes entreprises privées qu'elles intègrent les informations relatives au développement durable dans leur rapport annuel et dans leur comptabilité. Ou bien qu’elles expliquent pourquoi elles ne peuvent pas le faire.

L’obligation d’information sur la politique RSE de l’entreprise vise à susciter le débat au sein des conseils d’administration des sociétés cotées et à permettre aux actionnaires de dialoguer en connaissance de cause avec la société. Le cadre suggéré pour ces débats est le Pacte mondial des Nations unies.

Dans ce cadre, le reporting serait effectué selon le principe comply or explain, qui oblige l’entreprise à se conformer aux règles ou à expliquer pourquoi elle y a dérogé. Le collectif appelle les États membres de l’ONU à adopter ce cadre politique mondial lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (sommet de la Terre 2012), qui se tiendra en juin 2012 à Rio de Janeiro.

Pour Georg Kell, directeur exécutif du Pacte mondial des Nations unies, les entreprises doivent intégrer le développement durable dans leurs stratégies de long terme et communiquer sur l'avancée de leurs projets. « C'est seulement quand les investisseurs ont à leur disposition des informations pertinentes qu'ils peuvent évaluer une société par rapport à ses pairs, et décider ou non d'y consacrer du capital»

Ce collectif, baptisé Corporate Sustainability Reporting Coalition, englobe non seulement des établissements financiers, mais aussi des ONG, comme la Fondation Ethos en Suisse et la Church of Sweden. Le Ceres, Pax World Management et Triodos Investment Management, qui font figure de pionnier dans la finance durable, y participent également. Avec quelques représentants Français comme CA Cheuvreux et le Fonds de réserve pour les retraites. Cette coalition est loin d’être ridicule, puisque l’encours d’actifs sous gestion confiés à ses membres s’élève à 1.600 milliards de dollars.

Selon le collectif, ce cadre politique international doit se baser sur deux principes clés majeurs :

1. Transparence – Les États membres de l’ONU doivent mettre en place une réglementation nationale obligeant à l’intégration des problématiques pertinentes en matière de développement durable dans le rapport annuel et la comptabilité ;

2. Responsabilisation – Les États membres de l’ONU doivent proposer des mécanismes efficaces pour que les investisseurs puissent demander des comptes aux entreprises sur la qualité des informations publiées, avec par exemple un vote consultatif lors de leur assemblée générale.

Paul Abberley, Directeur général d’Aviva Investors Londres, se place dans une logique d’investisseur à long terme :

"Nous pensons que tous les conseils d’administration devraient tenir compte de l’orientation durable de la société dont ils ont la gouvernance. Cela devrait non seulement augmenter la rentabilité à long terme et les rendements pour les investisseurs, mais également améliorer la qualité des places boursières, renforcer la stabilité macrofinancière et contribuer de manière significative à la vie des personnes sur lesquelles l'activité de l'entreprise a un impact. C’est pourquoi nous appelons les États membres des Nations Unies à s'engager à mettre au point des politiques en matière de reporting de développement durable pour les entreprises. Les marchés évoluent au gré des informations qui leur sont fournies. Si ces informations ne concernent que le court terme et sont incomplètes, nos marchés ne pourront adopter une approche exhaustive et à long terme"
De même, Ernst Ligteringen, Directeur général de la Global Reporting Initiative (GRI), les sociétés pionnières ont prouvé l’avantage qu’il y avait à publier les informations relatives au développement durable.

« La question qu’il faut poser maintenant est : pourquoi ne publiez-vous pas ces informations ? Les États membres ont ici l'occasion d’ouvrir la voie d'une économie mondiale durable en demandant à toutes les grandes entreprises de communiquer sur l’impact du développement durable, soit dans le cadre d’un rapport sur le développement durable, soit en intégrant ces informations aux données financières. Si elles ne le font pas, elles devront expliquer leur silence.»

La qualité du reporting devrait même devenir un nouveau critère d'admission à la cote. Au niveau mondial, certaines places boursières sont en avance sur la diffusion des informations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) par les sociétés cotées, notamment Euronext Paris et le Tokyo Stock Exchange. A l’opposé, d’autres places de marché font pale figure: l’Australian Stock Exchange, le NASDAQ GS, le Korea Exchange, le Santiago Stock Exchange et le Philippine Stock Exchange.

James Zhan, directeur de la division des investissements et des entreprises de la CNUCED et organisateur de l'initiative Bourses de valeurs durables du Forum mondial de l'investissement l'année dernière, a d’ailleurs déclaré qu’:
«Il n'est pas rare que les grandes entreprises publient des données ESG de bonne qualité, mais ces informations manquent de comparabilité et d'utilité. Cette action témoigne de l'intérêt fort des marchés pour un reporting ESG standardisé et de l'attention croissante portée au développement durable. Les bourses peuvent jouer un rôle important en rationalisant leurs pratiques à l'échelon national et en participant aux efforts internationaux pour l'harmonisation de la communication des informations ESG.»
Ces réflexions menées notamment diverses parties prenantes se multiplient. Diane-Laure Arjaliès, professeur assistant à HEC, interrogée dans le Monde de l’Economie du 26 septembre dernier, estime en effet que les acteurs non financiers - acteurs publics, ONG, société civile, entreprises, etc. – doivent prendre une plus grande part à la réflexion qui est actuellement menée par les tenants de l'ISR au sein du monde financier. Elle conclue même « Après le Grenelle de l'environnement, il serait peut-être souhaitable d’envisager un Grenelle de la finance responsable?»
Pour aller plus loin :

Les 24 signataires du courrier représentent un encours total de 1.600 milliards USD et regroupent les investisseurs suivants (plus quatre prestataires de services) :

Allianz Global Investors Investments Europe, AP7, Australian Council of Super Investors, Aviva Investors, BC Investment Management Corporation (bcIMC), Church of Sweden, Dexia Asset Management, Environment Agency Active Pension Fund, EQAO, Ethos Foundation, Fonds de réserve pour les retraites - FRR, Mn Services N.V., NEI Investments, North East Scotland Pension Fund, Pax World Management LLC, RCM une entreprise du groupe Allianz Global Investors, SNS Asset Management, Solaris Investment Management, Sparinvest, "TD Asset Management (TD Asset Management Inc., TDAM USA Inc.)", The Co-operative Asset Management, Trillium Asset Management, Triodos Investment Management B.V. et VIP (Vereinigung Institutionelle Privatanleger) eV.

Les quatre prestataires de services signataires de l'appel sont : Ceres, Ethix SRI Advisors, Fondation Guilé et Illac Ltd.

Communiqué de presse d’Aviva Investors du 21/09/2011, font j'ai repris de larges extraits.
Investor led coalition calls for un declaration requiring companies to integrate material sustainability issues into reporting
http://www.avivainvestors.com/media-centre/xml_027101.html

Aviva chief attacks City for failure on sustainability. The Guardian. 04.02.2011
http://www.guardian.co.uk/sustainable-business/aviva-chief-city-failure-sustainability

Discussion paper. International Integrated Reporting Committee (IIRC).
Integrated Reports will meet the needs of a broad range of stakeholders.
http://www.kpmg.com/CH/en/Library/Articles-Publications/Documents/Audit/pub_2011_IIRC-towards-integrated-reporting_EN.pdf

Partenariat entre Aviva et Save The Children.

India: Aviva launches Mobile Learning Centers with Save the Children to bring underprivileged children closer to education 05/09/2011
http://www.webwire.com/ViewPressRel.asp?aId=144979

72 entreprises font pression sur Bruxelles pour une politique climatique plus ambitieuse. 21/06/2011
http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/06/72-entreprises-font-pression-sur.html

Des sociétés de gestion « engagées » selon le Label ISR Novethic 2011 le 27 septembre dernier
Les 4 sociétés de gestion récompensées pour des fonds actions : De Pury Pictet Turrettini (Guilé Emerging Markets Engagement Fund, Guilé European Engagement Fund), Edmond de Rothschild AM (EdR Tricolore Rendement), Henderson GI (Horizon Industries of the Future) et Phitrust Active Investors (Euro Active Investor)
La mention « engagement », qui récompense des fonds dont la politique est d’influencer les stratégies des entreprises pour qu’elles améliorent leurs pratiques Environnementales, Sociales et de Gouvernance (ESG), a été attribuée à cinq fonds en 2011 contre un seul en 2010. Les candidats sont de plus en plus nombreux mais beaucoup de stratégies d’engagement étant relativement récentes, la visibilité sur le résultat de ces démarches manque encore trop souvent.

Les catastrophes industrielles doivent faire progresser l’ISR. Cercle les Echos. 5/07/2011
http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/finance-marches/221136243/catastrophes-industrielles-doivent-faire-progresser-is

L’article 225 de la loi Grenelle 2. Le blog de Jean-Pierre Bompard. 26/09/2011
http://alternatives-economiques.fr/blogs/bompard/archives/14


Principes pour l’investissement responsible (PRI)
Les Principes pour l’investissement responsable, une initiative volontaire d’investisseurs réunis par l’UNEP Finance Initivative (UNEP FI) et le Pacte Mondial des Nations Unies, ont été établis afin d’aider les investisseurs à accomplir au mieux leurs objectifs d’investissement de long-terme auprès de marchés responsables, avec une analyse approfondie des questions environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise (ESG).
L’initiative compte déjà 870 signatures de 45 pays, avec plus de 25 trillions de dollars d’actifs sous gestion.
www.unpri.org

UN Global Compact
Lancé en 2000, le Pacte Mondial des Nations Unies assemble les entreprises et les organismes des Nations Unies, le monde du travail et la société civile autour de dix principes universels relatifs aux droits de l'homme, aux normes du travail et à l'environnement, et la lutte contre la corruption. S'appuyant sur le pouvoir de l'action collective, le Pacte Mondial incite les entreprises dans le monde entier à conduire leurs activités en respectant Les Dix Principes énoncés dans le Pacte, et d’encourager les actions à l’appui des grands objectifs des Nations Unies. Avec plus de 6.000 entreprises partenaires et de centaines d’autres acteurs répartis dans plus de 165 pays, il s’agit de la principale initiative mondiale d’entreprises citoyennes. www.unglobalcompact.org

La CNUCED
Depuis sa création en 1964, la CNUCED
(Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement)est devenue progressivement une institution compétente, fondée sur le savoir, dont les travaux visent à orienter le débat et la réflexion actuels sur la politique générale du développement. La CNUCED accueille notamment un groupe de travail intergouvernemental d’experts des normes internationales de comptabilité et de publication (ISAR). Depuis plus de 25 ans, l’ISAR constitue le point central au sein du système des Nations Unies pour les problématiques de transparence et de comptabilité. Avec l’ISAR, la CNUCED s’attache à promouvoir les bonnes pratiques internationales en matière de rapport financier et d´informations sur la gouvernance d´entreprise, et d’accompagner les pays développés dans le renforcement de leurs capacités techniques dans ces domaines. La CNUCED est également à l’origine de la publication du Rapport sur l’investissement dans le monde, la plus large base de données sur les tendances de l´investissement étranger direct (IED) aux niveaux mondial, régional et national, et accueille le Forum mondial de l'investissement, une plateforme unique dédiée aux discussions et actions pour exploiter les investissements internationaux comme des outils de croissance et de développement.

mardi 21 juin 2011

72 entreprises font pression sur Bruxelles pour une politique climatique plus ambitieuse


















Le 15 juin dernier, The Climate Group, The Cambridge Programme for Sustainability Leadership et le WWF European Policy Office ont publié un communiqué de presse, qui décrit les engagements que sont prêts à prendre des entreprises leaders sur leur marché sur la question du réchauffement climatique et de la compétitivité de l’industrie du Vieux Continent.


Une liste qui ne cesse d’augmenter des plus grandes sociétés européennes, actuellement au nombre de 72, ont en effet signé une déclaration demandant à l'Europe d'accroître ses ambitions en matière de climat avant le Conseil Environnemental de l'UE du 21 Juin et le vote du Parlement européen le 23 juin sur la baisse du niveau des émissions de CO2 au-delà de 20%. Pour l’heure, l'UE s'est engagée pour 2020 à réduire ses émissions de CO2 de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990 et de porter à 20% la part des renouvelables pour la production d'énergie.

Le nombre des membres de l’Appel, baptisé Joint Business Declaration, a plus que doublé dans les derniers mois.

Ils appellent l'UE à adopter un objectif de 30% de réduction des émissions d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990, afin de préserver la compétitivité de l'Union européenne et de bâtir une économie pauvre en carbone.

Cet objectif serait réalisable grâce à une politique tournée vers l’innovation, l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables, avec pour effet le plus spectaculaire une diminution de la dépendance aux énergies fossiles. 6 millions d’emplois nouveaux seraient à la clé. La facture en hydrocarbures pourrait même baisser de 600 milliards de dollars en 2050.

Ces signataires corporate emploient plus de 3,8 millions d’employés avec un chiffre d’affaires supérieur à 1 trilliard d’euros, soit un montant supérieur aux PNB combinés de la Pologne, la Suède et l’Autriche.

Quelques signataires français : Crédit Agricole, BNP Paribas, Danone, Carrefour, Eurostar, Lafuma. Certains partenaires corporate du WWF International ne soutiennent pas ou pas encore cet appel comme HSBC et Lafarge.

Liste des entreprises engagées:
Acciona, Adolfo Dominguez, Allianz, Alpro, Arjowiggins graphic, Arkadin, ASDA, Atkins, Aviva, Aviva Investors, Barilla, Better Place, BNP Paribas, Boralex, BSH Bosch Siemens Hausgeraete, British Telecom, BSkyB, Capgemini, Carrefour, Centrica, Climate Change Capital, Coca-Cola Enterprises, The Coca-Cola Company, Coca-Cola Hellenic, Crédit Agricole, Danfoss, Danone, DHV Group, DONG Energy, Electrolux, Elopak, Eneco, Eurostar, F&C Asset Management, Ferrero, First Solar, Google, H&M, If P&C Insurance Company Ltd, IKEA, InterfaceFLOR, John Lewis Partnership, Johnson Controls Inc, Kingfisher, Lafuma, Mango, Marks and Spencer, National Grid, Nestlé, Nike, Nokia Siemens Networks, Novo Nordisk, Philips, PUMA, Rockwool, RSA, Scottish and Southern Energy, SKAI Group of Companies, Sony Europe, Standard Life, Sveaskog, Swiss Re, Thames Water, The Co-operative Group, Tryg, Unicredit, Unilever, United Biscuits, Velux, Vestas, Vodafone, WSP Group.

A l'occasion de la présentation à Bruxelles du rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l'évolution du Climat) consacré aux énergies renouvelables, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré selon l’AFP "Je pense personnellement que la décision de l'Allemagne de renoncer au nucléaire va considérablement aider au développement des technologies renouvelables".

Pour sa part, la Commissaire en charge du Climat Connie Hedegaard estime que réduire de 40% les émissions de CO2 et porter la part des renouvelables à 45% pour 2030 est "faisable".

Pour aller plus loin :

Communiqué de presse de l’Appel du 15 juin
http://epo.panda.org/news.cfm?200650/72-leading-companies-call-for-increase-in-EU-climate-ambition-to-boost-EU-economy-and-jobs

Greenpeace défie les entreprises européennes à devenir leader en matière de protection du climat 18.05.2011
« Malgré toutes les évidences qu’un objectif climatique plus ambitieux pour l’UE serait favorable à son économie, des multinationales comme ArcelorMittal, Microsoft, BP et Volkswagen (VW) freinent le développement d’une économie verte en Europe. »
http://astm.lu/?p=6072

Une entreprise signataire qui innove

Interview du président VELUX pour la maison Air... par VELUXFrance

Le Climate Group et Jet Li apportent la lumière en Chine profonde 30.08.2010
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/08/le-climate-group-et-jet-li-apportent-la.html
Une initiative intéressante : Le 50ème anniversaire de WWF UK : « Talking transformations ».

Avec de nombreux témoignages vidéos.

As part of our 50th anniversary, we've asked 50 business and thought leaders to share their vision on how business can drive transformational change towards a sustainable future. View a selection of their inspiring responses and share your reactions below.
http://www.wwf.org.uk/what_we_do/working_with_business/talking_heads.cfm

lundi 13 juin 2011

Des banquiers aux pieds nus aux marches glissantes de Wall Street


















Ces dernières années, la cotation en Bourse de deux instituts de microfinance (IMF) à Mexico et Bombay a suscité la polémique, certains y voyant un dévoiement du but ultime de réduction de la pauvreté. Le ver serait dans le fruit. A l’opposé, d’autres voix soulignent qu’il faut attirer toujours plus de capitaux pour répondre à l’ampleur des besoins.

Comme de nombreux outils de lutte contre la pauvreté (BoP), la microfinance présente parfois un caractère hybride, avec les contradictions de ce genre de modèle, le monde associatif ayant été en partie relayé par le secteur privé.
Les acteurs qui sont de plus en plus en concurrence ont parfois emprunté des voies différentes. Vouloir présenter simplement cet outil est une gageure.

Le point de départ de cette mutation a été l’introduction en Bourse en avril 2007 à Mexico et à New York de Banco Compartamos (« partageons »), Institucion de Banca Multiple. Cette ancienne ONG, créée au début des années 1990, s’est transformée au fil de ses besoins de développement en obtenant au final une licence bancaire. Mais, le tournant a résidé dans l’ouverture de la société aux « intérêts privés », qui possédaient au départ autour de 30% du capital pour le plus grand bonheur de ces investisseurs. Dans les années de croissance, un investisseur qui plaçait ses billes dans Compartamos récupérait en effet sa mise initiale en moins de deux ans. Mais, cette transition a été accompagnée de taux d’intérêt de l’ordre de 100% (justifiés par certains par un niveau de coûts élevés) et également de vente forcée de produits connexes, comme l’assurance-vie.

Selon Benoit Granger, professeur à Advancia, les dirigeants, qui étaient au départ de l’histoire, ont multiplié par 300 leurs mises initiales, ce qui a généré un certain malaise et une division des grandes figures du mouvement. Tous les détails de cette métamorphose figurent dans son papier « évaluer la microfinance après le scandale Compartamos", publié dans le Rapport Moral sur l’Argent dans le Monde 2009 (Revue d’Economie Financière).

En 2010, Compartamos Banco a encore affiché un produit net bancaire et un résultat net en hausse de plus de 25% (un profit de 110 millions d’euros), une marge d’intermédiation de 59% et un fonds de commerce de près de 2 millions de clients actifs. Bien que l’action Compartamos Banco ait perdu près de 20% de sa valeur depuis le début de l’année, la banque des pauvres capitalise encore plus de 2,1 milliards d’euros.

Video: Richard Rosenberg, consultant chez CGAP revient sur l'origine de la controverse.

MFP 087. Compartamos Controversy - Leadership and Responsibilities. Part 1 - Interview with Richard Rosenberg - CGAP from Microfinance Podcast on Vimeo.

Néanmoins, la situation mexicaine semble plus saine que celle de l’Inde du sud, comme l’illustre la descente aux enfers du titre SKS Microfinance Ltd, introduit en fanfare fin août 2010 à la Bourse à Bombay à 1.088 roupies. Très dynamique, la start up indienne avait déjà bénéficié du soutien Soros Fund Management et Sequoia Capital. Des sponsors avertis puisque le fonds d'investissement Sequoia Capital, fondé par Don Valentine en 1972, avait participé au développement de sociétés qui ont fait leurs preuves telles qu'Apple, Oracle, Yahoo, Google et YouTube.

Le fait que SKS était à l’origine une ONG apparue en 1998 semble aujourd’hui un lointain souvenir. Elle s’est industrialisée et s'est hissée sur la seconde marche des IMF dans le monde. Avec un passé glorieux. En 2006, son fondateur Vikram Akula a été sélectionné dans les personnalités de l’année par le magazine Time. En 2008, SKS a fait une entrée remarquée dans le club fermé des «most influential emerging companies» du magazine Business Week se retrouvant ainsi au côté de Facebook, China Mobile et Microsoft.

Fleurant un bon filon, les investisseurs l’ont poussé à 1.491 roupies fin septembre 2010. Pourtant, ce ne fût qu’un feu de paille, puisque l’action vaut actuellement 355 roupies, après avoir même touché un plus bas de 255 roupies (cf. la cours de Bourse en roupie en illustration).

La société, qui capitalise aujourd’hui environ 393 millions d’euros, a subi de gros dégagements, après avoir annoncé une perte de 11 millions d'euros au premier trimestre 2011, contre un bénéfice de 9,8 millions un an plus tôt. Sur les trois premiers mois de l’année, le chiffre d'affaires a chuté de 39 % selon les Echos et les provisions ont été multipliées par sept. Cette déroute boursière n’est pas un cas isolé à Bombay, puisque de janvier 2009 à décembre 2010, le titre de SE Investments est passé sans crier gare de 4,21 à 31,25 roupies, avant de perdre 50% de sa valeur sur les premiers mois de 2011.

SKS Microfinance n’a fait que récolter un retour de bâton prévisible, après les excès de certains IMF dans l’Etat de l'Andhra Pradesh, qui ont conduit les autorités fédérales à prendre des sanctions radicales. Elles déploraient en effet la pratique de taux usuraires et l’empilement de prêts à des ménages insolvables, notamment à des fins de consommation. Un détournement des buts officiels du microcrédit et des méthodes de recouvrement musclées qui ont entraîné une vague de suicides parmi les emprunteurs. Les contraintes mises en place par l’Etat de l'Andhra Pradesh ont paralysé de l’activité des IMF. Et, les critiques publiques contre le système ont conduit à une chute des remboursements et une dégradation des portefeuilles.

Tel et si bien qu’une vague de consolidation est attendue en Inde. Elle va résulter selon Fitch Ratings du récent plafonnement au niveau nationale à 26% des taux d’intérêt et de la montée des impayés. Deux facteurs qui impactent la rentabilité des IMF, notamment les plus petits, avec deux issues : le changement d’échelle ou la sortie pure et simple du marché.

Les établissements financiers traditionnels, qui ont coupé les vannes ("credit crunch"), restent en embuscade. Selon le média indien LiveMint.com (Banks may acquire majority stake in microfinance firm ; 31 mai 2011), certaines banques envisagent de convertir les dettes de certains IMF en actions, pour en prendre une partie du capital. Des institutions comme SKS Microfinance ont été contraints de lever des fonds ces derniers mois, de vendre des portefeuilles et de recourir à la titrisation. SKS Microfinance Ltd envisagerait de diversifier ses activités.

Cette crise tranche nettement avec l’environnement plus consensuel et toujours porteur d’une autre zone. L’établissement PT Bank Rakyat Indonesia (Bank BRI), qui est un pionnier du microcrédit avec plus de 32 millions de clients, a vu son bénéfice par action (EPS) croitre 24% par an en moyenne sur ses derniers exercices. Son action est même passée depuis 2002 de 2 à 6,25 roupies indonésiennes. Elle est aujourd’hui présente aussi bien dans les grandes villes que dans les villages avec 4.000 points de vente.

Cette banque est née en 1895 sous la colonisation hollandaise au sein d’une communauté réunie autour d’une mosquée locale à Purwokerto au centre de Java. Elle a survécu à l’occupation japonaise et a été partiellement privatisée en 2003. Néanmoins, la présence de l’Etat dans son capital lui a sans doute permis d’enregistrer une croissance assez régulière et au service du plus grand nombre. A ce titre, à la surprise de nombreux observateurs, elle a échappé à la crise asiatique de 1997 grâce à l’orientation domestique de ses activités.

L’engouement initial des marchés dans le cas de SKS Microfinance Ltd et de Banco Compartamos démontre que la microfinance est devenue une « classe d’actif » à part entière, au même titre que les obligations d’Etat, les métaux précieux, les actions de pays émergents ou les subprimes.

Cette catégorie de placement a été présentée par certains analystes comme un bon véhicule de diversification, offrant des rendements sympathiques et un caractère défensif. Il n’est donc pas inapproprié de parler dans le cas de SKS de l’éclatement d’une «bulle financière», liée notamment à des situations de surendettement, de manque de rigueur et d’activités orientées à court terme. Un cas qui n’est pas unique, puisque l’action de Capital Trust Limited a vu son cours revenir de 120 à 50 roupies depuis novembre 2010.

Qui dit krach dit un moindre appétit à la prise de crise des investisseurs, voire des bailleurs de fonds. Néanmoins, il semble difficile d’extrapoler, tant le contexte local et culturel joue un rôle structurant : le Mexique, l’Inde du sud et l’Indonésie n’ont pas les mêmes fondamentaux. Si la microfinance ne montera pas jusqu’au ciel, les milliards de personnes pauvres en quête d’inclusion nécessitent bien de drainer des capitaux et d’avoir le savoir-faire pour les transformer en une multitude de petits prêts à un coût raisonnable.

Dans ce contexte, ses défenseurs en appellent à une politique incitative des Etats, comme l’assureur Bradesco pour la micro-assurance au Brésil. Les plus libéraux pensent que la crise va faire disparaître ceux qui ont souscrit des engagements douteux avec faible impact. Et craignent qu’une régulation trop forte casse la dynamique de la profession et réduise l’attrait du secteur.

Dès 2006, les germes de la discorde et la difficulté de la synthèse ressortaient clairement dans une interview donnée à Sciences au Sud par Jean-Michel Servet, professeur à l’institut universitaire d’études du développement à Genève, directeur de recherche associé à l’UR003 Travail et mondialisation de l’IRD. Pour ce spécialiste,

« Il est en effet facile d’opposer une vision romantique de banquières et banquiers aux pieds nus qui, par de petits prêts, offriraient la prospérité aux populations considérées comme les plus démunies, à la dénonciation de nouveaux profiteurs qui endetteraient les pauvres au-delà de leurs capacités de remboursements. La réalité est plus complexe»



Muhammad Yunus à Paris par Youphil

Des progrès dans la mesure des impacts sociaux pourraient permettre de redorer l’image de la profession et de rassurer les investisseurs, particuliers ou professionnels, et les philanthropes, toujours en quête de données fiables avant de s’engager. La confiance est ancrée au cœur du processus.

Pour Jonathan Morduch de New York University et co-auteur de « Portfolios of the Poor », le métier de micro-banquier est devenu très sophistiqué, mais la philanthropie y joue toujours un rôle essentiel.



Chuck Waterfield considère que de nouveaux entrants comme les banques en Amérique latine vont inonder les pauvres de capitaux, avec le risque potentiel qu’ils empruntent des sommes excessives. Que le microcrédit devienne trop facile à obtenir. Avec comme perspective la formation d'une bulle à l'Indienne.



Convergences 2015, qui réunit une vingtaine de partenaires qu'ils soient publics ou privés, prône une microfinance qui marche sur deux jambes. Elle doit réussir à être viable sur le plan économique et vigilante sur sa finalité, à savoir viser un impact social durable, notamment pour le développement économique des femmes. Ce collectif a lancé un appel remarqué en mai dernier, lors d’une conférence à Paris. La liste définitive des signataires sera publiée fin juin 2011.

Pour aller plus loin :

L’analyse de Benoit Granger sur la cotation de Compartamos
http://www.aef.asso.fr/article.jsp?prm=53147

Le Rapport Moral sur l’Argent dans le Monde 2009
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/06/achetez-le-rapport-moral-sur-largent.html

« La microfinance saisie par le néolibéralisme ».IRD - Institut de Recherche pour le Développement (France) 01-12-2006
Entretien avec Jean-Michel Servet, professeur à l’institut universitaire d’études du développement à Genève, directeur de recherche associé à l’UR003 Travail et mondialisation de l’IRD, auteur du livre Banquiers aux pieds nus - La microfinance
http://www.infosdelaplanete.org/1462/undefined?L=EN

Une crise salutaire? Le point de vue de Julie Katzman, general manager of the IDB´s Multilateral Investment Fund. 09.2010


Lower growth, shakeout await microfinance firms. 07.01.2011
D. Maniamma, for one, has had enough of microlenders. After borrowing more than Rs.50,000 (USD 1,115) over the years to fund her business selling clothes in this dusty village beyond the sprawl of Hyderabad, she says her family was forced by collection agents to sell its motorbike to repay a loan.
Reuters

mardi 24 mai 2011

Axa et Care veulent préparer les populations à risque à la prévention des catastrophes naturelles
















Axa et Care ont annoncé le 18 avril dernier qu’ils avaient signé un partenariat de 3 ans. L’assureur français a choisi d’axer cette collaboration sur une thématique, qui concerne directement son activité : réduire les impacts économiques et humains des catastrophes naturelles sur les populations des pays à risque.



Aujourd’hui en effet, seuls 4 % des 10 milliards de dollars investis en aide humanitaire dans le monde sont dédiés à la prévention selon les Nations Unies. Or la Chine, qui a dépensé 3,15 milliards de dollars entre 1960 et 2000 pour réduire l’impact des inondations, a réussi ainsi à éviter des pertes estimées à 12 milliards de dollars selon une étude des Nations Unies. Le cas chinois démontre qu’investir dans la réduction des risques permet de diminuer les pertes économiques en cas de catastrophe.


Un aspect intéressant dans le choix de cet axe est l’implication des salariés, qui se sont emparés du sujet. Le fait que ce partenariat implique des populations de plusieurs continents traduit également le fait que la compagnie d’assurance, dont la capitalisation boursière s’élève à 34 milliards d’euros, a acquis une stature internationale. Et que Axa nourrit des ambitions, notamment dans les pays émergents.


Care travaille déjà avec de grandes entreprises, comme Bouygues, EDF, Lafarge ou encore Starbucks Coffee France.


Clara Rodrigo (en photo ci-dessus) a bien voulu répondre à mes questions. Clara Rodrigo a fait l'essentiel de sa carrière au Groupe AXA où elle a occupé différents postes, notamment dans les relations médias. Elle a rejoint le département responsabilité d'entreprise en 2009 pour prendre en charge le mécénat et la coordination internationale d'AXA Atout Cœur, le programme de bénévolat du Groupe AXA.



Vous devez être l’une des seules entreprises du CAC 40 à ne pas avoir de Fondation?


CR : Le Groupe AXA mène de nombreuses actions de mécénat. Cela pourrait avoir du sens de les rassembler au sein d’une Fondation, mais nous avons fait le choix de ne pas en créer une pour avoir une plus grande flexibilité dans la gestion de nos programmes de mécénat.

Ceci dit, cette situation tient surtout à des raisons historiques. Claude Bébéar a créé AXA Atout Cœur il y a 20 ans, avec les entités française et belge, avec un axe d’actions autour de la lutte contre le handicap. D’autres thèmes ont suivi comme la lutte contre le Sida et contre la drogue. Ces causes avaient en fait été choisies directement par les salariés, qui avaient été sollicités par un questionnaire.

Au fil du temps, AXA Atout Cœur s’est ensuite déployé dans tous les pays où notre compagnie s’est implantée, notamment par acquisitions. Son fonctionnement est décentralisé avec des initiatives qui partent de la base. Tout repose sur le bénévolat, même si le groupe peut apporter le cas échéant un soutien financier, humain et logistique.

Aujourd’hui, 23.000 collaborateurs y participent sur un total de 214.000, avec un budget qui ne dépasse pas les 3,5 millions d’euros. La philosophie actuelle est de lutter contre toutes les formes d’exclusion : handicap, maladie, enfance défavorisé, etc.

Le bénévolat est souvent effectué hors du temps de travail. De nombreux responsables d’entités sont très engagés. Les relations avec certaines associations ont été nouées dans une perspective à long terme. Ainsi, AXA Atout Cœur fait partie intégrante de la culture d’entreprise.

L’idée est désormais de tenter d’utiliser de plus en plus les compétences professionnelles de nos collaborateurs dans des actions de bénévolat, où ils pourront apporter tout leur professionnalisme.

Quel était votre bilan en termes de RSE compte tenu de vos initiatives pionnières?


CR : Une étude de notre équipe Stratégie a montré il y a 2 ans que nos actions en développement durable étaient trop dispersées, et que notre avance, liée à entre autres à l’expérience d’AXA Atout Cœur s’était effilochée. Certains de nos concurrents directs affichaient même une politique de développement durable très cohérente.

Embauchée en 2008, en tant que directrice de la responsabilité d’entreprise, Alice Steenland nous a aidé à remettre les choses à plat et apporter un œil neuf en tenant compte du travail déjà accompli. Elle avait auparavant été consultante externe dans le domaine de la planification stratégique pour l'ONG Save the Children USA, mais avait également été directrice de la recherche chez Vigeo.

Nous avons ainsi été amenés à engager une structuration de nos relations vis-à-vis de toutes nos parties prenantes, à mettre en place une gouvernance générale et à désigner des membres du Comité Exécutif comme sponsors de la responsabilité d’entreprise dans les filiales du groupe, en charge de bâtir une stratégie locale alignée avec celle du Groupe.

Surtout, pour mobiliser le Groupe, il fallait identifier un thème phare. La recherche et l’éducation sur les risques est ressortie en 2009 comme l’axe majeur préféré d’un groupe de cadres dirigeants, qui participaient à un programme de leadership d’AXA University. C’est eux également qui ont décidé d’abandonner l’appellation « développement durable », qui a une connotation trop orientée environnement, pour « Responsabilité d’entreprise ».

Dans le domaine souvent négligé des risques, AXA avait déjà lancé le Fonds AXA pour la recherche qui finance la recherche scientifique sur les risques et menait déjà des actions de prévention des risques, comme AXA Prévention sur la sécurité routière en France, mais il fallait aller plus loin, en s’engageant avec nos clients, entreprises ou particuliers et nos salariés, mais aussi dans notre politique de mécénat, qui pour nous s’intègre parfaitement dans la RSE.

Pourquoi avoir eu besoin d’aller plus loin avec une ONG comme CARE ?


CR : Le programme est si complexe et si global qu’une entreprise seule, quels que soient ses moyens, ne peut pas parvenir à un résultat rapide sans des partenaires très professionnels. CARE apporte notamment sa connaissance du terrain avec les équipes sur place pour mener les enquêtes.

Il s’agit du premier partenariat mondial d’AXA avec une association. Quels critères avez-vous retenus pour ce partenariat?


CR : Nous avons rencontré différentes organisations, comme la Banque Mondiale, Save the Children, l’Unicef, la Croix Rouge et CARE. En dehors de la question du coût du partenariat, il fallait que nous parvenions à identifier la bonne association, ayant par exemple un bureau à Paris, mais avec une envergure globale. Nos ambitions en matière de réduction des risques sont en effet mondiales. Nous avons été convaincus par la qualité des équipes et leur capacité à appréhender les enjeux d’un groupe comme le nôtre.

Comment vont se dérouler vos programmes dans les 3 prochaines années ?


CR : La première année, un rapport doit être rédigé sur les liens entre les catastrophes naturelles, les migrations et la sécurité alimentaire. Ce projet international, Where the rain falls, sera conduit avec l’Université des Nations Unies dans 4 pays, dont l’Inde et la Thaïlande. Nous souhaiterions que des salariés d’AXA spécialisés en Risk Management participent à cette étude, dont les résultats seront présentés à la Conférence de Rio en mai 2012. Ce programme permettra ensuite d’aider ces populations à faire face à l’impact des changements de précipitations grâce à des programmes d’éducation et d’adaptation.

En parallèle, une série de programmes de sensibilisation à la préparation des catastrophes naturelles a été engagée dans plusieurs pays. Ces programmes seront destinés aux communautés les plus particulièrement exposées à ce type de risques dans des pays en développement. Il s’agira ainsi de tenter de réduire l’impact humain et économique de ces catastrophes.

Ainsi, le projet Advancing Safer Communities and Environments against Disaster (ASCEND) de CARE dans certaines écoles aux Philippines va toucher de nombreux écoliers. Ces derniers vont ensuite transmettre une culture de la prudence et le sens de l’adaptation à leur communauté. Au Vietnam, dans la commune de Da Loc, 100 hectares de mangrove vont être plantés, une culture qui permet de résister aux vagues provoquées par les typhons.

A Madagascar, des actions vont être menées pour mieux préparer la population aux catastrophes, établir des plans d’urgence, améliorer les systèmes d’alerte, imaginer ou renforcer des systèmes de défense, notamment pour les villages côtiers ou au bord de rivières. Les expériences acquises au cours de ces programmes de prévention déboucheront sur une plateforme, auxquels d’autres pays pourront prétendre, comme le Malawi, le Mozambique et les Comores.

Comment impliquez-vous ou consultez-vous vos parties prenantes, comme les actionnaires ou les représentants du personnel ?

CR : La politique de responsabilité d’entreprise, qui inclut les actions de mécénat d’AXA, est présentée une fois par an au Conseil d’Administration, dont les membres sont nommés par les actionnaires, et au Comité Européen du Groupe. Un membre de ce Comité intervient d’ailleurs dans notre rapport d’activité et de responsabilité d’entreprise.

Quels pourraient être les prochains développements ?

CR : Notre prochaine étape est d’encourager nos filiales à rejoindre l’initiative globale de mécénat sur l’éducation aux risques en mettant en place des projets locaux de réduction des risques. L’objectif est de mobiliser l’expertise et la capacité d’engagement du groupe dans son ensemble pour aider les plus vulnérables à mieux faire face aux risques.

Qu’avez-vous au programme de votre semaine de la responsabilité d’entreprise en juin ?


CR : Cette semaine vise à mieux faire connaître des collaborateurs les initiatives locales de responsabilité d’entreprise et aura le thème d’éducation aux risques comme fil conducteur. Pour cela, nous avons prévu un module d’éducation à la sécurité routière pour l’ensemble de nos collaborateurs et un challenge d’éducation aux risques. Ce challenge a pour objectif d’engager 20% de nos collaborateurs dans des actions solidaires ; si nous atteignons cet objectif, un projet sera financé avec CARE sur la réduction des risques liés à l’insécurité alimentaire au Mali.


L’avenir est entre vos mains - CARE par carefrance

Pour en savoir plus :


Le communiqué de presse conjoint du partenariat :
http://www.axa.com/fr/actualites/2011/axa-care-education-prevention-risques.aspx

http://www.axa.com/fr/responsable/strategieengagements/


Etude des Nations Unies citée plus haut: "Objectifs du millénaire pour le développement - Rapport 2010"

Care : Adaptation et sécurité alimentaire
http://www.carefrance.org/images/CARE-Adaptationetsecurite-alimentaire.pdf

01/02/2010 : Haiti : Les partenaires entreprises de l’ONG Care se mobilisent des deux côtés de l’Atlantique.
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/02/les-partenaires-entreprises-de-long.html

15/06/2009 Le partenariat de Lafarge et Care contre le Sida a fait ses preuves

http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/06/le-partenariat-de-lafarge-et-care.html