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jeudi 8 janvier 2026

Le coût des déserts médiatiques pour la démocratie


La Poste a annoncé une forte hausse des tarifs postaux au 1er janvier 2026 qui risque de mettre en péril des titres de presse régionale. 

Quel sera le profil les électeurs dans l’hexagone si l’offre en médias locaux (pas uniquement la presse) se réduit comme peau de chagrin ? 

Ce sujet est mis en relief dans la récente enquête « Vers des déserts médiatiques en France. La démocratie peut-elle survivre sans média ? », publiée en 2025 par Les Relocalisateurs et la Fondation Jean-Jaurès. 

Menée auprès de plus de 10 000 Français, elle montre que la raréfaction de l’information, en particulier locale, s’accompagne d’un affaiblissement mesurable de l’engagement démocratique. 

A l’origine de cette étude, les auteurs citent le cas américain, où « la disparition des journaux locaux, conjuguée à l’émergence des réseaux sociaux, a ouvert un boulevard au populisme. » 

Des médias locaux encore appréciés 

Aujourd’hui, 

  • 86 % des Français déclarent s’informer régulièrement par des médias traditionnels.  
    • La télévision utilisée par 65,5 % de la population. 
    • La radio bénéficie de l’attention d’un Français sur quatre. 
  • Internet arrive loin derrière (environ un Français sur trois),  
  • suivi des réseaux sociaux (29 %). 
 Les médias locaux conservent une place centrale : 55 % des Français consultent au moins un média de proximité, avec une consommation moyenne de 1,9 média local par personne. 
 
Mais un tiers des Français affirme avoir vu disparaître au moins un média local sur son territoire. Cela signifie selon les auteurs « qu’une partie des Français risque de perdre l’habitude de consommer des médias locaux et des médias tout court, l’enquête montrant très bien que l’offre influe sur la consommation et donc sur les habitudes. » 
 
6 % des Français déclarent ne pas utiliser de médias pour s’informer ou restent à l’écart de l’actualité. 
 
Médias locaux : confiance élevée, disparités régionales 
 
La confiance accordée aux médias locaux reste forte : 73 % des Français les jugent fiables. 
 
Ils sont plébiscités pour leur capacité à refléter les préoccupations du quotidien (80 %) et à faire entendre une pluralité de points de vue variés (83 %). Néanmoins, 37% des sondés s’interrogent sur leur indépendance. 
 
L’étude établit également une corrélation de 64 % entre l’offre de médias locaux et leur consommation : moins il y a de médias, moins les habitants s’informent. 
 
La région parisienne apparaît ainsi comme un espace de sous-consommation généralisée des médias locaux. Un focus est même porté sur Beauvais, qui ferait partie d’une « diagonale du vide », où Facebook a pris le relais, tandis que la Bretagne, l’Alsace ou une partie du Sud affichent les niveaux les plus élevés.
 
Plus d’engagement
 
Parmi les forts consommateurs de médias locaux (16 % de la population), 27 % sont impliqués dans la vie communale, contre 13 % chez ceux qui ne consomment aucun média local. Les personnes engagées présentent systématiquement une surconsommation de médias, en particulier de proximité. 
 
De même, si près de 70 % des Français déclarent voter à chaque élection, 87 % des forts consommateurs de médias locaux affirment voter à toutes les élections, contre seulement 62 % des non-consommateurs. À l’inverse, les abstentionnistes se caractérisent par une faible consommation et une forte présence parmi les non-consommateurs de médias. 
 
L’attachement aux valeurs démocratiques demeure élevé dans la population : 92 % des Français jugent la démocratie et la liberté d’expression essentielles, 93 % estiment le droit de vote fondamental. Mais là encore, des écarts apparaissent selon le niveau d’information. 
 
Parmi les Français qui consomment peu ou pas de médias,  
 
  • 28 % estiment qu’« on en fait trop » avec la laïcité, contre 10 % chez les forts consommateurs.  
  • et 23 % d’entre eux doutent du dérèglement climatique, contre 18 % chez les consommateurs de médias locaux. 
  • Sur un point, en revanche, la défiance envers le personnel politique traverse tous les profils, quels que soient les niveaux de consommation médiatique. 
Le scénario noir des déserts médiatiques 
 
Pour mesurer les effets d’une disparition accrue des médias, les auteurs ont simulé une hausse de 20 points du nombre de non-consommateurs. 
 
Les hypothèses retenues sont les suivantes : tous médias confondus, la simulation va de 7,3 % à 27,3 % de non-consommateurs de médias ; pour les médias locaux uniquement, la simulation va de 42,2 % à 62,2 % de non-consommateurs. 

Les résultats sont sans appel. 

  • La participation électorale chuterait de près de 7 points, passant de 77,7 % à 70,9 %.  
  • Le score d’adhésion aux valeurs citoyennes reculerait de 5 points, de 72,2 % à 67,3 %. 

Phénomène inquiétant, les jeunes apparaissent moins intégrés aux écosystèmes d’information territoriaux, notamment dans les grandes villes et les périphéries urbaines, où l’offre médiatique locale est déjà plus fragile. 

L’étude conclut que l’accès à une information pluraliste, nationale comme locale, constitue un facteur structurant de la vitalité démocratique. Si les médias ne suffisent pas à restaurer la confiance politique ou à corriger le sentiment d’abandon territorial, leur érosion alimente la rumeur, l’abstention, la défiance et le repli citoyen. 

Pour aller plus loin : 

Le rapport complet : 

https://www.jean-jaures.org/publication/vers-des-deserts-mediatiques-en-france-la-democratie-peut-elle-survivre-sans-medias/ 

Le témoignage du coordinateur de l’enquête, David Medioni, sur France Culture (13 mn) 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-transition-de-la-semaine/deserts-mediatiques-quels-risques-pour-la-democratie-8598070 

Les Echos. A l'approche des municipales, le grand retour de l'info locale 

https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/a-lapproche-des-municipales-le-grand-retour-de-linfo-locale-2194624 

Maire info : les augmentations tarifaires des services postaux menacent la presse dans les territoires ruraux 

https://tinyurl.com/4dr6rywb 

Sur ce blog : De nombreux maires ont quitté Twitter

 https://ong-entreprise.blogspot.com/2025/01/ca-se-passe-maintenant-de-nombreux.html 

Radio France. Podcast Affaires sensibles sur Robert Hersant. 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mardi-21-octobre-2025-7289980  

mercredi 29 janvier 2025

La Lande-Chasles : du Maine et Loire à l'Elysée et la station spatiale


Située dans le Maine et Loire au nord de Saumur, La Lande-Chasles est une commune rurale de 119 habitants. Elle est la moins peuplée du département. Elle n’a aucune dette et sa devise est « Nature et calme ». Une vingtaine d’habitants ont moins de 20 ans et trente 65 ans et plus. 

A bientôt 57 ans, son maire, Jean-Christophe Rouxel est conducteur de bus scolaire et de tourisme à mi-temps. Il est aussi Officier de Marine dans la Réserve opérationnelle depuis 2006 et travaille dans ce cadre au Musée des fusiliers marins et commandos de Lorient, où il se déplace trois fois par an. Il s’occupe aussi du musée de l’Amicale des anciens marins du TCD ORAGE, qui est basé dans la commune, et qui est le 4ème plus petit musée de France. Il a deux enfants et deux petits-enfants. 

Il a bien voulu répondre à mes questions.

Comment êtes-vous devenu maire ? 

Il faut savoir que ma mère était conseillère municipale à la mairie de Brest dans les années 80. Elle était vice-présidente de la Communauté urbaine de Brest en charge des questions d’environnement. 

Je suis arrivé dans la commune en novembre 1999 et on m’a proposé d’entrer au Conseil municipal en 2001. J’ai occupé ce poste jusqu’en 2014. Puis, je suis devenu maire en 2014 avec 97% des voix en ma faveur. Le précédent maire avait fait 6 mandats, dont 5 de maire. Les électeurs ont manifesté une envie de changement. 

Seul candidat, j’ai été réélu à l’unanimité en 2020. Dans les petites communes, il n’y a pas de liste. On fait un tour de table pour savoir qui veut être maire. Chacun des noms est candidat, on raye des noms au fur et mesure des refus. Cela qui a le plus de voix a la légitimité d’être maire. Concrètement, on voit si la personne a la capacité, le temps et la motivation. En 2020, plusieurs noms sont arrivés avant le mien, mais ils n’étaient pas volontaires ou n’avaient pas l’expérience. 

Avez-vous une couleur politique ? 

Je suis sans étiquette. 

Seul l’intérêt de la commune compte. D’ailleurs, une règle tacite régit notre Conseil municipal : on ne parle ni de politique nationale, ni de religion. 

Quel est votre budget ? 

J’ai hérité d’une situation saine. La commune n’est pas endettée. Nous disposons de 150.000€ en frais de fonctionnement et de 150.000€ pour les investissements. 

La commune est facile à gérer. Elle n’a ni école ni commerce. 

Une assistante administrative travaille 14 heures par semaine. Un ESAT s’occupe des espaces verts. En cas de problème, comme un arbre tombé ou un nid de poule, les membres de conseil municipal se retroussent les manches et font le boulot. 

Heureusement, nous avons des revenus autonomes. On a ainsi trois logements en location, dont l’ancienne école, et on a reçu en leg une ferme il y a quelques années. De plus, une salle communale est louée quasiment tous les week-ends de Pâques à la Toussaint. Le toit de son bâtiment dispose depuis 2022 de panneaux photovoltaïques, avec deux onduleurs, avec un quart en autoconsommation. 


Cela va nous rapporter 6.000€ par an pendant 20 ans. Le tout pour un investissement de moins de 50.000€ en autofinancement avec une aide de la Région Pays de la Loire de 20%. L’énergie qu’on produit est 5 fois supérieure à celle qu’on dépense. 

On est ainsi devenue la première commune à énergie positive sur les bâtiments publics en solaire au niveau de la Région. Nous sommes dans un cercle vertueux. 

Quelle est votre identité ? 

Les Karolandais ont voté pour choisir une devise communale en 2017. 

A la même époque, le Maine et Loire a vu beaucoup de fusions de communes. Un de nos voisins dirige un regroupement de 15 communes. On a la même code postal, mais on n’a pas été concerné par la Loi NOTRe. 

Néanmoins nous sommes inclus dans l’intercommunalité Saumur Val de Loire, qui regroupe 45 communes. Elle gère les poubelles et l’eau. On n’a pas de retour direct de l’agglomération. 

Je n’y participe pas, je reste concentré sur La Lande-Chasles. C’est mon Premier adjoint qui est délégué communautaire. 

Pourquoi êtes-vous aussi actif sur les réseaux sociaux ? 

Je suis présent au secrétariat de la Mairie le mercredi et jeudi matin. En semaine, je gère la communication. 

La commune est présente sur X, LinkedIn, TikTok et Instagram. 

Depuis janvier 2023, on est classé comme la commune la plus performante de France sur Instagram. 

Comment votre blason est-il parvenu à faire le tour du monde ? 

Notre blason avec l’écureuil a gagné le concours du « plus beau blason de France » sur Twitter en mai 2020. 

On a découvert que notre blason était en lice dans ce concours par hasard, mais ensuite on a été aidés au niveau des votes par des citoyens et des élus de la région comme le maire d’Angers : l’équipe de football d'Angers, le SCO, avait perdu un match contre Vannes l'année auparavant, un de nos adversaires, et ne pouvait pas avoir sa revanche en raison du Covid. 


On a aussi battu via des duels de 24 heures des communes comme Saint Malo, puis Quiberon en finale. 

Par ailleurs, de fil en aiguille, notre blason a été pris en photos en diverses situations par des inconnus dans le monde entier. Un peu comme dans le film Amélie Poulin. J'ai aussi été amené à solliciter la participation de certains ou certaines afin d'accéder à des endroits inaccessibles. Notre blason a ainsi été repris dans un sous-marin de l’Ifremer de Brest à moins de 3.640 mètres sous l’eau ou encore avec une alpiniste, Delphine Chaigneau, au sommet de l’Everest. 

Notre prochain objectif est qu’il soit embarqué dans la station spatiale ISS en 2026.  Nous ne connaissons généralement pas les gens qui nous ont envoyé leurs photos. Tout cela nous a valu 4 reportages au JT de TF1 en 4 ans. 

Notre volonté n’est pas d’attirer des habitants, mais de donner une image positive de la commune. 99% des retours sont positifs, alors que les nouvelles sont souvent anxiogènes par les temps qui courent. Et, cela n’a rien couté à la commune. 

D’où vient votre besoin d’affirmer l’identité de la commune ? 

A la base, au collège, mon fils à 10 ans avait indiqué lors de la rentrée scolaire vivre au nord de Longué-Jumelles sans citer expressément La Lande-Chasles. Il était le seul dans sa classe issu de notre village et craignait des moqueries. Cela a été pour moi un déclic en 2014 pour changer la tendance. 

Depuis lors, les choses ont changé. Ainsi, toute la commune a voté aux Présidentielles, sauf quelques villageois trop souffrants, d’où un taux de participation de 93%. On a ainsi gagné le Prix Marianne en 2022. Après avoir sollicité Emmanuel Macron par courrier fort de ce Prix, 60 habitants ont pu visité l’Elysée en novembre 2022 et c’est moi qui conduisait le car. 



Mon fils faisait partie du voyage. Interrogé par France 3, il a précisé que s’il entrait au collège aujourd’hui, il indiquerait clairement ses origines, ayant tous les éléments.

   

Quel est votre climat social ? 

Nous ne déplorons pas d’incivilités. 

Au niveau de la sécurité, certains citoyens référents font partie d’un groupe WhatsApp, qui comprend également la commandante de la gendarmerie. C’est ce qu’on appelle la « Participation citoyenne ». 

Nous avons aussi obtenu récemment le label assez contraignant « Village Citoyen », ce qui exceptionnel compte tenu de notre taille et de la sélectivité. 

Comptez-vous vous représenter en 2026 ? 

Rien d’officiel pour le moment. Je serais bien tenté, mais si c’est le cas, ce serait mon dernier mandat. Il se terminerait aussi au moment où j’arriverai à l’âge de la retraite. 

Que dire aux jeunes qui hésitent à voter ou à se présenter comme élu municipal ? 

Je pense que c’est l’histoire de chacun, qui donne la motivation ou pas. A la base, les parents doivent pousser leurs enfants à rendre service à autrui et à ouvrir les portes. Moi, je m’inscris dans les pas de ma mère et j’ai aussi été scout pendant 13 ans à Brest. 

On est des êtres humains. Faire société, c’est accepter des compromis pour vivre en harmonie. Il y a trop de conflits aujourd’hui entre les uns et les autres. Quand on y arrive, et que le retour est bon, c’est une énorme satisfaction et cela suffit se lever le matin. 

Pour aller plus loin : 

Site de la Mairie 

   

mercredi 19 avril 2023

Ces biais neuronaux hérités de la Préhistoire qui freinent la transition écologique


On a beau connaître les problèmes de sécheresse et de sexisme, on ne change pas forcément pour autant ses habitudes. Le carbone, on ne le voit pas et on préfère embaucher des clones. L’ampleur de la tâche, la durée des processus en cours, on parle d’Anthropocène commencé à la Révolution industrielle, annihilent les meilleures intentions. 

On a des motifs de satisfactions : on contemple sa pelouse, on aime avoir des fraises toute l’année, on apprécie les livraisons rapides, etc. 

 Il faut dire que notre cerveau est paresseux. Selon les neurosciences, plus de 95% de nos décisions découlent d’automatismes bien huilés. Mais, en nous reposant sur ces derniers, par facilité, nous pouvons nous tromper et nuire aux autres. Face à une situation complexe, notre cerveau s’attache à des explications intuitives, qui s’adaptent à nos croyances. 

Dans le domaine du raisonnement, ces stéréotypes sont renforcés par le phénomène de « bulle informationnelle », qui nous pousse à nous enfermer dans un univers où toutes les infos vont dans le même sens. De même, il est tentant de vivre confortablement dans une communauté homogène.

D’après les experts, il existe quatre types de biais cognitifs : 

  • les biais qui découlent de trop d'informations, 
  • le manque de sens, 
  • la nécessité d'agir rapidement 
  • et les limites de la mémoire. 

 Source du graphique : Fiche technique N°3. Projet Emploi et Handicap. Maroc, Tunisie, Bénin, Sénégal : Stéréotypes, biais cognitifs et discrimination d’Handicap International et Humanité et Inclusion. Juin 2020. 

Le savoir peut aider la personne à interroger son rapport à l’information, pour prendre de la hauteur gagner et agir au mieux. 

Les journalistes français ont pris collectivement conscience de leurs responsabilités. Ils insistent ainsi de plus en plus sur l’origine des catastrophes naturelles ou des vagues de chaleur. 

L’important semble la qualité de l’information avec des liens clairement établis entre les événements, la simplicité aussi sans doute, voire la proximité pour bouger à son échelle sans être bloqué par la culpabilité ou la peur. Les infographies peuvent faciliter la compréhension des enchainements.

Mais, être informé ne suffit pas. 

 

 Deux entités complémentaires dans le cerveau : le pilote automatique et le cerveau conscient.

Le pilote automatique : 

C’est la partie du cerveau qui prend des décisions ultra-rapides mais de manière innée via des raccourcis cognitifs. Ce fonctionnement facilite la vie quotidienne au prix de peu d’efforts. Plus de 95% de nos prises de décisions quotidiennes sont traitées par lui, avec des routines s’arrêter à un feu rouge ou aller tous les jours à la machine à café à la même heure. 

Certains chercheurs avancent que le cerveau humain prendrait environ 35.000 décisions par jour. D’après Huawei, seulement 0,26% des décisions prises par les individus seraient conscientes, alors que ceux-ci pensent être clairement à l’origine de 92% des décisions prises. 

D’après Huwei, les Suisses interrogés estiment ainsi prendre 9 décisions par jour concernant la nourriture, mais en vérité le cerveau en prendrait jusqu’à 221 décisions par jour à ce sujet. 

Pourquoi ? 

Depuis la Préhistoire, le cerveau cherche à favoriser la survie et la reproduction. Comme mémoriser les points d’eau et éviter le repère des prédateurs. Mais, cela peut, parfois déboucher sur des conclusions hâtives et rigides, pas adaptées au contexte ou au besoin d’évoluer. Comme acheter une maison sur un coup de foudre, mais en zone inondable. 

De même, les stéréotypes entraînent sans un bruit de la discrimination. 

Or, on ne résout pas l’explosion du CO2 d’une fulgurance de notre cerveau automatique. 

Le cerveau conscient : 

Plus lent, il peut nous permettre de ne pas rester en surface en évaluant tous les aspects d’une décision. Plus flexible, il est utile pour s’adapter à la nouveauté ou l’inconnu. Mais, toute demande énergétique doit être justifiée : cela doit valoir la peine. La maîtrise du feu, l’invention de la roue et la grotte de Lascaux viennent de nos cerveaux conscients. 

« Les humains sont très mauvais pour comprendre les tendances statistiques et les changements à long terme.» pour Conor Seyle, Directeur de recherche à la One Earth Future Foundation (source BBC) 

 « On retient plus des dangers faciles à mémoriser comme le terrorisme que des menaces plus complexes, comme le changement climatique. Notre cerveau cherche depuis la nuit des temps à ce que nous soyons bien nourri et à avoir un toit. Ces fonctions nous sont devenues moins utiles dans le monde moderne. Pire, ces biais freinent notre capacité à prendre des décisions rationnelles face aux nouvelles menaces. » 

Les gens ont envie d’agir. 

Mais, on a du mal de basculer du savoir ou de l’envie à l’action. Changer et établir de nouvelles connexions demande de la volonté. Une fois qu’un fumeur comprend que la plupart de ses mégots finissent dans la mer ou dans ma nature, là où il passe ses vacances avec ses enfants, il lui reste à prendre le pli de ne plus les jeter dans la rue. 

Mais, bonne nouvelle, plus ce comportement vertueux est activé, plus il passe en mode automatique. 

Quels sont ces biais qui nous paralysent ?

  • Biais d’inertie : résister à un changement, voir une nouveauté par ce qu’ils demandent beaucoup d’efforts, des remises en cause, voire une menace,…Exemple : pourquoi investir dans les EnR alors que les énergies fossiles ont fait leurs preuves à un coût abordable.
  • Biais de confirmation : Nous ne retenons que les informations qui valident ce qu’on fait déjà. Et, considérer les autres comme ambiguës ou négligeables. Selon le réalisateur Raphaël Hitier, Documentariste scientifique pour Arte, « L’analyse en imagerie cérébrale montre que notre cerveau ne prend même pas la peine de traiter les informations qui contredisent notre vision du monde. Il ne les évalue pas. Difficile de changer d’avis dans ces conditions… » 
  • Biais de surconfiance : surestimer ses connaissances ou compétences dans un domaine et minorer tout ce que l’on ignore encore. Ex : Il y a toujours eu des cyclones en Floride. 
  • Biais du temps présent : Privilégier l'option la plus agréable à court terme, même si ses bénéfices à long terme ne sont pas avérés. On se soucie plus de sa propre famille, plutôt que des « générations futures », qui restent trop abstraites pour tolérer certains sacrifices. Exemple : s’acheter un nouveau smartphone à la mode plutôt que réparer l’ancien, qui va prendre plus de temps. C’est le contraire du principe de l’investissement ou des taux d’intérêt qui offrent une récompense future.
  • Biais de disponibilité mentale : tirer une conclusion d’après le dernier élément observé dont on dispose aisément sur une question. Exemple : il fait froid ce matin. 
  • Biais de « compensation morale" : valoriser une bonne action, même minime, et occulter nos actions non-responsables. Ex : acheter une gourde, mais continuer à rouler en 4X4. 
  • Biais de "pseudo-inefficacité" ou biais du « spectateur » : Je comprends le problème, mais j’estime que mon action individuelle n’a pas d’impact notable sur la résolution d’un problème systémique. Dès lors, je m’autorise à ne rien entreprendre. C’est aux gouvernements et aux grandes entreprises de s’en occuper. "Pourquoi réduirais-je mes vols long-courriers si d’autres prennent des jets privés comme moi le métro ?" 
  • Biais "d’optimisme » ou de « surconfiance »: Les individus ont tendance à être trop optimismes quant à certains résultats et à sous-évaluer la survenance de mauvaises nouvelles. Ex : croyance dans la capacité de la technologie et de la science pour résoudre tous les défis futurs. Ou croire qu’ils seront moins touchés que la moyenne, ce qui permet de balayer les scenarios pessimistes. Ex : à quoi sert la prévention, je suis bien assuré. 
  • Biais de mémoire : la personne ne se souvient pas bien de certains événements ou ne se souvient que des bonnes choses. On ne se rappelle pas la canicule de l’été dernier, mais des sauts dans la piscine. Cela complique la prise de conscience de certains changements dans notre environnement familier (artificialisation des sols, fin des hivers rigoureux, etc.) Ce biais pousse à prendre les problèmes moins au sérieux, voire à être climato-sceptique. 

 Ici la vidéo de la youtubeuse La Psy Qui Parle,  Elle présente 5 biais liés à l’inaction en faveur de l’environnement.

 
  
 
Les conditions de réussite
 
Notre cerveau a besoin de « récompenses », qui génèrent de la dopamine, ce qui est par exemple le cas de l’altruisme ou de faire des choses qui sont acceptées au sein d’un groupe. L’effort individuel et le besoin du collectif se complètent pour survivre. La récompense, liée au passage à l’action à bon escient, est la meilleure réponse à apporter à une menace. 
 
Présenter les solutions comme étant positives facilite la transition, la perspective de la fin du monde étant peu mobilisatrice, voire inaudible. Il vaut mieux vanter le train que parier sur la fin des avions. 
 
Mais, non seulement il faut comprendre l’information, mais il faut la passer au niveau de la conscience. 
 
L’attention doit permettre de faire le tri pour repérer ce qui est important, parfois ce qui est répété ou qui génère des émotions. C’est pourquoi les climatologues et les équipes RSE ne doivent pas hésiter à ramener souvent certains sujets sur le billot pour débloquer les choses et provoquer un ancrage. Lors de la pandémie, les antivax ont fait de la résistance, du fait de nombreux biais.
 
Mais, notre cerveau a besoin de simplicité. Que l’action ou le geste soit à son échelle et que le collectif fonctionne. L’important, c’est de commencer, de passer du point mort à la première, d’avoir une inertie du mouvement pour contre le biais du statu quo. 
 
Et, comme Saint Thomas, il faut voir les impacts, que cela soit tangible. Diriger par objectif avec un cap pour répondre au problème identifié constitue une bonne méthode, d’où l’existence d’indicateurs pertinents suivis dans le temps, avec des moyens dédiés à la clé. Mais, tout n’est pas mesurable.
  • La RSE c’est une mentalité, pas que des actions. La perception des impacts donne du sens. 
  • Avoir envie d’agir comprend deux dimensions, mentale et émotionnelle. 
  • Et prendre conscience de la responsabilité individuelle et collective, et l’interaction entre les deux pour le bien commun. Difficile de changer le monde tout seul. 
  • La transformation peut passer par le jeu, le théâtre, la réalité virtuelle, l’intelligence collective, des challenges, etc.. 
  • Il faut du temps et de l’argent pour faire évoluer les mentalités. 
  • Certains imaginent également des nudges verts pour influencer les pratiques en douceur, faire adopter les bons gestes. 
Pour Renata Coura, Présidente Fondatrice de l’Empowerment Center, et qui a un Doctorat en Neurosciences à l’Institut Pasteur 
"Une entreprise ne peut pas se contenter d’un objectif utilitariste, il faut aussi souvent changer le management et la gouvernance."
Des publics variés 
  • Les jeunes sont les plus conscients des enjeux environnementaux. Mais ils sont impatients et n’ont pas toujours la force de modifier leurs comportements. Ils apprécient les vols low cost et consomment énormément de burgers. 
  • Il faudrait aussi étudier si des biais freinent aussi nos décideurs. La révolte des Gilets Jaunes a surpris. Une prise de risque jugée trop forte peut générer de l’immobilisme concernant des mesures souhaitables, mais impopulaires. Les politiciens doivent gérer leur cote de popularité avant de se présenter aux urnes. D’où l’utilité de la planification basé sur des objectifs largement partagés. 
  • Dans l’entreprise, la RSE mobilise des ressources à court terme pour des bénéfices parfois lointains. Au-delà des KPI, il faut une dynamique. La rémunération ESG des cadres dirigeants, véritable récompense sonnante et trébuchante, tente d’intégrer le bien commun dans une logique extra-financière. Mais, comment pivoter durablement avec des publications de résultats trimestriels ? 
  • Ce qui peut vouloir suggérer que pour transformer, il faut adapter son approche selon les publics, qui n’ont pas tous le même degré de compréhension de l’urgence des sujets. Un chasseur, une cadre dirigeant de la Défense ou une professeur des écoles n’ont pas forcément les mêmes idéologies et valeurs. Ils ont des rapports différents à la planète et au capital naturel. De même, il existe une vraie polarisation idéologique aux Etats-Unis sur la question du dérèglement climatique. Certains s’y cramponnent encore au charbon. 
  • Comment éviter les biais dans l’IA ? Comme l’exploitation du prénom, de l’adresse ou de l’âge dans le recrutement ou dans le fundraising via des robots automatiques ? 
 De plus, de nombreux acteurs cherchent à capter notre attention pour nous influencer. Cité par France Info, Arnaud Pêtre, chercheur en neuromarketing officiant à l'Université catholique de Lille, a écrit en 2007 :
"Si nous considérons la publicité dans un sens très large (...) nous serions exposés à pas moins de 15.000 stimuli commerciaux par jour et par personne, dont 2.000 publicités". 
 Il ne travaille plus sur ce sujet, mais considère la prégnance d'Internet dans nos vies laisse penser que l'on devrait plutôt aboutir, en 2019, à une estimation encore plus haute. 

Pour aller plus loin : 

Blogueur RSE, je suis aussi journaliste freelance. J'interviens en conseil éditorial et fournis du contenus pour des blogs, newsletters, rapports, etc. Je suis joignable au hduhalgouet@hotmail.fr 

Je serais enchanté d'échanger avec vous. Herrick 

Frédérique Chalony est partenaire de l’Empowerment Center et l’invitée spéciale de Renata Coura pour un webinaire. Elle est la fondatrice de Manitaria, spécialiste de la RSE, qui accompagne les entreprises pour faire émerger des solutions responsables par l’expérimentation et l’intelligence collective.

  

Comment les convictions politiques aux Etats-Unis impactent la vision des questions d’environnement chez les électeurs : “A framework to address cognitive biases of climate change” https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0896627321006267 

Bon Pote. 2023. Climat : les 12 excuses de l’inaction, et comment y répondre https://bonpote.com/climat-les-12-excuses-de-linaction-et-comment-y-repondre/

Casser les biais en promenant son chien. Le Monde. Avril 2023.

https://bit.ly/41XWhGt

 

Pour les ONG, le football n’est pas qu’un sport de millionnaires individualistes (2010)

 http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/07/pour-les-ong-le-football-nest-pas-quun.html 

 

  Le reste

mercredi 25 mars 2020

2004 : Quand Citigroup cède aux pressions de la jeunesse

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Je reviens dans cette série de posts sur les méthodes d’action d’une ONG californienne, défenseuse de la forêt tropicale. Il s’agit d’un exercice que j’ai effectué il y a une dizaine d’année. 

En voici le deuxième volet. 

En avril 2000, Rainforest Action Network (RAN) lance une première salve contre Citigroup, a qui elle a décerné pour la circonstance le Prix de la « banque la plus destructrice au monde ». 

Comme à son habitude, le point de départ de cette action fut une lettre officielle, avec papier à en tête, adressée aux dirigeants du groupe, recensant leur rôle clé dans la destruction de la forêt primaire et dans l’accélération du changement climatique. Citigroup était alors notamment « impliqué » dans le financement de projets majeurs comme la construction du barrage des Trois Georges en Chine et dans un pipeline au Pérou, bien loin des rives de l’Hudson.

N’ayant pas obtenu de réponse, une série d’actions de harcèlement furent lancées en octobre dans tout le pays, incluant des manifestations et des fermetures de comptes. C’est la division banque de financement et d’investissement (BFI) de Citigroup qui est directement partie prenante dans les financements de projets controversés. Néanmoins, la BFI reste une entité un peu abstraite.

Pour mettre en scène la protestation, RAN a préféré inviter ses militants à couper en deux publiquement leurs cartes de crédit Citi. Un objet bien identifié par les Américains, qui en possèdent très souvent plusieurs.

Des étudiants mobilisés 

Ses messages ont su trouver leurs publics. Notamment auprès des jeunes, et bien avant les mouvements actuels symbolisés par Gréta Thunberg.

  • D’après la revue U-California, des étudiants de Berkeley ont inondé de fax Citigroup dans le cadre du « International Fax Day ». Une fois les deux fax du service client coupés, ils ont balancé leurs missives sur ceux des agences de la banque. 
  • En mars 2001, des étudiants ont été formés au Ruckus Camp à une université d’été alternative dénommée « Une fessée aux banques », avec un mois plus tard, « second City Day » 80 actions simultanées dans 12 pays sur 5 continents. Avec des bannières dans les villes disant « Hey Citi : Not with my money ». 
  • En avril 2001, une étudiante exprime sa détermination à l’Environnment News Service (ENS) : « les étudiants vont continuer à boycotter les cartes de crédits de Citigroup, mais aussi ses jobs et ses prêts étudiant tant que la banque financera le réchauffement climatique». 


En novembre 2002, l’accès du public à des agences de Citigroup à San Francisco est bloqué par des activistes, qui ont étendu de vastes banderoles « Corruption à l’intérieur, Destruction à l’extérieur ». 

Tandis qu’un ballon aérien géant était dressé au Citicorp Plaza. Ces actions donnent souvent lieu à des arrestations. Le fait faisant la une des journaux.

Et, les enfants prennent le relais : 

  • Le 18 décembre 2002, le journal Ascribe News rapporte que des milliers d’enfants ont appelé le CEO de Citigroup, Sandy Weill, pour un cadeau de Noël un peu spécial, lui demandant de changer ses pratiques. Environ 2.500 appels ont ainsi atterri au 399 Park Avenue,… 
  •  …sans compter des lettres d’enfants accompagnés de dessins représentant des indigènes et animaux vivant dans les forêts tropicales. 
Pour occuper tout l’espace, Rainforest Action Network lance aussi un site Internet ThisisCitigroup.org, un forum de contestation pour faire la vérité sur la banque, sur son train de vie et sa politique environnementale.

 

Dans la foulée, des étudiants, membres de RAN, sont évacués lors de la visite de Sandy Weill promotion 1955, venu en visite à son ancienne école, Cornell University. Le banquier n’était pas encore prêt au débat.

Des relais puissants dans les médias 

Alors que les réseaux sociaux n’existent pas encore, Rainforest Action Network parvient aussi à occuper le terrain des médias. Comme à la télévision, où des stars (Susan Sarandon, Ed Asner, Darryl Hannah) invitent le public à déchirer leurs cartes bancaires Citi.

 « Citi détruit la forêt et déplace les populations locales. Quand vous utilisez votre carte Citibank, vous financez aussi ces horreurs ».
« Arrêtez de financer les bulldozers »

Mais aussi dans la presse internationale, en s’offrant des pleines pages de publicité dans le NYT (13/11/2002) ou encore dans le WSJ.

L’une des grandes fiertés de Rainforest Action Network est aussi d’avoir pu obtenir des visas d’entrée aux Etats-Unis (pourtant après le 9/11) pour une poignée d’activistes péruviens. Ces derniers ont pu témoigner de la menace de la construction d’un pipeline dans leur forêt, à l’AG de Citigroup.

Pour Michael Brune, cité en août 2001 par Home Channel News :

« Une grosse partie de notre travail, c’est de l’éducation. C’est le meilleur moyen d’obtenir la couverture de 250 chaînes de télévision sur notre sujet en une seule soirée » 

 Un cessez-le-feu en rase campagne 

Finalement, Citigroup cède à l’ONG. En juin 2003, il signe avec 9 autres géants bancaires les « Principes de l’Equateur ».


Après 4 années de guérilla, « Citi » annonce en janvier 2004 le lancement de ses « Nouvelles initiatives environnementales » avec une offre bancaire, destinée à populariser l’énergie solaire.

 

Pour la responsable financière de la campagne, Ilyse Hogue :

« Cette journée représente une victoire de la démocratie pour l’opinion publique. Il y a quatre ans, faire bouger le secteur bancaire paraissait inconcevable. » 

Citigroup obtient fin 2005 le “Corporate Design Award” par Global Green USA, bras armé aux Etats-Unis d’une organisation environnementale fondée par un certain Mikhail Gorbatchev.


En savoir + :

Post 1 : Rainforest Action Network : tout le génie d’un acteur faible

 http://ong-entreprise.blogspot.com/2020/03/rainforest-action-network-tout-le-genie.html?m=1 

Post suivant sur la même saga : « la parfaite maîtrise du storytelling par Rainforest Action Network », au lien suivant :

http://ong-entreprise.blogspot.com/2020/03/le-storytelling-maitrise-de-rainforest.html




lundi 5 septembre 2016

Le Festival Photos de la Gacilly se termine fin septembre

J'ai visité cet été en famille pour la seconde fois le Festival "Peuple et Nature" de la Gacilly en Bretagne. C’est le plus grand festival de photos de France totalement en extérieur. 

Il a déjà réuni près de 3 millions de visiteurs et exposé plus de 250 photographes internationaux. 


Il rassemble les talents et croise les regards de photographes venant du monde de l’art et du photojournalisme. Chaque année, un pays est invité et une nouvelle ligne éditoriale tournée vers l’environnement et les grands enjeux sociaux.

Tout est organisé autour du vieux village et de sa rivière l’Aff, avec une exposition qui traverse la rue principale de la Gacilly et d’autres photos dispersées dans la verdure.


 Ce sont des photos grand format.




Après l’Italie qui était à l’honneur en 2015, le Japon a été mis en valeur en 2016. Pour cette 13ème édition, La Gacilly s’est même transformée pour quelques mois en un véritable village japonais.

L’autre thème de 2016 est l’océan.



D'après Le Télégramme, la fréquentation du festival, programmé de début juin à fin septembre, était de l'ordre de 300.000 personnes, dans cette commune de 2.200 habitants. En 2016, elle pourrait atteindre 400.000 visiteurs, selon Auguste Coudray, président de ce festival complètement gratuit.



Pour en savoir plus : 

La Gacilly est situé dans le Morbihan entre Rennes et Vannes. Son dynamisme s'explique notamment par la présence d'Yves Rocher, qui a été un pionnier dans le domaine du cosmétique. S’y trouvent notamment des sites de production, un jardin botanique et un récent hôtel-spa écologique.






http://www.festivalphoto-lagacilly.com/



 


ONG et photojournalistes entretiennent une relation complexe 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/06/ong-et-photojournalistes-entretiennent.html 

Peace in Focus recrée du lien grâce à la photographie 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/06/peace-in-focus-recree-du-lien-grace-la.html  




fin