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mercredi 19 juin 2024

Quels sont les atouts du commerce équitable même en période de crise ?


Commerce Équitable France a publié hier son observatoire annuel des ventes de produits issus du commerce équitable. Malgré un net recul des dépenses alimentaires des Français (-4,7% selon l’INSEE), le secteur du commerce équitable a progressé de près de 2% en 2023 et pèse désormais 2,1 milliards d’euros. Les ventes de produits alimentaires issus de filières de commerce équitable “made in France” augmentent même de 6%. 

Le commerce équitable présente de nombreux avantages, tant pour les producteurs que pour les consommateurs et l'environnement : 

Pour les producteurs:

  • Meilleurs revenus et conditions de vie: Le commerce équitable garantit aux producteurs un prix minimum stable pour leurs produits, souvent supérieur aux prix du marché. Cela leur permet de mieux subvenir à leurs besoins et d'améliorer leurs conditions de vie, notamment en investissant dans l'éducation, la santé et le logement. 
  • Autonomisation et développement des communautés: Le commerce équitable encourage la participation des producteurs aux décisions qui les concernent et leur donne accès à des formations et à des services d'appui pour améliorer leurs pratiques agricoles et commerciales. 
  • Respect des droits fondamentaux: Le commerce équitable interdit le travail des enfants, les conditions de travail discriminatoires et dangereuses, et promeut la liberté d'association et la négociation collective. Ce qui permet de protéger les droits fondamentaux des travailleurs et de promouvoir des pratiques de travail éthiques. 
 
Pour les consommateurs: 
 
  • Produits de qualité durable: Les produits issus du commerce équitable sont souvent cultivés ou fabriqués selon des normes environnementales et sociales strictes. Ceci répond aussi à une demande des consommateurs qui attendent des produits de qualité durable et respectueux de l'environnement et des droits humains. 
  • Consommation responsable: En choisissant des produits issus du commerce équitable, les consommateurs peuvent contribuer à un monde plus juste et solidaire. Ils ont ainsi le sentiment de faire un geste positif pour la planète et pour les populations fragiles. 
  • Transparence et traçabilité: Les filières de commerce équitable sont généralement transparentes et traçables. Ainsi, les consommateurs sont en mesure de connaître l'origine des produits et les conditions de production. 
 
Pour l'environnement: 
 
  • Promotion de l'agriculture durable: Le commerce équitable encourage les pratiques agricoles vertueuses, telles que l'agriculture biologique, l’agroforesterie et la gestion intégrée des ravageurs. Le but est de protéger la biodiversité, de réduire l'utilisation de pesticides et la déforestation, tout en améliorant la santé des sols. 
  • Lutte contre le changement climatique: Les pratiques agricoles durables promues par le commerce équitable contribuent également à la lutte contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en augmentant la capacité des sols à absorber le carbone. 
 
En résumé, même s’il reste une niche, voici quelques éléments qui expliquent la croissance du commerce équitable en France : 
  • Une sensibilisation croissante des consommateurs aux enjeux du développement durable et de la consommation responsable. 
  • Une offre de produits équitables de plus en plus large et diversifiée. 
  • Des circuits de distribution diversifiés. 


 

Qu'indique l'observatoire annuel de Commerce Equitable France, le collectif des acteurs français du secteur ? 
 
  • Les ventes du commerce équitable "made in France" sont passées de 67 millions d'euros en 2014 à plus de 791 millions d'euros en 2023, soit une multiplication par 12 et le nombre de leurs références qui ne fait qu'augmenter dépasse maintenant les 2.200. 
  • La filière internationale est restée flat en 2023, malgré la progression du chocolat équitable +6% en 2023 et des bananes à +10%. 
  • Il existe 8 labels de commerce équitable, 580 entreprises engagées, 11.000 références de produits labellisés commerce équitable (contre 3.500 en 2014), des ventes multipliées par 4 depuis 2014. • Une grande variété de points de vente : les grandes et moyennes surfaces ne pèsent que pour 43% des ventes, contre 85% pour les produits conventionnels. 
  • Deux autres segments se développent : les artisans (16% des produits du commerce équitable vendus ; généralement des boulangers pour les produits issus de la filière blé/farine ou des chocolatiers pour les produits issus de la filière cacao) et la consommation hors domicile, dont l'hôtellerie, la restauration privée et la restauration collective (13,5%). 
Regard dans le rétroviseur
 
Retour sur 2022, les coûts cachés du non équitable et les évolutions fiscales demandées par la profession
2009 Du chocolat suisse dur à croquer ? 
 
2011 : Les écolabels Rainforest Alliance et UTZ Certified trouvent leurs marques 
 
2011 : La crise n’affecte pas le commerce équitable aux Etats-Unis 

lundi 7 avril 2014

Rainforest Alliance revient sur la filière cacao


Voici l’une des vidéos proposées par Rainforest Alliance à l’occasion de la semaine du DD, qui se termine aujourd'hui :

"L'homme derrière votre tablette de chocolat" (2'26") - 
primé aux IVCA Awards 2014.

 

Si cette vidéo est flatteuse, la réalité est parfois plus contrastée.

Dans une interview en anglais, menée par les auteurs du film "Shady Chocolate", Edward Millard (Senior Manager Sustainable Landscapes chez Rainforest Alliance) s’exprime franchement sur la question du travail des enfants dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire.

Il explique que le label environnemental comprend un volet social, comme une sensibilisation à l’éducation, mais que la prise de conscience de certains parents peut prendre du temps, car les enfants fournissent une main d’œuvre bon marché.

A voir ici

Pour aller plus loin: 


shady-chocolate.com

 www.rainforest-alliance.org/fr

Le travail des enfants n’est pas propre à l’Afrique de l’Ouest ni à l’industrie du chocolat et du cacao


Sur ce blog : 


Les fabricants de chocolat ont des vues différentes sur le travail des enfants. (Octobre 2010)
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/10/les-fabricants-de-chocolat-ont-des-vues.html

Du chocolat suisse dur à croquer (Mai 2009)
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2009/05/focus-sur-le-chocolat-suisse.html 

Les écolabels Rainforest Alliance et UTZ Certified trouvent leurs marques (Juin 2011)
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/les-ecolabels-rainforest-alliance-et.html

 Rainforest Alliance : Conséquences caches (1'42")

 

Greenpeace/Nestlé: la pause Kit Kat

 

lundi 6 juin 2011

Les écolabels Rainforest Alliance et UTZ Certified trouvent leurs marques










Créée en 1987 à New York pour protéger et préserver les forêts primaires et la biodiversité, l’association Rainforest Alliance déploie ses actions dans plus de 70 pays. Elle a contribué au lancement du label du développement durable FSC.


De 2009 à 2010, les montants consacrés par Rainforest Alliance à ses programmes sont passés de 30,8 à 35,2 millions de dollars. La gestion forestière (15,4 M$) et l’agriculture (10,9 M$) sont privilégiés, mais l’ONG intervient également dans le tourisme, le climat et l’éducation.

Il s’agit de budgets significatifs, dans la mesure où dans un autre registre les Fairtrade Labelling Organizations (FLO) ont affiché un budget de 11,2 millions d’euros en 2009.


Le chiffre d’affaires des produits Rainforest Alliance Certified™ a atteint 12 milliards de dollars en 2010. Ce niveau élevé tient à l’accessibilité des produits, qui sont largement distribués comme chez Walmart, Costco, Safeway, Home Depot et Sam's Club. De plus, l’ONG investit sans cesse des domaines nouveaux comme en 2010 la canne à sucre, les fleurs (Kenya) ou encore le lancement de la nouvelle norme SAN pour la production durable de bovins. En comparaison, les ventes de produits équitables labellisés Fairtrade/Max Havelaar ont totalisé 3,4 milliards d’euros en 2009.

De 2007 à 2010, les ressources de l’association verte ont bondi de 66%, grâce à une hausse de 92% de ses redevances, mais aussi grâce à un soutien sans faille de fondations (notamment la Bill & Melinda Gates Foundation, The Rockefeller Foundation, Fondation Ensemble) et de gouvernements (United Nations Development Programme, Norvège, Pays Bas, Equateur) et d’entreprises (Unilever, Ikea, Kraft Foods Global, Inc., The Estée Lauder Companies Inc, Nestlé Nespresso S.A., Mars Incorporated ou encore le mexicain Grupo Bimbo).

Le montant des redevances représentent 32% de ses ressources. Les agriculteurs paient des indemnités journalières et prennent en charge les frais de voyage des techniciens et des auditeurs. Comme ces visites sont effectuées par des organisations locales, l’association new-yorkaise estime que ces coûts sont souvent inférieurs à ceux d'autres systèmes de certification.

Les producteurs payent pour leur part des frais annuels de certification basés sur la taille de leur exploitation. Pour les plus petits agriculteurs, d’autres sources de financement sont expérimentées afin d'impliquer davantage les acteurs de la chaîne d'approvisionnement dans le partage de coûts de certification, qui doivent rester modestes. Contrairement au commerce équitable, il n’y a pas de prix minimum garanti.

Les entreprises payent également depuis octobre 2010 une redevance de participation, liée au chiffre d’affaires généré. La commission, dont le règlement est sous la responsabilité des importateurs de café, s’établit à 0,15$ par pound de café vert enregistré sur le marché.


L’association Rainforest Alliance bénéficie selon elle de l’'intérêt pour les certifications indépendantes en agriculture durable et de la volonté des entreprises d’apporter des preuves d’engagement face à la demande des consom’acteurs en matière de développement durable et de transparence. 5% des compagnies de Fortune 500 sont d’ores et déjà affiliées à cet écolabel.



Promoteur d’une culture responsable, UTZ CERTIFIED (anciennement Utz Kapeh) a aussi connu un bon exercice 2010 avec 4,4 millions d’euros de revenus (+42%). Les redevances, qui ont bondi de 62%, représentent 60% du total. Les ventes de café certifié, en provenance notamment du Brésil et du Vietnam, ont progressé de près de 50%, sous l’effet d’une forte demande du marché, devenue mainstream, en provenance d’acteurs comme Migros, Sara Lee et Ahold Coffee Company.

The Cocoa Program a été initié en octobre 2007. Depuis lors, UTZ CERTIFIED a travaillé avec de nombreux acteurs de la filière comme Cargill, Mars, Ecom, Nestlé, Royal Ahold et Heinz Benelux. Des initiatives ont même vu le jour comme The Steering Group, qui outre des entreprises, comprend la Dutch Sustainable Trade Initiative, Solidaridad, Oxfam Novib et le WWF International.



De son côté, le Marine Stewardship Council (MSC), qui a été créé par le WWF et Unilever, a vu ses ressources passes de 8 à 9,8 millions de livres entre 2009 et 2010 (comptes clos au 31 mars 2010). Il existait début 2010 près de 5.000 références de produits de la mer certifiés représentant un chiffre d’affaires global de plus de 2 milliards de dollars (+30% en un an.) Les deux pays les plus engagés dans ses programmes sont les Etats-Unis et la Norvège. Cependant, il faudra voir l’évolution de ce label, qui a été critiqué par plusieurs scientifiques. Greenpeace et le Pew Environment Trust le jugent également trop laxiste.

Cependant, dans la jungle des labels, il n’y a pas que des gagnants. Selon l’enquête de Novethic (le commerce équitable n’échappe pas à la crise) du 13 mai dernier, l’étude annuelle conduite par l’institut Infoscan Census IRI, qui analyse les ventes effectuées par 5.700 hyper et supermarchés en France, le commerce équitable marque le pas dans l’hexagone. Le chiffre d’affaires des produits équitables les plus courants (café, thé, chocolat… hors textiles et fruits frais) a en effet chuté de 2,4% en 2010, alors qu’en 2009, il avait bondi de 8 % en 2009… Alors que Max Havelaar France a dû réduire son effectif, les marques de distributeurs, qui sont en général meilleur marché, auraient dans le même temps progressé de 4,6 %.

De même, le chiffre d’affaires de Remei AG, qui assure la promotion du label BioRe, dans le coton équitable, a atteint 21,2 millions de francs suisses sur son exercice 2010, clos fin mars, en baisse de 22%. L’activité a même glissé de 30% sur 2 ans. Dans la confection, la société a souffert d’une forte pression sur les prix et de la faiblesse du dollar.

Bien qu’il soit sorti de l’ombre, il est possible que le commerce équitable souffre aujourd’hui de la multiplication des standards. En mai 2008, le Cirad, institut français de recherche agronomique au service du développement des pays du Sud et de l’outre-mer français, signalait que les nouvelles normes telles que Utz, Rainforest Alliance ou encore Bird Friendly font toutes référence à des degrés divers, au développement durable. Pour Benoît Daviron, économiste à l’UMR Moisa,
«il y a un risque de dilution du commerce équitable sous l’effet de sa propre stratégie d’alliance et de la montée en puissance des labels concurrents»
En dehors de l’acquisition de la taille critique, il apparaît que la confiance du consommateur final dans le choix des fournisseurs et la qualité de l’audit sont aussi essentiels. Pour les experts de la Table ronde pour une économie cacaoyère durable (RSCE), le label doit avoir un sens clair, son application doit être cohérente et le système de certification dont il provient doit être accessible. En outre, le certificateur doit être en mesure d’accompagner les petits producteurs de manière simple et à un coût raisonnable.

Pour plus d’efficacité et de clarté, Fairtrade, Rainforest Alliance/SAN et UTZ CERTIFIED ont décidé en février 2011 de travailler ensemble pour réduire le niveau de complexité et les coûts financiers supportés par les producteurs. “Nous sommes en train de développer des outils et des supports qui permettront d'adhérer à différents standards. Nous soutenons la certification effectuée par une tierce partie indépendante et reconnaissons la nécessité d’augmenter l'efficacité des audits. Nous travaillons aussi conjointement dans la recherche de coopérations futures pouvant bénéficier aux producteurs.”

Pour aller plus loin :

Coffee & Conservation
Une étude récente réalisée au San Salvador a montré que pour une petite exploitation la mise aux normes pour le label Rainforest Alliance ou l’homologation de Starbucks Cafe Pratices, revient à 156$ l’hectare.
Le cas de BIRD-FRIENDLY est aussi évoqué… “How much does eco-certification cost?” 11.04.2011
http://www.coffeehabitat.com/2011/04/cost-of-eco-certification/

13/04/2010 ; Le label Rainforest Alliance ne connaît pas la crise
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/04/le-label-rainforest-alliance-ne-connait.html

ReedMonitor.org: Rainforest Alliance’s “inadequate verification report” in Guyana. 18/05/2011
http://www.redd-monitor.org/2011/05/18/rainforest-alliances-inadequate-verification-report-in-guyana/

Sur le commerce équitable

Fair Trade USA : la crise n’affecte pas le commerce équitable aux Etats-Unis. 30.05.2011
http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/05/la-crise-naffecte-pas-le-commerce.html

Solidaridad s’est rapproché des grandes entreprises pour avoir plus d’impact…29/04/2011
http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/04/solidaridad-sest-rapproche-des-grandes.html


Cargill's Work to Improve Cocoa Farmers' Livelihoods Recognized With US National Award…01.10.2010
http://www.csrwire.com/press_releases/31200-Cargill-s-Work-to-Improve-Cocoa-Farmers-Livelihoods-Recognized-With-US-National-Award?tracking_source=rss&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+csrwire%2FPRfeed+%28CSRwire.com%29&utm_content=Google+Reader



Voici quelques exemples de réalisation de Rainforest en 2010, tirés de son communiqué de presse :

Rainforest Alliance a certifié l’an dernier 3,7 millions d'hectares de forêts selon les normes FSC (+6% par rapport à 2009), la surface totale des forêts certifiées FSC par l’ONG dans le monde s’élevant à 63,1 millions. Les forêts certifiées FSC préservent les sols et l'eau, réduisent les déchets, limitent la déforestation et procurent un habitat pour la vie sauvage. Les travailleurs des exploitations forestières certifiées bénéficient de bonnes conditions de travail, d'une sécurité sociale, d'un logement décent et leurs enfants ont accès à l'éducation. À ce jour, Rainforest Alliance a certifié 47% des forêts labellisées FSC dans le monde.

Le thé certifié Rainforest Alliance s’est développé dans 11 pays. Plus de 120.000 tonnes de thé certifié ont été produites en 2010, soit une augmentation de 53% par rapport à 2009. Ce qui représente environ 3,2% de la production mondiale. Tetley, n°2 mondial du thé, s’est engagé à s'approvisionner auprès de plantations certifiées Rainforest Alliance pour l'ensemble du thé de sa marque Tetley d’ici 2016.

Tesco, la plus grande chaîne de supermarchés au Royaume-Uni a introduit des barres de chocolat sous sa propre marque, fabriqué à 100% de cacao certifié et portant aussi le sceau Rainforest Alliance.

Rainforest Alliance a aussi lancé un site Internet dédié au tourisme durable, VoyageResponsable.org, qui propose aux consommateurs éco-futés un outil de recherche pour trouver des établissements ayant une démarche responsable en Amérique Latine et dans les Caraïbes. À fin avril 2010, 590 entreprises se sont engagées dans le programme Tourisme Durable de Rainforest Alliance (+34% en un an).

Le communiqué de presse complet du 28.04.2011: Rainforest Alliance affiche une forte croissance en 2010
http://www.rainforest-alliance.org/fr/newsroom/news/annual-growth-2010



lundi 30 mai 2011

La crise n’affecte pas le commerce équitable aux Etats-Unis


Entre 1999 et 2008, le chiffre d’affaires des produits certifiés aux Etats-Unis a augmenté de 40% par an en moyenne pour atteindre environ 1,2 milliard d’euros. Malgré un environnement économique incertain, l’association Fair Trade USA (ex TransFair USA), qui est leader dans son pays, se félicite dans son Almanach 2010 du succès de ses 9.500 produits certifiés. Ils sont distribués aux Etats-Unis dans plus de 60.000 points de vente et impliquent 700 partenaires industriels.

Loin d’être l’ennemi, le marché constitue bien pour l’ONG américaine un véritable levier porteur de changements durables (cf en annexes l'exemple du Brésil). Au bout de la chaîne, le consommateur est comme un électeur, qui vote avec ses dollars en remplissant son caddie.

Fair Trade Etats-Unis travaille donc logiquement avec des firmes les plus diverses, comme Alter Eco Americas, Ben&Jerry’s, Better Planet Brands, Green&Black, Honest Tea, Whole Foods Market, Starbucks Coffee Company, Twinings North America ou encore Sodexo Corporate.

Depuis 1988, l’ONG estime que le dispositif de certification a permis de générer 220 millions de dollars de revenus supplémentaires aux familles agricoles, dont 56 millions ont été investis spécifiquement dans des programmes communautaires offrant ainsi un accès à l’éducation et la santé.
"It's not just about helping farmers find their voice, it's about helping us find ours." - Paul Rice, CEO of Fair Trade USA
Les comptes 2010 de l’association ne sont pas encore publiés, mais le volume d’activités par produit est déjà connu. Dans le détail, Fair Trade USA a certifié 48 millions de tonnes de café en 2010, une production à 62% « organique ». Le café reste le produit certifié le plus populaire. Néanmoins, les importations de cacao ont progressé de 67%, une marchandise certifiée organique à 88%. D’autres produits trouvent aussi leur public (agrumes +96%, sucre +60%). Deux vins certifiés se sont même vus décerner la Note 90+ par le Wine Spectator.

Il faut rappeler que le caractère bio ne correspond pas à la vocation première du commerce équitable, dont le combat reste avant tout la lutte contre la pauvreté. Pourtant, la part des produits issus de l’agriculture biologique a représenté 62% des volumes importés de produits certifiées Fair Trade USA en 2010 contre 49% en 2009.

La bonne orientation du label Fair Trade tranche avec la confusion qui entoure les nombreuses certifications, comme la pêche aux thons censée assurée la protection des dauphins («dolphin-safe" label) outre-Atlantique. Une partie importante des Américains considère, outre la solidarité, le label Fair Trade, comme un gage de qualité. Ce dynamisme se retrouve dans d’autres pays, mais pas en France, où la croissance du commerce équitable a marqué le pas l’an passé (Max Havelaar).

Trois chercheurs ont tenté une mesure empirique du degré de sensibilité et de conscience citoyenne des consommateurs vis-à-vis du commerce équitable. Les expériences se sont déroulées dans 26 magasins d’une chaîne majeure de supermarchés, proposant du café Fair Trade Certified™.

Il en ressort ainsi les éléments suivants :
  • L’introduction du label Fair Trade Certified a eu un impact positif sur les ventes de café compris entre 8% et 13% selon les deux produits testés.
  • Lorsque le prix du café labellisé le plus populaire a été augmenté de 8% en magasin, la croissance des ventes s’est encore établie à 2%. La demande de produits certifiés serait relativement peu élastique au prix.
  • A l’opposé, quand le prix du café non certifié a été majoré de 9%, ses ventes ont chuté de 30%, au profit d’autres marques de café moins chères et non certifiées.
Ils en concluent que les produits équitables sont de mieux en mieux identifies aux Etats-Unis. Ces travaux sont conformes au Globescan réalisé en 2010, qui a mis en évidence que 75% des consommateurs ont un sentiment positif voire très positif pour les produits issus du commerce équitable. 30% d’entre eux affirment même que ce “label est susceptible d’augmenter leur envie d’acheter”.

Bien que les chercheurs aient aussi distingué un segment de consommateurs réfractaires, refusant de payer une prime substantielle pour ce concept, le commerce équitable semble reposer sur de bonnes bases aux Etats-Unis, grâce notamment à la diversification des gammes et à l’engouement de l’industrie et des différentes formes de distribution (hypermarchés, restaurants, etc.).


Pour aller plus loin :

Le site internet
http://www.transfairusa.org/

Partenariat avec USAID et Walmart Stores Inc.
Les programmes initiés par l’ONG peuvent se révéler très structurants, comme l’illustre The Responsible Sourcing Partnership (RSP). Dans ce partenariat entre l’U.S. Agency for International Development (USAID), Walmart, Fair Trade USA et l’organisation brésilienne SEBRAE-MG, un programme d’amélioration de la qualité du café a été mené pendant 3 ans auprès de 5.700 fermiers dans 3 Etats du Brésil.
Ce programme comportait aussi des cours de management et de marketing ainsi que des recommandations pour recourir davantage à des méthodes plus respectueuses de l’environnement. Plus de 2 millions de dollars ont été investis. Au bout de 3 ans, les gains ont été 12 fois supérieurs en moyenne à l’effort financier initial, notamment grâce à de meilleurs prix de vente et une augmentation des rendements.
Le programme RSP a permis aux fermiers et aux coopératives de s’ouvrir de nouveaux marchés, au Brésil comme à l’international. Avec également des conséquences positives en termes d’emploi. Les données de ce programme au Brésil sont fournies dans l’almanach.
For the complete 2010 almanac report visit
www.FairTradeUSA.org/resource-library/downloads

Les travaux de recherche sur la sensibilité au prix des consommateurs américains ont été menés pendant 6 mois par Jens Hainmueller (Assistant Professor of Political Science au Massachusetts Institute of Technology), Michael J. Hiscox (the Clarence Dillon Professor of International Affairs à l’Harvard University) et Sandra Sequeira (Lecturer in Development Economics à la London School of Economics).
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1801942.

France. Youphil. « L’association Max Havelaar en crise » par Solène Cordier. 24/03/2011
http://www.youphil.com/fr/article/03666-association-max-havelaar-crise-commerce-equitable

Biographie de Paul Rice,
qui est à la tête de l’association et qui a participé au programme de la Skoll Award for Social Entrepreneurship.
http://www.ashoka.org/node/3166



Check out more recent videos at:
http://www.youtube.com/user/FairTradeCertified

vendredi 8 octobre 2010

Les fabricants de chocolat ont des vues différentes sur le travail des enfants




Une coalition européenne d’ONG et de syndicats, parmi lesquels figurent la Déclaration de Berne (DB), Oxfam et Südwind, demande à l’industrie chocolatière de prendre des mesures concrètes pour éradiquer la traite des enfants dans leur filière. Elle considère que les initiatives prises en la matière ne vont pas assez loin.

Leur action de plaidoyer s’appuie sur un rapport de l’Université de Tulane, qui atteste que les pires formes de travail des enfants sont encore vivaces dans les plantations de cacao en Afrique de l’Ouest. Pourtant, l’industrie du cacao et du chocolat avait signé en octobre 2001 le Protocole Harkin-Engel, un accord volontaire et non-contraignant, par lequel les entreprises s’engageaient à mettre un terme, d’ici à 2005, aux pires formes de travail des enfants, à la traite des enfants et au travail forcé des adultes en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Le «Protocole Harkin-Engel» - doit son nom à celui de deux membres du Congrès des Etats-Unis: le sénateur Tom Harkin et le député Elliot Engel. Ce sont ces derniers qui ont mené les pourparlers avec la Fondation mondiale du cacao et l'Association des fabricants de chocolat. M. Juan Somavia, Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) avait alors déclaré qu’ «il s'agit là d'une nouvelle étape vers l'éradication, partout dans le monde, de l'exploitation des enfants sur le lieu de travail ».

L'OIT, à travers son Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC), ainsi que toutes les autres parties prenantes impliquées dans cette initiative se réjouissaient alors de ce résultat. La campagne actuelle des ONG constitue ainsi une nouvelle piqure de rappel, destiné à ne pas faire tomber cette cause dans l’oubli.


Actuellement, une société américaine concentre plus particulièrement les critiques, Hershey, qui a eu un chiffre d’affaires de 5.3 milliards de dollars en 2009 et un bénéfice de 435.000 dollars. Et qui se vante d’avoir des actions philanthropiques pour les enfants aux Etats-Unis. Début octobre, Hershey's Bliss Chocolates a même donné $300.000 à la YSC (Young Survival Coalition), qui lutte contre le cancer du sein. Malgré ces actions charitables, Herskey ferait selon les ONG moins d’efforts que ses concurrents en matière de traçabilité du cacao. Elle se distingue ainsi négativement des initiatives comme Fairtrade et Rainforest Alliance, qui auraient permis dernièrement à Cadbury, Nestlé et Mars de progresser dans ce domaine.

Pourvu que ça dure : L'esclavage des enfants dans le cacao


Pour aller plus loin :

Découvrir le communiqué de presse de la Déclaration de Berne :
http://www.evb.ch/fr/p25017928.html

Un bon historique par Oxfam Belgique
http://www.oxfammagasinsdumonde.be/matieres-premieres-agricoles/le-gout-amer-du-chocolat-pour-les-enfants.html
L’International Cocoa Initiative.
Créée conformément au droit suisse en 2002, l’ICI est un partenariat unique entre l’industrie chocolatière (à l’origine de son financement), des ONG et des syndicats. Depuis sa création, l’ICI collabore avec tout un éventail de parties intéressées – allant des planteurs aux groupes de défense des consommateurs – afin de déterminer les moyens les plus efficaces de lutter contre les pratiques de travail abusives dans la production du cacao.
http://www.cocoainitiative.org/

Une évaluation en anglais du travail de ICI au Ghana. Juin 2009
http://www.cocoainitiative.org/images/stories/pdf/ici_reports/evaluationreport_ici_programme_in_ghana.pdf

Un post de Confectionerynews.com : Hershey's cocoa sourcing held to account 15/09/2010
http://www.confectionerynews.com/Markets/Hershey-s-cocoa-sourcing-held-to-account

Du chocolat suisse dur à croquer ?
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/05/focus-sur-le-chocolat-suisse.html


Chocolate - The Bitter Truth C

mercredi 14 avril 2010

Le label Rainforest Alliance illustre la difficulté de satisfaire toutes les parties prenantes


L’ONG Rainforest Alliance, qui bénéficie des avantages fiscaux de l’IRS depuis 1987, a été créée par Daniel R. Katz à l’âge de 24 ans. Cette association new-yorkaise revendique 35.000 membres et supporters, ainsi qu’un budget de 33 millions de dollars, contre encore seulement 21,4 millions en 2007.

En 2008, 93,5% de ces recettes étaient allouées aux actions de terrain, qui se répartissent principalement à 47% pour la protection de la forêt et à 24% pour l’agriculture. Les fonds publics (USAID, UNDP,…) représentaient 31% de ses ressources en 2008, devant les fondations 20% (fondations d’entreprises comme Gibson, Alcoa, Citi ou encore comme celle de Bill et Mélina Gates). Près de 9 millions de dollars, soit un tiers du budget total, provenaient des frais de certification assumés par les producteurs agricoles et forestiers.

L’ONG américaine est fière d’indiquer dans son rapport annuel que le Charity Navigator lui a attribué une cote de quatre étoiles, qui fait d’elle l'une des organisations à but non lucratif les mieux notées aux États-Unis. Ce label lui reconnaît une habilité à gérer ses finances de manière efficace.

Rainforest Alliance travaille avec les populations rurales afin de les aider à changer de méthodes de gestion des cultures vivrières et forestières ainsi que dans le développement d’activités touristiques. Tout en soutenant les efforts de la Table ronde sur l'huile de palme durable (RSPO), l’ONG new-yorkaise a créé son propre système de certification complémentaire, basé sur le Sustainable Agriculture Network (SAN) standard.

L’ONG considère qu’il serait impossible de rechercher des solutions aux problèmes mondiaux, sans y associer les entreprises. Elle revendique la capacité à répondre aux besoins de nombreuses parties prenantes comme les petites entreprises, les multinationales, les coopératives communautaires, mais aussi les consommateurs du monde entier. Leur action conjuguée permet selon elle d’augmenter l’offre de biens et de services «durables» sur les marchés mondiaux, dont la demande est en constante augmentation.

Compte tenu de ses liens avec le monde des affaires, Rainforest Alliance a sans surprise aussi été accusée d’offrir une virginité à bas prix à des multinationales comme Kraft et Chiquita (banane). En 2007, l'association Peuples Solidaires a en effet accusé la compagnie bananière d’atteintes aux droits fondamentaux des travailleurs au Costa Rica. Comme l’indique aussi Novethic, à l’inverse du label Max Havelaar, la certification de Rainforest Alliance ne garantit pas un prix minimum d’achat des produits aux petits producteurs.

Du côté des entreprises, les partenaires labellisés n’hésitent pas à communiquer sur leurs stratégies de certification, comme l’illustre Lipton avec les blogueurs et Côte d’Or sur Facebook (777 fans). Sur ce même site communautaire, l’ONG américaine dénombrerait 6.662 fans.

Le but d’un label est notamment de se différencier et de donner des repères aux consommateurs, ce qui justifie des efforts marketing. Néanmoins, il se révèle que des deux côtés de l’Atlantique, les consom’acteurs ont bien du mal à se repérer au milieu de tous les labels existants.

De plus, le label Rainforest Alliance semble encore peu identifié en France. C’est donc aux marques de le faire connaître. Il ne figure d’ailleurs pas dans le dossier « labels : c’est la jungle ! Lesquels croire » de magazine Terra Eco du mois d’avril 2010, même si le label FSC en fait partie, comme celui du WWF, cité en ouverture de dossier, après une enquête sur l’huile de palme.



Pour aller plus loin :

Liens internes :

Le label Rainforest Alliance ne connaît pas la crise
http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/04/le-label-rainforest-alliance-ne-connait.html

L’ONG Global Impact se fait belle pour séduire les salariés. Le Charity Navigator.

http://ong-entreprise.blogspot.com/2010/03/long-global-impact-se-fait-belle-pour.html

Liens externes :

L’avis de mes courses pour la planète

http://www.mescoursespourlaplanete.com/Labels/Rainforest_Alliance_27.html

Vision durable : un label Rainforest Alliance qui demande beaucoup d’efforts

http://www.visiondurable.com/actualites/entreprises/6174-le-the-lipton-verdit

Lipton tente de séduire les blogueurs

http://www.durabili-the.com/j-2-depart-inde

Côte d'Or et Rainforest Alliance sur Facebook

http://www.facebook.com/pages/Cote-dOr-et-Rainforest-Alliance/167848393445?ref=ts&v=wall

Novethic : Eco-marketing, comment dépasser la stratégie de niche?
http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/pratiques_commerciales/marketing/eco_marketing_comment_depasser_strategie_niche/119615.jsp

L’histoire étonnante de Chiquita Brands International
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chiquita_Brands_International

Polémique sur le chocolat Galaxy
http://en.wikipedia.org/wiki/Galaxy_%28chocolate%29

Risques de confusion. Arnold on ethical marketing : Fairtrade vs. Rainforest Alliance. Sara Lee vs. Organics. It’s one big green fight.
http://community.brandrepublic.com/blogs/arnold_on_ethical_marketing/archive/2010/03/01/fairtrade-vs-rainforest-alliance-sara-lee-vs-organics-it-s-one-big-green-fight.aspx

mardi 13 avril 2010

Le label Rainforest Alliance ne connaît pas la crise



L’ONG Rainforest Alliance a publié un communiqué de presse du 7 avril 2010. L’association, qui est aussi un écolabel, y démontre son impact grâce à de nombreuses données chiffrées. Au cours de l’année 2009, l’ONG a enregistré une augmentation du nombre d’entreprises s’approvisionnant auprès d’exploitations agricoles et forestières respectivement certifiées Rainforest Alliance et FSC – soit une hausse de 26% par rapport à l’année précédente.
Rainforest Alliance a pour but la conservation de la biodiversité et la durabilité des moyens de subsistance. Pour y parvenir, elle prône de changer les méthodes d’exploitation des terres, de modifier le monde entrepreneurial et de sensibiliser les consommateurs, pour qu’ils adoptent de nouveaux comportements.
Voici le communiqué :

Malgré la frilosité économique mondiale, Rainforest Alliance, ONG internationale, note une croissance constante de tous ses programmes de développement durable en gestion forestière et agricole, tourisme et climat.

Rainforest Alliance lutte pour préserver les écosystèmes et protéger les droits et les intérêts des travailleurs, de leurs familles et des communautés locales; elle accompagne également les exploitations agricoles et forestières dans la gestion de leur activité. Au cours de l’année 2009, l’ONG a enregistré une augmentation du nombre d’entreprises s’approvisionnant auprès d’exploitations agricoles et forestières respectivement certifiées Rainforest Alliance et FSC – soit une hausse de 26% par rapport à l’année précédente.

«Nous améliorons des filières industrielles entières » indique Tensie Whelan, présidente de Rainforest Alliance. « Quatre des cinq plus grandes entreprises mondiales de thé se sont engagées à s’approvisionner auprès de plantations certifiées Rainforest Alliance; actuellement, au Royaume- Uni, un buveur de thé sur trois consomme du thé issu de plantations certifiées Rainforest Alliance».

En gestion forestière, Rainforest Alliance est le principal certificateur FSC (Forest Stewardship Council – Conseil de Soutien de la Forêt) et certifie environ 50% des forêts FSC dans le monde. Le label FSC est une norme internationale de bonne gestion forestière et est reconnu par les principales organisations environnementales du monde entier. Les forêts labellisées FSC préservent les habitats naturels de la faune et de la flore, séquestrent le carbone, protègent la biodiversité, les sols et les cours d’eau, prennent en considération le bien-être des communautés locales, améliorent les conditions de sécurité et la formation des travailleurs. Elles génèrent aussi des opportunités et une stabilité financière au sein d’une économie en récession.

Au cours de l’année 2009, Rainforest Alliance a certifié 9 millions d’hectares de forêt, soit une augmentation de 18%, atteignant 59 millions d’hectares de forêts certifiées FSC dans le monde. Rainforest Alliance a également certifié FSC la première usine de pellets (bio combustible) aux Etats-Unis. Il s’agit d’un premier pas visant à garantir les efforts déployés pour promouvoir l’indépendance énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre, sans répercussions destructrices dues aux excessives coupes de bois.

On a observé une croissance similaire du nombre d’entreprises certifiées FSC concernant la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement. Cette pratique garantit la traçabilité du bois ou du papier, depuis la forêt jusqu’au distributeur. 2.783 certificats de traçabilité FSC ont été délivrés en 2009, soit une hausse de 18,3% par rapport à l’année dernière. En 2009, des entreprises comme Staples, Marks & Spencer, Unilever et Century Furniture ont augmenté leurs approvisionnements certifiés FSC. L’accroissement du nombre de bâtiments certifiés LEED par U.S. Green Building Council (USGBC) – qui promeut l'efficacité énergétique, l'éco-conception, ainsi que l’utilisation de bois certifié FSC – est le signe évident d'une prise de conscience croissante par les entreprises et les consommateurs de l’importance du développement durable.

Partout dans le monde, Rainforest Alliance à travers son programme TREES (Training, Extension, Enterprises and Sourcing – Formation, Croissance, Développement et Approvisionnement) accompagne les petites et moyennes exploitations forestières à produire de façon durable, à transformer leurs ressources ligneuses et non ligneuses et à les vendre auprès d’entreprises et de consommateurs responsables. Le programme TREES est opérationnel dans 13 pays : récemment des subventions et des contrats ont été signés au Ghana, au Cameroun, en Equateur et au Panama et les projets pilotes de captation carbone ont été étendus au Guatemala, en Honduras, au Ghana et au Mexique.

Rainforest Alliance a une approche globale de son travail en matière d’agriculture durable, mais l’ONG concentre ses efforts dans les zones à forte biodiversité, dans les pays tropicaux. Seules les exploitations qui respectent rigoureusement les critères environnementaux et socio-économiques du développement durable peuvent prétendre à la certification Rainforest Alliance. L’ONG a permis de convertir 501.471 hectares de terres agricoles en production durable. Les exploitations certifiées Rainforest Alliance protègent les cours d’eau, limitent la déforestation, améliorent les rendements, réduisent la consommation en eau et restreignent l’utilisation de pesticides. Pour les travailleurs, elles garantissent des salaires et un hébergement décents, des conditions d’hygiène et de sécurité sur le lieu de travail et un accès à l’éducation pour leurs enfants. En 2009, pour la première fois, la certification a été attribuée à un groupe de grande échelle réunissant plus de 12.000 petits producteurs de thé au Kenya. Par ailleurs, un addendum au référentiel de la norme SAN pour la certification agricole a été publié concernant les cultures d’huile de palme, de soja et de canne à sucre.

En 2009, les ventes en volume de café certifié Rainforest Alliance ont augmenté de 41% par rapport à 2008, atteignant ainsi 87.583 tonnes. On estime que Rainforest Alliance certifie actuellement 1,5% du marché mondial du café et environ 15 % du marché mondial de la banane. Les engagements publics de Kraft, Mars, Blommer et plusieurs autres importateurs et transformateurs de cacao, ont entraîné une augmentation des ventes de cacao certifié Rainforest Alliance estimée à 27%, passant de 6.700 à 8.500 tonnes. En conséquence, des milliers de producteurs de cacao du Ghana, de Côte d’Ivoire, d’Equateur et d’autres pays ont vu améliorer leurs conditions de vie tout en préservant les arbres, les cours d’eau et les sols dont eux-mêmes et les générations futures dépendent directement. Mars a marqué un tournant dans l’industrie du cacao en s’engageant à acheter 100 % de cacao certifié d’ici 2020, ce qui représente 100.000 tonnes provenant de plantations certifiées Rainforest Alliance. Mars a déjà lancé sur le marché britannique la barre chocolatée Galaxy estampillée de la petite grenouille verte. L’an dernier, environ 2.000 entreprises se sont fournies auprès de plantations certifiées Rainforest Alliance en affichant le sceau sur leur emballage, ce qui représente une hausse de 40%. Après une collaboration de plusieurs années sur la chaîne d’approvisionnement, la marque de thé PG tips couvre maintenant 100% de ses achats auprès de producteurs certifiés Rainforest Alliance.

«Bien que plusieurs des plus grandes entreprises du monde aient signé un accord pour s’approvisionner auprès d’exploitations certifiées Rainforest Alliance ou de forêts certifiées FSC, nous remarquons également une croissance et un soutien extraordinaires de la part de petites entreprises utilisant la certification Rainforest Alliance » commente Tensie Whelan.

En Europe, plusieurs marques ont lancé ou étendu de nouvelles gammes de produits affichant la certification Rainforest Alliance: Subway UK, Dallmayr, Gevalia, Marabou, Kenco, Twinings, Cafe Ottolina, Deli XL, Van Velze's, Côte d'Or, Taylors of Harrogate (Yorkshire Tea), Good Natured, Coffeeheaven, The Chocolate Truffle Company, Tchibo, Lidl, Mars Drink’s FLAVIA, ASDA, HEMA, Centerparcs leisure parks, Country Range Foodservice et Bakker Bart. Aux Etats-Unis, de nombreuses marques ont également été lancées sur le marché : Back to Nature, Lipton, Caribou Coffee, Peet's Coffee & Tea, Explorer's Bounty, Vosges Haut Chocolat, Naked Juice, Dayka & Hackett, The Tao of Tea et Safeway. Au Canada, il s’agit des marques Nabob et Timothy's World Coffee auxquelles il faut ajouter les cafés de Shell Canada et les thés de Red Rose et Salada. En Australie et au Japon, Lipton, The Cookie Man, Mars Drinks Japan, MOS Burger et Morinaga Milk ont lancé de nouveaux produits certifiés Rainforest Alliance. Le Costa Rica, le Kenya et la Corée du Sud affichent également le sceau Rainforest Alliance sur des produits.

Quant à son travail en matière de tourisme, Rainforest Alliance a reçu en 2009 le prix «Travel + Leisure Global Vision Award» (Prix pour une vision globale du voyage et des loisirs) pour avoir été pionnier dans la mise en place de critères de durabilité au sein de l’industrie du tourisme. L’ONG a été citée pour son rôle de leadership dans la création du Conseil du Tourisme Durable, une instance internationale avec de nombreux adhérents, dont le lancement est prévu début 2011. Le conseil communiquera largement sur les principes du tourisme durable, afin qu'ils soient mieux compris de tous et permettent aux voyageurs de faire la différence entre ceux qui respectent vraiment l’environnement et ses détracteurs. À ce jour, 507 entreprises touristiques sont engagées dans le programme de tourisme durable de Rainforest Alliance, soit 18% de plus qu’en avril 2008.

Le programme Climat s’est également développé ; actuellement 11 projets carbone ont été validés ou vérifiés, ce qui représente 768.113 hectares de forêt. En partenariat avec l’ONG brésilienne IMAFLORA, par exemple, Rainforest Alliance évalue des projets selon des critères mis en place par le CCBA (Alliance Climat, Communauté et Biodiversité) ou ceux du programme Carbone Volontaire et de Plan Vivo. Parmi les projets récents, citons la première validation en Afrique d’un projet de restauration communautaire de la forêt selon les critères actualisés de Plan Vivo ainsi que l’évaluation d’une nouvelle méthodologie de réduction des émissions de CO2 provenant des tourbières. Rainforest Alliance a plus de 20 autres projets carbone en cours dans plus de 20 pays.

L’année dernière, Rainforest Alliance a attiré l'attention de célébrités internationales. Le gala organisé par l’ONG en 2009 avait pour invités d'honneur le Top modèle Gisele Bündchen ainsi que Martha Stewart, célèbre animatrice de télévision aux Etats-Unis pour son émission «Earth Day» (le jour de la Terre). Pour saluer une nouvelle année de réussite en 2010, la secrétaire d’État des USA, Hillary Clinton, a récemment applaudi les efforts de Rainforest Alliance sur le rapprochement des micros entreprises avec des multinationales, indiquant que c’était «un élément vital pour le développement durable et global ».

Rainforest Alliance travaille avec les populations qui dépendent de leurs terres pour vivre; l’ONG les accompagne dans le changement de leurs méthodes de gestion des cultures vivrières et forestières ainsi que dans le développement d’activités touristiques comme l’hébergement de voyageurs. Des petites entreprises aux grandes multinationales, des coopératives communautaires aux consommateurs du monde entier, tous se joignent aux efforts de Rainforest Alliance pour augmenter l’offre de biens et de services «durables» sur les marchés mondiaux dont la demande est en constante augmentation.

Pour plus d’informations, consultez le site Internet
www.rainforest-alliance.org

Ensuring our Integrity- Policies and Procedures
http://www.rainforest-alliance.org/about.cfm?id=policies




Biographie du Fondateur de Rainforest Alliance

Daniel R. Katz, Chairman, is the Senior Advisor at The Overbrook Foundation where he directs the Foundation's environmental giving in the areas of international biodiversity and sustainable consumption and production. He is the Board Chair and former executive director (1986-2000) of the Rainforest Alliance, an organization he co-founded in 1986 at the age of 24. The Rainforest Alliance is best known for creating independent third-party certification in forestry (SmartWood), agriculture and tourism. A former Kellogg Foundation National Leadership Fellow, Mr. Katz serves as a consultant, adviser and board member of several other organizations, including the People for the American Way Foundation, the Gibson Guitar Foundation, World Parks, and is a member of the Council on Foreign Relations.

He is the editor of two volumes: Why Freedom Matters: The Spirit of the Declaration of Independence in Prose, Poetry and Song (2003, Workman) and Tales from the Jungle: A Rainforest Reader (1995, Crown). Mr. Katz is a frequent speaker at colleges and universities around the country on the topics of the environment, leadership and civic responsibility. He received his MBA from the Stern School of Business, New York University, and studied Chinese linguistics in Wuhan, The People's Republic of China. He lives in New York City with his wife, Maggie, and their two children.

jeudi 28 mai 2009

Du chocolat suisse dur à croquer ?




Après le scandale des banques helvètes et le débat sur le secret bancaire, la Suisse est sous pression. La Déclaration de Berne (DB), qui a été fondée en 1968, a attiré l’attention sur le travail des enfants dans les plantations de cacao.

L’association observe que deux millions de petits paysans contribuent chaque année aux près de deux milliards de dollars de chiffre d'affaires réalisés par l'industrie chocolatière. Pourtant, ces cultivateurs vivent selon elle dans la misère et emploient des enfants pour diminuer leurs coûts.

L’ONG a recueilli un certain soutien. Elle a communiqué sur les chiffres suivants :

• 17.826 personnes ont envoyé une carte-pétition aux fabricants suisses de chocolat pour exiger que leur chocolat préféré soit produit sans travail des enfants.

• 12 des 18 entreprises interpellées ont fait un premier pas vers plus de transparence en répondant par écrit aux questions de leur clientèle.

• Les 2.200 lapins de Pâques biologiques et équitables proposés par la DB ont été écoulés en deux semaines seulement.

Sur les 18 chocolatiers interrogés, douze ont tenu à répondre par écrit, « de façon plus ou moins détaillée ». Les six autres ont gardé le silence, notamment Nestlé et Barry Callebaut.

La DB demande à la Fédération des fabricants suisses de chocolat de prendre, conjointement avec ses membres, les mesures indispensables pour garantir que le chocolat est produit de manière équitable et de communiquer les résultats obtenus.

Pour aller plus loin :

Nestlé revendique un chocolat équitable :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b4d4143c-4191-11de-9f54-8c9ee049293a
Le site de la Déclaration de Berne
http://www.evb.ch/fr/index.cfm
Commerce équitable : une nécessaire clarification :
http://www.actu-environnement.com/ae/news/normalisation_commerce_equitable_7336.php4