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mercredi 1 décembre 2021

Que change l’indice de réparabilité ?


Les associations de consommateurs dénoncent depuis longtemps la faible durée de vie de nombreux équipements. Cette fragilité est parfois délibérée, ces appareils ayant été conçus pour tomber en panne au bout d’un certain temps, ce qu’on appelle l’obsolescence programmée. 

Outre un vice futur, souvent caché, ce terme englobe également le manque de moyens nécessaires à sa remise en fonctionnement, comme des pièces détachées. 

Dénoncée depuis très longtemps, cette pratique est interdite depuis 2015. Selon l’article L. 213-4-1.-I, le législateur la définit par l'ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement. 

Depuis lors, 
  • L'obsolescence programmée est punie d'une peine de deux ans d'emprisonnement et de 300.000 € d'amende. 
  • Et, le montant de l'amende peut être porté, de manière proportionnée aux avantages tirés du manquement, à 5 % du chiffre d'affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d'affaires annuels connus à la date des faits. 

Depuis cette date, la Loi n°2020-105 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi « AGEC ») a été promulguée le 10 février 2020. Composée de 130 articles, elle a pour objectifs de mettre en œuvre les mesures de la Feuille de route pour une économie circulaire et de transposer les directives du paquet européen de l’économie circulaire, publiés en 2018. 

Lutter contre le gaspillage c’est considérer que les produits ont plusieurs vies, qu’ils peuvent être réparés ou réemployés. 

La loi prévoit ainsi un accès plus simple aux pièces détachées. Cette mesure concerne les équipements électriques et électroniques (téléphones mobiles, matériel informatique, petit et gros électroménager, télévisions, chaînes Hi-Fi…) et les meubles. Les pièces détachées doivent ainsi être disponibles pendant 5 ans pour les PC et les téléphones portables. 

Une plus grande transparence 

Un « indice de réparabilité » a même été imaginé pour que consommateur sache si son produit est réparable, difficilement réparable ou non réparable. Que l’achat de l’un des produits soumis à l’indice de réparabilité se fasse en magasin ou sur internet, son indice de réparabilité doit être communiqué sur le produit, son emballage ou bien la fiche produit dans le cas d’un achat à distance. 

À ce jour, l’indice de réparabilité est obligatoire pour les 5 produits suivants : 
  • lave-linge à hublot 
  • smartphone 
  • ordinateur portable 
  • téléviseur 
  • tondeuse à gazon électrique. 
Entré en vigueur début janvier, cet indice pourrait à terme devenir un critère d’achat. 

De plus, les pouvoirs publics devraient passer à un indice de durabilité en 2024, qui prendra en compte la fiabilité et la robustesse des produits. 

De multiples bénéfices 

Ces nouvelles dispositions étaient attendues, car elles ne présentent que des avantages : 
  • Allonger la durée de vie des produits permet de réduire l’extraction de ressources 
  • Limiter la production de déchets issus des produits trop vite obsolètes, 
  • Réduire les émissions de GES, 
  • Améliorer le pouvoir d’achat des ménages. 
  • Et, réduire « la double peine », qui veut que les ménages les plus modestes achètent des biens d’équipements moins chers, et donc souvent moins fiables. 
De plus, une étude France Stratégie de 2016 évalue à 800.000 le nombre d’emplois en France dans le domaine de l’économie circulaire, dont 230.000 dans le seul secteur de la réparation. 

L'objectif de la loi AGEC (Anti-Gaspillage et pour l’Economie Circulaire) est d’ailleurs de créer 300.000 emplois supplémentaires, locaux et couvrant toute la palette de qualifications dans les secteurs du réemploi, de la réparation, du recyclage des ressources (en particulier des plastiques) et dans les nouveaux services liés à l’économie de la fonctionnalité. 

 Il faut savoir qu’une tonne de déchets recyclés permet de créer 10 fois plus d’emplois qu’une tonne enfouie. 

De fait, une partie de ces nouveaux emplois existaient déjà il y a plus de 40 ans. 

L’influence des ONG 

Ces mesures n’auraient jamais vu le jour sans un dialogue nourri entre parties prenantes, un processus qui a commencé en 2017. 

La loi sur la durabilité a notamment été portée par l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP), créée en 2015, dont les missions sont de fédérer les citoyens et d’influencer les lois et les industriels pour des produits plus réparables et durables. 

 L’une de ces particularités est aussi d’avoir réussi à organiser un « club de la durabilité », dans lequel elle dialogue avec des entreprises pour favoriser les échanges de bonnes pratiques permettant de proposer des produits plus durables. Ces entreprises essaient de mieux conseiller leurs clients sur l’usage de leurs produits, de valoriser leurs réparateurs et de rendre visible leurs pratiques vertueuses. 

  • L’une de ces entreprises est Bureau Vallée, une marque de papeterie chez qui j’achète mes cartouches d’encre. Depuis 1994, cette enseigne rachète en magasin les cartouches d’imprimante vides dans une logique d’économie circulaire. En 2019, ses magasins ont récupéré plus de 2,2 millions de cartouches vides. Ce sont autant de déchets évités car ses fournisseurs se chargent ensuite de les recycler ou de les reconditionner quand c’est possible. 
  • Dans la même veine, Fnac Darty indiquait en mars dernier dans une interview avoir plus de 2.000 personnes dédiées à temps plein à la réparation, et disait avoir lancé le recrutement de 500 techniciens. L’enseigne répare 1,5 million d’appareils actuellement. L’enseigne compte porter de chiffre à 2,5 millions en 2025. 
Pour Nicolas Renard, Directeur exécutif de l'Institut Veolia, qui a organisé la semaine dernière un colloque sur le recyclage, l’économie circulaire, qui a été le modèle dominant dans l’histoire humaine jusqu’à il y a deux siècles, constitue plus un potentiel qu’une réalité. 

 Il plaide pour que tout ce qui est produit soit conçu comme un assemblage de déchets futurs susceptibles d’être réutilisés, réemployés ou transformés. 

Des points de vigilance 

Concernant l’indice de réparabilité, les associations vont faire attention au contrôle et à la transparence, être sûr d’avoir accès à la manière dont les fabricants ont construit leurs notes. D’autres aspects moins visibles de l’obsolescence programmée n’ont pas complètement été résolus. 

  • HOP aurait souhaité des mesures contre l’obsolescence psychologique ou esthétique, qui fait que la publicité et le marketing nous poussent à jeter des appareils ou des équipements qui fonctionnent encore, mais qui seraient artificiellement devenus démodés ou moins désirables. 
  • Il existe aussi un phénomène pernicieux lié aux logiciels, lorsque par exemple un produit numérique ne fonctionne plus car il n’est plus mis à jour. 

L’Europe commence à s’emparer de ces sujets. A ce titre, elle a observé avec intérêt l’initiative de la France dans l’économie circulaire concrétisée avec la loi AGEC. 

 Pour aller plus loin : 

Institut Véolia : Industrie et déchets : sur la voie de l’économie circulaire. https://www.institut.veolia.org/fr/nos-publications/revue-linstitut-facts-reports/industrie-dechets-voie-leconomie-circulaire 

Conférence débat du 23 novembre dernier. Avec Valérie Guillard (Université Paris Dauphine), Ronan Groussier (Association Halte à l'Obsolescence Programmée-HOP), Jean-Paul Raillard (Fédération Envie) et Cédric L’Elchat (Veolia).

 


Club de la durabilité 


Tribune du Club de la durabilité dans le Monde 
  
Fin

mardi 27 août 2019

ONG et entreprises main dans la main contre la prolifération du plastique

L’aventure du plastique a commencé en 1838 lorsque Henri Regnault a synthétisé du PVC pour la première fois. Cette découverte, d’abord restée sans suite, a ensuite été améliorée. 

Le nom de "plastique" sert à désigner un ensemble de matériaux de synthèse dont les propriétés chimiques et physiques, souvent inégalées, trouvent de multiples applications dans l’industrie à un coût faible. 

Depuis 1950, année où le plastique a commencé à être introduit massivement dans notre vie quotidienne, 8,4 milliards de tonnes ont été produites dans le monde. Cela ne semble pas avoir poser de problèmes aux citoyens pendant des décennies, ce matériau étant de plus en plus contesté dans la période récente. 

Selon la Fondation Ellen MacArthur, au moins 8 millions de tonnes de plastiques finissent dans les écosystèmes marins chaque année – ce qui équivaut à déverser chaque minute le contenu d’un camion poubelle en mer. Si nos habitudes n’évoluent pas, ce nombre va doubler d’ici à 2030, et passera même à quatre camion par minute, d’ici à 2050.



Selon les chiffres publiés en 2017 par Science Advances, l'ensemble de la pollution de la surface des océans est évaluée à 5.250 milliards de particules, soit 269.000 tonnes de plastique. 90 % de la pollution plastique est constituée de microplastiques quasi invisibles à l'œil nu et que l’homme ne sait pas collecter facilement. Ces polluants envahissent les océans et contaminent du même coup l'ensemble de la chaîne alimentaire.

Le recyclage actuel du plastique pose des problèmes. Une partie des déchets a longtemps été tout simplement exportée sans vergogne en Chine, puis en Asie du Sud-Est, qui ‘en veut plus.

L'institut 5 Gyres dont les actions sont basées sur des travaux de recherche, encourage l'industrie à maîtriser l'ensemble du cycle de leurs produits et à développer des polymères biodégradables.

Mais, la solution la plus pertinente serait de bloquer la fabrication en amont. Les emballages en plastique, qui représentent 45% de la consommation plastiques en France, constituent un mal endémique. Un accord multi-entreprises a été signé pour s’y attaquer en février dernier en France, baptisé "Pacte National sur les emballages plastiques".

Avec des noms connus, industriels et distributeurs : Auchan Retail France, Biscuits Bouvard, Carrefour, Casino, Coca-Cola European Partners, Danone, Franprix, L´Oréal, LSDH, Monoprix, Nestlé France, Système-U, Unilever. La Fondation Tara Expéditions et le WWF France ont participé activement à l’élaboration de ce programme.

Une liste des emballages désignés comme problématiques ou inutiles va être effectuée : l’idée est de voir comment parvenir à leur élimination. Voici quelques annonces :

  • Atteindre collectivement 60% d’emballages plastiques effectivement recyclés d’ici 2022. 
  • Eco-concevoir les emballages pour les rendre réutilisables, recyclables ou compostables à 100% d’ici 2025. 
  • Mener des actions de sensibilisation et de pédagogie auprès du grand public sur les enjeux de la pollution plastique. 

Les pouvoirs publics, la Fondation Tara Expéditions et le WWF France s’assureront que les entreprises signataires respectent leurs engagements. Quelques engagements concrets :

  • Les briques de certaines boissons (lait et jus de fruits) ne contiendront plus d’aluminium. 
  • Le fromage à la coupe libre-service sera désormais emballé dans du carton recyclé et recyclable en remplacement des barquettes polystyrènes. 
  • Mise en place d'un espace BIO où les fruits et légumes, les céréales et légumineuses ne sont pas emballés mais en vrac. 
  • Certaines marques de lessive seront désormais emballées dans des contentant 100% recyclable. 
  • Conception d’une gamme de shampoing et d’après-shampoing, dont les flacons seront entièrement constitués de matières recyclées. 


 Depuis cet accord, un loi a été votée en avril dernier pour interdire la vente de produits en plastique à usage unique, avec un agenda qui court jusqu’en 2028. Les pailles, les cotons-tiges et les assiettes jetables seront interdits de linéaire à compter du 1er janvier 2020.

Par ailleurs, Coca-Cola et PepsiCo viennent de couper les ponts avec la Plastics Industry Association, le lobby du plastique, car ils souhaitent réduire drastiquement les packaging à usage unique.

Non seulement les deux entreprises subissent une pression constante de Greenpeace, mais les évolutions pourraient aussi venir durcir la réglementation.

Pour mémoire, la vidéo contre Coca de Greenpeace en 2013

 

Pour aller plus loin :

Vers des interdictions pures et simples des bouteilles en plastique 
https://usbeketrica.com/article/faut-il-interdire-les-bouteilles-d-eau-en-plastique

Le Podcast du Crédit Agricole : le projet Plastic Odyssey : recyclage des déchets plastiques marins en objets ou en carburant. Le reste

jeudi 11 juillet 2019

3 euros pour sauver notre patrimoine

En septembre 2017, le Président de la République a confié lors des Journées européennes du patrimoine une mission à Stéphane Bern consistant à identifier les biens patrimoniaux en péril et à proposer des sources de financement innovantes afin de les sauvegarder.

Un grand nombre de projets a été signalé par le grand public ou les associations de défense du patrimoine. Les jeux ont rapporté près de 22 millions d'euros à la Mission l’an dernier. Ce projet est aussi soutenu par des entreprises comme Axa, la FDJ, JCDecaux et la Monnaie de Paris.

Certains d’entre eux peuvent déjà faire l’objet de dons. Pour l’ensemble des 121 sites, le montant des travaux de consolidation et de restauration est de 78 millions d’euros. Le besoin de financement restant à la charge du porteur de projet est évalué aujourd’hui à environ 26 millions d’euros. Si le Loto du Patrimoine permet de contribuer en partie au financement de ces travaux, la somme collectée sera malheureusement insuffisante. L’appel au mécénat populaire a ainsi pour but de les aider davantage et de manière encore plus significative

Avec les 18 sites emblématiques annoncés en mars dernier, ces 103 nouveaux sites constituent la deuxième édition de la Mission Patrimoine en péril qui pourra bénéficier de la part revenant à l’État des fonds issus du Loto du Patrimoine.


La grille du super Loto du Patrimoine est actuellement en vente au prix de 3 € avec un tirage exceptionnel le 14 juillet, et à partir du 2 septembre deux offres de tickets de grattage à 3 € et 15 € seront proposées.

Le rapport d’activité de la Mission Patrimoine en péril 2018 est disponible sur la page d’accueil du site www.missionbern.fr.

lundi 20 mai 2019

Du mécénat de compétences pour Notre Dame de Paris

Dès l’incendie de Notre-Dame, le 15 avril dernier, la Fondation du patrimoine a lancé une collecte pour la restauration de l’édifice. 

Cette levée de fonds est maintenant terminée. 

La Fondation a réuni 218 millions d’euros auprès de 224.000 donateurs. 

Si ce type de reconstruction très complexe requiert bien sûr des fonds importants, il nécessite aussi des compétences rares. 

En avril dernier, le groupe Vinci a proposé à tous les constructeurs de France d’unir leurs forces pour rebâtir Notre-Dame de Paris, via une opération de mécénat de compétences. Vinci a aussi proposé à ses salariés de s’associer à l’effort collectif. L’idée est également d’assister les architectes des Monuments Historiques afin d’évaluer les efforts nécessaires, et de participer à la reconstruction, si sa contribution est jugée utile par les décideurs publics.

Vinci a déjà participé à la sauvegarde du patrimoine culturel. Comme la restauration de la Galerie des glaces que Vinci a encadrée au Château de Versailles, via du mécénat.

Vinci Construction France a aussi réalisé le Pavillon Contemplation entièrement en bambou via du mécénat de compétences. Il a été installé la première fois lors des Rencontres de la photographie d’Arles 2018.

Vidéo : synthèse d'une enquête sur le mécénat de compétences

 

Mais, le groupe de construction est aussi engagé au quotidien, comme avec le fonds de dotation Vinci « Chantiers et Territoires Solidaires », qui a lancé récemment un second appel aux associations sur le thème du lien social.

Créé en 2016, ce fonds de dotation soutient des projets d’intérêt général situés à proximité des chantiers du Grand Paris sur lesquels travaillent les équipes du groupe Vinci.

Centré sur le chantier du lot GCO2 de la future ligne 14 sud du Grand Paris Express, ce nouveau volet invite à se mobiliser les associations situées ou ayant une action en priorité dans les communes de Gentilly, Le Kremlin-Bicêtre, Villejuif, L’Hay-les-Roses, Chevilly-Larue et le 13ème arrondissement de Paris. 

Pour aller plus loin : 

Juillet 2009 :Des entreprises mécènes beaucoup plus structurées. L’exemple de la Fondation Vinci
http://ong-entreprise.blogspot.com/2009/07/des-entreprises-mecenes-beaucoup-plus.html

Janvier 2011 : Deloitte communique sur le mécénat de compétence
http://ong-entreprise.blogspot.com/2011/01/deloitte-communique-sur-le-mecenat-de.html 

 

jeudi 24 septembre 2015

Volkswagen a trahi ses partenaires ONG

Le scandale qui frappe Volkswagen a des répercussions inattendues.

La firme avait réussi à passer des partenariats avec plusieurs ONG, tout en donnant des gages à des associations de plaidoyer, qui dénonçaient sa face cachée. Les cachoteries d’un groupe emblématique, fierté nationale qui symbolisait la Made in Germany, place une célèbre ONG environnementale allemande en porte-à-faux.

Le géant de Wolfsburg avait en effet passé un partenariat avec Nabu, axé sur la protection de la biodiversité, notamment la sauvegarde du loup. Un site internet dédié avait même été créé pour en faire connaître les tenants et les aboutissants.

Selon csreurope.org, ce partenariat noué en 2000, cité en exemple comme un partenariat stratégique à long terme, aurait été gagnant-gagnant :

NABU has improved its reputation as a professional political advisor.
Volkswagen has improved its reputation of being a dialogue- and CSR-oriented company. 
 Le budget de Nabu a dépassé 29M€ en 2014, grâce à la générosité de 560.000 membres, mais Nabu tire aussi des revenus de licences et de sponsorships.

Cette déconvenue pour Nabu illustre les risques associés à des partenariats ONG/entreprise dans le domaine environnemental. Avant l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater, qui a fait plusieurs morts, BP était aussi le meilleur ami des ONG locales.

Le pétrolier faisait aussi parti de plusieurs indices ISR, dont le FTSE4Good.


 Dans le Volkswagate ou DieselGate, Nabu a d’abord déclaré qu’il attendait des explications de son partenaire. Mais, ce sont des Twittos, qui lui demandent ouvertement de rompre sine die cette collaboration désastreuse et mal rémunérée.
Un militant allemand écologiste utilise même le hashtag #Nabugate.

A ce titre, le WWF France, dont le logo est mondialement connu, ne semble pas coopérer avec le secteur automobile.

Pourtant, en Inde, l’association au panda semble avoir accepté des fonds du constructeur allemand.



Et, le WWF était en discussion avec la firme allemande dans le cadre du Science Based Targets. Ce programme est issu de l’appel conjoint de différentes parties prenantes lors du Business and Climate Summit, à savoir : 
  • le WWF, 
  • le Carbon Disclosure Project (CDP), 
  • l’United Nations Global Compact 
  • et le World Resources Institute 
Dans un communiqué de presse diffusé cet après-midi, le WWF tire la sonnette d’alarme sur le climat, en signalant que seules 55 entreprises du Global 500 ont fait part de leur volonté de s’engager dans l’initiative (qui vise à aligner leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) sur l’objectif de 2°C), parmi lesquelles :
  • Volkswagen AG 
  • Honda Motor Company 
  • et Nissan Motor Co., Ltd. 
Volkswagen a donc fait feu de tout bois pour enfumer son monde et chercher à valoriser son capital sympathie/ Le groupe industiel bénéficiait à ce titre d'une valorisation record de ses actifs immatériels.

Cette affaire, dont les répercussions sont mondiales, n’est pas sans rappeler le coup de poignard qu’a porté Siemens à Transparency International , même si dans ce cas il n’est pas question de défendre la planète, mais de lutte contre la corruption.

Gare aux ONG « activistes » 

A l’opposé, de nombreuses autres associations ont croisé le fer avec VW ces dernières années, comme Greenpeace. Pour rappel, cette vidéo vu plus de 1,3 million de fois.



Après de tour de chauffe, Greenpeace pensait pourtant avoir obtenu des gages du constructeur, y voyant une source d'espoir.



La tricherie dévoilée 

C’est l’International Council for Clean Transportation (ICCT) qui a découvert le pot-au-rose, plongeant Volkswagen dans une crise sans précédent. L’ICTT est une organisation non gouvernementale spécialisée dans les transports propres. 

Selon Le Monde, l’ICCT, financée principalement par la ClimateWorks Foundation, une autre ONG engagée dans la lutte contre le réchauffement de la planète, travaille ainsi avec les gouvernements régionaux et nationaux afin de déboucher sur des politiques publiques en faveur de transports propres.

J’écrivais en 2013 que Les ONG se sont imposées comme des sources incontournables 

Concernant cette triste affaire, qui pourraient menacer de nombreux emplois directs et indirects, les ONG ont joué le rôle de lanceur d’alerte, là où les autorités de contrôle ont été défaillantes.

Finance responsable

En septembre 2013, le groupe était fier d’annoncer qu’il était le constructeur automobile le mieux classé du Dow Jones Sustainability Index, qui rassemble les grandes multinationales les plus vertueuses selon RobeccoSAM en fonction d’une grille d’analyse éprouvée.

At Volkswagen, responsibility for the environment means producing clean cars in clean factories. This sounds simple, but as so often it is the simplest targets which involve highly complex operations. And what do we actually mean by a 'clean car'? A car with low fuel consumption? Definitely, but there's a lot more to it  
Volkswagen était le seul constructeur, outre l’un de ses concurrents, à faire partie à la fois du DJSI World et du DJSI Europe, deux indices des entreprises cotées en Bourse ayant fait leurs preuves en matière de développement durable.

Comme on le voit sur ce graphique, Volkswagen avait tout du gendre idéal, étant bien placé sur un rand nombre de données ESG.


En résumé, des investisseurs pourtant sélectifs, prêts à payer le prix pour des valeurs ayant été passées au crible des critères ESG, se sont fait rouler dans la farine.

L’indice de référence des valeurs les plus "responsables"a d’ailleurs accusé le coup en début de semaine.



 Fort à propos, Novethic a fait sur point aujourd’hui pour savoir s’il «existait-il un warning ISR sur Volkswagen ? » préalablement à la révélation des manipulations.

Il en ressort que Vigeo, Kepler-Cheuvreux et Mirova n’ont jamais donné à Volkswagen leurs mains à couper.

Dans un livre, publié fin 2012, Nicole Notat insistait sur le fait qu’aujourd’hui l’entreprise ne peut plus être irresponsable 

Volkswagen constitue ici un cas d’école.

Pour aller plus loin : 

Le partenariat Nabu/VW
 http://www.volkswagen-nabu.de/startseite 

Novethic : Volkswagen fâché avec l’environnement
 http://www.novethic.fr/gouvernance-dentreprise/entreprises-controversees/isr-rse/l-environnement-bete-noire-de-volkswagen-143610.html



Le Monde : Une ONG à l’origine du scandale Volkswagen 
http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/09/22/l-ong-a-l-origine-du-scandale-volkswagen_4767318_3244.html

Le lobbying de Volkswagen opposé à 72 entreprises engagées sur le climat 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/72-entreprises-font-pression-sur.html

 fin

vendredi 18 juillet 2014

Econav s’attaque aux épaves de bateaux de plaisance

Il suffit de longer les côtes françaises pour constater l’accumulation d’épaves de bateaux, qui ont été purement et simplement abandonnées par leurs propriétaires sans aller à la casse. 

Petit rappel historique : En 1961, le premier bateau en polyester est sorti des chantiers Jeanneau, ce qui a donné le signal de départ pour une production en grande série, la plaisance n’étant plus réservée à une élite. 

Alors que la France ne comptait qu’environ 30.000 bateaux en 1966, on en dénombrait 950.000 en 2013, soit 31 fois plus ! 

C’est ce qui ressort d’un rapport d’EcoNav et du SIOCA sur la fin de vie des navires de moins de 24 mètres. De plus, ce matériau rentre également dans d’autres domaines, comme la petite pêche, le transport de passagers et même le militaire. 95% des bateaux de plaisance sont aujourd’hui dotés de coque en polyester, sans que le devenir de ces produits ait été réfléchi.

En effet, près de 20.000 bateaux de plaisance arrivent en fin de vie chaque année en France. Mais, de nombreux propriétaires préfèrent les abandonner, voire les brûler ou les couler plutôt que de prendre en charge leur démantèlement, qui peut coûter plus de 3.000 euros.

Ce comportement nuit à l’environnement (navires coulés, batteries, plomb et béton, polyesters, et produits chimiques), mais aussi aux autres plaisanciers puisque les navires délaissés occupent parfois des anneaux dans les ports, ce qui rallonge les délais d’attente.

Un colloque organisé à Douarnenez pour promouvoir des pratiques de navigation plus écologiques, a eu pour conséquence la naissance du réseau EcoNav (pour éconavigation) en 2007.

Ce collectif qui recense rapidement une centaine de membres regroupant des ONG, parmi lesquelles la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme ou encore la Surfrider Foundation Europe, mais aussi des institutions publiques (l’Agence des aires marines protégées, l’ADEME, l’Université Bretagne Sud, le Pôle Mer Bretagne…), des professionnels de la navigation (des comités de pêche, des chantiers, des architectes navals, des équipementiers, des gestionnaires de ports…) et des personnalités engagées telles que les navigateurs reconnus Philippe Poupon et Catherine Chabaud.

L’association EcoNav a également noué un partenariat avec la Macif pour faire la promotion de l’éconavigation et contribuer à la sauvegarde de l’environnement marin.

Ses membres définissent l’éconavigation comme le “terme générique regroupant l’ensemble des options écologiques pour la construction, l’utilisation, l’accueil et la fin de vie des bateaux toutes marines confondues (pêche, plaisance, commerce, militaire, fluviale)”. Quelle fin de vie ?

Econav s’est doté d’un cahier des charges :
  • prise en compte de l’ensemble des secteurs maritimes 
  • analyse de l’ensemble du cycle de vie 
  • approche basée sur une obligation de moyens 
  • concertation de l’ensemble des parties prenantes 
  • révision régulière des exigences • récompenser les initiatives respectueuses de l’environnement 

Il se décline en 3 volets : bateaux et équipements, pratiques et comportements, ports et abris.

Focus sur le Port à sec, une infrastructure qui permet de réduire l’entretien des coques de bateaux et le recours à des peintures sous-marines.



Pour aller plus loin : 

http://www.econav.org/

Etude Econav
http://www.econav.org/?Synthese-de-l-etude-Les-navires-en

La Macif indique sur son site Internet qu’elle fut la première mutuelle d’assurance à avoir proposé des contrats d’assurance pour les embarcations de plaisance. De plus, elle est depuis près de 25 ans le partenaire historique de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) et elle forme depuis 1987 les plaisanciers à la navigation en sécurité grâce à son école de formation à la croisière, Macif Centre de Voile (MCV).

Depuis 2008, grâce à son programme Skipper Macif, l’assureur accompagne des jeunes marins talentueux sur des courses au large prestigieuses. Plus globalement, la Fondation Macif a soutenu 3.000 projets pour un budget global de 32 millions d’euros depuis 1993. Macif Solidarité Mer - François Gabart parrain d'Handi Surf.



Macif Solidarité Mer 
https://www.macif.fr/web/site/groupe/accueil/macif_solidarite_mer 

TV5Monde : Navire en fin de vie cherche casse respectueuse. Août 2013 
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Industrie-maritime/p-26111-Navire-en-fin-de-vie-cherche-casse-respectueuse.htm 

http://www.robindesbois.org/ 

BioLit, c’est un réseau de femmes et d’hommes, qui s’investissent dans des structures d’éducation à l’environnement, de gestion et de protection de la nature… Partenaires de BioLit, ils sont prêts à partager avec vous leurs connaissances du littoral et à vous y accompagner. BioLit est un programme national de science participative sur la biodiversité littorale qui permet d’impliquer les citoyens auprès des scientifiques. Grâce à une plate-forme informatique collaborative et ses applications smartphones et tablettes développées par Logica, les observateurs peuvent photographier les espèces observées sur le littoral, collecter des données à travers des protocoles simples et accessibles et les transmettre directement aux scientifiques via leur téléphone mobile. 

L’objectif de cette plate-forme est de permettre ensuite aux scientifiques d’avoir une base riche d’informations et de faire des analyses, afin de mieux suivre l’évolution de la biodiversité littorale. Ce mécénat de compétence a permis à Logica de remporter le Trophée 2011 du mécénat d’entreprise remis par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable. 

http://www.biolit.fr/ 

http://www.respectocean.com/ 

RespectOcean est un réseau d’entreprises ou d’organisations professionnelles de l’économie maritime et côtière, réunies dans une démarche de développement durable. Il les fédère autour d’une charte commune d’engagement. Il favorise les échanges, l’émergence et la diffusion des bonnes pratiques. Il permet de rapprocher le monde de ces entreprises des autres parties prenantes, pour une meilleure gestion intégrée de la Mer et du Littoral. Une initiative soutenue par la région Bretagne.

Day 4 - Ocean + - Respect Ocean: A Network of... par Aires-marines-protegees 

Raphaëla le Gouvello est la fondatrice du réseau RespectOcean et en assure la coordination générale. C’est aussi une sportive accomplie, avec ses traversées océaniques en planche à voile, 4 records mondiaux, réalisés en solo entre 2000 et 2006. 

Le label MSC (Marine Stewardship Council) 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/05/le-label-marine-stewardship-council-est.html

jeudi 27 mars 2014

Transparency International veut transformer le lobbying


Transparency International France est la section française de Transparency International (TI), une organisation de la société civile qui se consacre à la transparence et à l’intégrité de la vie publique et économique, en particulier la dénonciation de la corruption. 

Dans une déclaration commune rendue publique en février dernier, sept entreprises membres de Transparency International France, ont apporté leur soutien aux actions conduites par l’association depuis 5 ans sur les enjeux de transparence et d’intégrité du lobbying : 

Bnp Paribas,
Crédit Agricole, 
L’Oréal, 
La Française des Jeux,
La Poste, 
Pernod Ricard 
et Tilder.

Elles s’engagent ainsi à promouvoir un lobbying transparent et intègre.

A court ou moyen terme, et si elles ne l’ont pas déjà fait, ces entreprises s’exhortent notamment à :
  • définir une charte de lobbying responsable propre à leur entreprise;
  • développer une politique de lobbying responsable, en cohérence avec leurs engagements publics, notamment en matière de développement durable, de responsabilité sociétale d’entreprise, d’éthique et de lutte contre la corruption; 
  • être transparent sur l’organisation de leurs activités de lobbying; 
  • rendre publiques leurs principales positions communiquées aux décideurs publics ainsi que les positions communes défendues par nos fédérations professionnelles (quand elles existent) ; 
  • ne transmettre aux responsables publics que des informations ou arguments fiables, vérifiables et actualisés; 
  • respecter les autres parties prenantes qui peuvent avoir des positions divergentes; 
  • rendre publiques, le cas échéant et dans les pays où la réglementation les autorise, les contributions aux partis politiques; 

Retrouvez le texte complet de la déclaration : 

http://www.transparency-france.org/ewb_pages/div/Declaration_commune_lobbying.php

Coup de canif en Allemagne 


Si ces 7 entreprises prennent date publiquement devant toutes leurs parties prenantes, elles doivent avoir conscience qu’elles s’exposent à la vindicte en cas de non-respect de leurs chartes.

A cet égard, Transparency International a déjà connu une crise majeure en Allemagne, lorsque l’un de ses partenaires, le groupe Siemens, s’est retrouvé embourbé dans une affaire de corruption à grande échelle impliquant plusieurs centaines de personnes.

Alors que TI a découvert le scandale dans la presse, TI Allemagne a rompu le 15 décembre 2006 ses relations avec Siemens. 

Depuis le groupe munichois a été lourdement condamné en Allemagne et aux Etats-Unis, un pays, où il risquait d'être exclu de tous les appels d'offres... A la suite de cette affaire, le ministère de la Défense norvégien avait même annoncé en décembre 2007 qu’il ne travaillerait plus avec Siemens. Même le Nigeria, un des pays les plus corrompus au monde, selon Transparency International, avait décidé de boycotter le groupe allemand.
Mise en péril, la multinationale s’est résolue à remanier complètement ses organes de direction et à adopter les principes d’une bonne gouvernance. Pour remonter la pente, Siemens s’est entouré de consultants tels que Michael Herschman, président du Fairfax Group et co-fondateur de Transparency International. 

Fin 2009, la firme allemande a lancé la Siemens Integrity Initiative, qui comprend un important volet formation.



Pour aller plus loin : 


Créée en 1995 et présidée depuis 2003 par Daniel Lebègue, ancien directeur du Trésor, Transparency International France, ou « Transparency France », est une association de type loi 1901 qui comprend des membres individuels et des personnes morales membres (entreprises, associations). Les missions que s’assigne l'association sont menées à bien grâce au concours bénévole de ses membres ainsi qu’au travail de cinq salariés permanents.

Le budget 2013 tournait autour de 254 000€. Les cotisations des membres apportent l’essentiel du financement.

TI France a pour objectif principal de contribuer à améliorer significativement, dans notre pays, la gouvernance publique et privée en termes de transparence, d’intégrité et de responsabilité. Ceci passe notamment par une action résolue de prévention et de lutte contre les différentes formes de corruption, le blanchiment de l’argent sale et les divers types de fraudes.

L'ONG entend contribuer au développement de comportements éthiques, citoyens et responsables et, ce faisant, aux conditions de la confiance entre les différents acteurs de la société.

Sur mon blog : 


Juin 2011 : 72 entreprises font pression sur Bruxelles pour une politique climatique plus ambitieuse
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2011/06/72-entreprises-font-pression-sur.html

Novembre 2010 : La pratique de plaidoyer de 3 ONG (Amnesty International Section France, ATD Quart Monde et le Secours Catholique) qui luttent contre l’exclusion et la défense des droits de l’homme a été étudiée par Christèle Lafaye, juriste au Secours Catholique.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/11/le-lobbying-continue-susciter-des_03.html

Un livre qui vient de paraître (que je n’ai pas lu)

Rebuilding trust: How Siemens atoned for its sins. The Guardian. 26/03/2012 http://www.theguardian.com/sustainable-business/recovering-business-trust-siemens

  Fin

mercredi 11 décembre 2013

Les juristes s’emparent de la question de la pauvreté



L’état de Droit est considéré comme un préalable au développement. 

L’International Bar Association (IBA) est persuadé que le Droit constitue une excellente base pour apporter des changements sociaux et sociétaux.

L’IBA fédère depuis 1947 plus de 40.000 avocats et près de 200 ordres et associations d’avocats sur tous les continents. L'IBA participe activement au développement de la réforme du droit international. L’IBA Presidential Task Force a planché sur les conséquences de la crise financière mondiale du point de vue des juristes.

Ses conclusions ont été rassemblées dans un document téléchargeable gratuitement appelé « Pauvreté, justice et l’état de droit » (Poverty, Justice and the Rule of Law.)

Ce document apporte sur ce thème des éléments théoriques et pratiques. L’International Bar Association s’interroge notamment sur ce qui pourrait être réalisé après 2015, à savoir après l’échéance des fameux OMD, qui comprenaient 8 Objectifs du Millénaire (Millennium Development Goals), mais pas l’accès à la Justice.

4 Prix Nobel ont été sollicités: Muhammad Yunus, pionnier du microcrédit; les économistes Amartya Sen, James Heckman et Joseph Stiglitz, ce dernier ayant été auparavant Chef Economiste à la Banque Mondiale.



Les liens entre la pauvreté et le Droit sont décryptés aussi bien dans les pays les moins avancés que dans les pays plus riches, notamment ceux ayant adopté récemment des mesures d’austérité. Sont évoquées des questions comme la RSE, le droit du travail, l’émancipation des femmes et des populations vulnérables, la bonne gouvernance, l’accès à la justice, les réformes fiscales pour favoriser le social business et les droits de l’homme.

Un chapitre est consacré aux activités de conseil pro-bono (activités de conseils gratuits des avocats), un concept proche du mécénat de compétence. A noter qu’en France a été créé en 2007 le groupe Table ronde du pro bono à Paris, dans l’objectif de favoriser le développement d’initiatives de pro bono entre cabinets d’avocats et associations.

Pour John Corker, Director of the National Pro Bono Resource Centre, souligne la professionnalisation des activités de conseils gratuits des avocats.

Les activités juridiques pro-bono ont connu une profonde transformation depuis 25 ans. Le plus souvent, le conseil pro-bono a d’abord été ad hoc et individualisé, mené à bien de manière informelle comme la philanthropie ; il est devenu de plus en plus coordonné et structuré, en particulier dans les grands cabinets d'avocats. Le but principal poursuivi par ces cabinets a été de s’appuyer sur une éthique professionnelle afin d’améliorer l’accès à la justice au plus grand nombre. Ce document retrace l’histoire de cet engagement, la manière dont il s’articule, et mentionne quelques-uns de ses acteurs principaux. Il analyse ainsi un échantillon de 100 projets pro bono juridiques internationaux en cours ou récents. Un travail qui permet d’identifier les tendances et de tirer des conclusions sur le fonctionnement de ces initiatives pour répondre aux besoins des impacts sociaux dans les pays en développement liés à la crise financière mondiale. 
Un petit film a été aussi produit pour renforcer l’impact de ces travaux.

Avec le témoignage de Muhammad Yunus, de Joseph Stiglitz; du Professeur de Philosophie et des Affaires Internationales à la Yale University Thomas Pogge et de l’un des initiateurs des OMD Mark Malloch Brown.



Co-éditeur du rapport, le Professeur Neil Gold, IBA Advisory Board Member of the Academic and Professional Development Committee, et Professeur Emérite de Droit à l’Université de Windsor (Canada) insiste sur le bon timing des réflexions engagées dans la Profession.

Il y a selon lui un hiatus entre la crise financière globale, qui a surgi en 2008, et un retour très attendu au “business as usual”. Il existe une opportunité pour les juristes de ré-envisager leur rôle pour dessiner une société plus juste. Il espère que ce rapport « Poverty, Justice and the Rule of Law » contribuera à amplifier le travail déjà considérable réalisé par de nombreux individus au-delà des frontières et des spécialités.

Pour en savoir + : 

Pour consulter ce document :
http://www.ibanet.org/PresidentialTaskForceFinancialCrisis2013Report.aspx

Vus sur ce blog le cabinet Gide Loyrette Nouel avec la Fondation d’Auteuil
Le témoignage de Jean-Michel Pasquier
l’exemple de Deloitte

Présentation de l’International Bar Association 

Le siège de l’association se situe à Londres et ses bureaux régionaux sont installés à São Paulo et à Dubaï.

L' Human Rights_Institute de l’IBA vise à promouvoir, protéger et faire respecter les droits de l’homme en vertu d’un Etat de droit équitable et à préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire et de la profession juridique dans le monde entier. Il a été fondé en 1995 avec pour Président d’honneur Nelson Mandela. L’institut est ouvert à des personnalités d’horizon divers et nombre de ses participants les plus actifs ne sont pas juristes

En partenariat avec l’Open Society Initiative for Southern Africa, l’IBA a créé le Southern Africa Litigation Centre, basé à Johannesburg, dans le but de promouvoir les droits de l’homme et l’Etat de droit en Angola, au Botswana, en République démocratique du Congo, au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, en Namibie, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe.

L'IBA a aussi contribué à la mise en place de l’International Legal Assistance Consortium à Stockholm. Ce consortium mondial d’ONG offre une assistance juridique technique aux pays en situation de post-conflit.

Grâce à un projet financé par des dons, l'IBA dispose également d’un bureau à La Haye qui gère l’International Criminal Court (ICC) Monitoring and Outreach Programme de l’IBA. Ce bureau suit les travaux et les procédures de la Cour pénale internationale, se concentrant principalement sur le droit à un procès équitable pour l’accusé.

www.ibanet.org

Open Society : What Does Justice Have to Do with Overcoming Poverty? http://www.opensocietyfoundations.org/explainers/what-does-justice-have-do-overcoming-poverty 

« La pauvreté au miroir du Droit » par Alain Supiot, 2012 
La dimension normative de la notion de pauvreté et son inscription dans l’histoire longue des cultures est largement ignorée du vocabulaire politique contemporain. L’analyse juridique montre pourtant que continuent de s’affronter deux conceptions opposées de la pauvreté : celle qui y voit un fléau social, dont on peut combattre les effets mais pas les causes ; et celle qui y voit la manifestation d’une injustice sociale qu’il faut combattre à sa racine.
Alain Supiot est un juriste français spécialiste du droit social et de l'État social. Il est actuellement professeur au Collège de France
http://factsreports.revues.org/1251

Vidéo témoignage : Deloitte et la Robin Hood Fourndation

  

Un article de Hannah Caddick, plus complet que le mien, et qui résume le rapport de l'IBA
http://www.ibanet.org/Article/Detail.aspx?ArticleUid=7231f0cc-7669-4e5e-b855-20e2358b7f32  



Fin

vendredi 5 juillet 2013

Finance solidaire : le réseau France Active fête ses 25 ans

France Active a été créée en 1988 par la Caisse des Dépôts et Consignations, la Fondation de France, le Crédit Coopératif, la Macif et l’Agence nationale pour la Création d’entreprise. 

Un film d’animation, accessible au plus grand nombre, présente ses activités.

 

Le réseau associatif France Active travaille main dans la main avec de nombreuses banques : les premiers réseaux bancaires les plus actifs sont les Caisses d’Epargne, les Banques Populaires, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel.

Er avec des associations, des organisations syndicales, mais aussi des partenaires privés, comme Accor, AG2R la Mondiale, Sodexo, Danone, EDF, GDF Suez, Le Chèque Déjeuner, Axa, Danone ou encore L’Oréal.

Pour en savoir plus : 

http://www.franceactive.org 

Vu sur ce blog : 

France Active et la CPCA ont produit un web-doc 
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/03/les-associations-veulent-continuer.html 

Financement de Microdon
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/07/microdon-fait-marcher-entreprises.html

lundi 17 juin 2013

A leur tour, les Apprentis d'Auteuil ont produit un web documentaire

«Portraits de familles», les apprentissages, est une création originale signée par le collectif Sans Réserves pour Apprentis d'Auteuil. Elle associe plusieurs professionnels de la réalisation vidéo : un photographe, Thomas Troadec, un graphiste, Axel Pérignon et Géraldine Genin, coordinatrice du projet (Agence Tilt).

 « Portraits de familles » propose un regard sur le quotidien de la Maison d'Enfants à Caractère Social (MECS) Saint-Esprit à Orly et sur les liens parents-enfants. Cet établissement d'Apprentis d'Auteuil, qui héberge des enfants placés par les services sociaux, accueille également les parents afin de faciliter les rencontres familiales. Tous sont acteurs de cette création qui a pour objectif de contribuer au projet éducatif de l'établissement. 

Conçu en 9 épisodes, ce document est diffusé à partir de la semaine dernière sur le site des Apprentis, à savoir www.apprentis-auteuil.org

Naidra Ayadi, César du meilleur espoir féminin 2012 pour le rôle de Nora dans le film Polisse a prêté sa voix au documentaire.



En parallèle, une exposition des photographies de Thomas Troadec réalisées à la MECS Saint-Esprit à Orly aura lieu dans les locaux du cabinet Gide Loyrette Nouel à Paris. En effet, c’est ce cabinet qui a financé l’opération dans le cadre de sa politique Pro Bono.

Cette dernière est guidée depuis fin 2011 par trois grands thèmes - l’accès à la justice, l’éducation et la solidarité envers les plus démunis. Avec deux volets : le soutien financier direct par le Fonds de dotation, "Gide Pro Bono", et le bénévolat. Ce mécène soutient notamment trois projets des Apprentis, dont « Portraits de famille ».

Le Cabinet complète ces actions par du mécénat de compétences dans deux domaines :

  • Le soutien de l'équipe juridique d'Apprentis d'Auteuil 
  • L’animation des ateliers favorisant l'employabilité des jeunes.


L’ex-Fondation d’Auteuil, qui a pris le nom des Apprentis d’Auteuil en 2010, emploie 5.500 personnes et a bénéficié d’un budget de 291 M€ en 2011, en hausse de 3,5%. Sur ce chiffre, les legs représentent 80 M€. 




Pour aller plus loin sur ce blog :

Le web-documentaire séduit de plus en plus le secteur non-marchand.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/03/les-associations-veulent-continuer.html

Le web-docu"A l’ abri de rien" de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/02/la-fondation-abbe-pierre-mobilise-les_09.html

Babolat invite les enfants de la Fondation d'Auteuil
 http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/07/pour-les-ong-le-football-nest-pas-quun.html 

 La Fondation d’Auteuil, avec l’opération « Festival de l’espérance » lancée en juin 2008 par le groupement de meuniers Festival des Pain
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2010/06/les-produits-partage-restent-lapanage.html

 

vendredi 17 mai 2013

Succès indéniable des produits partage du Crédit Coopératif

Le Crédit Coopératif, qui emploie environ 2.000 salariés, rappelle dans un communiqué de presse qu’il est engagé depuis 30 ans dans la finance solidaire. En effet, le groupe bancaire a inventé en 1983 le 1er fonds de partage en France avec son partenaire le CCFD-Terre Solidaire, Faim et Développement. 

En souscrivant à un produit de partage, les clients du Crédit Coopératif reversent une partie de leurs intérêts ou rémunération à des associations partenaires. 

Au fil des ans, de nouveaux produits engagés ont été imaginés. Tant et si bien que le groupe coopératif domine de la tête et les épaules ce segment de l’offre bancaire d’après les recherches du baromètre de la finance solidaire de 2012.

 
Laurence Moret, Crédit Coopératif par ccfd

Voici une idée de sa gamme de produits bancaires, dont l’impact se traduit soit par des dons soit par des financements de projets à plus-value sociale et environnementale:
  • Des produits d’épargne : livret bancaire, livret de développement durable, etc. 
  • Des produits de placements : OPCVM gérés par la société de gestion du Groupe, Ecofi Investissements. 
  • Des services bancaires : la Carte Agir, le Compte Agir.



Le savoir-faire du Crédit Coopératif est à pointe sur ces thèmes, puisqu’il propose près de 30 produits labellisés Finansol et 10 par Novethic.




Au total, depuis 30 ans, près de 48M€ de dons issus du partage ont ainsi été versés aux associations partenaires du Crédit Coopératif. Avec un engouement qui a traversé la crise financière, puis la récession comme le montre les chiffres suivants

  • En 2005, près de 2 ME reversés. 
  • En 2006, 2,5 M€ de dons reversés au profit de plus de 30 associations ou organismes d’intérêt général. 
  • En 2008, près de 4 M€ ont été orientés vers 47 associations partenaires. 
  • En 2012, 5 M€ de dons ont été collectés et reversés (+31% en un an) au bénéfice de. 52 associations partenaires, soit un montant moyen non négligeable de 96.000 euros. 
La progression régulière de la finance solidaire a ainsi permis d’élargir au fil des ans le nombre d’associations bénéficiaires. De plus :

  • L’investissement solidaire généré par les produits de placement (OPCVM gérés par Ecofi Investissement) a représenté un encours de 13,4 M€ et a permis de financer 53 entreprises solidaires.
  • Compte Agir : il permet aux clients de choisir l’orientation de leurs dépôts afin de donner à la banque plus de moyens pour financer certains clients sur les thèmes suivants : Agir pour la planète, Agir pour une société plus juste ou Agir pour entreprendre autrement. Près de la moitié des détenteurs d’un compte Agir ont choisi de soutenir les 3 domaines à la fois. L’ouverture de près de 5.000 Comptes Agir en 2012 a représenté une enveloppe de 10,4 M€ de prêts aux entreprises selon le souhait exprimé par les détenteurs des comptes. 
  • La banque fait elle aussi un don aux associations bénéficiaires de la Carte Agir, à la souscription et à chaque retrait, depuis son lancement en 2003.


 Selon Audrey Begué, responsable de développement épargne solidaire au Crédit Coopératif

La finance solidaire est en plein essor, de plus en plus de banques proposent des produits de partage, et c’est une bonne nouvelle pour les associations. Pourtant, le Crédit Coopératif reste leader en réalisant 60 % des dons toutes banques confondues. Notre différence ? Le rapport que nous entretenons avec les associations. C’est avec elles et pour elles que nous avons créé les produits de partage il y a trente ans et c’est avec elles que nous continuons à innover. Nous essayons par ailleurs de créer du lien entre nos clients et les associations. Nous organisons par exemple des journées d’immersion où chargés de clientèle et clients sont invités à découvrir le quotidien des associations pour que ces liens entre les trois acteurs de la finance solidaire soient vivants et riches.

Pour aller plus loin : 

En 2011, le groupe coopératif a également mis en place une contribution volontaire sur les transactions de change, la CVTC-Change solidaire, nouveau mécénat lié à un volume d’activité. Une démarche qui a produit en 2 ans environ 150.000 euros remis au GERES pour des projets d'habitats solaires passifs.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2012/06/le-credit-cooperatif-innove-pour.html

France Active et la CPCA ont mis en ligne un web-doc, qui met en valeur l’importance des associations dans le développement économique et social de nos territoires. Il a été imaginé très à propos à l’heure où se préparent les projets de loi relatifs à l’ESS et à la décentralisation.
http://ong-entreprise.blogspot.fr/2013/03/les-associations-veulent-continuer.html

Le communiqué de presse complet du 16 mai du Crédit Coopératif
http://www.credit-cooperatif.coop/fileadmin/doc/communiques_de_presse/2013/2013_CP_dons_national_vf_01.pdf

 
PARIS 2.0 = MARKETING CREDIT COOPERATIF par PSST_TV

  Fin

jeudi 11 avril 2013

Pourquoi Ben & Jerry’s et Starbucks restent muets sur le mariage pour tous



















Les entreprises doivent elles intervenir dans des débats de société comme le mariage gay ? 


La question peut paraître incongrue, mais aux Etats-Unis, de grandes firmes soutiennent ouvertement cette cause. Elles contribuent à lui donner une ampleur, qui tranche avec les accusations de revendications communautaristes. 

Un collectif de près de 300 entreprises a ainsi saisi la Cour Suprême, pour qu’elle prenne en compte leur souhait d’une égalité des droits devant le mariage. 

Ces firmes, dont la liste figure en annexe, disent avoir besoin de son visa pour pouvoir accorder les mêmes faveurs à tous leurs salariés. Cette question prend un relief particulier, car seule une minorité d’Etats américains ont adopté le mariage gay.























Il en résulte dans les Etats conservateurs un problème de concurrence pour recruter des talents. Cette crainte pourrait se traduire selon les chefs d’entreprise par un manque de compétitivité. De plus, le traitement inégalitaire des employés risque de nuire au bon fonctionnement des équipes avec des salariés à deux vitesses.

A ce titre, la prise de parole sur ce sujet du patron de Goldman Sachs a créé le buzz, mais lui a fait perdre un client.

Lors de l’AG du groupe Starbucks le 20 mars dernier, le patron Howard Schultz a essuyé des critiques sur le soutien public de la chaine au mariage gay. Il a alors rappelé à un de ses actionnaires contestataires, qu’il avait entière liberté de céder ses titres, mais qu’il aurait du mal à trouver dans le reste de la cote un investissement aussi performant.

Accusé de participer au délitement de la société américaine, le roi du café (34,2 millions de fans sur Facebook, 390.000 fans en France, 3,6 millions d’abonnés sur Twitter) a même fait l’objet d’un appel au boycott (http://www.dumpstarbucks.com ) de la part de NOM (National Organization for Marriage, 31.300 amis sur Facebook).



Tant et si bien qu’en avril 2012, une contre-pétition a été organisée pour remercier Starbucks de sa prise de position. Cette campagne virale, qui a recueilli 650.000 signatures, a été organisée par MoveOn.org, Washington United for Marriage et SumOfUs.org.



A l’opposé, une poignée de firmes font du lobbying contre le mariage homosexuel, comme Papa John's Pizza et Chick-fil-A. Tant et si bien que certains leaders conservateurs s’affichent comme fans de ces restaurants.



Un article a même été publié pour savoir où, dans ce contexte, déjeunent les Congressmen, qu’ils soient Républicains et Démocrates !

Pour sa part, le fabricant de glaces Ben and  Jerry’s (6,8 millions de fans sur Facebook) a dédié à l’égalité des droits deux de ses produits, Hubby Hubby (anciennement Chubby Hubby) outre Atlantique et Apple-y Ever After (anciennement Oh My Apple Pie) en Grande-Bretagne. Comme je l’ai déjà mentionné dans un précédent post en janvier 2010.

 

En Grande-Bretagne, la filiale d’Unilever a collaboré avec l’association Stonewall, en lançant une application Facebook, invitant les fans à convaincre les Parlementaires qu’il était temps de passer à l’action. Sur Twitter, la campagne avait le hashtag #appleyeverafter.



De même, l’agence de presse Thomson Reuters a défendu le projet de loi en Grande-Bretagne sur son blog le 20 février dernier, soulignant au passage que plusieurs de ses gros clients étaient engagés dans la même voie.

Le silence des firmes américaines et des entreprises françaises sur le mariage pour tous dans l’hexagone reflète sans doute un manque de légitimité pour s’aventurer hors de leurs champs d’action traditionnels. Sans parler de la PMA et de la GPA aussi mises à l’index. On ne les attend pas sur un terrain aussi crispé.

A part quelques secteurs qui ont les coudées franches pour dépasser les clivages comme les médias ou la mode. Les firmes françaises communiquent plus aisément sur d’autres causes d’intérêt général comme le réchauffement climatique ou le commerce équitable.



Pourtant, en mars 2010, le blog français de Ben and Jerry’s avait bien mentionné un Un mariage (pas) comme les autres Le rédacteur du post indiquait même sa fierté de travailler pour une entreprise aussi progressiste, capable de prendre des positions non consensuelles, malgré des risques commerciaux évidents.



Autre signe des temps, de plus en plus d’entreprises se soumettent volontairement au verdict de Great Place to Work. Sur 59 questions fermées proposées aux salariés par l’Institut, plusieurs portent clairement sur les discriminations (préférences sexuelles, âge, genre, religion).

Plus spectaculairement, la charte d’engagement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) a été signée pour la première fois en janvier dernier par les responsables de 9 grandes entreprises : Accenture France, Alcatel-Lucent France, ARS Ile-de-France, le groupe Casino, Eau de Paris, IBM France, le groupe Orange, Randstad France et Veolia Eau.

Enfin, les aspirations spécifiques des personnes homosexuelles en termes de style de vie commencent aussi à être intégrées sur le plan financier. Comme l’illustre l’interview de Sandrine Cauvin, co-gérante de Rainbow Fund chez Turbot AM. (cf. en annexe).

La gérante cite notamment une étude de l'Economics and Econometrics Research Institute, qui conclut que les sociétés cotées américaines, qui traitent le mieux leurs employés LGTB, bénéficient d’une meilleure valorisation boursière.

Les réflexions engagées pragmatiquement sur le lieu de travail sur l’égalité des droits dans les pays développés ont sans doute favorisé l’accélération du débat public sur le mariage. Il y a un télescopage manifeste entre différentes sphères, privé, public et travail, avec une convergence entre les employeurs et une partie de la société civile.

La différence avec les Etats-Unis tient au fait que de nombreuses entreprises américaines n’hésitent pas à croiser le fer avec certaines parties prenantes sur la scène publique, en s’associant même parfois avec des ONG. Et, qu’elles recourent non seulement au lobbying, mais également à toute la panoplie des réseaux sociaux. Elles ont visiblement besoin de faire sauter un verrou constitutionnel.

Les initiatives des firmes implantées en France pour les homosexuels se retrouvent non seulement en RH, mais aussi parfois dans les offres commerciales. Elles travaillent sur les stéréotypes et profitent d’un environnement plus consensuel et moins démonstratif pour faire évoluer les choses.

Sur ces bases, on peut se demander si ce ne sont pas non plus les entreprises associées à des ONG locales ou internationales qui vont à leur tour devenir le fer de lance de la lutte contre les discriminations au travail dans les pays émergents et le reste du monde.
 

 Pour aller plus loin :

 Sur la France :

Les entreprises n'ont pas attendu le « mariage pour tous » pour se poser la question « gay » en leur sein. Mais à des degrés différents.
Pierre Hurstel, conseil en entreprises.
11 mars 2013, Les Echos
 http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/bien-etre-au-travail/l-entreprise-pour-tous-rencontrer-la-difference-et-la-valoriser-5364.php

Ces marques, stars, et médias qui surfent sur la vague du « mariage pour tous » http://marcbettinelli.blog.lemonde.fr/2013/02/13/ces-marques-stars-et-medias-qui-surfent-sur-la-vague-du-mariage-pour-tous/ 

Un fonds d'actions sur la thématique " homo " lancé par Turgot AM. 21 février 2013 http://votreargent.lexpress.fr/placements/un-fonds-d-actions-sur-la-thematique-homo-lance-par-turgot-am_292531.html

Glossaire Diversité / Discrimination (Charte de la Diversité) en entreprise
http://www.charte-diversite.com/charte-diversite-glossaire.php 

Sur les Etats-Unis :

278 employeurs à travers le pays ont demandé à l’US Supreme Court d’éliminer le Defense of Marriage Act, arguant que cet acte les contraint à ne pas pouvoir accorder certains avantages, comme les mutuelles, à leurs salariés gay qu’aux salariés hétérosexuels.
Dans ce lot d’entreprise, on retrouve des assureurs santé, des cabinets d’avocats, mais aussi

  • des champions de la nouvelle économie (Twitter, Facebook, Amazon, Microsoft, Apple, eBay, Google, Zynga), 
  • des banques (BNY Mellon, Morgan Stanley, Goldman Sachs), y compris européennes (Deutsche Bank, UBS) 
  • la grande consommation comme Mars Inc, Levi Strauss & Co, Nike, Starbucks, Walt Disney ou encore Stonyfield Farm 
Liste des employeurs américains engagés (friend-of-the-court brief) http://www.americanbenefitscouncil.org/documents2013/amicus_doma022713.pdf 

Same-sex Marriage: What's at Stake for Corporate America.
Published: March 27, 2013 in Knowledge@Wharton
http://knowledge.wharton.upenn.edu/article.cfm?articleid=3223

Il existe aux Etats-Unis un Human Rights Campaign’s Corporate Equality Index. Les firmes s’affichent nettement.
http://www.hrc.org/corporate-equality-index#.UWa_O7UqzsE

Chris Hughes, co-founder of Facebook
and now editor and publisher of The New Republic, wrote an open letter to the North Carolina General Assembly in September as it was considering whether to put the amendment on the ballot. In the letter, Hughes, who was born in North Carolina and is gay, argues that the amendment will be bad for business. Hughes helped drive Facebook “likes” for EqualityNC, the gay rights organization that is leading the campaign against the North Carolina amendment, up from 6,000 to 40,000 in a matter of weeks by pledging to donate a dollar for each “like.” 
http://bangordailynews.com/2012/03/22/politics/business-playing-key-role-in-drive-for-gay-marriage/

Unilever: promoting diversity 
La firme est engagée dans plusieurs programmes en faveur de la diversité, dont PRIDE : People Respecting Individuality, Diversity and Equality. PRIDE is a Lesbian, Gay, Bisexual and Transsexual (LGBT) diversity network open to all Unilever employees who share a common goal of endorsing respect and diversity. It seeks to create an open workplace environment for the LGBT community, and helps develop its members by providing both business and social interaction to further personal growth.
http://www.unilever.com/sustainable-living/ourpeople/diversity/